Cheval d'Auvergne
race de chevaux française
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Le cheval d'Auvergne est une race de petits chevaux de terroir, originaire d'Auvergne, en France. Il porte une robe bai ou bai-brun. Vraisemblablement ancien, il connaît de nombreux croisements au fil de son histoire. Utilisé à l'origine pour les déplacements des paysans avant l'amélioration des routes, il est ensuite croisé pour être employé à divers travaux des champs par les habitants de la région auvergnate.
Nemo, cheval d'Auvergne du centre équestre des Rocs de la Serre monté en randonnée, en 2007. | |
| Région d’origine | |
|---|---|
| Région | Auvergne, |
| Caractéristiques | |
| Morphologie | Médioligne |
| Taille | 1,43 à 1,57 m |
| Poids | 450 à 650 kg |
| Robe | Uniquement bai ou bai-brun |
| Tête | Courte et expressive, chanfrein droit |
| Pieds | Ronds, fanons abondants |
| Caractère | Rustique et docile |
| Autre | |
| Utilisation | Randonnée équestre, attelage |
| modifier |
|
Comme la plupart des chevaux de travail d'Europe, l'Auvergnat a failli disparaître avec la généralisation de la motorisation dans les années 1960 et 1970. Croisé avec des chevaux de trait tels que le Comtois, il devient un animal de boucherie. Une association est créée en 1994 pour assurer la sauvegarde des animaux restants. Les actions menées pour la promotion et la pérennité du cheval d'Auvergne ont permis sa reconnaissance officielle en décembre 2012. Il reste néanmoins extrêmement rare, et presque introuvable en dehors de sa région d'origine. C'est une bonne monture de randonnée, dont les 500 représentants recensés en 2014 sont traditionnellement élevés de façon extensive en Auvergne. En 2017, il y aurait environ 600 représentants de cette race.
Dénomination et sources
Le cheval d'Auvergne n'a pas un berceau de race unique, mais plusieurs, associés à des biotopes et à des appellations historiques spécifiques[P 1]. Ainsi, on parle de la « jument de Fay » en Haute-Loire, du « Ragot du Béal » en Ardèche, du « Lozero » en Lozère, du « Cantalou » dans le Cantal, de l'« Aumontois » en Aveyron et du « Ragot d’Auvergne » dans le Puy de Dôme[1],[W 1],[P 1].
Le nom officiel de cette race de chevaux est « Cheval Auvergne »[W 2]. Un ouvrage au sujet de cette race a été publié en 2012 par Laurent Pradier et l'association nationale qui a sauvegardé le cheval d'Auvergne[2].
Histoire
Comme tous les chevaux domestiques modernes, le cheval d'Auvergne provient de la lignée DOM2, qui a émergé dans les steppes eurasiennes vers 2 200 à 2 000 ans av. J.-C. selon une vaste étude génomique publiée dans Nature[S 1]. Définir les origines de ce cheval est cependant difficile en l'absence d'analyse génétique spécifique[Note 1], certains éleveurs évoquant l'apport du cheval oriental au XIIIe siècle alors que d'autres mettent en évidence le rôle de la sélection naturelle[3],[4],[W 3]. Les documents historiques évoquent des animaux très disparates, qui n'ont pas, ou rarement, été reconnus comme formant une race au cours de leur histoire, d'après Eugène Gayot[H 1].
Du XVIIIe siècle au début du XXe siècle
Lors d'un recensement de la population équine auvergnate par l'administration des haras en 1764, 604 juments sont estimées comme susceptibles de donner naissance à de bons poulains dans la région[S 2]. L'historien du cheval Jacques Mulliez estime que ce faible nombre reflète la mauvaise qualité de la population chevaline auvergnate[S 2]. À la fin du XVIIIe siècle, ces animaux sont décrits comme pourvus « d'une grosse tête, de larges oreilles et de peu d'encolure »[5], ou encore comme « lourds, malsains et sans nerfs »[6],[4].
