Bain-de-Bretagne

commune française d'Ille-et-Vilaine From Wikipedia, the free encyclopedia

Bain-de-Bretagne est une commune française située dans le département d'Ille-et-Vilaine, en région Bretagne.

Faits en bref Administration, Pays ...
Bain-de-Bretagne
Bain-de-Bretagne
Mairie de Bain-de-Bretagne.
Blason de Bain-de-Bretagne
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Ille-et-Vilaine
Arrondissement Redon
Intercommunalité Bretagne Porte de Loire Communauté
(siège)
Maire
Mandat
Soazic Blouin (DVC)
2026-2032
Code postal 35470
Code commune 35012
Démographie
Gentilé Bainais
Population
municipale
7 674 hab. (2023 en évolution de +4,68 % par rapport à 2017en évolution de +4,68 % par rapport à 2017)
Densité 118 hab./km2
Population
unité urbaine
25 687 hab.
Géographie
Coordonnées 47° 50′ 35″ nord, 1° 40′ 50″ ouest
Altitude 127 m
Min. 17 m
Max. 114 m
Superficie 64,77 km2
Type Petite ville
Unité urbaine Bain-de-Bretagne
(ville isolée)
Aire d'attraction Rennes
(commune de la couronne)
Élections
Départementales Canton de Bain-de-Bretagne
(bureau centralisateur)
Législatives Quatrième circonscription
Localisation
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Bain-de-Bretagne
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Bain-de-Bretagne
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Bain-de-Bretagne
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Bain-de-Bretagne
Liens
Site web www.baindebretagne.fr
Fermer

Géographie

Carte de la commune de Bain-de-Bretagne.

Géologie et relief

Cadre géologique

Carte géologique du Massif armoricain.

La région de Bain-de-Bretagne est localisée dans le domaine centre armoricain[1], dans la partie médiane du Massif armoricain qui est un socle ouest-européen de faible altitude (maximum 400 m), caractérisé par des surfaces d'aplanissement et qui résulte d'une histoire complexe composée de trois orogenèses : icartienne (Paléoprotérozoïque,ca. 2,2-1,8 Ga), cadomienne (Édiacarien 750-540 Ma)[2] et surtout varisque (ou hercynienne, au Dévonien-Carbonifère, 420-300 Ma)[3].

La structure du Massif armoricain résulte de la superposition de l'héritage[4] de ces deux derniers orogènes[5].

Bain-de-Bretagne est située dans un vaste bassin sédimentaire constitué de sédiments détritiques essentiellement silto-gréseux issus de l'érosion de la chaîne cadomienne et accumulés sur plus de 15 000 m d'épaisseur, socle sur lequel repose en discordance des formations paléozoïques sédimentaires[6]. Le territoire est au centre d'une grande unité sédimentaire qui a été déformée par des plissements au Paléozoïque, le synclinorium de Martigné-Ferchaud[7] synclinaux du sud de Rennes »)[8]. Dans cette unité synclinoriale du sud rennais proprement dite, à structure appalachienne (des buttes parallèles d'orientation ouest - nord-ouest/est - sud-est, correspondant aux alternances de schiste et de grès, traversées perpendiculairement par le réseau hydrographique, les cluses de la Vilaine), la sédimentation paléozoïque débute par la mise en place de matériel détritique de couleur rouge, la formation ordovicienne de Pont-Réan, caractérisée notamment par le faciès de type Pomméniac (à km au sud de Bain-de-Bretagne). Il s'agit d'un terme rythmique de passage progressif au Grès armoricain présent partout où ce grès ne repose pas directement sur le Briovérien. Sur le tracé de la RN 137, « au niveau de Pomméniac choisie comme localité-type, il affleure à faible pendage Sud, sur près de 250 mètres, les niveaux inférieurs disparaissant sous les colluvions. Ce sont des alternances centimétriques à métriques, versicolores, à dominante gréso-quartzique, admettant de nombreux interlits décimétriques à métriques de siltites plus ou moins argileuses ou séricitoschisteuses, et quelques niveaux grossiers parfois même microconglomératiques[9] ».

