Grand Prix automobile de France 1969
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| Nombre de tours | 38 |
|---|---|
| Longueur du circuit | 8,055 km |
| Distance de course | 306,090 km |
| Météo | temps chaud et ensoleillé |
|---|---|
| Affluence | plus de 60000 spectateurs |
| Vainqueur |
Matra-Ford Cosworth, 1 h 56 min 47 s 4 (vitesse moyenne : 157,251 km/h) |
|---|---|
| Pole position |
Matra-Ford Cosworth, 3 min 0 s 6 (vitesse moyenne : 160,565 km/h) |
| Record du tour en course |
Matra-Ford Cosworth, 3 min 2 s 7 (vitesse moyenne : 158,719 km/h) |
Le Grand Prix de France 1969 (IIe Grand Prix de France[Note 1]), disputé sur le circuit de Charade à Saint-Genès-Champanelle le , est la cent-soixante-dix-huitième épreuve du championnat du monde de Formule 1 courue depuis 1950 et la cinquième manche du championnat 1969.
Le championnat du monde
La saison 1969 est la quatrième disputée sous la réglementation trois litres pour les monoplaces à moteur atmosphérique, avec également possibilité d'utilisation de moteurs suralimentés, un coefficient deux étant alors appliqué pour la cylindrée (soit un maximum de 1 500 cm3 en cas d'utilisation d'un compresseur volumétrique ou d'un turbocompresseur). La réglementation s'appuie sur les points suivants[1] :
- pas de cylindrée minimale
- cylindrée maximale : 3 000 cm3 si moteur atmosphérique ou 1 500 cm3 si moteur suralimenté
- poids minimal : 510 kg (à sec)
- roues non carénées
- double circuit de freinage obligatoire
- arceau de sécurité obligatoire (le haut du cerceau devant dépasser le casque du pilote)
- démarreur de bord obligatoire
- extincteur obligatoire
- carburant commercial obligatoire
- ravitaillement en huile interdit durant la course
- distance minimale d'un Grand Prix : 300 km (à l'exception du GP de Monaco)
- distance maximale d'un Grand Prix : 400 km
- distance minimale pour être classé : 90% de la distance parcourue par le vainqueur
Par rapport à l'année précédente, la section minimale de l'arceau de sécurité a été augmentée et les monoplaces doivent désormais embarquer deux extincteurs automatiques, un à l'avant du cockpit et l'autre à l'arrière[2]. En conséquence, le poids minimal a été porté à 510 kg (contre 500 auparavant[3]). Apparus en 1968, les ailerons montés sur les éléments de suspension sont désormais interdits, à la suite d'une réunion extraordinaire de la Commission Sportive internationale (CSI) tenue après la première séance d'essais du Grand Prix de Monaco. Cependant, une nouvelle réglementation concernant le montage et les dimensions des appendices aérodynamiques fixés sur les capots avant et arrière vient d'être définie lors d'une réunion de la CSI à Amsterdam, aussi les monoplaces sont-elles maintenant équipées de «moustaches» avant et d'ailerons arrière conformes à cette directive[4].

La première partie de la saison 1969 a été nettement dominée par Jackie Stewart, le pilote écossais s'étant imposé, au volant de sa Matra, dans trois des quatre manches mondiales déjà disputées, ainsi qu'à la Course des Champions à Brands Hatch. Seul une casse mécanique l'a privé de la victoire au Grand Prix de Monaco, remporté par la Lotus de Graham Hill, champion en titre. Au classement provisoire, il compte douze points d'avance sur Hill et paraît bien parti pour lui succéder.
Le circuit
Ancien pilote amateur, Jean Auchatraire est à l'origine de la création du circuit automobile de montagne d'Auvergne, son élaboration ayant commencé en 1955 en collaboration avec Toto Roche[5] (le fondateur de la FFSA). Initialement associé au projet, Louis Rosier (vainqueur des 24 Heures du Mans 1950) avait tragiquement disparu en 1956, deux ans avant l'inauguration du tracé, en , pour les Trois Heures Internationales d’Auvergne, épreuve d'endurance remportée par la Lotus XI d'Innes Ireland[6]. Le circuit de huit kilomètres emprunte des routes départementales (élargies à sept mètres), ainsi que des pistes spécialement créées. Il comporte cinquante-et-un virages. Très accidenté (dénivellation de cent quatre-vingts mètres), il a été surnommé «petit Nürburgring[7]». Également utilisé pour les Grands Prix motocyclistes, il fut le théâtre du Grand Prix de l'A.C.F. 1965. À cette occasion, Jim Clark avait bouclé un tour à 145,8 km/h de moyenne au volant de sa Lotus F1[8], record toujours en vigueur.
