Walter George Arthur

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Naissance
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Activité
Militant des droits des peuples autochtonesVoir et modifier les données sur Wikidata
Walter George Arthur
Biographie
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Walter George Arthur, né vers et mort le , est un chef aborigène tasmanien, rédacteur de journal, conducteur de troupeaux (en), baleinier et militant pionnier des droits des autochtones.

Walter Georges Arthur est né vers 1820. On ignore ses origines, mais il affirme appartenir au clan qui habitait la région de Ben Lomond, au nord-est de la Terre de Van Diemen. Il est peut-être le fils de Rolepa (également connu sous le nom de Trowlebunner), un notable de la tribu de Ben Lomond, et de Luggenemenener ou Toogernupertooner, également de cette tribu[1],[2].

Enfant autochtone, Arthur a vécu la violence et la dépossession liées à la colonisation britannique et à la Guerre noire. Durant cette période, il est séparé des siens et emmené de force de son pays dans des circonstances obscures. Il est enlevé trop jeune pour conserver une connaissance approfondie de la langue et de la culture de son peuple. Il vit dans les rues de Launceston, colonie britannique, avec un autre garçon aborigène. Pour survivre, ils rejoignent une bande de criminels et se livrent à de petits larcins et à du vol à la tire. On le surnomme « Vendredi »[1].

En février 1832, Arthur et l'autre garçon aborigène sont recueillis par George Augustus Robinson, un chrétien évangélique employé par le gouvernement colonial pour rassembler les derniers autochtones de Tasmanie. Robinson envoie les garçons à l'orphelinat de Hobart où l'autre garçon meurt, mais Arthur survit et apprend à lire et à écrire en anglais[1].

En mai 1835, il est transporté à l'établissement aborigène de Wybalenna sur l'île Flinders, où quelque 200 Aborigènes de Tasmanie survivants sont déportés[1].

Wybalenna

À l'établissement de Wybalenna, on ne l'appelle plus « Vendredi », mais on lui donne le nom de Walter George Arthur, en hommage au lieutenant-gouverneur de la Terre de Van Diemen, George Arthur. Il est l'un des Aborigènes les plus instruits (au sens européen du terme) de Wybalenna et enseigne la lecture et l'écriture en anglais aux autres détenus. Il participe également aux offices religieux et co-rédige, avec un autre jeune Aborigène nommé Thomas Brune, le journal de l'établissement, le Flinders Island Chronicle (en). Cette publication, le tout premier journal autochtone australien, parait pendant 31 numéros de 1837 à 1838. Composée de numéros manuscrits d'une seule page, elle offre souvent des informations sur les conditions de vie difficiles à Wybalenna, comme en témoigne cette citation de 1837, année où vingt-neuf personnes meurent[1] :

Espérons que quelque chose puisse être fait pour nous, pauvres gens. Nous mourons peu à peu. La Bible dit que certains ou tous seront sauvés, mais je crains fort qu'aucun de nous ne survive. Pourquoi les Aborigènes ne prient-ils pas le roi pour qu'il nous fasse quitter cet endroit ?[1]

Arthur entame également une relation sexuelle avec une jeune femme autochtone nommée Mary Ann, fille de Tarenootailler. Le couple est surpris au lit et Arthur est condamné à quatre jours de prison à Wybalenna. Afin d'éviter un scandale, George Augustus Robinson, alors directeur de Wybalenna, organise leur mariage le 16 mars 1838. Walter et Mary Ann sont ensuite envoyés vivre sur les petites îles au large de l'île Flinders, où ils s'occupent des moutons appartenant à l'établissement de Wybalenna[3].