Géomorphologie : une ville associée à un étang

Certaines formations paléozoïques sont marquées par le contrecoup de la tectonique alpine, d'où la présence de petits fossés d'effondrement miocène et pliocène. C'est une telle structure qui est à l'origine du lac de Bain-de-Bretagne.

Géographie humaine : un pivot de l'axe de circulation entre Rennes et Nantes

Bain-de-Bretagne est située sur la route entre Rennes et Nantes. Aujourd'hui, c'est une route à 4 voies (voie express), mais dans le passé, c'était un chemin marqué par des foires nombreuses, dont Bain était l'une d'entre elles. Au XVIIIe siècle, il y en avait près de 80 entre Rennes et Nantes (correspondant à des haltes possibles). Avec la création de modes de transport de plus en plus rapides, ces foires sont devenues de moins en moins nombreuses jusqu'à disparaître.

Voies de communication et transports

La ligne 505 du réseau Breizh Go permet de joindre la ville à Rennes.

Il y a deux aires de covoiturages dont l'une à côté de Gamm Vert.

Hydrographie

La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par le Semnon, le Pont aux Roux, la Lande de Bagaron[10], la Planche Cleuze[11], le ruisseau du Gué du Dane[12], l'Étang[13], la Huais[14] et le ruisseau des Grandes Landes[15],[16],[Carte 1].

Le Semnon, d'une longueur de 73 km, prend sa source dans la commune de Saint-Erblon et se jette dans la Vilaine à Saint-Senoux, après avoir traversé 20 communes[17]. Les caractéristiques hydrologiques du Semnon sont données par la station hydrologique située dans la commune. Le débit moyen mensuel est de 2,84 m3/s[Note 1]. Le débit moyen journalier maximum est de 94 m3/s, atteint lors de la crue du . Le débit instantané maximal est quant à lui de 119 m3/s, atteint le [18].

Le Pont aux Roux, d'une longueur de 21 km, prend sa source dans la commune et se jette dans les Riais à Guipry-Messac, après avoir traversé trois communes[19].

Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune
Réseau hydrographique de Bain-de-Bretagne[Note 2].

Trois plans d'eau complètent le réseau hydrographique :

l'étang de Bain (34,52 ha),
l'étang de la Huais, d'une superficie totale de 0,6 ha (0,31 ha sur la commune),
et l'étang de la Robinais, d'une superficie totale de 2,5 ha (1,76 ha sur la commune)[Carte 1],[20].

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000[21]. En 2020, le climat prédominant est classé Csb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais et sec[22]. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique[23]. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments[24]. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves[25],[26].

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 11,5 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 13,2 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 786 mm, avec 12,5 jours de précipitations en janvier et 6,3 jours en juillet[21]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de La Noë-Blanche à 6 km à vol d'oiseau[27], est de 12,2 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 780,5 mm[28],[29]. La température maximale relevée sur cette station est de 41,2 °C, atteinte le  ; la température minimale est de −11,6 °C, atteinte le [Note 3].