Monoplaces en lice

En raison du différend ayant opposé John Surtees, premier pilote de l'équipe BRM, au responsable technique de l'équipe, Tony Rudd, ce dernier a été licencié et le constructeur de Bourne a choisi de faire l'impasse sur le Grand Prix de France[9]. À l'exception de la Scuderia Ferrari, qui utilise son propre V12, les écuries présentes sur le circuit de Charade font appel au moteur Ford-Cosworth DFV, qui développe 430 chevaux à 9500 tr/min dans sa dernière évolution Mk9, avec collecteurs d'échappement «quatre en un», contre 410 chevaux au même régime pour la précédente version Mk8.
- Lotus 49B & 63 "Usine"
Alors que Graham Hill et Jochen Rindt ont choisi de conserver leurs habituelles 49B, l'espoir britannique John Miles s'est vu confier, pour ses débuts en Grand Prix, l'une des deux 63 à traction intégrale. Les trois voitures sont motorisées par un V8 Cosworth DFV (en version Mk8 ou Mk9) associé à une boîte de vitesse Hewland DG300. Outre ses quatre roues motrices, le modèle 63 se distingue par ses bâtis tubulaires supportant les suspensions et par ses freins à disque ventilés montés «inboard[Note 2]». Il pèse 550 kg à vide, 40 de plus que les modèles 49[10]. Les trois monoplaces apparaissent désormais avec un aileron arrière déporté, monté en porte-à-faux sur un support tubulaire. Elles sont chaussées de pneus Firestone[11].
- Lotus 49B privée
Joseph Siffert dispose de la Lotus 49B du Rob Walker Racing Team, semblable à celles engagées par l'écurie officielle à l'exception de l'aileron arrière monté au dessus de la boîte de vitesses. L'équipe ne dispose toutefois que d'une version Mk8 (410 chevaux) du V8 Cosworth. L'équipe utilise des pneus Firestone[3].
- McLaren M7A & M7C "Usine"
Quelques jours auparavant Bruce McLaren a testé à Silverstone sa nouvelle M9A à traction intégrale mais l'a jugée insuffisamment au point pour courir en France[12]. Il pilote donc de son habituelle M7C, son coéquipier Denny Hulme disposant d'une M7A, la principale différence entre ces deux modèles à moteur V8 Cosworth et boîte de vitesses Hewland DG300 étant les réservoirs latéraux intégrés à la coque de la M7C. Si les deux voitures, toujours équipées de larges plateaux arrière recouvrant le moteur, apparaissent, comme à Zandvoort, avec des V8 Cosworth en version Mk8, les évolutions Mk9 sont également disponibles[13]. Pesant 540 kg à vide, les McLaren utilisent des pneus Goodyear[11].

- McLaren M7B privée
Une nouvelle fois confiée à Vic Elford, la M7B engagée par le mécène Colin Crabbe arbore désormais un capot arrière similaire à ceux montés sur les McLaren d'usine. Depuis son rachat au pilote-constructeur, la voiture a été repeinte en rouge et blanc. Elle est techniquement semblable à la monoplace de Hulme, à l'exception des réservoirs latéraux externes remplaçant le réservoir transversal avant[12]. Elford utilise également des pneus Goodyear[11].