District de Port Phillip

En mars 1839, Arthur et Mary Ann, accompagnés de treize autres Aborigènes de Wybalenna, suivent Robinson et sa famille dans le District de Port Phillip (en) récemment colonisé sur le continent australien, où Robinson prend ses fonctions de Protecteur des Aborigènes. Arthur trouve du travail comme conducteur de troupeaux de vaches et effectue au moins deux transhumances, menant du bétail par voie terrestre jusqu'en Australie-Méridionale. Il travaille également dans les fermes des fils de Robinson près de la rivière Goulburn. Mary Ann est employée comme domestique chez les Robinson[4].

Arthur est un témoin direct de la dépossession et du désespoir des Aborigènes locaux aux mains des colons britanniques, comme il l'a déjà vécu dans son propre pays, la Terre de Van Diemen. Il se demande si la société blanche pourrait un jour considérer les Australiens autochtones comme méritant l'égalité[3].

En 1842, deux autres jeunes Aborigènes de Wybalenna, Maulboyheenner et Tunnerminnerwait, sont condamnés à mort à Melbourne pour le meurtre de deux marins. Arthur et Robinson leur rendent visite en prison avant leur exécution, et deux jours après leur pendaison publique, Arthur très abattu est arrêté pour ivresse[1].

Les Aborigènes de Tasmanie survivants qui sont venus avec Robinson, dont Arthur et Mary Ann, ont ensuite reçu l'ordre de retourner à Wybalenna[3].

Retour à Wybalenna et pétition à la reine Victoria

En août 1842, Arthur et Mary Ann retournent à Wybalenna, sur l'île Flinders, où ils entrent en conflit avec le nouveau surintendant, le Dr Henry Jeanneret, connu pour ses abus et son autoritarisme. Arthur, Mary Ann et plusieurs autres résidents autochtones commencent à militer pour sa destitution. Leur action la plus significative est d'adresser une pétition à la reine Victoria en février 1846, pour dénoncer le comportement de Jeanneret. Signée par « Walter G. Arthur, chef de la tribu Ben Lomond », et sept autres hommes aborigènes, cette pétition est la première adressée par des Aborigènes australiens à un monarque régnant.

Les pétitionnaires de Votre Majesté vous prient de ne plus permettre au docteur Jeanneret de revenir parmi nous… Il portait des pistolets dans ses poches et nous menaçait de nous tirer dessus… Nos maisons étaient en ruine et n’ont jamais été nettoyées, mais envahies par la vermine… Onze d’entre nous sont morts pendant son séjour… Il a fait emprisonner plusieurs d’entre nous pour avoir osé lui parler, car nous refusions d’être ses esclaves[1].

Ils ont également écrit des lettres à William Denison, le lieutenant-gouverneur de la colonie, pour solliciter son soutien en faveur de leurs droits[1].

Oyster Cove

Suite aux pétitions reçues d'Arthur et des autres survivants, le lieutenant-gouverneur décide de fermer Wybalenna et de transférer les survivants dans un ancien bagne abandonné à Oyster Cove, à une quarantaine de kilomètres au sud-ouest de Hobart. En octobre 1847, Arthur, Mary Ann et 45 autres survivants arrivent à Oyster Cove. Arthur et Mary Ann jouent un rôle déterminant dans la demande d'amélioration des conditions de vie et adressèrent de nouvelles pétitions pour obtenir l'autorisation de créer leur propre ferme. Ils obtiennent gain de cause et une petite concession de terre près d'Oyster Cove. Ne pouvant avoir d'enfant, ils adoptent un jeune survivant de Wybalenna nommé William Lanne[1]

Arthur et Mary Ann ne réussissent pas à vivre comme agriculteurs et, de 1859 à 1861, Arthur obtient un emploi de membre d'équipage sur le Sussex, un navire baleinier basé à Hobart.

Fin de vie

Alors qu'il retourne à Oyster Cove en barque à rames le 12 mai 1861, Arthur tombe à l'eau. Son corps n'a jamais été retrouvé[2].

Mary Ann épouse ensuite un ancien bagnard nommé Adam Booker et meurt dix ans plus tard, le 25 juillet 1871[2].

Voir aussi

Références

Liens externes

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