Davantage d’informations Mois, jan. ...
Statistiques 1991-2020 et records station LA-NOE-BLANCHE (35) - alt : 89 m, lat : 47°46'48"N, lon : 1°45'53"O (à 9,3 km)
Records établis sur la période du au
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Températures (°C)
Record de chaleur
date du record
17,4
27.01.03
20,9
27.02.19
23,1
30.03.21
27,6
20.04.18
31,1
30.05.25
40,2
18.06.22
41,2
18.07.22
39
10.08.03
35,2
04.09.23
30,2
08.10.23
20,6
01.11.15
17,5
31.12.22
41,2
2022
Maximale moyenne 8,6 9,7 12,7 15,6 19,2 22,7 25 25 21,8 16,8 12,1 9,1 16,5
Moyenne 5,9 6,3 8,6 10,7 14,1 17,3 19,2 19,2 16,6 13 9 6,3 12,2
Minimale moyenne 3,2 2,9 4,5 5,9 9,1 11,8 13,4 13,5 11,3 9,3 5,9 3,6 7,9
Record de froid
date du record
−11,6
02.01.1997
−10,8
10.02.1991
−7,7
01.03.05
−2,2
10.04.03
1,1
06.05.19
3,9
04.06.1991
7,3
30.07.1988
5,3
28.08.1998
2,7
29.09.07
−2,3
29.10.03
−5,9
22.11.1998
−8,6
29.12.1996
−11,6
1997
Précipitations
Hauteur (mm) 83,9 62,9 56,9 59,9 61,2 50,4 45,1 45,6 57,9 78,1 87,3 91,3 780,5
Record de pluie en 24 h (mm)
date du record
40,6
04.01.01
29,4
25.02.1997
37,2
06.03.07
28,6
22.04.01
50
31.05.1999
43,9
21.06.22
38,2
02.07.1998
27,4
24.08.05
49,2
28.09.1991
58,2
02.10.21
52,3
13.11.10
50,8
24.12.1999
58,2
2021
Fermer
Source : « Fiche 35202001 » [PDF], sur object.files.data.gouv.fr/meteofrance/data, édité le : 06/10/2025 dans l'état de la base (consulté le )
8,6
3,2
83,9
30 mm
60 mm
90 mm
jan.
9,7
2,9
62,9
fév.
12,7
4,5
56,9
mars
15,6
5,9
59,9
avril
19,2
9,1
61,2
mai
22,7
11,8
50,4
juin
25
13,4
45,1
jui.
25
13,5
45,6
août
21,8
11,3
57,9
sep.
16,8
9,3
78,1
oct.
12,1
5,9
87,3
nov.
9,1
3,6
91,3
déc.
Moyennes : max min °C ■ Précipitations mm

Urbanisme

Typologie

Au , Bain-de-Bretagne est catégorisée petite ville, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[30]. Elle appartient à l'unité urbaine de Bain-de-Bretagne[Note 4], une unité urbaine monocommunale constituant une ville isolée[31],[32]. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Rennes, dont elle est une commune de la couronne[Note 5],[32]. Cette aire, qui regroupe 183 communes, est catégorisée dans les aires de 700 000 habitants ou plus (hors Paris)[33],[34].

Occupation des sols

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (89,4 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (92,4 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (46,6 %), zones agricoles hétérogènes (34,6 %), prairies (8,2 %), zones urbanisées (4,7 %), forêts (3,4 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (1,8 %), eaux continentales[Note 6] (0,6 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (0,1 %)[35]. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 2].

Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie

Le nom de la localité est attesté sous la forme Bain villula en 850[36], Baiocum en 1040, Baionum en 1050, Baym en 1231, Beign au XIVe siècle, ecclesia de Baino en 1516[37].

Bain a pour origine le nom d'un Romain (Baenus ou Balnus), propriétaire d'une villa, qui habitait au bord de l'étang avec ses paysans vers l'actuel « abri des pêcheurs », là où les Romains construisirent la digue[38].

En gallo, la commune se nomme Bouin[39] prononcé [bwɛ̃ː][40].

La forme bretonne normalisée donnée par l'Office public de la langue bretonne est Baen-Veur[41].

Dans une étude publiée en 1990, Jean-Yves Le Moing indique que 6,5 % des toponymes de la commune sont bretons[42].

Histoire

Moyen Âge

Le prieuré Notre-Dame-de-Bain

Le prieuré Notre-Dame-de-Bain est cité pour la première fois en 1152 ; il dépendait de l'Abbaye Saint-Melaine de Rennes et est cité à plusieurs reprises dans le cartulaire de cette abbaye. En 1287 les moines abandonnèrent à Geoffroy de Châteaubriant[Note 7], dans le cadre d'un échange, tous leurs droits sur les habitants de Bain et de Messac et les terres qu'ils possédaient, se réservant toutefois les dîmes et les droits spirituels du prieuré ; cet accord fut approuvé par Guillaume de La Roche-Tanguy, alors évêque de Rennes, qui vint en personne à Bain en cette occasion. En 1726 la chapelle du prieuré, menaçant ruine, fut interdite de fréquentation et vendue un peu plus tard, de même qu'une grange qui servait à la perception des dîmes[43].

