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1921 en dadaïsme et surréalisme

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Cet article présente les faits marquants de l'année 1921 en dadaïsme et surréalisme.

Faits en bref
Série d'articles portant sur
dada et le surréalisme
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Éphémérides

Rrose Sélavy (Marcel Duchamp), photographié par Man Ray

Janvier


  • Johannes Baader organise un bal Dada au zoo de Berlin.
    À diverses personnalités politiques municipales et nationales et leur épouses, dont le président de la République, il envoie une invitation : « [Vous disposerez] du libre accès si, après le bal, [vous accordez] aux Oberdada le libre accès aussi à eux-mêmes. »[5]

Février


  • Clément Pansaers, Bar Nicanor, avec un portrait de Crotte de Bique et de Couillandouille par eux-mêmes, aux éditions AIO, à Bruxelles, Londres, New York, Madrid et Yokohama : une cinquantaine de pages manuscrites imprimées en caractères sépia sur papier orange[7].

  • Louis Aragon, Anicet ou le panorama, roman : « Une fois qu'on apercevait en lui un autre homme que ce passant incolore, on était pendant un certain temps arrêté par sa mimique : une moue, le clignement prolongé des paupières ; dans l'attention, le rapprochement des poings serrés ; un certain sourire errant dans lequel les dents inférieures mordaient les autres ; un rire assez convulsif bien plus aigu que sa voix, d'ordinaire grave avec de brusques cassures ; une intonation pour le mot crétin, une autre pour l'expression cher ami ; une façon de se frotter les mains, et diverses emphases imprévues. On pouvait encore commettre l'erreur de prendre Baptiste pour le héros amoureux d'une grande dame que Ponson du Terrail appelle immanquablement Raoul. Pour peu que l'on vécût avec lui, cette illusion tombait de soi-même quand on savait le respect dans lequel il tenait l'amour et la place que cette passion occupait dans sa vie. »[8]
  • André Breton assiste à une représentation du drame Les Détraquées au théâtre des Deux-Masques, rue Fontaine[9].

Mars

Avril


  • Jean-Joseph Crotti et Suzanne Duchamp exposent une série d'œuvres sous le titre Tabu Dada : « Tabu est une religion philoophique... Nous souhaitons par les formes, par les couleurs, par n'importe quel moyen, exprimer le mystère, la diversité de l'univers et tous les mystères. »[12]

  • À l'initiative d'André Breton, visite de l'église St-Julien-le-Pauvre dans le cadre d'une série d'excursions et visites à travers Paris de lieux volontairement dérisoires auxquelles est convié le public[13] : « Les dadaïstes de passage à Paris voulant remédier à l'incompétence de guides et de cicerones suspects, ont décidé d'entreprendre une série de visites à des endroits choisis, en particulier à ceux qui ont vraiment pas de raison d'exister, - C'est à tort qu'on insiste sur le pittoresque (Lycée Janson de Sailly), l'intérêt historique (Mont Blanc) et la valeur sentimentale (La Morgue). - La partie n'est pas perdue mais il faut agir vite. - Prendre part à cette première visite c'est se rendre compte du progrès humain, des destructions possibles et de la nécessité de poursuivre notre action que vous tiendrez à encourager par tous les moyens. »[14]
    À cette occasion, Théodore Fraenkel réalise un dessin dans lequel il représente Breton en pape[15].
    Roger Vitrac et Jacques Baron y rencontrent Louis Aragon[16].
  • Publication du premier numéro[20] de New York Dada composé par Marcel Duchamp et Man Ray.
    Il contient, selon les mots de ce dernier, « une caricature d'autorisation officielle » envoyée par Tzara, après que Gabriële Buffet-Picabia a sollicité de Tzara « l'autorisation d'ouvrir une branche Dada à New York. »[21].

Mai


  • Vernissage de l'exposition Max Ernst à la librairie Au Sans Pareil[22].
    Y sont exposés : 42 peintopeintures dont Dada Degas[23], 8 dessins, 4 Fatagaga dont trois créés en commun avec Jean Arp et un avec Johannes Theodor Baargeld et une sculpture.
    Le catalogue de six pages reproduit le dessin intitulé Relief tricoté.
    La préface est d'André Breton : « Parce que, résolu à en finir avec un mysticisme-escroquerie à la nature morte, [Max Ernst] projette sous nos yeux le film le plus captivant du monde et qu'il ne perd pas la grâce de sourire tout en éclairant au plus profond, d'un jour sans égal, notre vie intérieure, nous n'hésitons pas à voir en [lui] l'homme de ces possibilités infinies. »[24]
    Ernst ne peut assister au vernissage : de nationalité allemande, son visa d'entrée en France lui est refusé[25].
Le , devant la galerie Au Sans Pareil. De gauche à droite : René Hilsum, Benjamin Péret, Serge Charchoune, Philippe Soupault avec une bicyclette, Jacques Rigaut la tête renversée, André Breton, Simone Kahn. L'auteur de cette photo est inconnu.