- Matra MS80 & MS84 "Usine"
Matra International aligne ses deux MS80 à moteur Cosworth DFV Mk9 de 430 chevaux et boîte Hewland DG300 pour Jackie Stewart et Jean-Pierre Beltoise. En parallèle, l'équipe continue à étudier l'expérimentale MS84 à quatre roues motrices, qui ne sera utilisée qu'aux essais. Bien que ressemblant fortement aux MS80 à structure monocoque, la MS84 possède un châssis multitubulaire. Suspensions et organes mécaniques sont identiques sur les deux modèles, la boîte de vitesses étant, sur la monoplace à quatre roues motrices, inversée et reliée à un différentiel central Ferguson. La répartition de puissance est désormais de 40% sur l'avant et de 60% sur l'arrière[3]. Le surpoids lié à la transmission aux roues avant est de 55 kg (la MS84 pèse 595 kg à vide contre 540 pour la MS80). Comme à Zandvoort, les trois voitures sont équipées d'ailerons intégrés au capot arrière et sont chaussées de pneus Dunlop[14].
- Ferrari 312/69 "Usine"

Seul à défendre les couleurs de la Scuderia Ferrari, Chris Amon aura à sa disposition deux 312/69 à moteur V12. Dotées d'une distribution à quatre soupapes par cylindres, ce sont les monoplaces les plus puissantes du plateau, avec 435 chevaux à 11000 tr/min. Le pilote se plaint cependant d'un grand manque de souplesse, rendant le pilotage difficile[15]. Les deux voitures sont maintenant équipées d'un aileron arrière fixé au dessus du radiateur d'huile. Pesant 530 kg à vide, elles utilisent des pneus Firestone[11]
- Brabham BT26A "Usine"
Au cours d'une séance d'essais privés organisée sur le circuit de Silverstone quelques jours avant le Grand Prix de France, Jack Brabham est violemment sorti de la piste, détruisant sa BT26A et se foulant la cheville. Il a dû déclarer forfait, mais est cependant présent sur le circuit[13]. Désormais seul pilote de l'équipe, Jacky Ickx pilote sa BT26A habituelle, un mulet flambant neuf étant également à sa disposition. Construites autour d'une structure multitubulaire, les Brabham ont depuis le début de l'année adopté le moteur Cosworth DFV, associé à une boîte de vitesses Hewland DG300. Leur poids à vide est de 530 kg. Les pneumatiques sont fournis par Goodyear[16].
- Brabham BT24 & BT26A privées
Frank Williams a engagé sa Brabham BT26A, confiée à Piers Courage. Son moteur Cosworth DFV (version Mk8) est accouplé à une boîte de vitesses Hewland FG400. L'aileron arrière est moins imposant que celui adopté par l'usine. Courage utilise des pneus Dunlop. L'équipe Williams avait commencé la saison avec une ancienne BT24 animée par un V8 Cosworth DFV Mk1, désormais propriété du pilote indépendant Silvio Moser, qui l'a dotée d'une boîte Hewland FG400. Moser utilise des pneus Goodyear[11].
Coureurs inscrits
- La lettre T désigne la voiture de réserve («Test car», en anglais).
Qualifications
Après une séance d'essais libres de trois heures et demie le vendredi matin, deux sessions qualificatives d'une heure chacune ont été prévues par les organisateurs, les vendredi et samedi après-midi précédant la course[3]. À la demande des pilote, une troisième séance, d'une heure et demie, sera ajoutée, le samedi soir[19].
Première séance qualificative - vendredi 4 juillet (après-midi)
Le ciel est couvert, mais il fait chaud et la piste est parfaitement sèche lorsque s'ouvre la première session qualificative, le vendredi après-midi. Parmi les premiers à sortir des stands, Jackie Stewart met à profit sa connaissance du tracé (il s'était classé deuxième du Grand Prix en 1965) pour établir d'emblée, au volant de sa Matra, un premier temps de référence, battant de dix secondes le record établi par Jim Clark quatre ans plus tôt. Il va ensuite constamment améliorer ses chronos, bouclant la séance par un tour à 159 km/h de moyenne[13]. Il relègue Denny Hulme (sur McLaren) et Jean-Pierre Beltoise (sur l'autre Matra), qui connaissent tous deux également le circuit, à plus de deux secondes. Les suivants, Chris Amon (Ferrari) et Jochen Rindt (Lotus) échouent à quatre secondes de l'Écossais, les autres sont bien plus loin. Amon, qui avait endommagé l'avant de sa Ferrari à cause d'un freinage manqué, avait dû se rabattre sur sa voiture de réserve. Rindt, sujet au mal de voiture, a quant à lui dû écourter sa séance. il Jacky Ickx, après quelques tours à vitesse modérée afin de définir les meilleurs réglages, est tombé en panne au milieu du circuit avec sa Brabham et n'a pu mettre cette première journée à profit. Seulement douze pilotes ont participé, le montage du moteur de la Brabham de Silvio Moser n'ayant pas encore été effectué.