Les premiers seigneurs de Bain

Une motte féodale, située au Coudray, de 25 m de diamètre, haute de m, avec à proximité une petite basse-cour demi-circulaire de 30 m de diamètre contenant des bâtiments en pierres en partie fouillés par P. Aumasson ; cette fouille a permis d'exhumer des poteries dont les plus anciennes remontent au XIIe siècle[44] ; cette motte, à laquelle est associée un parcellaire de 370 m sur 230 m de diamètre, est le site du premier château de Bain : les premiers seigneurs connus sont Sénébrun de Bain au début du XIIe siècle, cité dans le cartulaire de Redon en 1127, puis (tous de la famille de Bain) Auffoy, Guillaume (qualifié de dominus de Bain), Mathieu, Jean moine (à la fin du XIIe siècle)[45].

En 1200, la seigneurie de Bain appartenait à Pierre (qualifié de miles[Note 8]), auquel succède Bernard (Bernard de Bain combattit à Bouvines en 1214), lui aussi miles en 1230, et un autre Pierre de Bain en 1243 ; en 1315, elle était aux mains de Gérard Machecoul. La seigneurie de Bain est possédée par Jean Le Maignan, seigneur de Lecorce, seigneurie située dans la paroisse de Vieillevigne, en 1420.

La famille de La Marzelière

Le château de la Marzelière fut construit en 1340 par Guillaume de Marzelière[Note 9]. Son fils Jean de la Marzelière fonda en 1381 une chapellenie qui devait voir célébrer trois messes par semaine, dont deux devaient être célébrées au château de la Marzelière, la troisième au château du Fretay en Pancé. Pierre de la Marzelière[Note 10] obtient le du duc Jean V le droit de faire élever une justice patibulaire à trois poteaux et le du duc François Ier, dont il est le chambellan, le droit de fortifier son château du Fretay, et d'y faire monter la garde par ses vassaux. Il obtient du roi Charles VII le une gratification de 100 marcs de rente. En 1524 Renaud de la Marzelière[Note 11] est capitaine de l'arrière-ban[Note 12] de la noblesse de Bretagne. En 1556 le roi Henri II accorde à Pierre de Marzelière le privilège d'établir deux foires par an, l'une à la chapelle Saint-Lien (située près du château de la Marzelière) le mardi de la Pentecôte, l'autre près du château du Fretay en Pancé le (jour de la Sainte-Catherine) ; il lui confère la même année l'Ordre de chevalerie, distiction purement honorifique. En 1586 Renaud de la Marzelière[Note 13] est élu pour présider l'assemblée des États de Bretagne à Rennes. En 1618 François de la Marzelière[Note 14] achète au duc de Retz la châtellenie de Bain, à laquelle il fait annexer la vicomté du Fretay et obtient son érection en marquisat. Faute d'héritier mâle, la marquise Louise de Coëtquen[Note 15] hérita de la Marzelière, et son époux, Emmanuel-Félicité de Durfort, duc de Duras, en devint le seigneur. En 1778 la terre est propriété de Charles-Louis de Montluc[Note 16], mais le château de la Marzelière, abandonné, est totalement ruiné[46].

Temps modernes

Des habitants de Bain se convertirent au protestantisme à la fin du XVIe siècle, la paroisse se situant à proximité de « l'arc huguenot » des confins nord de l'évêché de Nantes[47].

Carte de Cassini représentant la région de Bain.

En 1668, outre La Marzelière, les autres maisons nobles de Bain sont la Robinais (alors propriété de Pierre Croc, chevalier et conseiller au Parlement de Bretagne ; après 1688 de M. de Coniac, ancien sénéchal de Rennes) et la Rouardais. D'autres maisons nobles étaient Poméniac et La Haye.

Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi Bain en 1778 :

« Bain : gros bourg, sur une hauteur, avec châtellenie ; sur la route de Rennes à Nantes ; à 6 lieues trois-quarts de Rennes, son évêché et son ressort ; à 4 lieues un huitième de Derval, sa subdélégation. Cette paroisse est un doyenné qui se donne à l'alternative : on y compte 3 000 communiants[Note 17].Ce territoire, dont les terres sont bonnes, produit du froment, du seigle, du bled noir et beaucoup de fruits dont on fait du cidre. On y voit plusieurs petits bois de peu détendue, une quantité prodigieuse de landes au Sud-Est et à l'Ouest du bourg, et plusieurs grands vallons, dans l'un desquels se trouve un étang considérable[48]. »

Révolution française

La Révolution française fait de la ville le chef-lieu du district de Bain de 1790 à 1795.