En 1788, 2 660 poulains d'Auvergne naissent dans la région. Leur vente rapporte quelque 60 000 livres[6]. L'Auvergne produit alors beaucoup de chevaux élevés à l'économie, vendus vers quatre ans pour la selle[H 2].
Dès la fin du XVIIIe siècle et tout au long du XIXe siècle, les paysans de la région auvergnate élèvent un cheval léger commun qui possède des aptitudes au travail et résiste aux hivers rigoureux des hauteurs[W 4]. Il connait un grand succès durant tout le XIXe siècle[W 4]. Napoléon Ier fait réquisitionner massivement des chevaux en Auvergne[4],[6]. Après ces réquisitions importantes, en 1815, la population est décimée et affaiblie[6]. Les éleveurs locaux reprennent leur activité, mais les chevaux ne sont dès lors plus uniformes[H 3].
Parmi les trois types de chevaux recensés en Auvergne, celui des « chevaux communs » est composé d'animaux croisés avec des chevaux de gros trait et des étalons Anglo-normands[H 4]. Ce cheval commun « à tout faire » est utilisé par les paysans locaux[4]. Avec l'amélioration des routes carrossables, il est croisé pour améliorer ses aptitudes aux travaux agricoles, et servir aux paysans dans tous leurs déplacements[6].
- Chevaux d'Auvergne sur les cartes postales anciennes
- Auvergnats se rendant à la ville sur leur cheval.
- Carte postale ancienne représentant deux auvergnats, avec un cheval de travail.
- « Auvergnates se rendant au Marché ».
- Paysannes des montagnes se rendant au marché sur leurs chevaux.
Selon un rapport au préfet du Puy de Dôme paru en 1873, l'ancienne race auvergnate « légère » est perdue en raison du développement de routes carrossables dans la région, favorisant l'élevage du type carrossier, plus utile aux paysans locaux puisqu'il leur permet d'effectuer les travaux des champs[H 5],[7]. Des chevaux de trait sont alors importés du Perche, de Normandie, de Bretagne et du Poitou et, croisés avec la race légère du pays, donnent le cheval auvergnat « commun »[H 5],[4]. Le cheval auvergnat du Quercy et du Rouergue est souvent bai, avec une crinière forte et épaisse et une tête ressemblant à celle du Mérens[H 2]. Il fait un très bon service de cavalerie pendant de longues années, en consommant très peu[H 2]. Il est vendus aux foires du Cantal, du Lot et de l'Aveyron[H 2].
La manière d'élever les chevaux en Auvergne est fréquemment critiquée par l'administration des haras[H 6],[H 7]. Dans le Puy-de-Dôme, les chevaux présentent la même conformation et les mêmes qualités que dans le Cantal, mais sont réputés « moins beaux et moins nombreux ». Le système d'élevage est le même[H 8].
Du XXe au XXIe siècle
Raréfaction

Dès le début du XXe siècle, les progrès et l’amélioration des routes font décliner l'élevage du cheval d'Auvergne[W 4]. La race subit aussi la concurrence des mulets[8]. Les chevaux élevés dans la région sont selon ceux qui les étudient en 1908 « enfermés dans des écuries malsaines et insuffisamment alimentés »[H 9]. Une lettre des haras nationaux d'Aurillac à monsieur le ministre de l'agriculture, datée du 4 avril 1932, fait état d'une « jumenterie fort mêlée, d'un disparate qui exclut toute idée de race fixée »[4]. Les deux tiers des chevaux auvergnats sont d'un type montagnard, au tempérament robuste et d'une taille moyenne ne dépassant pas 1,55 m, de robe foncée[9],[4].
