Cancoillotte

fromage français à pâte fondue From Wikipedia, the free encyclopedia

La cancoillotte (prononcé [kɑ̃kwajɔt] Écouter ou [kɑ̃kɔjɔt] Écouter) est une spécialité fromagère principalement fabriquée en Franche-Comté[1],[2]. Elle est obtenue à partir d'un mélange de metton (lait écrémé caillé[3], ce qu'il reste du lait une fois que la crème en a été retirée) et d'eau, additionné de beurre en fin de préparation.

Pays d’origine
Lait
Pâte
Faits en bref Pays d’origine, Région ...
Cancoillotte
Bol de Cancoillotte, et pain de campagne.
Pays d’origine
Région
Lait
Pâte
Appellation
Fermer

Cette spécialité fromagère typique de la cuisine franc-comtoise est maigre. Son taux de matières grasses, variant de 8 à 12 %, vient du beurre ajouté lors de la fonte. Elle obtient sa reconnaissance en Indication géographique protégée (IGP) le [4] (parution au JOUE). Au Luxembourg, une spécialité fromagère nommée Kachkéis présente une recette similaire mais hors IGP.

Après le fromage blanc, la cancoillotte est souvent désignée comme le fromage le moins calorique[5].

Historique

Dans l'ouvrage La Haute-Saône culinaire de Jean-Marie Garnier[6], l'auteur témoigne d'une légende selon laquelle la cancoillotte serait apparue il y a plus de 2 000 ans durant la civilisation celte, alors que la région s'appelait la Séquanie. Ou encore, elle serait née dans une ferme de Oyrières en Franche-Comté au cours du XVIe siècle. La recette a vraisemblablement été créée pour ne pas avoir à jeter du lait trop rapidement caillé[7].

Alors que le lait cru de vache de race montbéliarde, simmental française ou leurs croisements du massif du Jura (Haut-Jura et Haut-Doubs) est majoritairement transformé en comté, le lait moins abondant de la vallée et de la plaine franc-comtoise (piémont jurassien : la Haute-Saône, ainsi que les parties de piémont du Jura et du Doubs) est destiné en grande partie à la fabrication de la crème et de beurre.

Étymologie

L'origine du nom « cancoillotte » demeure incertaine. Selon certains historiens[Lesquels ?], le mot viendrait du latin « concoctum lactem » figurant dans des écrits romains relatant la prise de Séquanie en 58 av. J.-C. D'autres historiens[Lesquels ?] attribuent au nom « cancoillotte » une origine beaucoup plus tardive. En effet, l'appellation « cancoillotte » ne s'est généralisée qu'au XIXe siècle, et proviendrait de la « coille », dérivé franc-comtois du verbe « cailler », et désigne donc le lait écrémé obtenu après extraction de la crème[8].

Galerie de photographies

Fabrication et conditionnement

La cancoillotte est une spécialité fromagère à la texture onctueuse à base de metton. Elle contient généralement des sels de fonte[9] tels que citrate de sodium, acide citrique, citrate de potassium, phosphate de sodium, diphosphate, triphosphate ou polyphosphates[10]. Elle est plus ou moins liquide selon la quantité d'eau mise pour fondre le metton.

La première étape est la fabrication du metton : le lait est écrémé ; puis le lait écrémé obtenu est ensemencé à une température lui permettant de coaguler. Cette coagulation permet d'obtenir un caillé qui est ensuite égoutté par pressage. On obtient alors des pains de metton. Ce dernier est ensuite émietté pour être affiné. Le résultat donne des grains durs de la taille d'une noisette. Le metton affiné est chauffé avec de l'eau et du sel. À mi-cuisson, la cancoillotte peut être agrémentée d'ail ou d'échalote, de vin blanc, de vin jaune, de beurre.

Il existe aussi de la cancoillotte faite avec du lait pasteurisé.

La cancoillotte est conditionnée en pots de 30 g à kg. Plus rarement, elle est conditionnée en boites de conserve ; ce mode de conditionnement permet une plus longue conservation.

La cancoillotte se conserve à une température comprise entre 0 °C et 8 °C. Elle se conserve généralement entre deux semaines et deux mois après sa fabrication. Une conservation au congélateur est possible.

Une vingtaine de fabricants ont produit 5 700 tonnes de cancoillotte en [11],[12]. Elle est consommée à 90 % en Franche-Comté[13].

Consommation

Utilisation en gastronomie franc-comtoise

La cancoillotte se consomme chaude ou froide.

Chaude, elle est cuisinée en fondue de cancoillotte aux lardons, ou souvent associée à une assiette comtoise avec des pommes de terre et une saucisse de Morteau ou une saucisse de Montbéliard. La « patate coyote », et plus particulièrement les saucisses servies avec, sont une spécialité typiquement franc-comtoise. Ce plat se consomme conjointement aux vins du Jura (savagnin, vin jaune…) et peut être suivie d'une salade comtoise pour conserver l'aspect entièrement traditionnel du repas.

Elle sert également à la confection d'une autre spécialité de Franche-Comté : le poulet à la cancoillotte.

Froide, elle se consomme à la cuillère à titre de spécialité fromagère, seule ou sur une tartine de pain beurré (le beurre peut servir à boucher les trous de la tartine) ou non, éventuellement accompagnée de noix et d'un vin comtois. À température ambiante, elle est relativement coulante (selon la quantité de liquide utilisé lors de la fonte), et qui demande donc quelques précautions : la cancoillotte est plus adaptée à une consommation à la maison qu'à un pique-nique, par exemple.

Elle s’accommode également avec certaines épices, comme le curry ; plusieurs restaurants de Franche-Comté en ont fait leur spécialité.

Variantes commerciales

Le produit de base est la cancoillotte nature, mais on trouve des variantes commerciales plus récentes que la recette traditionnelle : au beurre, à l'ail (blanc, rose, des ours), à l'échalote, aux noix, au cumin, au basilic, à l'absinthe, aux champignons (morilles, cèpes, girolles), au vin du Jura (savagnin, vin jaune), au kirsch ou fumée au feu de bois.

Valeurs nutritionnelles

Culture populaire

  • 1912 la cancoillotte est mentionnée dans La Guerre des Boutons de Louis Pergaud.

Notes et références

Voir aussi

Related Articles

Wikiwand AI