Grand Prix automobile des Pays-Bas 1969
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| Nombre de tours | 90 |
|---|---|
| Longueur du circuit | 4,193 km |
| Distance de course | 377,370 km |
| Météo | temps chaud et ensoleillé |
|---|---|
| Affluence | 45000 spectateurs |
| Vainqueur |
Matra-Ford Cosworth, 2 h 6 min 42 s 08 (vitesse moyenne : 178,705 km/h) |
|---|---|
| Pole position |
Lotus-Ford Cosworth, 1 min 20 s 85 (vitesse moyenne : 186,701 km/h) |
| Record du tour en course |
Matra-Ford Cosworth, 1 min 22 s 94 (vitesse moyenne : 181,997 km/h) |
Le Grand Prix des Pays-Bas 1969 (XVIII Grote Prijs van Nederland), disputé sur le circuit de Zandvoort le , est la cent-soixante-dix-septième épreuve du championnat du monde de Formule 1 courue depuis 1950 et la quatrième manche du championnat 1969.
Le championnat du monde
La saison 1969 est la quatrième disputée sous la réglementation trois litres pour les monoplaces à moteur atmosphérique, avec également possibilité d'utilisation de moteurs suralimentés, un coefficient deux étant alors appliqué pour la cylindrée (soit un maximum de 1 500 cm3 en cas d'utilisation d'un compresseur volumétrique ou d'un turbocompresseur). La réglementation s'appuie sur les points suivants[1] :
- pas de cylindrée minimale
- cylindrée maximale : 3 000 cm3 si moteur atmosphérique ou 1 500 cm3 si moteur suralimenté
- poids minimal : 510 kg (à sec)
- roues non carénées
- double circuit de freinage obligatoire
- arceau de sécurité obligatoire (le haut du cerceau devant dépasser le casque du pilote)
- démarreur de bord obligatoire
- extincteur obligatoire
- carburant commercial obligatoire
- ravitaillement en huile interdit durant la course
- distance minimale d'un Grand Prix : 300 km (à l'exception du GP de Monaco)
- distance maximale d'un Grand Prix : 400 km
- distance minimale pour être classé : 90% de la distance parcourue par le vainqueur

Par rapport à l'année précédente, la section minimale de l'arceau de sécurité a été augmentée et les monoplaces doivent désormais embarquer deux extincteurs automatiques, un à l'avant du cockpit et l'autre à l'arrière[2]. En conséquence, le poids minimal a été porté à 510 kg (contre 500 auparavant[3]). Apparus en 1968, les ailerons montés sur les éléments de suspension sont désormais interdits, à la suite d'une réunion extraordinaire de la Commission Sportive internationale (CSI) tenue après la première séance d'essais du Grand Prix de Monaco. Des appendices aérodynamiques peuvent cependant êtres fixés sur les capots avant ou arrière, aussi les monoplaces sont-elles maintenant équipées de «moustaches» avant et d'ailerons arrière montés au dessus du moteur.
Après un début de saison triomphal, Jackie Stewart était en passe de remporter un troisième succès consécutif lorsqu'un bris de transmission stoppa sa Matra à Monaco. Grâce à un cinquième succès en principauté, Graham Hill, titré en 1968, a relancé le championnat du monde, le pilote du Team Lotus s'étant rapproché à trois points de son compatriote.
Le circuit
C'est près de la station balnéaire de Zandvoort, dix kilomètres à l'ouest de Haarlem, que fut tracé le circuit permanent de cette petite ville, au bord de la Mer du Nord. Sillonnant les dunes du Parc national Zuid-Kennemerland, il développe un peu plus de quatre kilomètres. Il fut inauguré en à l'occasion du Grand Prix de Zandvoort, remporté par la Maserati 4CL du Prince Bira à 118 km/h de moyenne[4]. En dehors des courses automobiles internationales, la piste est occasionnellement utilisée pour des compétitions cyclistes et motocyclistes. En raison du sable déposé par les vents marins et du mauvais état du revêtement, l'adhérence est généralement précaire[3]. L'édition 1968 du Grand Prix ayant été disputée sous la pluie, c'est toujours le regretté Jim Clark qui détient le record officiel du circuit, ayant bouclé au volant de sa Lotus F1 un tour à 171,4 km/h de moyenne en 1967[5]. Au printemps 1968, quelques jours avant son accident mortel à Indianapolis, Mike Spence avait officieusement tourné à 181,4 km/h de moyenne lors d'une séance d'essais privés[6].