La population du cheval de travail diminue avec la fin de la traction animale pour les travaux des champs : le cheval d'Auvergne partage le sort des autres races locales de chevaux de traction face à la motorisation, l'évolution des modes de vie ne justifiant plus leur emploi[W 4],[8],[3]. Dans les années 1960 et 1970, quelques chevaux sont croisés avec des traits bretons et comtois pour la production de viande[10]. L'association de race soutient qu'en dépit de ces croisements, le cheval auvergnat a conservé ses caractéristiques[W 4]. En 1978, le directeur du haras national d'Aurillac répond à Pierre Ronez, qui l'a sollicité sur cette question, que la race locale auvergnate a quasiment disparu[11]. Dans les années 1990, le cheval d'Auvergne est proche de l'extinction[W 1],[10],[3].
Sauvegarde et reconnaissance officielle
Durant l'hiver 1996, Laurent Pradier recherche s'il existe encore des chevaux locaux proche de ceux avec lesquels ses grands-parents travaillaient la vigne[12]. En 1997, l'« Association pour la sauvegarde et la relance du cheval Auvergne » (ASRCA) est créée[W 1],[13] par quatre membres fondateurs[W 1] : Pierre Ronez, Patrick Vechambre, Jean Lapouge et Laurent Pradier[P 1]. Ces éleveurs sont éloignés géographiquement les uns des autres, et conservent chacun une dizaine de chevaux[14].
Laurent Pradier vient alors de racheter le domaine de Moidas à Orbeil, près d'Issoire[P 2], qui jouera le rôle de sanctuaire pour le sauvetage du cheval d'Auvergne[P 1]. Ces chevaux sont élevés en estive ou bien montés[W 1]. L'association sollicite tous les éleveurs de chevaux du Massif central, et recense ainsi 32 chevaux d'Auvergne[W 1],[P 2],[P 3]. Il ne reste plus aucun étalon de cette race[14],[P 1], la première misson de la jeune association étant alors de retrouver des reproducteurs[15]. Durant les années suivantes, environ 150 chevaux sont inscrits à titre initial, avec une quarantaine de naissances annuelles de poulains, pendant dix ans[P 1].
En 2006, l'association reçoit un soutien financier de 3 000 € de la part du conseil régional[16]. Les efforts s'orientent sur le rééquilibre des effectifs et la préservation des qualités de rusticité de ces chevaux de montagne[P 4]. L'association tente aussi d'obtenir une reconnaissance officielle pour bénéficier des aides accordées à la sauvegarde des races menacées[P 4]. Son but est de faire passer le nombre de saillies d’une vingtaine à une cinquantaine par an[P 5]. Elle propose en 2006 une aide de 150 € aux propriétaires de juments proches des caractéristiques de la race pour les inciter à faire saillir leurs animaux par l'un des huit étalons approuvés, afin de couvrir une partie des frais de déplacement et de pension chez l’étalonnier[P 5]. Le parc naturel régional des Volcans d'Auvergne, le haras national d'Aurillac et les conseils généraux la soutiennent dans son action[17]. En 2008, elle crée un catalogue d'étalons conformes au standard de race et un suivi du cheptel. L'année suivante, le premier concours de modèle et allures du cheval d'Auvergne est organisé[17], puis l'association est reconnue organisme d’intérêt général en septembre 2009[17],[18]. Son siège se situe à l'époque au domaine de Moidas[W 5].
En avril 2010, l'ASRCA change de nom et devient l’Association nationale du cheval de race Auvergne (ANCRA)[W 6],[18]. En octobre de la même année, une convention est signée avec l'Institut français du cheval et de l'équitation pour la gestion de la marque Cheval Auvergne[17],[18] ; en effet, en attendant la reconnaissance comme race, « Cheval d'Auvergne » est une marque déposée auprès de l'INPI[P 6]. Le projet de stud-book, suivi par le haras national d’Aurillac[P 5], aboutit à la reconnaissance officielle de la race par la commission du livre généalogique le 22 juin, puis par le ministère de l'agriculture en décembre 2012[P 7],[P 8],[W 1]. L'année suivante, le cheptel dépasse les 500 têtes[W 1]. Entre 2018 et 2022, l'ANCRA place gracieusement des pouliches chez des agriculteurs dans le cadre d'une convention, avec obligation de la faire saillir à l'âge de trois ans par un étalon approuvé de la race Auvergne[P 9].