Bain fut attaqué en 1792 par des royalistes. Des habitants de Janzé, commandés par leur curé constitutionnel, vinrent les repousser. La région étant en majorité royaliste, un détachement républicain fut cantonné dans la ville et le calme revint ; mais en 1800 les royalistes reprirent par surprise un temps la ville[49].

L'organisation des fêtes révolutionnaires témoigne de l'accueil favorable de la population de Bain aux changements apportés par la Révolution française, surtout après la fin de la Terreur :

La fin des mesures extrêmes de la Terreur est marquée à Bain par la réouverture au culte de l'église paroissiale, le 29 floréal an III (1796)[52].

Le XIXe siècle

Le Samedi saint « à Bain [de-Bretagne] on observait cette curieuse coutume : le sacristain plaçait au milieu de l'église un grand bassin de cuivre et le remplissait d'une eau destinée pendant toute l'année aux bénitiers.. Mais dès que le prêtre, après la messe, l'avait bénie, les paysannes se précipitant, se bousculaient, se battaient même parfois, pour arriver à remplir les premières les petites bouteilles qu'elles avaient apportées, avec l'eau de surface qui avait reçu les gouttes bénites. Elles étaient persuadées qu'elles seraient ainsi plus favorisées que les autres, et surtout que le lait de leurs vaches serait plus abondant »[53].

A. Marteville et P. Varin, continuateurs d'Ogée, décrivent ainsi Bain en 1843 :

« Bain (ecclesia de Baino) : commune formée de l'ancienne paroisse de ce nom, aujourd'hui cure de 2ème classe ; bureau de poste, chef-lieu de perception (...), brigade de gendarmerie à pied. (...) Principaux villages : la Boulais, la Rivière, la Messandais, la Marrelière, la Landriais, la Jeusselinais, la Logeardais, la Prais, la Rigaudais, le Pin, la Cochardais, les Riais, le Bouffay, la Martinais, les Haut et Bas-Séverac, Villechien, Le Coudraie. Superficie totale : 5 744 hectares, dont (...) terres labourables 2 207 ha, prés et pâturages 653 ha, bois 307 ha, vergers et jardins 77 ha, landes et incultes 2 220 ha, étangs 38 ha (...). Moulins : 12 (moulins à eau de la Masserie, du Pont-Aug Roux, du Pont-Castel, de Poméniac ; à vent de la Robinais, de la Marzelière, de Poméniac, de Pont-au-Roux, de la Bodais, de Bertaud). (...) Bain compte 12 tanneries et mégisseries de quelque importance. On exporte une assez grande quantité de cuirs, et aussi quelques avoines, pour les ports de Redon et de Nantes. L'étang de Bain, qui a plus de 30 hectares de superficie, alimente un ruisseau auquel il a donné son nom, et sur lequel se trouvent plusieurs moulins à tan et à tripoli[Note 18]. La route royale n°137, dite de Bordeaux à Saint-Malo, traverse la commune du sud au nord, et, dans la ville de Bain elle-même, passe sous la halle. (...) Il y a foire à Bain le mardi après Pâques , le lendemain de la Pentecôte et le lundi après la Saint-Martin. Marchés tous les lundis. (...) Géologie : terrain de transition : quartzite ; schiste dans le nord ; à droite du grand chemin menant vers Rennes (...) [on trouve des] trilobites. (...) On parle le français [en fait le gallo][49]. »

Cinq soldats originaires de Bain sont morts pour la France pendant la Guerre de Crimée et un en 1859 pendant la Campagne d'Italie ; huit soldats sont morts lors de la Guerre de 1870. Un autre est décédé en Algérie en 1871 dans des circonstances non précisées[54].

En 1895, le nom de la commune de Bain a été modifié en Bain-de-Bretagne.

Le XXe siècle

La Belle Époque

Par décret du , les biens ayant appartenu à la fabrique de l'église de Bain-de-Bretagne, qui étaient placés sous séquestre, sont attribués à la commune[55].