Monoplaces en lice
Quatre des six équipes d'usine (Lotus, McLaren, Matra et désormais Brabham), ainsi que les écurie de Rob Walker et de Frank Williams, font appel au moteur Ford-Cosworth DFV. Dans sa version Mk9, ce V8 à doubles arbres à cames en tête avec distribution à quatre soupapes par cylindres, alimenté par injection indirecte Lucas, développe 430 chevaux à 9500 tr/min dans cette dernière évolution avec collecteurs d'échappement «quatre en un», contre 410 chevaux au même régime pour la version précédente, toutefois plus souple d'utilisation[2].
- Lotus 49B & 63 "Usine"

En plus des deux 49B confiés à Graham Hill et à Jochen Rindt, l'équipe de Colin Chapman a amené deux exemplaires de la nouvelle 63 à quatre roues motrices. Une de ces deux voitures devait être confiée à Mario Andretti, fervent partisan de la traction intégrale depuis qu'il en a testé les avantages sur la piste d'Indianapolis[7]. Le pilote italo-américain a cependant dû déclarer forfait à cause du report d'une manche USAC à la même date que l'épreuve néerlandaise[8]. Hill et Rindt préférant utiliser leurs voitures habituelles en course, les 63 n'apparaîtront donc qu'aux essais. Ces modèles, à moteur Cosworth DFV (version Mk8) et structure monocoque (avec bâtis tubulaires pour supporter les suspension), reprennent certains éléments de la Lotus 56. Elles sont dotées de la même boîte de vitesse Hewland DG300 que les 49. Les freins à disque ventilés sont montés «inboard[Note 1]». L'arbre de transmission avant passe dans la partie gauche de l'habitacle. La voiture destinée à Hill a ses sorties d'échappement dirigées vers le haut et un capot arrière non profilé, alors que l'autre a ses sorties vers le bas avec un béquet arrière aérodynamique. La répartition de puissance est de 30% aux roues avant, 70% aux roues arrière. Le poids à vide est de l'ordre de 550 kg[9]. La Lotus 49B de Hill est inchangée depuis sa victoire à Monaco et celle de Rindt, reconstruite depuis son accident en Espagne, est dans la même configuration. Chapman a toutefois prévu d'intégrer des ailerons aux capots arrière, la CSI n'ayant pas formellement interdit les éléments aérodynamiques fixes[10]. Les deux 49B ont la dernière version du V8 Cosworth (430 chevaux). Elles pèsent 510 kg à vide. Les Lotus utilisent des pneus Firestone[8].
- Lotus 49B privée
Joseph Siffert dispose de la Lotus 49B du Rob Walker Racing Team, techniquement identique à celles engagées par l'écurie officielle, à l'exception du moteur, une version Mk8 (410 chevaux) du Cosworth DFV. Elle est équipée de pneus Firestone[3].
- McLaren M7A & M7C "Usine"

Bruce McLaren aurait souhaité aligner son nouveau modèle M9A, à quatre roues motrices, mais sa réalisation a pris du retard[11]. Le pilote-constructeur engage donc les mêmes voitures qu'à Monaco, une M7C pour lui et une M7A pour Denny Hulme. Les deux modèles sont semblables, à l'exception des réservoirs latéraux qui, sur la M7C, font partie intégrante de la coque. Afin de pallier l'interdiction des ailerons fixés sur les suspensions, les McLaren sont désormais équipées de larges plateaux arrière recouvrant le moteur Cosworth DFV (version Mk8 de 410 chevaux)). La transmission est assurée par une boîte de vitesses Hewland DG300. Les McLaren pèsent 540 kg à vide et sont équipées de pneus Goodyear[8].
- McLaren M7B privée
Vic Elford étrenne la McLaren M7B du mécène Colin Crabbe, qui dirige l'écurie Antique Automobiles Racing. Il s'agit de l'ancienne monoplace de Bruce McLaren, à l'origine une M7A que le pilote néo-zélandais avait modifiée en début de saison, le réservoir transversal avant étant remplacé par des réservoirs latéraux externes[11]. La livrée orange d'origine a été remplacée par une peinture rouge. Elford utilise des pneus Goodyear[8].