En novembre 2020, alors qu'un éleveur prend sa retraite, l'ANCRA récupère ses 22 chevaux afin d'éviter une revente à la boucherie et les place chez d'autres éleveurs, afin de perpétuer la race[P 10],[P 11].
Description
Il existe des différences morphologiques en fonction du lieu d'élevage, les chevaux de l'ouest de l'Auvergne étant plus lourds car l'herbage y est plus riche et mieux arrosé[P 1]. Dans l'est de la région, le sol granitique et le manque de végétaux donnent des chevaux plus petits et légers[P 1]. Le cheval d'Auvergne appartient à la catégorie des « chevaux de territoire »[P 12]. L'homogénéité des animaux dans leur morphologie, leur psychologie et leur expression, dans le nord comme le sud du Massif central, constitue le principal argument mobilisé par ses éleveurs pour soutenir une fixation de gènes dominants[W 5].
Taille et poids
Le cheval d'Auvergne toise de 1,43 à 1,57 m au garrot[3],[19],[W 1],[P 13],[W 7], pour une moyenne d'environ 1,50 m[W 1].
La majorité des sources, dont le standard de race, citent une fourchette de poids allant de 450 à 650 kg, en fonction du type[19],[W 1],[W 7],[W 8]. Le journaliste de Cheval Magazine Christophe Hercy indique un poids de 550 à 650 kg en 2023[P 13]. La base de donnés DAD-IS de la FAO donne un poids moyen de 500 kg[W 1].
Morphologie
C'est un cheval de modèle médioligne[W 1],[W 8] qui s'inscrit dans un carré[P 13] et rappelle le type postier ou trait léger[19],[3]. Il est trop léger pour être un cheval de trait, mais trop lourd pour de la course de vitesse[P 12]. Il dégage une impression générale de densité et d'harmonie[19],[P 13].
Tête
La tête est petite[W 1],[3] et de forme carrée, dotée d'un profil rectiligne[19],[3],[20] ou bien légèrement concave[3]. Elle est recherchée expressive[19]. Les têtes légères sont appréciées[P 5].
Les oreilles sont petites[W 1],[3], courtes et mobiles[19],[20]. Le front est large et plat[19].
L’œil est bordé, en forme d'amande[W 1],[19]. Les arcades sourcilières sont saillantes[W 1],[20].
- Tête du cheval d'Auvergne
- Au salon international de l'agriculture 2012, Paris, France.
- Bai-brun à Equita'Lyon 2018.
- Galak de Pradels au sommet de l'Élevage 2019.
Les ganaches sont préférées sèches[19],[20]. Les naseaux sont ouverts[19],[20].
Avant-main, dos et arrière-main
L'encolure est courte et large, recherchée bien sortie, droite ou rouée et non renversée[19],[W 8],[21]. Les premiers étalons trouvés dans la montagne avaient souvent une encolure longue et portée bas[P 6]. L'épaule est relativement droite et d'une longueur moyenne[19],[W 8]. Le poitrail est ouvert, et la poitrine arrondie et bien descendue[19],[W 8].
Le garrot est peu saillant et tend à être noyé[19],[W 8]. Les côtes sont rondes[19],[W 8]. Le dos est court et large[3],[19],[W 8],[22]. Le rein est court, large et puissant, bien attaché[19],[22]. La croupe est double[P 13],[3],[19], légèrement basculée mais non rabattue[19],[W 8],[23].
Membres et crins
Les membres sont très sains[19] et dotés d'articulations fortes, basses et bien marquées, dont des genoux larges et nets[19],[P 13],[24]. Les canons sont courts[19],[24]. Les jarrets sont souvent un peu clos[W 7], mais secs[P 13]. Les pieds sont ronds[P 13] et bien proportionnés par rapport à la masse du cheval[W 7], dotés d'une corne noire[25].
