1934 en dadaïsme et surréalisme

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Cet article présente les faits marquants de l'année 1934 en dadaïsme et surréalisme.

Faits en bref
Série d'articles portant sur
dada et le surréalisme
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Chronologie de dada et du surréalisme

Éphémérides

Salvador Dali et Man Ray à Paris en 1934 (photographie de Carl Van Vechten)

Février


  • Ouverture du salon des Indépendants où Salvador Dalí expose L'Énigme de Guillaume Tell, représentant un Lénine ridicule avec fixe-chaussettes et casquette démesurée, accroupi, les fesses à l'air, menaçant de dévorer un Dalí miniature terrorisé[1].

  • Dalí frôle l'exclusion du mouvement surréaliste pour « actes contre-révolutionnaires tendant à la glorification du fascisme hitlérien », à la suite de l'exposition de L'Énigme de Guillaume Tell et pour avoir proposé dès une étude sérieuse du phénomène Hitler[2].
    Convoqué chez André Breton, Dalí, accompagné de Gala, arrive fiévreux, un thermomètre dans la bouche qu'il consulte dès que la discussion s'échauffe, et couvert de plusieurs couches de vêtements qu'il enlève une à une au fur et à mesure de sa plaidoirie qu'il termine torse nu[3].

  • Manifestations antifascistes à la suite de la Crise du 6 février 1934. Paul Eluard et Tristan Tzara y participent à Nice, Georges Hugnet à Paris. Ils sont impressionnés par le courage et l'efficacité des jeunes communistes contre la police, tandis que les débats qui agitent le groupe surréaliste ne leur paraissent pas à la hauteur du moment[4].

  • En réaction aux violentes manifestations fasciste qui se sont déroulées à Paris, autour de l'Assemblée nationale, le , Breton prend l'initiative de réunir un grand nombre d'intellectuels autour du texte Appel à la lutte et rend visite à Léon Blum pour lui demander son appui.
    Ce dernier lui refuse tout débat politique. « Toute une matinée, dans son cabinet de travail de l'île Saint-Louis, je m'efforçai en vain de détourner la conversation du plan littéraire où il se mouvait d'ailleurs avec une aisance et une finesse extrêmes : malheureusement, ce n'était pas pour cela que j'étais venu. Il m'accabla de gentillesses, mais chaque fois que j'entrepris de le ramener à l'objet de ma visite, il s'en tint à des propos dilatoires. »[5]

Mars

Le groupe Rupture en 1938[6]. 1er rg: Marcel Havrenne, André Lorent, Bovy, Achille Chavée. 2e rg: Deplus, Lefrancq. 3e rg: Michotte, Constant Malva. Tête de Rimbaud par Van de Spiegele

Avril

  • Les surréalistes lancent une « Enquête sur l'unité d'action » auprès des principaux représentants de la classe ouvrière[10].
  • Sollicité par le groupe surréaliste, Tristan Tzara refuse de s'associer à La Planète sans visa et à l' Appel à la lutte et rédige une note dans laquelle il réclame « 1) la suppression du groupement politique du surréalisme, 2) l'élargissement du front des intellectuels dans le but d'appuyer inconditionnellement affirmativement et sans discussion le parti communiste, 3) l'exclusion de ce front de tout individu qui mettrait des bâtons dans les roues du parti communiste. »[13],[14],[15]
  • En Belgique, création de l'Association révolutionnaire culturelle (ARC) par le cinéaste Henri Storck dont le but est « d'organiser les écrivains et les artistes ouvriers, en vue de leur collaboration effective à la lutte des classes, en liaison étroite avec les organisations ouvrières de Belgique [et de] lutter contre toutes les nuances de l'idéologie proprement bourgeoise. » Adhésions de René Magritte et Paul Nougé[17].

Mai


  • Exposition internationale du surréalisme au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles sous les auspices des revues Minotaure et Documents 34. Invité par E. L. T. Mesens et Paul Nougé, André Breton y donne une conférence le [18] : Qu'est-ce que le surréalisme ? : « Les propos malséants qu'on nous impute, les attaques soi-disant inconsidérées, les injures, les ruptures, les scandales - tout ce qu'on nous reproche tant - nous les avons trouvés sur la même route que les poèmes […] Aujourd'hui plus que jamais la « libération de l'esprit », fin expresse du surréalisme, aux yeux des surréalistes, exige pour première condition la « libération de l'homme », ce qui implique que toute entrave à celle-ci doit être combattue avec l'énergie du désespoir, qu'aujourd'hui plus que jamais les surréalistes comptent pour cette libération de l'homme en tout et pour tout sur la Révolution prolétarienne. »[19]
    Considérée comme la toute première exposition internationale du surréalisme[20], René Magritte signe la couverture du livre qui reprend le texte de Breton. Salvador Dalí et Paul Eluard sont présents pour le vernissage[21].