- Matra MS80 & MS84 "Usine"
En plus des habituelles MS80 confiées à Jackie Stewart et à Jean-Pierre Beltoise, Matra International a amené l'expérimentale MS84 à quatre roues motrices, qui ne roulera qu'aux essais. Les réservoirs de carburant contribuent à la rigidité du châssis monocoque des MS80, un concept qui sera interdit à partir de la saison 1970. Si le dessin de la nouvelle MS84 est presque identique à celui de sa devancière, dont elle reprend les principaux éléments mécaniques (moteur Cosworth DFV Mk9 de 430 chevaux, boîte de vitesses Hewland DG300, suspensions avant et arrière), son châssis est constitué d'un treillis tubulaire. Le différentiel central, conçu par Ferguson, transmet 25% de la puissance aux roues avant et 75% aux roues arrière ; il est placé devant la boîte de vitesses, juste derrière le siège du pilote[9]. La MS84 pèse 595 kg à vide, contre 540 pour les MS80. Les trois voitures arborent des ailerons intégrés au capot arrière et sont chaussées de pneus Dunlop[12].
- Ferrari 312/69 "Usine"
Pilote de la Scuderia Ferrari en endurance, Pedro Rodríguez (qui refuse désormais de piloter la BRM P126 de l'équipe Parnell tant qu'elle ne sera pas équipée du V12 à 48 soupapes) avait été initialement engagé par la Scuderia Ferrari au côté de Chris Amon et devait disposer de l'une des deux 312/69. L'équipe est cependant arrivée à Zandvoort avec deux monoplaces à disposition d'Amon et le Mexicain a dû déclarer forfait. Les 312/69 sont mues par un V12 à 48 soupapes développant 435 chevaux à 11000 tr/min, moteur manquant toutefois de souplesse, aux dires de son pilote habituel. Pesant 530 kg à vide, les Ferrari sont dotées d'un capot arrière en forme d'aileron et de pneus Firestone[8].

- BRM P133, P138 & P139 "Usine"
Le constructeur de Bourne a amené sa nouvelle P139, avec suspension avant renforcée, monoplace un peu plus compacte mais plus lourde (545 kg contre 530) que la précédente P138 dont elle reprend la plupart des éléments mécaniques (moteur V12 à quatre soupapes par cylindre développant 420 chevaux à 9500 tr/min, boîte cinq vitesses BRM P131[10]). John Surtees aura le choix entre les deux modèles, alors que son coéquipier Jackie Oliver dispose de son habituelle P133, un peu plus ancienne. Elle est dotée du même moteur V12, mais la transmission est assurée par une boîte Hewland DG300. De plus, sa coque est moins fine que celles des deux autres et elle pèse 550 kg à vide. Les BRM, dont le capot arrière est profilé, utilisent des pneus Dunlop[13].
- Brabham BT26A "Usine"
Le pilote-constructeur australien Jack Brabham a renoncé cette saison à l'utilisation du moteur V8 Repco, dont la version 32 soupapes s'était révélée très peu fiable, adaptant les BT26 au montage d'un V8 Cosworth. Désormais dénommées BT26A, ces monoplaces à châssis multitubulaire, équipées d'une boîte de vitesses Hewland DG300, pèsent 530 kg à vide. Deux voitures ont été préparées pour l'épreuve néerlandaise (Brabham étant épaulé par Jacky Ickx) ; pour chacune d'elles, c'est la version Mk9 du Cosworth DFV qui a été choisie. Les Brabham d'usine arborent un capot arrière intégrant un aileron en trois parties et sont chaussées de pneus Goodyear[14].
- Brabham BT24 & BT26A privées
Ayant racheté la BT26 utilisée par Jack Brabham la saison précédente, Frank Williams l'a également fait modifier pour le montage d'un V8 Cosworth DFV (en version Mk8 de 410 chevaux) et d'une boîte de vitesses Hewland FG400. Elle est confiée à Piers Courage, qui s'était distingué à son volant en se classant deuxième du dernier Grand Prix de Monaco. Le déflecteur intégré au capot arrière est beaucoup moins imposant que les ailerons des Brabham officielles. Courage utilise des pneus Dunlop. L'ancienne BT24 de Williams a été vendue au pilote indépendant Silvio Moser, qui a gardé le V8 Cosworth DFV Mk1 (développant 400 chevaux) qui y avait été adapté mais a fait remplacer la boîte Hewland DG300 par une FG400, plus légère. Cette voiture est équipée de pneus Goodyear[8].
Coureurs inscrits
- La lettre T désigne la voiture de réserve («Test car», en anglais).
Qualifications
Trois séances qualificatives sont prévues par les organisateurs, le jeudi après-midi, le vendredi matin et le vendredi après-midi précédant la course[3].
