Arrivé en Allemagne à neuf mois, médecin formé par la Bundeswehr, il est nommé secrétaire général du FDP dans le Land de Basse-Saxe en 2000. Il en prend la présidence en 2006, puis devient, en 2009, vice-ministre-président et ministre régional de l'Économie. À peine quelques mois plus tard, il entre au gouvernement fédéral, au poste de ministre fédéral de la Santé.
Il est né durant la guerre du Viêt Nam et devient orphelin. Adopté par un couple d'Allemands ayant déjà deux filles biologiques, il arrive à Hambourg à l'âge de neuf mois seulement. Il grandit ensuite à Bückeburg, puis Hanovre, où il obtient son abitur en 1992. Cette année-là, il adhère aux Jeunes libéraux (JuLis), l'organisation de jeunesse du Parti libéral-démocrate.
Formation médicale dans la Bundeswehr
Il entame aussitôt son service militaire obligatoire, en tant que personnel médical militaire de la Bundeswehr, mais est rapidement exempté en vue de suivre des études de médecine dans une école de Hanovre. À partir de 1999, il poursuit son cursus à l'hôpital militaire de Hambourg.
Il obtient son doctorat en 2002 et quitte l'année suivante le service médical des forces armées fédérales.
Ascension politique fulgurante
Devenu secrétaire général du FDP de Basse-Saxe en 2000, à seulement 27 ans, il est élu un an plus tard député à l'Assemblée de la Région de Hanovre, où il est vice-président du groupe libéral. Le , il entre au Landtag de Basse-Saxe et prend la présidence des députés du FDP. Il est alors contraint de renoncer à ses fonctions dans l'appareil du parti.
À l'occasion du congrès fédéral de , il entre à la présidence fédérale, en tant qu'observateur, avec le soutien de 95% des délégués. À peine un an plus tard, alors qu'il n'est pas réélu à l'Assemblée de Hanovre, il est porté, le , à la présidence de la fédération du FDP en Basse-Saxe, en remplacement de Walter Hirche, avec 96,4% des suffrages.
Dirigeant des libéraux en Basse-Saxe
Reconduit, en , à la présidence fédérale avec 88% des suffrages, il est investi le mois suivant chef de file des libéraux pour les élections législatives régionales du 27 janvier 2008. Le jour du scrutin, le FDP reste stable avec 8,2% des voix et 13 députés sur 152, permettant le maintien au pouvoir de la coalition noire-jaune du chrétien-démocrate Christian Wulff. Environ un an plus tard, le , il est nommé vice-ministre-président, ministre de l'Économie, du Travail et des Transports de Basse-Saxe, postes où il succède une nouvelle fois à Hirche.
À la fin de l'année 2012 et au début de l'année 2013, alors qu'approchent les élections législatives régionales de 2013 en Basse-Saxe et les élections fédérales, son leadership sur le FDP, toujours très bas dans les sondages, est de plus en plus critiqué, par des personnalités comme Dirk Niebel[9] ou Hermann Otto Solms[10], tandis que Brüderle est vu comme un possible recours[11]. Il est alors contraint de réfuter les rumeurs sur un renoncement à ses fonctions lors du congrès fédéral prévu en [12].
Le , lors de la traditionnelle convention de l'Épiphanie du FDP, à Stuttgart, Niebel remet explicitement en cause la direction de Rösler, affirmant être «[désolé] de voir dans quel état se trouve [son] parti», que «cela ne peut plus continuer comme ça», ajoutant même «Le FDP ne peut se permettre de repousser [au mois de mai] les décisions nécessaires»[13]. Intervenant à sa suite, Rösler répond que «on est en train de dépasser les bornes de la critique»[14].
Bien que les libéraux aient finalement réalisé un excellent score aux régionales de Basse-Saxe, il annonce, au lendemain du scrutin, le 21 janvier, qu'il est prêt à renoncer à la présidence du parti, à la direction de la campagne fédérale, au profit de Rainer Brüderle, et à avancer la date du congrès fédéral, initialement prévu au mois de mai[15]. Plus tard dans la journée, un accord est trouvé, qui prévoit le maintien de Rösler à la présidence fédérale du FDP, mais la désignation de Brüderle comme chef de file aux élections fédérales de septembre[16].
Le , le résultat des élections fédérales constitue une défaite cuisante pour le FDP avec seulement 4,8% des voix. Le lendemain, Philip Rösler annonce sa démission à la tête du parti[17]. Il est remplacé au gouvernement le par le social-démocrate Sigmar Gabriel.
↑ Pierre Astié, Dominique Breillat et Céline Lageot, «Repères étrangers (1er octobre – 31 décembre 2009)», Pouvoirs, no133, , p.143-157 (DOI10.3917/pouv.133.0143, lire en ligne)