| Pos. | Pilote | Écurie | Temps | Écart |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Matra-Ford | 3 min 02 s 4 | ||
| 2 | McLaren-Ford | 3 min 04 s 7 | + 2 s 3 | |
| 3 | Matra-Ford | 3 min 05 s 0 | + 2 s 6 | |
| 4 | Ferrari | 3 min 06 s 3 | + 3 s 9 | |
| 5 | Lotus-Ford | 3 min 06 s 4 | + 4 s 0 | |
| 6 | Lotus-Ford | 3 min 09 s 8 | + 7 s 4 | |
| 7 | Brabham-Ford | 3 min 10 s 2 | + 7 s 8 | |
| 8 | McLaren-Ford | 3 min 13 s 0 | + 10 s 6 | |
| 9 | Lotus-Ford | 3 min 15 s 9 | + 13 s 5 | |
| 10 | Lotus-Ford | 3 min 17 s 0 | + 14 s 6 | |
| 11 | McLaren-Ford | 3 min 17 s 7 | + 15 s 3 | |
| 12 | Brabham-Ford | 3 min 26 s 4 | + 24 s 0 |
Deuxième séance qualificative - samedi 5 juillet (après-midi)


Il fait encore plus chaud que la veille le samedi après-midi. La deuxième séance commence à quatorze heures, sous un ciel couvert. Sur la McLaren de Hulme, on a remplacé le V8 Cosworth DFV Mk8 par une version Mk9, plus puissante[13]. Les ailerons arrière déportés des Lotus ont imposé des contraintes trop importantes aux Lotus 49 de Jochen Rindt et de Graham Hill, aussi a-t-on monté sur ces deux voitures des ailerons semblables à ceux utilisés à Zandvoort, tandis que sur le modèle 63 de John Miles on a conservé celui en porte-à-faux. Stewart se montre à nouveau, de loin, le plus rapide, sans toutefois égaler son meilleur chrono de la veille. Sa pole position n'est pas menacée et il en profite pour essayer la Matra MS84 à quatre roues motrices, avec laquelle il parvient à tourner à 155,3 km/h de moyenne. De son côté, son coéquipier Beltoise va réaliser le deuxième meilleur temps de la session, devant Amon, Ickx et Siffert. Moser est présent mais sa Brabham n'est pas encore prête et il devra attendre la séance du soir pour pouvoir tourner.
| Pos. | Pilote | Écurie | Temps | Écart |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Matra-Ford | 3 min 03 s 2 | ||
| 2 | Matra-Ford | 3 min 04 s 8 | + 1 s 6 | |
| 3 | Ferrari | 3 min 05 s 1 | + 1 s 9 | |
| 4 | Brabham-Ford | 3 min 05 s 9 | + 2 s 7 | |
| 5 | Lotus-Ford | 3 min 06 s 3 | + 3 s 1 | |
| 6 | McLaren-Ford | 3 min 06 s 7 | + 3 s 5 | |
| 7 | Lotus-Ford | 3 min 07 s 0 | + 3 s 8 | |
| 8 | Lotus-Ford | 3 min 09 s 1 | + 5 s 9 | |
| 9 | McLaren-Ford | 3 min 09 s 5 | + 6 s 3 | |
| 10 | McLaren-Ford | 3 min 11 s 1 | + 7 s 9 | |
| 11 | Brabham-Ford | 3 min 11 s 4 | + 8 s 2 | |
| 12 | Lotus-Ford | 3 min 13 s 0 | + 9 s 8 |
- Note : au volant de la Matra MS84 (sa voiture de réserve), Jackie Stewart a réalisé un temps de 3 min 06 s 7[13].