Les fanons sont en principe abondants[W 1] et fournis[P 13], mais il en possède parfois peu. Les crins peuvent être ondulés[P 13],[3],[26]. La crinière est très fournie en crins, et peut être simple ou double[W 7]. La queue est également très fournie[W 1], et assez longue[P 4].
Robe
Seules les robes baies sous toutes leurs variantes sont autorisées[3],[W 1],[W 8], soit le bai et le bai-brun[19],[W 7],[27]. Les extrémités noires doivent être bien marquées et remonter très haut le long des membres[3],[19],[W 1],[W 8]. La présence de gènes responsables de l'alezan est éliminatoire pour un mâle destiné à la reproduction[P 6], ces derniers étant testés sur la présence des gènes Agouti et Extension[W 9]. Le « nez de renard », c'est-à-dire une coloration plus claire du nez du cheval, est une caractéristique de la race[W 1],[P 13] appréciée[19] et recherchée[28].
- Robe du cheval d'Auvergne
- Bai, avec petite marque blanche en tête.
- Bai, avec nez de renard.
- Bai-brun.
- Galak de Pradels, cheval d'Auvergne avec un pied blanc considéré comme un défaut.
Les marques blanches importantes, comme les balzanes haut chaussées ou les listes larges, sont déconseillées voire interdites[P 13],[3],[19],[W 8]. Ainsi, la présence d'un pied blanc est considérée comme un défaut[P 9]. Cette particularité constitue l'un des critères de reconnaissance des animaux[W 5],[W 8]. L'association veut conserver cet aspect, et refuse les marques blanches chez les étalons reproducteurs[P 4].
Tempérament et entretien
Le cheval d'Auvergne est réputé pour être un bon porteur docile et énergique, vif et généreux, doté d'un pied sûr[W 7],[29]. Calme au travail[30], c'est un cheval sociable, rustique et polyvalent[W 7],[P 14]. Évelyne Carpentier, éleveuse de ces animaux à La Ferme Équestre des Roches de Rochefort-Montagne, dit qu'« il a le caractère de l’Auvergnat. Il fait ce qu’il veut, mais il est très gentil… »[16].
Il coûte peu en production et en élevage[17],[31]. Le cheval d'Auvergne est élevé de façon extensive dans le Massif central, où il est souvent monté en estive jusqu'à 1 500 m d'altitude[19],[P 15]. Il y joue un rôle comparable à celui du Pottok pyrénéen[P 4]. Il se nourrit des refus des bovins et peut casser la glace pour accéder à de l'eau[32].
Les allures sont recherchées énergiques et étendues[19]. Certains sujets vont l'amble[19].
Santé
Le cheval d'Auvergne n'est pas réputé porteur de maladies génétiques spécifiques, bien que les ascendances bretonnes et comtoises puissent impliquer de la myopathie à stockage de polysaccharides[19]. La gestion de la consanguinité est une problématique majeure pour cette race, qui peut rendre nécessaire à l'avenir le croisement avec une autre race proche, telle que le cheval du Vercors de Barraquand[19].
Sélection

Sans la création de l'association d'éleveurs, le cheval d'Auvergne aurait vraisemblablement disparu[P 16]. L'ANCRA a désormais vocation à regrouper éleveurs, utilisateurs et passionnés de la race pour développer son élevage dans son berceau, le Massif central. Elle s'occupe aussi de la promotion du cheval d'Auvergne et de la gestion du cheptel[17],[W 10],[33]. Elle organise plusieurs concours de modèle et allures, dont le rassemblement du cheval d'Auvergne fin août, qui s'est tenu historiquement à Moidas sur la commune d'Orbeil, dans le Puy-de-Dôme[P 17] ; la dixième édition de 2023 a eu 200 chevaux participants[P 2]. L'édition de 2025 s'est tenue à Issoire, au plan d'eau du Mas[P 18]. La finale nationale du cheval d'Auvergne est généralement organisée au sommet européen de l'agriculture de Clermont-Ferrand, au début du mois d'octobre[P 6]. Les jeunes mâles entiers sont présentés chaque année à une commission d'approbation, et évalués[P 6],[W 11].