Première séance qualificative - jeudi 19 juin (après-midi)
Le temps est ensoleillé le jeudi après-midi, lorsque commence la première session qualificative, mais un fort vent marin sévit[3]. Parmi les premiers en piste, Jackie Stewart domine d'emblée, et après seulement une demi-heure, le pilote Matra a déjà battu le record officieux de la piste, ayant tourné à près de 183 km/h de moyenne[10]. Le pilote écossais va ensuite continuellement améliorer ses chronos pour terminer la séance avec un tour à 185,2 km/h de moyenne. Seul Graham Hill, au volant de sa Lotus, s'est montré menaçant, le champion du monde échouant toutefois à une demi-seconde de son rival. Troisième meilleur temps au volant de sa McLaren, Denny Hulme est relégué à près de deux secondes. Hill a également effectué quelques boucles au volant de la nouvelle Lotus 63 à quatre roues motrices mais un problème de blocage de freins l'a empêché d'établir une performance significative. Vic Elford n'a pu faire que quelques tours à allure modérée au volant de la McLaren récemment acquise par son écurie, une fuite d'essence ayant rapidement écourté sa séance.
| Pos. | Pilote | Écurie | Temps | Écart |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Matra-Ford | 1 min 21 s 50 | ||
| 2 | Lotus-Ford | 1 min 22 s 01 | + 0 s 51 | |
| 3 | McLaren-Ford | 1 min 23 s 38 | + 1 s 88 | |
| 4 | Ferrari | 1 min 23 s 57 | + 2 s 07 | |
| 5 | McLaren-Ford | 1 min 23 s 71 | + 2 s 21 | |
| 6 | Brabham-Ford | 1 min 23 s 87 | + 2 s 37 | |
| 7 | Brabham-Ford | 1 min 24 s 07 | + 2 s 57 | |
| 8 | Lotus-Ford | 1 min 24 s 21 | + 2 s 71 | |
| 9 | Brabham-Ford | 1 min 24 s 34 | + 2 s 84 | |
| 10 | Matra-Ford | 1 min 24 s 70 | + 3 s 20 | |
| 11 | Lotus-Ford | 1 min 26 s 22 | + 4 s 72 | |
| 12 | BRM | 1 min 26 s 35 | + 4 s 85 | |
| 13 | Brabham-Ford | 1 min 26 s 50 | + 5 s 00 | |
| 14 | BRM | 1 min 26 s 99 | + 5 s 49 | |
| 15 | McLaren-Ford | 1 min 35 s 17 | + 13 s 67 |
- Note : au volant de la Lotus 63 (sa voiture de réserve), Graham Hill a réalisé un temps d'1 min 28 s 30[10].
Deuxième séance qualificative - vendredi 20 juin (matin)

Le temps est couvert mais la piste est sèche lorsque commence la séance du vendredi matin. Le vent a tourné au sud, favorisant la vitesse de pointe dans la ligne droite des stands. Retardé la veille par des problèmes de freins et par un moteur manquant de puissance, Jochen Rindt dispose cette fois d'une Lotus parfaitement au point et, au prix d'une conduite particulièrement acrobatique, va réaliser une série de tours très rapides, parvenant à tourner à 186,7 km/h de moyenne. Stewart sera le seul à pouvoir le menacer. L'Écossais va un moment tenir le haut de l'affiche, crédité d'un temps inférieur de quatre dixièmes de seconde à celui de Rindt, avant que les responsables du chronométrage n'annoncent une erreur de mesure et ne l'annulent. Avant que la pluie ne fasse son apparition, Rindt conserve donc sa première place, trois dixièmes devant son rival. Leurs adversaires sont relégués à plus d'une seconde et demie. Hill a consacré sa séance à la mise au point de la Lotus 63, qui s'est révélée nettement moins rapide que le modèle traditionnel. Après s'être assuré un temps de qualification acceptable sur sa Matra MS80, Jean-Pierre Beltoise s'est installé au volant de la monoplace expérimentale, à traction intégrale. Il n'a cependant pas pu l'utiliser, l'exiguïté du cockpit liée à son handicap au coude gauche l'empêchant de manier correctement le volant[7].