Troisième séance qualificative - samedi 5 juillet (soir)
C'est sous un ciel toujours couvert que se déroule la dernière session qualificative, qui commence à dix-huit heures. La température a baissé et la plupart des pilotes en profitent pour améliorer leurs chronos. Les Matra dominent de nouveau, Stewart se mettant hors de portée de ses adversaires avec un tour à plus de 160,5 km/h de moyenne. Il devance son coéquipier Beltoise de plus de deux secondes. En fin de séance, ce dernier perdra toutefois sa place en première ligne, battu in extremis par Hulme (qui sera au côté de Stewart sur la grille), puis par Rindt et Amon. N'étant pas parvenu à régler sa Lotus à sa convenance, le champion du monde Graham Hill n'a obtenu que le huitième temps, échouant à plus de cinq secondes de Stewart.

| Pos. | Pilote | Écurie | Temps | Écart |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Matra-Ford | 3 min 00 s 6 | ||
| 2 | McLaren-Ford | 3 min 02 s 4 | + 1 s 8 | |
| 3 | Lotus-Ford | 3 min 02 s 5 | + 1 s 9 | |
| 4 | Brabham-Ford | 3 min 02 s 6 | + 2 s 0 | |
| 5 | Matra-Ford | 3 min 02 s 9 | + 2 s 3 | |
| 6 | Ferrari | 3 min 04 s 2 | + 3 s 6 | |
| 7 | McLaren-Ford | 3 min 05 s 5 | + 4 s 9 | |
| 8 | Lotus-Ford | 3 min 05 s 9 | + 5 s 3 | |
| 9 | Lotus-Ford | 3 min 06 s 4 | + 5 s 8 | |
| 10 | McLaren-Ford | 3 min 08 s 0 | + 7 s 4 | |
| 11 | Brabham-Ford | 3 min 09 s 9 | + 9 s 3 | |
| 12 | Lotus-Ford | 3 min 12 s 8 | + 12 s 2 | |
| 13 | Brabham-Ford | 3 min 14 s 6 | + 14 s 0 |
Tableau final des qualifications
| Pos. | Pilote | Écurie | Temps | Écart | Commentaire |
|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Matra-Ford | 3 min 00 s 6 | temps réalisé le samedi soir | ||
| 2 | McLaren-Ford | 3 min 02 s 4 | + 1 s 8 | temps réalisé le samedi soir | |
| 3 | Lotus-Ford | 3 min 02 s 5 | + 1 s 9 | temps réalisé le samedi soir | |
| 4 | Brabham-Ford | 3 min 02 s 6 | + 2 s 0 | temps réalisé le samedi soir | |
| 5 | Matra-Ford | 3 min 02 s 9 | + 2 s 3 | temps réalisé le samedi soir | |
| 6 | Ferrari | 3 min 04 s 2 | + 3 s 6 | temps réalisé le samedi soir | |
| 7 | McLaren-Ford | 3 min 05 s 5 | + 4 s 9 | temps réalisé le samedi soir | |
| 8 | Lotus-Ford | 3 min 05 s 9 | + 5 s 3 | temps réalisé le samedi soir | |
| 9 | Lotus-Ford | 3 min 06 s 3 | + 5 s 7 | temps réalisé le samedi après-midi | |
| 10 | McLaren-Ford | 3 min 08 s 0 | + 7 s 4 | temps réalisé le samedi soir | |
| 11 | Brabham-Ford | 3 min 09 s 9 | + 9 s 3 | temps réalisé le samedi soir | |
| 12 | Lotus-Ford | 3 min 12 s 8 | + 12 s 2 | temps réalisé le samedi soir | |
| 13 | Brabham-Ford | 3 min 14 s 6 | + 14 s 0 | temps réalisé le samedi soir |
Grille de départ
| 1re ligne | Pos. 1 | Pos. 2 | ||
|---|---|---|---|---|
Stewart Matra 3 min 00 s 6 |
Hulme McLaren 3 min 02 s 4 |
|||
| 2e ligne | Pos. 3 | Pos. 4 | ||
Rindt Lotus 3 min 02 s 5 |
Ickx Brabham 3 min 02 s 6 | |||
| 3e ligne | Pos. 5 | Pos. 6 | ||
Beltoise Matra 3 min 02 s 9 |
Amon Ferrari 3 min 04 s 2 |
|||
| 4e ligne | Pos. 7 | Pos. 8 | ||
McLaren McLaren 3 min 05 s 5 |
G. Hill Lotus 3 min 05 s 9 | |||
| 5e ligne | Pos. 9 | Pos. 10 | ||
Siffert Lotus 3 min 06 s 3 |
Elford McLaren 3 min 08 s 0 |
|||
| 6e ligne | Pos. 11 | Pos. 12 | ||
Courage Brabham 3 min 09 s 9 |
Miles Lotus 3 min 12 s 8 | |||
| 7e ligne | Pos. 13 | |||
Moser Brabham 3 min 14 s 6 |
Déroulement de la course

