En 1974, fort du soutien de l'alliance de centre gauche, il est élu président fédéral mais n'effectue qu'un seul mandat de cinq ans. Ne disposant pas, en effet, de la majorité pour être réélu en 1979, il décide de se retirer de la vie politique.
Formation et carrière
Après avoir obtenu son Abitur en 1938, il suit une formation dans secteur bancaire à Solingen. En 1939, il est mobilisé et rejoint la Luftwaffe, où il atteint le grade de lieutenant. À la fin de la Seconde Guerre mondiale, il sert en tant qu'opérateur radio dans un chasseur Messerschmitt Bf 110. Devenu gérant dans l'industrie, il s'installe en 1953 comme conseiller économique indépendant à Düsseldorf. Il prend cinq ans plus tard la tête de l'institut d'études de marchéIntermarket, et fonde dans le même temps la firme InterFinanz avec Gerhard Kienbaum et Carl Zimmerer.
Carrière politique
Député régional puis fédéral
Il adhère au Parti libéral-démocrate (FDP) en 1946 et est élu en 1948 à l'assemblée du quartier de Höhscheid, à Solingen. En 1950, il devient membre du Landtag de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, puis du Bundestag en 1953. Il démissionne de son mandat régional l'année suivante et fait, en 1956, son entrée au comité directeur du FDP au niveau fédéral.
Tenant du social-libéralisme et représentant de l'aile gauche du FDP, Walter Scheel est l'un des principaux artisans de la formation, le , d'une coalition sociale-libérale avec le SPD de Willy Brandt, dans laquelle il devient vice-chancelier et ministre fédéral des Affaires étrangères. Il est alors le premier libéral-démocrate à diriger la diplomatie ouest-allemande. L'année suivante, il se rend en visite officielle en Israël, la première d'un ministre allemand depuis la reconnaissance diplomatique de 1965. Aux côtés de Brandt, il est considéré comme le «père de la Détente» et de la nouvelle politique allemande, fondée sur le dialogue et la reconnaissance de l'Allemagne de l'Est, et non l'opposition prônée depuis vingt ans par la CDU/CSU. Ces orientations conduisent à de nombreuses défections au sein des deux partis de la coalition, tant et si bien que le gouvernement manque de se faire renverser en 1972 par la motion de censure constructive présentée par Rainer Barzel. Le chancelier convoque alors des élections anticipées le 19 novembre, au cours desquelles l'alliance remporte 54,2% des voix, en hausse de plus de cinq points.
À la suite de la démission de Willy Brandt, en conséquence de l'affaire Guillaume, le , le président fédéralGustav Heinemann lui demande d'exercer l'intérim à la tête du gouvernement jusqu'à l'investiture d'un nouveau chancelier. Celle-ci intervient neuf jours plus tard avec l'élection du ministre fédéral des Finances, Helmut Schmidt. Il est ainsi le seul libéral à avoir occupé, même par intérim, la direction du cabinet fédéral. Il n'est toutefois pas reconduit dans ses fonctions, reprises par le ministre fédéral de l'Intérieur, Hans-Dietrich Genscher.
Il se trouve au centre en 1978, lorsque le magazine Der Spiegel révèle qu'il a fait partie du Parti Nazi (NSDAP) à partir de 1942, bien qu'il n'ait pas formellement demandé son adhésion. Il a déclaré peu de temps après ne se souvenir de rien à ce sujet, mais il semble qu'il y ait été inscrit en sa qualité de militaire.
Fin de carrière
À l'approche de l'élection présidentielle de 1979, il constate qu'il ne dispose pas de la majorité suffisante pour être réélu et décide de ne pas se présenter pour un second mandat. Il quitte ses fonctions le , au profit du chrétien-démocrate Karl Carstens, et fait valoir ses droits à la retraite. Il est ensuite désigné président d'honneur du FDP, dont il avait démissionné de la direction en 1974.
Famille
Il épouse Eva Charlotte Kronenberg en 1942, avec qui il aura son premier fils, Ulrich. Elle décède en 1966 et lui se remarie, trois ans plus tard, avec Mildred Wirtz (Première dame d'Allemagne). Il devient de ce fait le beau-père de Cornelia Wirtz, née trois ans plus tôt. Ensemble, le couple aura une fille, Andrea-Gwendoline, en 1970, et un fils, Simon Martin, adopté en Bolivie un an plus tard.
En 1988, trois ans après le décès de Mildred, il épouse en troisièmes noces Barbara Wiese. Ils se sont installés en 2009 à Bad Krozingen, après avoir vécu à Berlin entre 2001 et 2008.
(de) Hans-Roderich Schneider, Präsident des Ausgleichs. Bundespräsident Walter Scheel. Ein liberaler Politiker., Vlg, Bonn aktuell, 1975, (ISBN3-87959-045-1)
(de) Walter Henkels, … aber der Wagen der rollt. Walter Scheel anekdotisch., Econ Verlag.
(de) Hermann Otto Bolesch, Typisch Scheel. Geschichten, Anekdoten, Pointen., Bertelsmann.
(de) Hans-Dietrich Genscher (Hrsg.), Heiterkeit und Härte: Walter Scheel in seinen Reden und im Urteil von Zeitgenossen, Deutsche Verlagsanstalt, Stuttgart, 1984, (ISBN3-421-06218-8)