Les chevaux peuvent être inscrits au registre généalogique à titre initial ou au titre de l'ascendance[W 2]. L'ANCRA recherche en effet des animaux qui auraient échappé à l’inventaire pour augmenter les effectifs, trouver d’autres souches et accroître la diversité génétique[P 5],[34]. Dans ce but, des chevaux âgés idéalement de plus de trois ans sont inscrits à titre initial en suivant une grille d'évaluation[P 5],[W 12].
Cette association travaille depuis les années 2000 sur la notion de « foyer d'élevage », en favorisant la présence de juments et d'un étalon chez les éleveurs[P 1]. Il n'existe pas de réel chef de race[P 6]. Quatre lignées mâles sont répertoriées[P 19]. Les étalons têtes de lignées en 2023 sont Gamin, Siam, Babeliba, Garry, Falzan et Archange[P 6]. Les fils des étalons de chaque lignée sont croisés à des juments d'une lignée différente afin de maintenir la diversité génétique[P 9]. Une attention particulière est portée aux juments dites singletons, très rares, c'est-à-dire les juments ayant une lignée unique, qui n'est partagée par aucun autre cheval d'Auvergne[P 9].
En 2023, l'ANCRA compte 87 adhérents[P 6].
Utilisations
Le cheval d'Auvergne est essentiellement un animal de traction et de somme, apte à être monté autant qu'attelé[W 1],[P 6]. Selon Muriel Ronez, interrogée par L'Union du Cantal en 2006, « l’idée n’est pas d’en faire un cheval de sport mais de randonnée équestre, d’attelage et de petits travaux agricoles »[P 5].
Prix
En , le prix d'achat est de 1 200 à 2 000 € pour des poulains au sevrage, et de 3 000 € au minimum pour un animal âgé de 3 à 5 ans[P 6] ; la demande est supérieure à l'offre, des poulains étant réservés un an à l'avance dans le ventre de leur mère[P 6].
Historiques
L'ancien cheval auvergnat n'a jamais été un cheval de luxe ; Louis Moll et Eugène Gayot le décrivent comme un « vrai montagnard »[H 10]. Animal « à deux fins », il est surtout destiné au transport en tirant les charrettes, mais manque de force pour le labour[6]. Il est exclusivement employé aux travaux d'agriculture et de ferme, et souvent les juments donnent naissance à des mulets, qui se vendent environ trois fois plus cher qu'un poulain[W 4],[35]. Dans les années 1850, sur 6 500 juments couvertes chaque année en Auvergne, 5 827 sont données au baudet pour seulement 673 saillies par le cheval[H 11]. Les juments effectuent aussi le dépiquage des blés[H 2]. À deux ans et demi, les poulains issus des juments auvergnates stationnées en Aveyron sont employés à dépiquer les grains, à labourer et à porter le bât[H 12]. Jusque dans les années 1950, le cheval d'Auvergne sert aux petits travaux de ferme tels que le binage des pommes de terre et le travail dans les vignes[36].
Actuelles
La morphologie du cheval d'Auvergne lui permet d'être monté (par des enfants et des adultes[3]) tout comme de tracter des attelages légers[P 4],[37]. Il est en effet apte à l'attelage de loisir[37],[38].
Il est monté en randonnée équestre et pour l’équitation de loisir[37],[3],[39]. En Auvergne-Rhône-Alpes, le tourisme équestre représente (en 2019) la seconde activité de loisir la plus pratiquée, après le ski[P 20]. Ce cheval a l'avantage d'être totalement adapté à l'environnement de moyenne montagne[37]. En 2016, la chaîne Equidia Life diffuse trois saisons de 1 000 km à cheval présentées par Julie Raynaud avec Tao, un cheval d'Auvergne né au domaine de Moidas, où il passe désormais sa retraite[P 9]. Le couple a rallié Lupiac à Maastricht entre 2015 et 2016[37].