Une ligne de tramway des TIV (Transports d'Ille-et-Vilaine) allant de Rennes au Grand-Fougeray en passant par Chartres, Noyal-sur-Seiche, Pont-Péan, Orgères, Chanteloup, Le Sel, Saulnières, Pancé, Bain et La Dominelais fut construite à partir de 1909[56] ; mise en service en 1910, la ligne était longue de 64 km ; elle ferma en 1937 ; les tramways y circulaient à environ 25 km/h[57].

La Première Guerre mondiale

Le monument aux morts de Bain-de-Bretagne porte les noms de 209 soldats et marins morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale ; parmi eux 9 sont morts sur le front belge dont 4 dès le  ; un (Henri Chopin) est mort en Turquie lors de la bataille de Sedd-Ul-Bahr ; un (Aristide Chevalier) dans l'actuelle Macédoine du Nord alors qu'il faisait partie de l'Armée française d'Orient ; un (Fançois Dudouet) à Salonique (Grèce) dans le cadre de l'expédition de Salonique ; Victor Jumel est mort en captivité en Allemagne ; Pierre Amossé est mort en combat aérien en Mer du Nord ; Pierre Aubrée au Maroc en 1915 (mort de maladie) ; la plupart des autres sont décédés sur le sol français[54].

L'Entre-deux-guerres

Le collège privé Saint-Joseph disposait d'un internat.

Bain-de-Bretagne dans les premières décennies du XXe siècle

La Seconde Guerre mondiale

Le monument aux morts de Bain-de-Bretagne porte les noms de 30 personnes mortes pour la France pendant la Seconde Guerre mondiale ; parmi elles André Dubois est mort aux Pays-Bas le et Raymond Belmont est mort le dans le Pas-de-Calais, Pierre Guibert le et Prosper Rouaud le lendemain, tous deux dans la Somme ; Lucien Lenormand le dans la Marne, Olivier Pirois le dans l'Aisne, tous les cinq en pleine Débâcle ; Joseph Belmont, quartier-maître fourier, est mort à Diego-Suarez (Madagascar) en 1942 ; Jean Mancel et Joseph Bosse sont morts en captivité en Allemagne, tous les deux en 1942 ; Joseph Planchais, résistant FFI, a été tué à l'ennemi le lors des combats du maquis de Saint-Marcel et Jean Rialland , autre résistant, le à Bain-de-Bretagne ; Guy Yot, lui aussi résistant, déporté en Allemagne, est mort au camp de concentration de Neuengamme le [54].

Des combats se déroulèrent pour la libération de la ville dans la semaine du au  : en représailles à la suite de la mort d'un soldat allemand tué d'une balle dans la tête, l'armée allemande décide de prendre 50 otages (dont le maire Jules Join), menaçant de les fusiller et de brûler les maisons de la ville. Des soldats américains de la 4e division blindée, venant de Messac libèrent la ville le [58].

Politique et administration

Tendances politiques et résultats

Liste des maires

Davantage d’informations Période, Identité ...
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mai 1945 septembre 1947
(décès)
Eugène Derniaux[65] MRP  
novembre 1947 janvier 1949[66]
(décès)
Alfred Coupel
(1893-1949)
MRP  
février 1949[67] mars 1965 Jules Pouilloux[68]
(1896-1969)
MRP Huissier de justice, maire honoraire
mars 1965 mars 1971 René Marcillé[69]
(1900-1979)
  Ancien bâtonnier de l'ordre des avocats, maire honoraire
mars 1971 mars 1983 Henri Duckaert[70]
(1918-2009)
MRP puis
Dém. soc.
Clerc de notaire
mars 1983 décembre 2004
(démission)
Joseph Guilloux UDF Dentiste, maire honoraire
février 2005 mars 2008 Jean-Claude Vigour DVD Professeur de mathématiques
Conseiller général de Bain-de-Bretagne (2003 → 2011)
mars 2008 mai 2020 Yves Thébault MoDem Directeur du CAT de Bain-de-Bretagne
mai 2020[71] septembre 2024[72]
(démission)
Dominique Bodin DVC Professeur d'université
septembre 2024[73] mars 2026 Myriam Gohier DVC Comptable[74]
Adjointe au maire chargée de la culture (2014 → 2024)
5e vice-présidente de Bretagne Porte de Loire Communauté (2020 → )
mars 2026 en cours
(au 27 mars 2026)
Soazic Blouin[75] DVC Responsable de contrôle de gestion
Adjointe au maire (2020 → 2024)
Fermer

Budget et fiscalité 2024

Architecture communale Mairie (1870).

