Agon-Coutainville

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Localisation

Agon-Coutainville est située dans le pays de Coutances, à 12 kilomètres de Coutances, sur la côte ouest du Cotentin (côte des Havres) avec l'île de Jersey au nord-ouest, l'archipel des Minquiers à l'ouest et l'archipel des îles Chausey au sud-ouest.

Coutainville est une station balnéaire située sur le littoral, alors que le bourg d'Agon est plus retiré à l'intérieur des terres. La commune se prolonge au sud par la pointe d'Agon (site naturel classé), qui abrite le havre de Regnéville formé par l'estuaire de la Sienne. La limite nord est marquée par le havre de Blainville, plus petit.

Hydrographie

La commune est située dans le bassin Seine-Normandie. Elle est drainée par la Siame, le cours d'eau 01 de la commune d'Agon-Coutainville[3], le Ruet Ganne[4] et le ruisseau de Valliere[5],[6],[Carte 1].

La Siame, d'une longueur de 10 km, prend sa source dans la commune de Gratot et se jette dans le golfe de Saint-Malo en limite de Tourville-sur-Sienne et d'Agon-Coutainville, après avoir traversé quatre communes[7].

Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune
Réseau hydrographique d'Agon-Coutainville[Note 1].

Trois plans d'eau complètent le réseau hydrographique : la mare de la commune (0,1 ha), la mare de l'Essay (2,1 ha) et le plan d'eau de la commune d'Agnon-Coutainville (1,1 ha)[Carte 1],[8].

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000[9]. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche[10]. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique[11] et est dans la région climatique Normandie (Cotentin, Orne), caractérisée par une pluviométrie relativement élevée (850 mm/a) et un été frais (15,5 °C) et venté[12]. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves[13],[14].

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 11,2 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 11,2 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 943 mm, avec 13,8 jours de précipitations en janvier et 8,2 jours en juillet[9]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Gouville-sur-Mer à 6 km à vol d'oiseau[15], est de 12,2 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 844,8 mm[16],[17]. La température maximale relevée sur cette station est de 37,9 °C, atteinte le  ; la température minimale est de −8,7 °C, atteinte le [Note 2].

Urbanisme

Typologie

Au , Agon-Coutainville est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[18].

Elle appartient à l'unité urbaine d'Agon-Coutainville[Note 3], une agglomération intra-départementale regroupant trois communes, dont elle est ville-centre[Note 4],[19],[20].

Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Coutances, dont elle est une commune de la couronne[Note 5],[20]. Cette aire, qui regroupe 37 communes, est catégorisée dans les aires de moins de 50 000 habitants[21],[22].

La commune, bordée par la Manche, est également une commune littorale au sens de la loi du , dite loi littoral[23]. Des dispositions spécifiques d'urbanisme s'y appliquent dès lors afin de préserver les espaces naturels, les sites, les paysages et l'équilibre écologique du littoral, comme le principe d'inconstructibilité, en dehors des espaces urbanisés, sur la bande littorale des 100 mètres, ou plus si le plan local d'urbanisme le prévoit[24].

Occupation des sols

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (55,1 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (57 %).

La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones agricoles hétérogènes (41,4 %), zones urbanisées (23,8 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (14 %), prairies (12,6 %), espaces verts artificialisés, non agricoles (3,8 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (1,7 %), zones humides côtières (1,3 %), terres arables (1,1 %), forêts (0,2 %)[25].

Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 2].

Toponymie

Agon

Le nom de la localité est attesté sous les formes Agons en 1027, Agon en 1056, Agon en 1146[26],[27].

L'étymologie d'Agon ne fait pas l'unanimité chez les spécialistes de la toponymie. La forme la plus ancienne Agons avec un s final a retenu l'attention de quelques-uns[26]. Il peut s'agir un élément pré-latin, dont il est cependant difficile de reconstituer la forme initiale, donc d'en déterminer l'origine.

Dans cette perspective, René Lepelley croit reconnaître un mot gaulois dérivé de la racine ak- évoquant une pointe ou une butte[28], cependant cette évolution phonétique est théoriquement impossible : le son [k] dans cette position aboutit à [j] (le son noté par y dans payer < latin pacare « apaiser ») ou disparaît complètement dans d'autres contextes[29].