  • Breton préside le Procès Barrès : « Mise en accusation et jugement de Maurice Barrès pour crime contre la sûreté de l'esprit »[28], organisé contre l'avis de Tristan Tzara[29].
    L'acte d'accusation proclame « qu'il est temps pour Dada de mettre au service de son esprit négateur un pouvoir exécutif et décidé avant tout à l'exercer contre ceux qui risquent d'empêcher sa dictature, prend dès aujourd'hui des mesures pour abattre leur résistance. »[30]
    Benjamin Péret y incarne le Soldat inconnu revêtu d'un uniforme allemand, marchant au pas de l'oie le visage dissimulé par un masque à gaz.
    Philippe Soupault et Aragon se chargent de la défense de l'écrivain[31].
  • Sous le titre « M. Picabia se sépare des dadas », un article rapporte le propos suivant : « Dada, voyez-vous, n'était pas sérieux, et c'est pour cela que, telle une traînée de poudre, il a gagné le monde ; si quelques-uns maintenant le prennent au sérieux, c'est parce qu'il est mort ! »[33]

Juin


  • Sans explication, la direction de la galerie Montaigne clôt, sans préavis, le « Salon Dada ».
    Soupault : « Nous étions en colère. Je fus chargé, parce que j'étais bachelier en droit, d'aller requérir un huissier pour constater la rupture du contrat [...] mais nous avons pensé que Dada ne pouvait invoquer les lois, [on] se serait moqué de nous[40]. »

Juillet


  • Parution de Pilhaou-Thibaou, supplément de la revue 391, intégralement écrit par Francis Picabia, sous le pseudonyme de Funny Guy.
    Très critique envers les « jeunes dadaïstes qui ont trahi l'esprit Dada lors du Procès Barrès en s'instituant juges. »[41]
    La revue publie un texte de Clément Pansaers qui annonce sa rupture avec André Breton (conséquence de l'affaire dite du portefeuille garni d'argent et trouvé dans un café et qui a divisé les Dadas parisiens sur la conduite à tenir : le rendre à son propriétaire ou le garder)[38].

Août


  • André Breton voit au cinéma le dernier épisode de L'Étreinte de la pieuvre, série de quinze épisodes réalisés par Duke Worne[44].
  • Clément Pansaers, L'Apologie de la paresse : « O ! le luxe imprévu de la fainéantise ! La grève générale sur une grève ensoleillée ! »[46].

Septembre

Octobre

  • Antonin Artaud rencontre Max Jacob qui lui suggère d'aller voir Charles Dullin, directeur du Théâtre de l'Atelier.
    Peu après il écrit à Max Jacob : « On a l'impression en écoutant l'enseignement de Dullin qu'on retrouve de vieux secrets et toute une mystique oubliée de la mise en scène. »[51]
  • Dans la revue De Stijl, parution du manifeste Pour un art élémentaire signé par Hans Arp, Raoul Hausmann, László Moholy-Nagy et Ivan Pougny.
    Ce manifeste énonce un axe théorique commun aux artistes Dadas et constructivistes : « Artistes, proclamez-vous solidaires de l'art. Détournez-vous des styles. Nous réclamons l'abolition des styles pour atteindre au style ! »[52]

Novembre


  • Ouverture au Grand Palais à Paris du Salon d'Automne à l'occasion duquel Francis Picabia distribue un tract-manifeste qui dit que : « FRANCIS PICABIA est un imbécile, un idiot, un pickpocket !!! MAIS il a sauvé ARP de la constipation ! »[49]
    Y est présenté L'Œil cacodylate, tableau commencé au mois de mars alors qu'il souffrait d'un zona ophtalmique[25].
    Jean Crotti diffuse son Manifeste Tabu[53].

Décembre


  • Dans une lettre à Jacques Doucet, André Breton lui déconseille l'achat d'un « petit » tableau de Pablo Picasso : « Vous savez que je déplore légèrement […] que vous n'ayiez pas fait l'acquisition d'une des œuvres maîtresses de Picasso (je veux dire d'une chose dont l'importance historique soit absolument indéniable), comme ces Demoiselles d'Avignon qui marquent l'origine du cubisme et qu'il serait si fâcheux de voir partir à l'étranger. »[56]

  • Première exposition parisienne de Man Ray à la librairie Six achetée par Philippe Soupault. Présentation des objets impossibles créés à New York[57].
    L'installation est de Marcel Duchamp : des ballons de couleur masquant les tableaux et que les visiteurs doivent faire éclater[53].

  • Les dadaïstes parisiens font publier dans Paris-Midi puis dans Le Siècle et Action une lettre collective dans laquelle ils démentent la mort de Dada : « Dites à vos lecteurs que les dadaïstes sont tous morts, mais qu'ils fassent attention à tous ces jeunes gens un peu niais. Dada est éphémère, mais il est immortel. »[58].


Cette année-là

Quelques Dadaïstes parisiens. De gauche à droite, arrière-plan : Louis Aragon, Théodore Fraenkel, Paul Éluard, Emmanuel Fay. Second plan : Paul Dermée, Philippe Soupault, Georges Ribemont-Dessaignes. Premier plan : Tristan Tzara, Céline Arnauld, Francis Picabia, André Breton - Auteur anonyme


Œuvres

Première page du catalogue de la première exposition parisienne de Max Ernst
  • Max Ernst
  • Théodore Fraenkel
    • Procédé à fil, sculpture composée d'une pelote de ficelle surmontée d'une éponge
  • George Grosz
    • Débauche, night club à Berlin, aquarelle, plume et encre de Chine[83]
  • Raoul Hausmann
    • Hourra ! Hourra ! Hourra !, édité par Malik à Berlin : « Contradiction remarquable, les Allemands sont ignobles par idéalisme ! Dans cette mesure, ils ont encore un immense avenir. »[84]
  • Richard Huelsenbeck
    • La Fin du Dr Billig, roman[85]
  • Joan Miró
    • Homme et femme, objet[86]
Gravure de Clément Pansaers, illustration pour Bar Nicanor...

Notes et références

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