En 2024, le budget de la commune était constitué ainsi[76] :

  • total des produits de fonctionnement : 11 218 000 , soit 1 451  par habitant ;
  • total des charges de fonctionnement : 9 223 000 , soit 1 193  par habitant ;
  • total des ressources d'investissement : 3 860 000 , soit 499  par habitant ;
  • total des emplois d'investissement : 4 338 000 , soit 561  par habitant ;
  • endettement : 7 698 000 , soit 996  par habitant.

Avec les taux de fiscalité suivants :

  • taxe d'habitation : 19,64 % ;
  • taxe foncière sur les propriétés bâties : 45,47 % ;
  • taxe foncière sur les propriétés non bâties : 50,97 % ;
  • taxe additionnelle à la taxe foncière sur les propriétés non bâties : 0,00 % ;
  • cotisation foncière des entreprises : 0,00 %.

Chiffres clés Revenus et pauvreté des ménages en 2021 : médiane en 2021 du revenu disponible, par unité de consommation : 22 930 [77].

Jumelages

Population et société

Démographie

Évolution démographique

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[80]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[81].

En 2023, la commune comptait 7 674 habitants[Note 19], en évolution de +4,68 % par rapport à 2017 (Ille-et-Vilaine : +5,7 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
3 1263 4473 0623 3643 4903 5853 4763 6384 159
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
3 8694 1754 3534 2664 2994 9324 9994 9074 920
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
4 7884 8734 7864 3034 2154 0444 2454 0403 901
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2016
3 9364 4684 9705 2415 2575 5166 8907 4137 243
Davantage d’informations - ...
2021 2023 - - - - - - -
7 5707 674-------
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De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[82] puis Insee à partir de 2006[83].)
Histogramme de l'évolution démographique

Enseignement

Établissements d'enseignements[84]

  • Bain-de-Bretagne possède quatre écoles primaires, deux publiques (les écoles Henri-Guérin et La Guédelais) et deux privées (Sainte-Anne et La Rose-des-Vents).
  • Il y a deux collèges : un public (Le Chêne-Vert) et un privé (Saint-Joseph) et deux lycées : un général et technologique public (lycée Jean-Brito) et un professionnel privé (lycée Noé-Saint-Yves).

Manifestations culturelles et festivités

Depuis 2001 a lieu en janvier le Festival du Schmoul, consacré à la musique rock[85].

Depuis quelques années (en fin d'année 2008), la commune a un cinéma associatif de deux salles, « Le Scénario », situé quasiment en face du collège du Chêne-Vert et à proximité de l'Intermarché, du château d'eau et de la gare routière.

Elle accueille la foire Saint Martin en novembre.

Santé

Professionnels et établissements de santé[86] :

  • Médecins.
  • Sage-femme, infirmiers.
  • Ergothérapeutes.
  • Pharmaciens.
  • Hôpital et résidence de Bain-de-Bretagne[87].
  • Centre hospitalier de Grand-Fougeray[88].

Sports

La commune possède une section sportive s'appelant l'Union Sportive Bainaise, elle regroupe des sports tels que le handball, le football, le basketball, la gym, le tennis de table, etc. L'US bain football évolue dans le championnat district 1 d'Ille-et-Vilaine. Les matchs se joue au stade du Point du jour[réf. souhaitée].

Ainsi qu'un club de rugby jouant dans la plus haute catégorie régionale pour son équipe fanion.

Le skatepark touche la gare routière.