| Pos. | Pilote | Écurie | Temps | Écart |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Lotus-Ford | 1 min 20 s 85 | ||
| 2 | Matra-Ford | 1 min 21 s 14 | + 0 s 29 | |
| 3 | Ferrari | 1 min 22 s 69 | + 1 s 84 | |
| 4 | McLaren-Ford | 1 min 23 s 07 | + 2 s 22 | |
| 5 | Brabham-Ford | 1 min 23 s 36 | + 2 s 51 | |
| 6 | Lotus-Ford | 1 min 23 s 94 | + 3 s 09 | |
| 7 | Brabham-Ford | 1 min 24 s 00 | + 3 s 15 | |
| 8 | McLaren-Ford | 1 min 24 s 07 | + 3 s 22 | |
| 9 | Matra-Ford | 1 min 24 s 44 | + 3 s 59 | |
| 10 | Brabham-Ford | 1 min 24 s 58 | + 3 s 73 | |
| 11 | BRM | 1 min 25 s 11 | + 4 s 26 | |
| 12 | BRM | 1 min 25 s 21 | + 4 s 36 | |
| 13 | Lotus-Ford | 1 min 25 s 75 | + 4 s 90 | |
| 14 | McLaren-Ford | 1 min 28 s 80 | + 7 s 95 |
Troisième séance qualificative - vendredi 20 juin (après-midi)

Le temps est toujours couvert et la piste humide lorsque les voitures prennent la piste le vendredi après-midi. Une courte accalmie va permettre à la trajectoire de s'assécher, Jacky Ickx (sur Brabham) en profitant pour améliorer sa position sur la grille, tout comme les pilotes-constructeurs Bruce McLaren et Jack Brabham. La pluie refait cependant bientôt son apparition, mettant fin aux chances de chacun. Sur la piste humide, c'est Stewart, sur la Matra à traction intégrale, qui se révélera le plus à l'aise, réalisant, à près de 180 km/h de moyenne, le quatrième meilleur temps. Rindt refusant de piloter la deuxième Lotus 63, qui lui était destinée et dont la préparation vient d'être terminée, c'est son coéquipier Graham Hill qui l'a testée mais la voiture ne s'est pas montrée aussi rapide que la Matra expérimentale sous la pluie[7].
| Pos. | Pilote | Écurie | Temps | Écart |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Brabham-Ford | 1 min 22 s 85 | ||
| 2 | McLaren-Ford | 1 min 22 s 87 | + 0 s 02 | |
| 3 | Brabham-Ford | 1 min 23 s 10 | + 0 s 25 | |
| 4 | Matra-Ford | 1 min 23 s 88 | + 1 s 03 | |
| 5 | Lotus-Ford | 1 min 23 s 96 | + 1 s 11 | |
| 6 | Lotus-Ford | 1 min 24 s 17 | + 1 s 32 | |
| 7 | Matra-Ford | 1 min 24 s 49 | + 1 s 64 | |
| 8 | Ferrari | 1 min 25 s 00 | + 2 s 15 | |
| 9 | BRM | 1 min 25 s 07 | + 2 s 22 | |
| 10 | Lotus-Ford | 1 min 25 s 13 | + 2 s 28 | |
| 11 | BRM | 1 min 25 s 39 | + 2 s 54 | |
| 12 | McLaren-Ford | 1 min 26 s 82 | + 3 s 97 | |
| 13 | McLaren-Ford | 1 min 28 s 47 | + 5 s 62 |
Tableau final des qualifications
| Pos. | Pilote | Écurie | Temps | Écart | Commentaire |
|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Lotus-Ford | 1 min 20 s 85 | temps réalisé le vendredi matin | ||
| 2 | Matra-Ford | 1 min 21 s 14 | + 0 s 29 | temps réalisé le vendredi matin | |
| 3 | Lotus-Ford | 1 min 22 s 01 | + 1 s 16 | temps réalisé le jeudi après-midi | |
| 4 | Ferrari | 1 min 22 s 69 | + 1 s 84 | temps réalisé le vendredi matin | |
| 5 | Brabham-Ford | 1 min 22 s 85 | + 2 s 00 | temps réalisé le vendredi après-midi | |
| 6 | McLaren-Ford | 1 min 22 s 87 | + 2 s 02 | temps réalisé le vendredi après-midi | |
| 7 | McLaren-Ford | 1 min 23 s 07 | + 2 s 22 | temps réalisé le vendredi matin | |
| 8 | Brabham-Ford | 1 min 23 s 10 | + 2 s 25 | temps réalisé le vendredi après-midi | |
| 9 | Brabham-Ford | 1 min 23 s 36 | + 2 s 51 | temps réalisé le vendredi matin | |
| 10 | Lotus-Ford | 1 min 23 s 94 | + 3 s 09 | temps réalisé le vendredi matin | |
| 11 | Matra-Ford | 1 min 24 s 44 | + 3 s 59 | temps réalisé le vendredi matin | |
| 12 | BRM | 1 min 25 s 07 | + 4 s 22 | temps réalisé le vendredi après-midi | |
| 13 | BRM | 1 min 25 s 11 | + 4 s 26 | temps réalisé le vendredi matin | |
| 14 | Brabham-Ford | 1 min 26 s 50 | + 5 s 65 | temps réalisé le jeudi après-midi | |
| 15 | McLaren-Ford | 1 min 28 s 47 | + 7 s 62 | temps réalisé le vendredi après-midi |
Grille de départ
| 1re ligne | Pos. 3 | Pos. 2 | Pos. 1 | ||
|---|---|---|---|---|---|
G. Hill Lotus 1 min 22 s 01 |
Stewart Matra 1 min 21 s 14 |
Rindt Lotus 1 min 20 s 85 | |||
| 2e ligne | Pos. 5 | Pos. 4 | |||
Ickx Brabham 1 min 22 s 85 |
Amon Ferrari 1 min 22 s 69 |
||||