Le départ est donné sous un très chaud soleil, le dimanche après-midi, devant plus de 60000 spectateurs[3]. Placé en pole position, Jackie Stewart est le plus prompt à s'élancer, négociant le premier virage juste devant la McLaren de Denny Hulme. Le Néo-Zélandais parvient à se maintenir dans le sillage de la Matra, moins d'une seconde séparant les deux hommes lorsqu'ils repassent devant les stands. Ils ont déjà nettement creusé l'écart sur le reste de la meute, emmenée par la Brabham de Jacky Ickx, qui avait au départ débordé pris l'avantage sur la Lotus de Jochen Rindt. Mal parti, Jean-Pierre Beltoise n'est que septième, s'étant fait déborder dès le baisser du drapeau par la Ferrari de Chris Amon et la Lotus de Graham Hill. Au cours du deuxième tour, Stewart hausse sensiblement le rythme et Hulme perd le contact avec le pilote écossais. Rindt a rejoint Ickx et les deux hommes vont dès lors se disputer âprement la troisième place. Bien que beaucoup plus à l'aise que le champion du monde sur ce circuit, Beltoise perd un peu de temps derrière Hill avant de trouver l'ouverture et de se lancer à la poursuite de la Ferrari d'Amon, qui accuse déjà treize secondes de retard à la fin du deuxième tour. Après avoir élevé le record officiel de la piste à 157,6 km/h de moyenne, Stewart va dès lors maintenir cette cadence, se détachant nettement de ses adversaires, tandis que son coéquipier Beltoise remonte rapidement sur Amon. Septième, Hill semble avoir des problèmes de tenue de route ; revenu dans son sillage, Joseph Siffert a endommagé l'avant de sa Lotus contre les bottes de paille lors d'une tentative de dépassement sur le Britannique au virage Louis Rosier[2] et a perdu deux places au profit du pilote-constructeur Bruce McLaren et de Piers Courage (sur Brabham). Après cinq tours, La Matra de tête possède sept secondes d'avance sur la McLaren de Hulme et quinze sur le duo Ickx/Rindt, en pleine bagarre. Beltoise, qui vient de dépasser la Ferrari pour le gain de la cinquième place est douze secondes plus loin. Septième, Hill parvient difficilement à se maintenir devant Bruce McLaren, qui le talonne désormais. Le Néo-Zélandais trouvera l'ouverture au cours du septième tour. L'écart entre Stewart et Hulme est passé à neuf secondes. Huit secondes plus loin, Ickx a pris un léger avantage sur Rindt, dont l'allure va commencer à baisser, le pilote autrichien supportant difficilement la chaleur et les contraintes du circuit[11]. Siffert a dû s'arrêter au stand pour faire réparer le nez de sa monoplace ; il est reparti dernier, avec plus d'un tour de retard. Peu après, Courage s'arrête également au stand pour faire vérifier le châssis de sa monoplace, qui vibre anormalement. Un quart de la distance a été accompli, et Stewart compte maintenant onze secondes d'avance sur Hulme, lui-même précédant Ickx d'onze secondes et demie. Quatrième, Rindt continue à perdre du terrain et Beltoise n'est plus qu'à six secondes de lui. Beaucoup plus loin vient Amon, qui donne le maximum au volant d'une Ferrari au comportement rétif, puis à bonne distance McLaren. Huitième, Hill compte un demi-tour de retard sur la Matra de tête ; la McLaren de Vic Elford revient progressivement sur lui. Le premier coup de théâtre survient à la fin du douzième tour, lorsque la barre antiroulis de la McLaren de Hulme commence à se détacher[9]. Le pilote néo-zélandais regagne son stand en espérant une brève intervention de ses mécaniciens, mais la réparation va lui coûter trois tours, le reléguant à la dernière place. Bien que ne pouvant espérer bien figurer, il accomplira le reste de la course sur un rythme extrêmement élevé et sera le seul à approcher les temps réalisés par Stewart. Ickx a hérité de la deuxième place, à près d'une demi-minute de l'Écossais. Rindt est huit secondes plus loin. Il avait repris un peu de sur Beltoise, qui à la fin du onzième tour avait effectué une impressionnante embardée au tertre de Thèdes, mais le pilote français est parvenu à se rattraper et a maintenant la Lotus en vue.