Plus généralement, les spécialistes voient dans Agon la fixation d'un anthroponyme germanique continental tel qu'Ago (radical Agon-)[27] ou vieux norrois Hákun ou Hákon, très bien documenté dans les pays scandinaves (en particulier la Norvège) et également bien attesté en Angleterre : cf. par exemple les formes anglo-scandinaves Hacun, Hacon en 1066 dans le Domesday Book ; Hacon de Crokestun vers 1160 dans le Lincolnshire, ou plus tardivement Robert Hacun en 1221 dans le Shropshire[29],[30]. Ils sont alors pris absolument sans affixe, ni appellatif. Cependant, dans le cadre de l'hypothèse du nom de personne Hákun / Hákon, [k] n'a aucune raison de se sonoriser en [g] à cette époque et c'est au contraire l'inverse qui se produit plus tardivement dans la toponymie normande, à savoir [g] > [k] (cf. Acqueville ci-dessous).

Remarque : aucun spécialiste n'a évoqué un possible vieux norrois *Agi, attesté en vieux danois Aghi et en vieux suédois Agi, dont la forme latinisée est précisément Ag(h)o[31]. Ce dernier semble se retrouver dans Acqueville (Manche, Agueville jusqu'au XVe siècle)[26].

Coutainville

Coutainville, la plage du Passous, à marée basse.

Le toponyme Coutainville y a été ajouté en 1965 et est attesté sous les formes Constantis villa en 1035 - 1060 et Costainvilla 1158[32].

Il s'agit d'une formation toponymique médiévale en -ville au sens ancien de « domaine rural », précédé d'un anthroponyme comme selon le cas général. Coutain- représente peut-être le nom de personne germanique Kotto (féminin -ane)[33] ou scandinave Kolsteinn[28]. Les formes anciennes s'opposent cependant à ces deux interprétations et il faut sans doute y voir un nom de personne gallo-roman Constans ou Constantius[32], d'origine latine et que l'on retrouve dans les noms même de Coutances et de Cotentin.

Le gentilé est Agonais-Coutainvillais.

Histoire

On a retrouvé au large d'Agon-Coutainville une station lithique (champ de blocaux : traces d'industries préhistoriques), datant de la période chelléenne du début du quaternaire, appartenant à la fin du paléolithique inférieur. Cette station a malheureusement disparu, malgré des travaux de sauvegarde en 1958. Cette découverte aurait été confirmée par l'abbé Breuil, originaire de Mortain, grand archéologue français et spécialiste de l'époque paléolithique. Il faut, en effet, se rappeler qu'à cette époque le niveau des mers était beaucoup plus bas que de nos jours. L'étendue des terres devait être beaucoup plus vaste. Les énormes calottes glaciaires absorbaient une telle masse d'eau, que le niveau des océans a pu s'abaisser, d'après certaines hypothèses, de plus de 170 mètres. Il n'est donc pas exagéré de penser, comme le rappellent les légendes et les anciennes chroniques, qu'existait, autour du mont Saint-Michel et jusqu'à la hauteur de Portbail, une vaste forêt qui allait jusqu'aux îles Chausey (dite forêt de Scissy) au cours du paléolithique (200 000 ans av. J.-C.).

Moyen Âge

Au XIe siècle, le lieu appartenait au duc Richard (963-1026)[34].

Un Guillaume Paynel d'Agon participa à la première croisade (1096-1099) avec le duc de Normandie Robert Courteheuse[35]. Il obtint des concessions dans le comté d'York[36].

Le roi d'Angleterre Richard Cœur de Lion aurait débarqué dans le hameau de Coutainville en route pour la troisième croisade. Jean sans Terre accorda à Guillaume des Roches, en possession du lieu, deux foires à Agon, d'une durée de huit jours. Ces foires commençaient à la Pentecôte et à la fête Notre-Dame en septembre[34]. La foire d'Agon fondée en 1199 par Jean sans Terre, était comparable jadis à la foire de Beaucaire. Pillée plusieurs fois par les Anglais, la foire fut transférée à Guibray, puis à Montmartin et Coutances.

Temps modernes

En 1512, lors de la montre d'armes de la Hougue, Jean de Buret, qualifié de seigneur d'Agon, est présent avec deux brigandines. La seigneurie, quart de fief de haubert relevait de la vicomté de Coutances[37].

Charles Guérin, sieur d'Agon, et Jehan de Costentin, sieur de Tourville et Coutainville, au XVIe siècle, se disputèrent la mare de l'Essay. Le bailli les autorisa à tirer le gibier et pêcher le poisson sans pouvoir les vendre[35]. En 1650, Gilles Guérin, conseiller du roi, lieutenant général criminel au bailliage et siège présidial de Cotentin, maître des requêtes ordinaires de la reine mère, rend aveu du fief d'Agon[38].

Jacques II d'Angleterre (1633-1701) y serait passé lors de son exil (d'où le nom de la rue du Roi Jacques près du centre).