| 3e ligne | Pos. 8 | Pos. 7 | Pos. 6 | ||
Brabham Brabham 1 min 23 s 10 |
Hulme McLaren 1 min 23 s 07 |
McLaren McLaren 1 min 22 s 87 | |||
| 4e ligne | Pos. 10 | Pos. 9 | |||
Siffert Lotus 1 min 23 s 94 |
Courage Brabham 1 min 23 s 36 |
||||
| 5e ligne | Pos. 13 | Pos. 12 | Pos. 11 | ||
Oliver BRM 1 min 25 s 11 |
Surtees BRM 1 min 25 s 07 |
Beltoise Matra 1 min 24 s 44 | |||
| 6e ligne | Pos. 15 | Pos. 14 | |||
Elford McLaren 1 min 28 s 47 |
Moser Brabham 1 min 26 s 50 |
Déroulement de la course

Le temps est chaud et ensoleillé lorsque les monoplaces se présente sur la grille de départ, le samedi après-midi, devant environ 45 000 spectateurs[3]. Sur la deuxième ligne, Jacky Ickx a levé le bras pour signaler un problème : l'embrayage de sa Brabham colle et le pilote belge est obligé de garder le pied sur le frein. Lorsque le drapeau s'abaisse, le disque a surchauffé et patine ; il ne peut s'élancer normalement, se faisant déborder de toutes parts. Sur sa Lotus, Graham Hill a pris un départ foudroyant. Le champion du monde vire en tête à l'épingle de Tarzan, devant son coéquipier Jochen Rindt, talonné par la Matra de Jackie Stewart. Les trois hommes repassent groupéss devant les stands. Une seconde plus tard suivent la Ferrari de Chris Amon et la McLaren de Denny Hulme. Emmené par le pilote-constructeur Bruce McLaren, le peloton est une centaine de mètres plus loin. Parti bon dernier, Ickx a déjà rejoint la Brabham de Silvio Moser, qu'il s'apprête à déborder. Au cours du deuxième tour, Hulme double Amon, s'emparant de la quatrième place, et se rapproche de Stewart. Rindt parcourt la ligne droite dans les roues de Hill et, au moment d'aborder pour la troisième fois le virage de Tarzan, le pilote autrichien parvient à déborder son coéquipier par l'extérieur dans une manœuvre spectaculaire, avec deux roues dans le sable. Il prend immédiatement le large, établissant un nouveau record de la piste à près de 182 km/h de moyenne, reléguant d'emblée Hill à deux secondes et demie ! Ne voulant pas se laisser distancer par le leader, Stewart attaque Hill et parvient à s'emparer de la deuxième place au cours du cinquième tour, qu'il achève en améliorant de deux centièmes le record de Rindt. Il compte alors quatre secondes de retard sur le leader. Hill est deux secondes plus loin, talonné par Hulme, Amon et le reste du peloton. Ickx est déjà remonté en dixième position et commence à réduire progressivement l'écart sur la Matra de Jean-Pierre Beltoise, près de cinq secondes devant lui. Le rythme imprimé par Rindt reste très soutenu et l'Autrichien accentue son avance. Après dix tours, elle est passée à sept secondes. Toujours troisième, Hill a lâché prise (le train arrière de sa Lotus vibre) et accuse déjà plus de seize secondes de retard sur son coéquipier. Il est désormais menacé par Joseph Siffert (sur la Lotus de Rob Walker), qui a coup sur coup débordé McLaren, Amon puis Hulme. Jackie Oliver a déjà abandonné, la boîte de vitesses de sa BRM ayant cassé. Piers Courage ne tarde pas à l'imiter, l'embrayage de sa Brabham étant hors d'usage. Au treizième tour , Siffert attaque Hill au freinage de l'épingle de Tarzan et, prenant l'extérieur, parvient à virer devant le champion du monde. Il est maintenant troisième, treize secondes derrière Stewart. En tête, Rindt a porté à près de dix secondes son avance sur la Matra lorsque, au début du dix-septième tour, un cardan de sa Lotus lâche ; il négocie l'épingle en roue libre et s'immobilise sur le bas-côté. Stewart prend la tête, devant Siffert (à quatorze secondes) et Hill (deux secondes et demie plus loin). Celui-ci devance un petit groupe comprenant Hulme, Amon, McLaren et Brabham, qui bataillent ferme pour la quatrième place. À quelques centaines de mètres viennent Beltoise et Ickx. Le pilote belge vient alors de rattraper la Matra du Français qu'il va déborder facilement au tour suivant. Stewart accroit sensiblement son avance sur ses poursuivants. Au quart de la course, l'écart entre les deux premiers est passé à dix-sept