Juin


  • Rupture entre Antonin Artaud et Roger Vitrac à la suite de la création au Théâtre de l'Atelier de la pièce de Le Coup de Trafalgar dont la mise en scène est confiée à Marcel Herrand. Artaud : « Entre le surréalisme gratuit mais poétique des Mystères de l'amour et la satire explicite d'une pièce de boulevard ordinaire, Roger Vitrac n'a pas su choisir ; et sa pièce sent le parisianisme, l'actualité, le boulevard […] La pièce porte la peine d'appartenir à un système et à un monde condamné, et elle doit disparaître avec ce monde. »[16]

Juillet

  • Publication à Bruxelles du premier numéro de Documents 34 (directeur Jean Stéphane et rédacteur en chef E. L. T. Mesens) consacré au surréalisme. Nombreux dessins d'Yves Tanguy et un dialogue avec André Breton : « B. Qu'est-ce que ta peinture ? T. C'est une petite fumée blanche. B. Qu'est-ce que la Bretagne ? T. C'est un fruit mangé par les guêpes. B. Qu'est-ce que tu préfères ? T. C'est un reflet sur l'eau. B. Qu'est-ce que l'amour physique ? T. C'est la moitié du plaisir. B. Qu'est-ce que la vieillesse ? T. C'est un lâche. »[27].
  • Breton, Point du jour, recueil d'articles, de textes ou de préfaces écrits depuis 1924[25].

Août

Septembre

Octobre

  • Antonin Artaud
    • Appel à la jeunesse : « Je ne peux rien avec de l'opium qui est bien la plus abominable tromperie, la plus redoutable invention de néant qui ait fécondé des sensibilités humaines. Mais je ne peux rien sans à un moment donné en moi-même cette culture de néant. »[32]
    • Le Théâtre et la peste, publié dans la La Nouvelle Revue française[32].

Novembre


  • Première exposition parisienne de Victor Brauner à la galerie Pierre. André Breton écrit la préface du catalogue[33] : « Le désir et la peur président, en effet, par excellence, au jeu qu'il, mène avec nous, dans le cercle visuel très inquiétant où l'apparition lutte crépusculairement avec l'apparence. »[34]

Décembre


  • Hans Bellmer, Poupée : variations sur le montage d'une mineure articulée, série de photos parues dans la revue Minotaure[35]


Cette année-là


Œuvres

Marguerite Blasingamme, Island moon before the world
  • Victor Brauner
    • L'Étrange K de Monsieur K, huile sur toile. André Breton : « La grande marmite nocturne et immémoriale gronde au loin et à chaque coup de gong frappé - c'est son couvercle qui bat - glissent par l'entrebâillement toutes sortes d'êtres et d'objets douteux qui se répandent dans la campagne mentale. »[40]
    • Hitler, huile sur carton[41]
    • Petite morphologie, huile sur toile[42]
    • Portrait d'André Breton, huile sur toile[43]
  • André Breton
    • L'Air de l'eau, poèmes, aux éditions des Cahiers d'art, achevé d'imprimer le [44]
    • Page-Objet à Marcelle Ferry, boîte surréaliste[45]
    • Point du jour, recueil de textes parus entre 1924 et 1933 chez Gallimard mais pas d'achevé d'imprimer[46] qu'il dédicace à Nusch Eluard : « Pour Nusch (Madame Eluard) à défaut des oiseaux et des pierreries que j'aimerais faire jaillir de sa corbeille de mariage. »[18]
    • Qu'est-ce que le surréalisme ?, essai, édité chez René Henriquez à Bruxelles, achevé d'imprimer du [47]
  • Claude Cahun
    • Les Paris sont ouverts, essai[48]
  • René Char
    • Le Marteau sans maître : « Mains obscures mains si terribles / Filles d'excommuniées / Faites saigner les têtes chastes / Derrière les embruns on a nommé le sang / La chair toute puissante ranimée dans les rêves / Nourricière du phénix / Mort minuscule de l'été / Dételle-moi mort éclairante / À présent je sais vivre »[réf. nécessaire]
Spectre du sex-appeal de Salvador Dalí.

Notes et références

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