Époque contemporaine

Au XIXe siècle, dans son port avaient lieu de nombreux armements au long cours et partaient de nombreux navires pour la pêche de la morue au banc de Terre-Neuve.

La gare d'Agon sur l'ancienne ligne ferroviaire de Coutances à Lessay.

Entre 1914 et 1918, Coutainville accueille un hôpital destiné à recevoir des soldats français en convalescence. La commune va perdre 77 de ses enfants pendant le conflit.

Seconde Guerre mondiale

En 1940, le village est occupé par une garnison composée d'Allemands, remplacés fin 1941 par trente Géorgiens.

Le , un avion allié en mauvaise posture poursuivi par un avion allemand lâche deux bombes sur le centre de Coutainville, faisant trois morts : M. Paul Léonard, ferronnier (meilleur ouvrier de France), M. et Mme Jeanne, propriétaires de la pension de famille Les Trois Pavillons. La libération de la ville a lieu le , avec l'arrivée des Américains du 106th Cavalry Squadron. Deux Géorgiens sont tués par la Résistance guidant les libérateurs. La nuit du au , les Allemands tirent sur Coutainville des obus qui heureusement tombent dans le marais près du champ de courses, seules des vaches sont tuées. Le lendemain, elles sont débitées pour ravitailler les habitants et les réfugiés.

Le , trente-deux résidents s'engagent dans la 2e division blindée du général Leclerc stationnant à Mobecq. Deux de ces volontaires tomberont durant les combats de l'Orne.

Politique et administration

Tendances politiques et résultats

Administration municipale

La mairie.
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1944 janvier 1975
(décès)
Louis Périer Ind. Charron
Conseiller général de Saint-Malo-de-la-Lande (1945 → 1973)
février 1975 1981 André Boissel-Dombreval    
1981 1990
(démission)
Pierre Charton   Ancien adjoint au maire
juillet 1990 juin 1995 Georges Quétier DVD Ostréiculteur
juin 1995 mars 2001 Michel Desbiens DVD[39] Directeur d'hôpital
mars 2001[40] avril 2014 Max Avenel DVD Cadre EDF-GDF
avril 2014[41] en cours Christian Dutertre DVD Ancien agent d'assurance
Président du tribunal de commerce de Coutances[42]
Une partie des données est issue d'une liste établie par Jean Pouëssel et la mairie[35]

Le conseil municipal est composé de vingt-trois membres dont le maire et cinq adjoints[43].

Jumelages

Labels

La commune est :

Population et société

Démographie

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[47]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[48].

En 2023, la commune comptait 3 020 habitants[Note 6], en évolution de +8,2 % par rapport à 2017 (Manche : +0,13 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 5561 3991 6321 4461 5061 4621 5611 5331 530
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 4651 6051 6021 6001 5701 5951 5971 5901 614
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 6441 6641 7171 4691 5031 7951 7543 6292 551
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2016
2 3412 2802 3492 3212 5102 7232 8042 8422 795
2021 2023 - - - - - - -
2 9413 020-------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[49] puis Insee à partir de 2006[50].)
Histogramme de l'évolution démographique

Manifestations culturelles et festivités

  • Hissez les voix, le plus grand concours de chant de l'ouest, en août.
  • L'enduro pédestre des sables.
  • Festival Coutainville la Plage, depuis 2015[51].
  • 13 juillet : concerts et feu d'artifice.

Sports et loisirs

  • Le centre nautique Laurent-Bourgnon de Coutainville accueille toute l'année des initiés et des débutants, même en situation de handicap, pour des activités nautiques variées. Les activités proposées sont la voile et le char à voile.
  • Le Football Club d'Agon-Coutainville fait évoluer une équipe de football en ligue de Basse-Normandie et deux autres en divisions de district[52].
  • Le Tennis Club. Yannick Noah y a joué quelques années de son adolescence et a remporté le Championnat par équipes de la Manche en 1972[53].
  • L'enduro pédestre des sables est un événement majeur de août ayant lieu depuis plus de 30 ans.
  • Un golf 18 trous existe en bord de mer sur le territoire de Coutainville depuis 1919[54].

Économie

Ont paru à Agon-Coutainville les journaux Coutainville-Plage entre 1894 et 1898 et Le Coutainvillais de 1910 à 1912[55].

À partir de 1889, Coutainville accueille les premiers enfants envoyés en vacances par l'Œuvre des colonies de vacances, branche spéciale de l'Œuvre de la Chaussée du Maine fondée par Élise de Pressensé[56].

Agon-Coutainville est commune touristique depuis [57]. Elle dispose d'un casino, d'un hippodrome, d'un terrain de golf et d'une base vélique.

Culture locale et patrimoine

Voir aussi

Notes et références

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