secondes. Hill a perdu du terrain sur le pilote suisse, sept secondes devant lui. Il conserve néanmoins une centaine de mètres d'avance sur le groupe mené par Hulme, qui a été rattrapé par Ickx. Ce dernier prend l'avantage, dans l'épingle, sur son coéquipier Brabham et se prépare à attaquer McLaren quand celui-ci renonce, ayant perdu un boulon de suspension. Les vibrations du train arrière de sa Lotus s'etant accentuées, Hill s'arrête au stand à la fin du vingt-septième tour. Il en repartira en huitième position, sans que le problème ait été résolu. Stewart possède alors dix-huit secondes d'avance sur Siffert et trente-deux sur le peloton comprenant Hulme, Amon, Ickx et Brabham, qui se disputent âprement la troisième place.

Alors que l'écart entre les deux premiers se creuse très légèrement, Amon tente à plusieurs reprises de dépasser Hulme, sans succès, et se fait même déborder par Ickx à l'épingle de Tarzan au cours du trente-et-unième tour. C'est maintenant au tour du pilote belge d'attaquer l'ancien champion du monde pour le gain de la troisième place mais ce dernier défend solidement sa position. À la fin du quarante-deuxième tour, le moteur de Ickx a des ratés et Amon en profite pour le doubler dans la courbe de Pulleveld, lui reprenant la quatrième place. Peu après, c'est au tour de Brabham de doubler le pilote belge. À la mi-course, Stewart est toujours confortablement installé en tête, avec vingt-cinq secondes d'avance sur Siffert. Hulme, toujours serré de près par Amon et les deux Brabham officielles, est à quarante-sept secondes du leader. Septième, Beltoise accuse près d'un tour de retard. Il est maintenant loin devant Hill, qui n'ose plus pousser sa machine et perd beaucoup de terrain. Brabham parvient à déborder Amon et va menacer Hulme durant quelques tours, avant que la tenue de route de sa monoplace ne se dégrade, à cause d'un problème dans la direction[18]. Hulme en profite alors pour prendre quelques secondes d'avance sur ses poursuivants, jusqu'à ce que Amon ne trouve l'ouverture et ne reprenne la quatrième place. En cinq tours, le pilote Ferrari comble son retard sur Hulme, les deux hommes entamant un long duel pour la troisième place. Ickx tente également de déborder Brabham, dont la monoplace commence à survirer excessivement, mais le vétéran résiste vaillamment. Ce n'est qu'au soixante-neuvième tour que le pilote belge reprendra l'avantage sur son coéquipier. Il va dès lors tenter de revenir sur Hulme et Amon, toujours dans cet ordre, qui évoluent cinq secondes devant lui. Avec trente-cinq secondes d'avance sur Siffert, lui-même confortable deuxième, Stewart a alors la course bien en mains. La bataille pour la troisième place continue à captiver le public, Amon multipliant les attaques sur son compatriote tandis que Ickx, se détachant de Brabham, revient progressivement sur eux. À dix tours de l'arrivée, la Matra de tête conserve une marge de plus d'une demi-minute sur la Lotus de Siffert. Quinze secondes plus loin, Hulme devance toujours Amon et Ickx, les trois hommes étant roues dans roues. La tenue de route de sa monoplace s'etant dégradée, Brabham a perdu du terrain et se contente désormais d'assurer sa sixième place. Les quatre autres voitures restant en course sont très attardées. Le moteur de Hulme commence à perdre un peu de puissance et Amon en profite pour se porter à sa hauteur au freinage de l'épingle de Tarzan ; il vire devant la McLaren, s'emparant de la troisième place. Il possède à ce moment quatorze secondes de retard sur Siffert et, sur une piste devenue très glissante, regagne du terrain sur la Lotus mais ne parviendra pas à la rattraper. Fort de son avance, Stewart a nettement levé le pied en fin d'épreuve. Il s'impose pour la deuxième année consécutive aux Pays-Bas, Siffert terminant vingt-cinq secondes derrière lui. Troisième, Amon obtient son premier résultat de l'année. Malgré un moteur fatigué, Hulme est parvenu à résister aux attaques de Ickx et à se maintenir à la quatrième place, devant les deux Brabham.