Hors d'atteinte de ses poursuivants, Stewart, sans donner l'impression d'attaquer outre mesure, continue à accentuer son avance. Sauf incident, la victoire lui semble déjà acquise et l'intérêt de la course se reporte sur la remontée de Beltoise. La deuxième Matra se rapproche rapidement de Rindt, qui ne résistera pas longtemps aux attaques du pilote, lui cédant la troisième place au cours du quatorzième tour. Beltoise ne compte alors plus que onze secondes de retard sur Ickx et l'écart diminue régulièrement. À la mi-course, Stewart mène toujours très confortablement, Ickx étant relégué à trente-sept secondes. Beltoise s'est rapproché à six secondes du pilote belge, qui concède une à deux secondes au tour. Rindt, qui semble de moins en moins à l'aise, est complètement lâché. Il semble cependant hors de portée d'Amon et de McLaren, respectivement cinquième et sixième. Après être resté longtemps bloqué derrière la Lotus de Hill, Elford a enfin trouvé l'ouverture et s'est emparé de la septième place. Au début du vingt-deuxième tour, Beltoise est parvenu à rattraper Ickx et ne tarde pas à tenter de lui arracher la deuxième place. Rindt, atteint de nausées altérant sa vision, vient de rejoindre son stand, renonçant à poursuivre dans ces conditions[11]. À la fin du tour suivant, Beltoise parvient presque à déborder Ickx au virage Louis Rosier, mais le Belge maintient sa trajectoire et le Français est contraint d'élargir la sienne, amorçant un dérapage au ras des bottes de paille[19]. Il parvient néanmoins à se maintenir dans le sillage de la Brabham, qui prend l'avantage dans les portions rapides mais est vite rejointe dans les virages serrés. Loin devant, Stewart continue son cavalier seul, comptant maintenant plus de quarante-cinq secondes. Il améliore même son propre record, qu'il porte à 158,7 km/h. Après avoir quelque peu temporisé, Beltoise attaque à nouveau son adversaire mais ne parvient pas à trouver l'ouverture. Au cours du trente-et-unième tour, Amon, qui roulait isolé en quatrième position à deux minutes et demie de la Matra de tête, s'arrête sur le bas-côté, moteur cassé. McLaren, qui vient de se faire déborder par Stewart et compte donc un tour de retard, est maintenant quatrième. Le pilote néo-zélandais commence à être très éprouvé par la chaleur et par les nombreux virages et a considérablement ralenti ; il possède cependant encore une demi-minute d'avance sur Elford, cinquième. Ickx est jusqu'alors parvenu à repousser toutes les attaques de Beltoise mais à la fin du trente-quatrième tour, il aborde un peu trop vite une des courbes de la montée vers le tertre et se met complètement en travers. Son adversaire le déborde sur la droite mais mord sur le gravier et sort légèrement de la piste, qu'il parvient à reprendre sans dommage aucun, mais la Brabham est de nouveau devant. Beltoise tente une nouvelle fois sa chance à l'épingle Louis Rosier, mais Ickx maintient sa position. Il conserve ensuite l'avantage et c'est avec quelques longueurs d'avance qu'il aborde la dernière boucle. Les deux voitures enchaînent les lacets roues dans roues, Ickx menant toujours. Mais dans la descente du Gravenoire, le jeune pilote belge élargit un peu trop sa trajectoire, mord sur le bas-côté et rattrape de justesse une amorce de tête-à-queue. Beltoise l'évite et passe devant. Alors que Stewart passe la ligne et remporte une nouvelle victoire, c'est maintenant au tour de Beltoise de défendre sa deuxième place. Dans la dernière montée, Ickx le suit de très près. Il tente sa chance au dernier virage, que Beltoise négocie parfaitement, ayant anticipé son freinage. Son adversaire s'infiltre à l'intérieur et les deux voitures sont pratiquement côte à côte à la sortie de l'épingle. Le Français a pu accélérer un tout petit peu plus tôt et pour deux dixièmes de seconde sauve sa place de dauphin, les Matra réalisant un magnifique doublé. Seul Ickx, finalement troisième, termine dans le même tour que les monoplaces franco-britanniques. Attardé, McLaren conserve de justesse la quatrième place à l'arrivée, Elford échouant à moins de deux secondes de lui. Mécontent du comportement de sa voiture durant toute la course, Hill décroche toutefois la sixième place.