Les chevaux d'Auvergne sont également doués pour les compétitions en techniques de randonnée équestre de compétition (TREC)[37],[40]. L'entraîneur de l'équipe de France de TREC, Tristan Gracient, monte entre autres le cheval d'Auvergne Fabio de Moidas en 2023[P 9]. Ils sont aussi susceptibles de bons services dans les centres équestres, et comme chevaux de famille polyvalents[37],[3]. Entre 2018 et 2022, une douzaine de chevaux d'Auvergne ont été placés dans des structures d'équitation et des troupes de spectacle[P 9]. Cette race peut aussi être montée en voltige[41].
- Utilisations du cheval d'Auvergne
- Monté au sommet de l'élevage de Cournon-d'Auvergne, en 2011
- Travail aux longues rênes à Moidas, en 2012
- Attelé au sommet de l'élevage de Cournon-d'Auvergne, en 2012
- En randonnée à Allègre, en 2014.
Il peut être employé comme cheval de travail en maraîchage, pour l’entretien des vignes et au débardage léger (débusquage)[17],[42]. En 2007, des juments d'Auvergne sont élevées pour la première fois pour leur lait à la Ferme Équestre des Roches, située à Rochefort-Montagne, qui commercialise des savons au lait de jument[W 13]. Du 19 au , le Parc naturel régional des Volcans d'Auvergne a organisé pour ses 30 ans une caravane itinérante de chevaux d'Auvergne montés et bâtés, transportant des produits régionaux à travers son territoire[W 13].
Diffusion de l'élevage
La base de données DAD-IS de la FAO classe le cheval d'Auvergne parmi les races locales indigènes de France en danger d'extinction, faisant l'objet de mesures de protection[W 1]. C'est l'une des races de chevaux françaises les plus rares[3].
Le berceau de race se situe dans les départements du Puy-de-Dôme et du Cantal[W 1], la quasi-totalités des éleveurs se trouvant en Auvergne[37]. C'est au domaine de Moidas qu'est né le plus grand nombre de représentants, avec jusqu'à 22 naissances pour la meilleure année[P 1], pour un total de 250 naissances entre 1997 et 2023[P 14]. L'élevage d'Ensalers, dans le Cantal, est le second plus important[P 1].
La race est complètement locale, le cheval de travail auvergnat n'ayant historiquement jamais été exporté[6],[37].
| Année | Effectif total | Étalons en service | Naissances / an | Nombre d'élevages[Note 2] |
|---|---|---|---|---|
| 1997 | 32[P 2],[W 1] | |||
| 2006 | 150[W 13] | 21[W 13] | ||
| 2007 | 184[W 13] | |||
| 2009 | ~200[43] | |||
| 2012 | 500[P 1] | |||
| 2013 | 12[37] | 22[37] | 23[37] | |
| 2014 | 93[W 1] | 17[W 1] | ||
| 2017 | 600[44] | |||
| 2018 | 503[W 1] | |||
| 2020 | 616[W 1] | |||
| 2022 | 931[P 14] | |||
| 2023 | > 1 000[P 1] | ~ 80-100[P 2] |
En 2006, 150 chevaux sont recensés, principalement dans le Puy-de-Dôme et le Cantal[W 13]. Quelques chevaux proches de la race Auvergne sont signalés dans les Alpes en 2006[P 4]. L'organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) relève la présence de 93 chevaux de race pure en 2014, dont 17 étalons reproducteurs et 76 juments poulinières[W 1]. En 2022, on compte 302 propriétaires de chevaux d'Auvergne[P 14].
Le taux de renouvellement des générations est jugé excellent[P 1],[45]. Néanmoins, en 2023, le cheval d'Auvergne reste considéré par l'Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement (INRAE) comme une race chevaline française menacée d'extinction[P 21]. Cette même année, Laurent Pradel déclare à la presse que les naissances de poulains se sont stabilisées[P 2].