Classements intermédiaires
Classements intermédiaires des monoplaces aux premier, deuxième, troisième, cinquième, septième, dixième, quinzième, vingtième, vingt-cinquième, trentième, quarantième, quarante-cinquième, cinquantième, soixantième, soixante-dixième et quatre-vingtième tours[10],[19].
Après 1 tour
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Après 2 tours
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Après 3 tours
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Après 5 tours
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Après 7 tours
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Après 10 tours
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Après 15 tours
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Après 20 tours
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Après 25 tours
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Après 30 tours
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Après 40 tours
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Après 45 tours (mi-course)
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Après 50 tours
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Après 60 tours
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Après 70 tours
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Après 80 tours
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Classement de la course

| Pos | N° | Pilote | Écurie | Tours | Temps/Abandon | Grille | Points |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 | 4 | Matra-Ford | 90 | 2 h 06 min 42 s 08 | 2 | 9 | |
| 2 | 10 | Lotus-Ford | 90 | 2 h 07 min 06 s 60 (+ 24 s 52) | 10 | 6 | |
| 3 | 8 | Ferrari | 90 | 2 h 07 min 12 s 59 (+ 30 s 51) | 4 | 4 | |
| 4 | 7 | McLaren-Ford | 90 | 2 h 07 min 19 s 24 (+ 37 s 16) | 7 | 3 | |
| 5 | 12 | Brabham-Ford | 90 | 2 h 07 min 19 s 75 (+ 37 s 67) | 5 | 2 | |
| 6 | 11 | Brabham-Ford | 90 | 2 h 07 min 53 s 89 (+ 1 min 10 s 81) | 8 | 1 | |
| 7 | 1 | Lotus-Ford | 88 | 2 h 07 min 23 s 21 (+ 2 tours) | 3 | ||
| 8 | 5 | Matra-Ford | 87 | 2 h 07 min 09 s 09 (+ 3 tours) | 11 | ||
| 9 | 14 | BRM | 87 | 2 h 08 min 38 s 22 (+ 3 tours) | 12 | ||
| 10 | 18 | McLaren-Ford | 84 | 2 h 07 min 12 s 45 (+ 6 tours) | 15 | ||
| Abd. | 17 | Brabham-Ford | 54 | Allumage | 14 | ||
| Abd. | 6 | McLaren-Ford | 24 | Suspension avant | 6 | ||
| Abd. | 2 | Lotus-Ford | 16 | Cardan | 1 | ||
| Abd. | 16 | Brabham-Ford | 12 | Embrayage | 9 | ||
| Abd. | 15 | BRM | 9 | Boîte de vitesses | 13 |
Légende :
- Abd.=Abandon
Pole position et record du tour
- Pole position :
Jochen Rindt (Lotus) en 1 min 20 s 85 (vitesse moyenne : 186,701 km/h). Temps réalisé lors de la séance d'essais matinale du vendredi [17]. - Tour le plus rapide :
Jackie Stewart (Matra) en 1 min 22 s 94 (vitesse moyenne : 181,997 km/h) au cinquième tour.
Évolution du meilleur tour en course
Le meilleur tour fut amélioré six fois au cours de l'épreuve[10].
- deuxième tour : Graham Hill en 1 min 26 s 05 (vitesse moyenne : 175,419 km/h)
- deuxième tour : Jochen Rindt en 1 min 25 s 85 (vitesse moyenne : 175,828 km/h)
- deuxième tour : Denny Hulme en 1 min 25 s 59 (vitesse moyenne : 176,362 km/h)
- deuxième tour : Bruce McLaren en 1 min 25 s 21 (vitesse moyenne : 177,148 km/h)
- troisième tour : Jochen Rindt en 1 min 22 s 96 (vitesse moyenne : 181,953 km/h)
- cinquième tour : Jackie Stewart en 1 min 22 s 94 (vitesse moyenne : 181,997 km/h)
Tours en tête
Graham Hill : 2 tours (1-2)
Jochen Rindt : 14 tours (3-16)
Jackie Stewart : 74 tours (17-90)