Classements intermédiaires
Classements intermédiaires des monoplaces aux premier, deuxième, troisième, cinquième, huitième, dixième, treizième, quinzième, vingtième, vingt-cinquième, trentième et trente-cinquième tours[13],[21].
Après 1 tour
|
Après 2 tours
|
Après 3 tours
|
Après 5 tours
|
Après 8 tours
|
Après 10 tours
|
Après 13 tours
|
Après 15 tours
|
Après 20 tours
|
Après 25 tours
|
Après 30 tours
|
Après 35 tours
|
Classement de la course

| Pos | N° | Pilote | Écurie | Tours | Temps/Abandon | Grille | Points |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 | 2 | Matra-Ford | 38 | 1 h 56 min 47 s 4 | 1 | 9 | |
| 2 | 7 | Matra-Ford | 38 | 1 h 57 min 44 s 5 (+ 57 s 1) | 5 | 6 | |
| 3 | 11 | Brabham-Ford | 38 | 1 h 57 min 44 s 7 (+ 57 s 3) | 4 | 4 | |
| 4 | 5 | McLaren-Ford | 37 | 1 h 58 min 19 s 3 (+ 1 tour) | 7 | 3 | |
| 5 | 10 | McLaren-Ford | 37 | 1 h 58 min 21 s 1 (+ 1 tour) | 10 | 2 | |
| 6 | 2 | Lotus-Ford | 37 | 1 h 58 min 50 s 6 (+ 1 tour) | 8 | 1 | |
| 7 | 12 | Brabham-Ford | 36 | 1 h 59 min 48 s 4 (+ 2 tours) | 13 | ||
| 8 | 4 | McLaren-Ford | 35 | 1 h 58 min 23 s 2 (+ 3 tours) | 2 | ||
| 9 | 3 | Lotus-Ford | 34 | 1 h 56 min 58 s 4 (+ 4 tours) | 9 | ||
| Abd. | 6 | Ferrari | 30 | Moteur | 6 | ||
| Abd. | 15 | Lotus-Ford | 22 | Pilote malade | 3 | ||
| Abd. | 9 | Brabham-Ford | 21 | Capot avant arraché | 11 | ||
| Abd. | 14 | Lotus-Ford | 1 | Pompe à essence | 12 |
Légende :
- Abd.=Abandon
Pole position et record du tour
- Pole position :
Jackie Stewart (Matra) en 3 min 00 s 6 (vitesse moyenne : 160,565 km/h). Temps réalisé lors de la troisième séance qualificative, le samedi [20]. - Tour le plus rapide :
Jackie Stewart (Matra) en 3 min 02 s 7 (vitesse moyenne : 158,719 km/h) au vingt-septième tour.
Évolution du meilleur tour en course
Le meilleur tour fut amélioré cinq fois au cours de l'épreuve[13].
- deuxième tour : Jackie Stewart en 3 min 4 s 5 (vitesse moyenne : 157,171 km/h)
- troisième tour : Jackie Stewart en 3 min 4 s 0 (vitesse moyenne : 157,598 km/h) - temps égalé aux dixième, onzième et quatorzième tours
- dix-septième tour : Jackie Stewart en 3 min 3 s 8 (vitesse moyenne : 157,769 km/h)
- dix-huitième tour : Jackie Stewart en 3 min 3 s 4 (vitesse moyenne : 158,113 km/h)
- vingt-septième tour : Jackie Stewart en 3 min 2 s 7 (vitesse moyenne : 158,719 km/h)
Tours en tête
Jackie Stewart : 38 tours (1-38)