Médias

Cultes

Rattachement de Pléchâtel

Bain-de-Bretagne joue déjà un rôle de ville-centre locale (commerces, hôpital, services publics, collèges, lycée etc.). En intégrant Pléchâtel, la population dépasserait 10 000 habitants, la ville deviendrait un pôle urbain plus crédible face aux villes voisines comme Redon. Franchir ce seuil démographique renforcerait sa place dans l’intercommunalité Bretagne Porte de Loire Communauté et donnerait plus de poids politique et territorial. Pléchâtel apporterait une gare ferroviaire, une plage, des zones naturelles le long de la vallée de la Vilaine intéressantes pour le tourisme fluvial et la complémentarité de la zone commerciale de Château Gaillard.

Culture locale, patrimoine et sites

Lieux et monuments

Trois monuments de la commune sont protégés en tant que monuments historiques :

Patrimoine rural, non protégé au titre des monuments historiques

les Halles et l'Hôtel de la Croix-Verte vers 1925.
Moulin de Bertaud... restauré[97],[98] et remis en activité ![99],[100],[101].
Anciennes tanneries[102],[103],[104],[105].
Ancienne halle, Grande Rue[106].
Colombier[107].
Télégraphe XIXe siècle, à proximité de Pommeniac[108],[109].
Manoirs[110],[111],[112].
Les maisons et fermes de la commune[113] recensées par le service régional de l'Inventaire général du patrimoine culturel.

Patrimoine religieux

  • Léglise paroissiale Saint-Martin a été construite entre 1848 et 1851 sur des plans de Léonce Couëtoux, architecte départemental. Elle fut agrandie à la fin du XIXe siècle, sur des plans d'Arthur Regnault[114].
Monuments commémoratifs[138],[139]
  • La chapelle Notre-Dame du Coudray : l'ancienne chapelle ayant été détruite par les Huguenots, elle fut remplacée par une nouvelle chapelle en 1611, en forme de croix latine. Selon la légende, après qu'un enfant tombé à l'eau dans ce doué (lavoir) ayant été miraculeusement sauvé, les habitants trouvèrent dans son fond une statue de la Vierge (probablement jetée là par les Huguenots lors de la destruction de la chapelle) et auraient décidé de la reconstruire. Tombée en ruines après la Révolution française, la chapelle a été restaurée en 1895, puis en 1940[140],[141].
  • Une chapelle Saint-Nicolas existait en haut du Champ de Foire, mais elle était déjà en ruine en 1780[43].

Sites naturels

  • L'étang de Bain-de-Bretagne, dit aussi « étang de la Bornière », est vaste de 37 hectares ; une base nautique y a été aménagée ; un sentier côtier en fait partiellement le tour[142].

Tradition

Près de Bain-de-Bretagne, les femmes manquant de lait pour nourrir leur bébé offraient un bonnet à une statue au bois vermoulu de sainte Emerance, située sur le bord de la route ; on venait la voir de loin et la pile de bonnets qui ornait sa tête était du plus curieux effet[143],[144].

Personnalités liées à la commune

Ensemble Nodier et Luczot signèrent en 1797, une Dissertation sur l'usage des antennes dans les insectes, et sur l'organe de l'ouïe dans les mêmes animaux confiée à l'imprimeur Briot[145]. Quelques années après c'est à François Luczot qu'est confiée la mission de diriger les travaux du canal d'Ille-et-Rance. Il rejoint sa nouvelle affectation en Ille-et-Vilaine, sous les ordres de l'ingénieur en chef Anfray fils, au mois d'. Le chantier de l'échelle d'écluses de Hédé, qui dure neuf ans, est réceptionné par Luczot en , juste à temps pour permettre au duc d'Angoulême, fils du futur Charles X, de visiter les lieux en compagnie de l'ingénieur qui assure, en plus de son service, l'intérim de l'ingénieur en chef Anfray, frappé d'hémiplégie. Il termina sa carrière comme Ingénieur en chef des Ponts et Chaussées pour le Morbihan, en résidence à Vannes où il donne un cours de minéralogie en 1829 et devient conservateur du Musée. Il est l'auteur des plans et devis du premier pont de La Roche-Bernard, inauguré en 1839. Membre fondateur de la Société polymathique du Morbihan : Membre du bureau en 1826.

Héraldique

Blason Blasonnement :
Losangé d'argent et de gueules[146].

Pour approfondir

Bibliographie

Articles connexes

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Liens externes

Le patrimoine de la commune sur www.pop.culture.gouv.fr/

Notes et références

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