Ferme Ameziane
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La ferme Ameziane ou ferme Améziane, située à Constantine en Algérie, est un Centre de renseignement et d’action (CRA) pendant la révolution algérienne. C'est un des centres de tortures de l'armée française pendant cette période.
La ferme Ameziane à Constantine est un bâtiment réquisitionné par les autorités françaises en 1958 pour y implanter un Centre de renseignement et d’action (CRA) pendant la révolution algérienne. Ce CRA permet aux militaires et policiers français d'y interroger, le temps qu'ils jugent nécessaire, des suspects de Constantine et sa région[1], 108 175 Algériens ont été internés dans la ferme Ameziane. Elle est réputée pour les tortures physiques utilisées sur les Algériens suspectés d'appartenir à la résistance. C'est aussi un centre de formation de soldats pour apprendre les méthodes de torture[2].
Le capitaine Rodier assure le commandement de la ferme Ameziane. Le média algérien L'Expression cite aussi le nom de deux tortionnaires ; les capitaines Massin et Pesh Muller[2],[3]. Le centre dépend du 2e bureau de l’état-major du corps d’armée[4].
Un rapport du Comité international de la Croix-Rouge, divulgué en , traite des conditions de détention et des tortures dans Ameziane. Puis l'ouvrage Le droit et la colère, publié en 1960, des trois avocats français Jacques Verges, Michel Zavrian et Maurice Courrege évoque la ferme Ameziane[5].
En et , des détenus algériens sont jugés, ils sont accusés d'avoir lancé des grenades. Les inculpés affirment avoir avoué ces attentats sous la torture pratiquée dans la ferme Ameziane. Des certificats médicaux sont présentés par la défense attestant ces tortures[6],[7]. En 1961 - 1962, l'historien Pierre Vidal-Naquet dénonce les actes de torture qui y sont pratiqués [1], ainsi il écrit dans son ouvrage Les Crimes de l'armée française : « Tous ceux qui y sont passés sont unanimes à dire : que ces tortures font dire tout et n'importe quoi ; que les cas de folie sont fréquents ; que les traces, cicatrices, suites et conséquences sont durables, certaines même permanentes (troubles nerveux, par exemple) et donc aisément décelables. Plusieurs « suspects » sont morts chez eux le lendemain de leur retour[8]. »
Claire Mauss-Copeaux évoque dans son ouvrage Hadjira. La ferme Ameziane et au-delà... le parcours d'une résistante algérienne et les tortures qu'elle subie dans la ferme Ameziane, celle de la baignoire, celle de l’électricité et celle de la roue[1].
Références
- 1 2 3 Marc André, « Claire Mauss-Copeaux, Hadjira. La ferme Ameziane et au delà… (compte rendu de lecture) », sur Lectures (revue de sciences sociales), (consulté le ).
- 1 2 Ikram Ghioua, « Le centre Améziane ou la descente aux enfers », sur L'Expression, (consulté le ).
- ↑ Boubakeur Hamidechi (journaliste), « La mémoire et l’alibi », sur Le Matin repris par Algérie-Watch, (consulté le ).
- ↑ Maurice Pons, « La ferme Améziane », sur Le Monde diplomatique, (consulté le ).
- ↑ Youcef Dris 2023, p. 6 et suivantes.
- ↑ « Des prévenus se plaignant d'avoir été torturés Le tribunal militaire de Constantine ordonne un supplément d'information », sur Le Monde, (consulté le ).
- ↑ « Incidents au tribunal militaire de Constantine », sur Le Monde, (consulté le ).
- ↑ Citation extraite du livre Les Crimes de l'armée française Algérie 1954-1962 de Pierre Vidal-Naquet
Annexes
Bibliographie
- Jean-Luc Einaudi, La Ferme Améziane : Enquête sur un centre de torture pendant la guerre d'Algérie, L'Harmattan, , 117 p. (ISBN 978-2738409447)
- Claire Mauss-Copeaux, Hadjira. La ferme Ameziane et au-delà..., Les Chemins du présent, , 131 p. (ISBN 978-2955963401, lire en ligne)
- Youcef Dris, Les blessures de l'histoire, Le Lys Bleu, , 160 p. (ISBN 1037787919, lire en ligne)
