Woretemoeteryenner
Aborigène de Tasmanie
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Woretemoeteryenner ( c. 1795 – ), également connue sous les noms de « Bung », « Pung », « Maria » et « Margaret », est une Aborigène de Tasmanie. Séparée de sa famille, elle a des enfants avec George Briggs, un bagnard anglais devenu chasseur de phoques. Elle travaille comme chasseuse de phoques et de kangourous dans le détroit de Bass et sur l'île Kangourou, et est vendue à d'autres chasseurs de phoques. Elle fait partie d'un groupe de cinq femmes aborigènes de Tasmanie emmenées chasser le phoque à l'île Saint-Paul, dans le sud de l'océan Indien, et qui sont abandonnées plus tard sur l'île Rodriguez, près de l'île Maurice. De retour en Terre de Van Diemen, Woretemoeteryenner participe à la « mission amicale » de George Augustus Robinson visant à rassembler tous les Aborigènes de Tasmanie survivants. Avec ces derniers, elle est placée en exil à l'établissement aborigène de Wybalenna, sur l'île Flinders. En 1841, Woretemoeteryenner est autorisée à quitter Wybalenna et à vivre avec la famille de sa fille près de Perth, en Tasmanie, où elle meurt en 1847.
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| Enfants |
Dolly Dalrymple John Briggs (d) |
Woretemoeteryenner et ses sœurs font partie des rares personnes autochtones de Tasmanie dont la vie fait le lien entre l'expérience des Aborigènes avant et après la colonisation britannique. Elle est l'ancêtre de nombreux Aborigènes de Tasmanie d'aujourd'hui[1].
Biographie
Woretemoeteryenner est née dans la région de Cape Portland (en), en Terre de Van Diemen (Tasmanie). Elle appartient à la tribu tasmanienne de Cape Portland, l'une des neuf nations aborigènes de la Tasmanie. Son père, Mannalargenna, est un chef de cette tribu[2]. Elle a trois sœurs : Wapperty (Wobberrertee), Wottecowidyer et Teekoolterme[2], Woretemoeteryenner et ses sœurs comptent parmi les rares Aborigènes de Tasmanie dont la vie témoigne de la transition entre l'expérience aborigène avant et après le contact avec les Européens sur l'île[2].
Arrivée des Britanniques
La vie des Aborigènes de Tasmanie change considérablement après la fin des années 1790, lorsque les Britanniques commencent à coloniser la région. La première activité d'exploitation des ressources du territoire ancestral de Woretemoeteryenner est la chasse aux phoques, recherchés pour leur peau et leur huile. Environ deux cents hommes européens arrivent dans les îles du détroit de Bass au début des années 1800 pour travailler comme chasseurs de phoques. Certains d'entre eux enlèvent des femmes aborigènes les réduisant en esclavage ou au travail forcé. En 1803 et 1804, les premiers établissements britanniques sont fondés à Risdon Cove (en) et à Port Dalrymple, respectivement[2].
George Briggs, né en Angleterre, arrive dans ce qui est aujourd'hui l'Australie en 1805, à l'âge de quatorze ans. Il devient chasseur de phoques. Il prend Woretemoeteryenner pour épouse et ils vivent probablement ensemble à partir de 1810 environ. On ignore si elle est enlevée de force par Briggs ou si la relation est le fruit d'un mariage arrangé consenti par Mannalargenna. Elle est plus tard désignée comme « Mme Briggs » par les autorités coloniales et sur son acte de décès[2].
Woretemoeteryenner donne naissance à ses enfants sur les îles du détroit de Bass. Elle a une fille nommée Dolly Dalrymple vers 1812. Elle a ensuite trois autres filles : Eliza, Mary (également connue sous le nom de Margaret) et une fille sans nom, nées respectivement en 1817, 1818 et 1819, qui meurent toutes en bas âge. La fille sans nom est tuée lors d’une attaque menée par un groupe d’Aborigènes. Un fils nommé John nait en 1820, qui épouse Louisa Strugnell vers 1844[3].
Woretemoeteryenner est vendue par Briggs à un autre chasseur de phoques pour une guinée quelque temps après 1820[2].
Chasse aux phoques dans l'océan Indien
Woretemoeteryenner devient une chasseuse de phoques expérimentée[4], mais dès 1820, la plupart des phoques ont été chassés dans l'archipel de Furneaux, dans le détroit de Bass, et il faut s'éloigner davantage pour en trouver des autres. Woretemoeteryenner et quatre autres femmes aborigènes de Tasmanie, alors propriété du chasseur de phoques Thomas Taylor, embarquent pour les îles isolées d'Amsterdam et de Saint-Paul, dans le sud de l'océan Indien. Après avoir chassé le phoque, ces femmes et leurs enfants sont abandonnées par le capitaine du navire sur l'île Rodriguez. Finalement, le groupe est secouru et transporté sur l'île Maurice, située à proximité. Woretemoeteryenner vit à Rodriguez et à Maurice de 1826 à 1827 et apprend le français. Woretemoeteryenner est l'une des trois femmes qui survivent à l'épreuve et sont rapatriées dans la seconde moitié de 1827[1],[5].
Wybalenna
De retour en Terre de Van Diemen, Woretemoeteryenner vit de nouveau avec les chasseurs de phoques sur les îles du détroit de Bass. En 1830, elle est enlevée à ces hommes par George Augustus Robinson et intégrée à sa « mission amicale » visant à rassembler tous les autochtones tasmaniens restants. En 1833, elle est exilée avec les Aborigènes survivants à l'établissement aborigène de Wybalenna sur l'île Flinders, où elle reçoit le nom de « Margaret »[6].
Autorisée à vivre dans la société britannique
En 1841, la fille de Woretemoeteryenner, Dolly Briggs, mariée à un colon britannique nommé Thomas Johnson et vivant avec lui à Perth, en Tasmanie, demande que sa mère soit autorisée à quitter les conditions terribles de Wybalenna et à vivre avec elle et son mari. La requête est approuvée et, fait tout à fait exceptionnel, Woretemoeteryenner est autorisée à quitter Wybalenna et à vivre dans la relative liberté de la société coloniale britannique, bien qu'elle reste principalement confinée à la résidence de sa fille, où elle se charge de ses petits-enfants[2].
Fin de vie
Elle meurt à Perth, en Tasmanie, le 13 octobre 1847[4].