Hommage national
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La tenue d'un Hommage national est une décision prise par le président de la République, et qui est inscrite au Journal officiel de la République française (JORF). La cérémonie d'Hommage se déroule traditionnellement dans la Cour d'honneur de l'Hôtel des Invalides (qui est généralement réservée aux militaires décédés, toutefois des personnalités civiles y ont été honorées après leur mort) ou au Panthéon, où le cercueil du défunt est recouvert du drapeau national.
Le Chef de l'État (le président de la République) prononce un discours et leur éloge funèbre au cours d'une cérémonie codifiée (protocolaire).
Plusieurs autres dispositions peuvent s'ajouter à l'Hommage et sont prises à l’échelle du pays selon un décret prit par le président de la République[1] : comme la mise en berne des drapeaux, la minute de silence, l'arrêt des activités des administrations pendant un jour ou plus ou encore la journée de deuil national.
La cérémonie d'Hommage national est semblable à la cérémonie des obsèques nationales, la seule différence étant que ces dernières (les obsèques nationales) relèvent d'un décret du président de la République et sont exclusivement à la charge de l'État[2].
De nombreuses personnalités ont été honorées après leur mort et à l'occasion de leurs obsèques, comme le Commandant Jacques-Yves Cousteau, Pierre Schoendoerffer, Stéphane Hessel, Robert Chambeiron, Jean d'Ormesson, Charles Aznavour ou encore Jean-Paul Belmondo. Par ailleurs, Johnny Hallyday reçoit un hommage populaire plutôt qu’un hommage national, sa famille préférant une cérémonie à l’église de la Madeleine plutôt qu’aux Invalides[3].
Plusieurs personnalités politiques ayant marqué la scène politique : Pierre Mendès France (), Jacques Chaban-Delmas (), l'Abbé Pierre (), Aimé Césaire (), Philippe Séguin (), Pierre Mauroy (), Dominique Baudis (), Robert Chambeiron (), Charles Pasqua (), Yves Guéna (), Michel Rocard (), Simone Veil (), Jacques Chirac (), Jacques Delors (), Robert Badinter (), Lionel Jospin () ont eu droit à un Hommage national[4],[5].
Plusieurs personnalités, y compris des chefs d’État, refusent la tenue d’un hommage national, de même que certaines figures majeures du monde culturel à qui l’Élysée propose de rendre hommage. Charles de Gaulle, Georges Pompidou, François Mitterrand et Valéry Giscard d’Estaing ont, de leur vivant, exprimé leur opposition à toute cérémonie nationale, que ce soit aux Invalides ou ailleurs, ce qui a conduit à des obsèques privées et, dans certains cas, à des cérémonies en présence de dignitaires étrangers à Notre-Dame (De Gaulle, Pompidou, Mitterrand)[6],[7],[8]. L’Élysée propose un hommage national à la suite des décès d’Alain Delon et de Brigitte Bardot, mais leurs familles déclinent cette proposition conformément aux volontés exprimées par les intéressés[9],[10]. Charles Aznavour, qui avait indiqué ne pas souhaiter d’hommage national, voit initialement sa famille refuser cette distinction, mais elle accepte finalement une cérémonie aux Invalides en 2018[11]. Claude Lévi-Strauss refuse également cet honneur[12].
Hommage national pour les militaires
L'hommage national est habituel pour les militaires tués dans l'exercice de leurs fonctions ou en opérations[13], comme pour les militaires tués en opérations extérieures tel que l'hommage le d'Albéric Riveta, tué au Mali ou bien le gardien de la paix Xavier Jugelé, tué lors de l'attentat du 20 avril 2017 sur l'avenue des Champs-Élysées à Paris[14].
Les derniers en date sont :
- L'Hommage rendu aux Invalides (cérémonie présidée par François Mitterrand), le , aux 58 parachutistes français tués dans l’attentat du Drakkar à Beyrouth (Liban)[15] ;
- L'Hommage rendu aux Invalides (cérémonie présidée par Nicolas Sarkozy), le , aux dix soldats français tués en embuscade en Afghanistan[16] ;
- L'Hommage rendu aux Invalides (cérémonie présidée par Nicolas Sarkozy), le , aux sept soldats français tués en Afghanistan[17] ;
- L'Hommage rendu aux Invalides (cérémonie présidée par François Hollande), le , aux quatre soldats tués en Afghanistan[18] ;
- L'Hommage rendu aux Invalides (cérémonie présidée par François Hollande), le , au major Franck Brouzet tué en Afghanistan[19] ;
- L'Hommage rendu aux Invalides (cérémonie présidée par François Hollande), le , aux 9 militaires tués dans le crash d’un F-16 grec sur une base espagnole[20] ;
- L'Hommage rendu aux Invalides, le à Arnaud Beltrame, officier supérieur de gendarmerie, connu pour avoir donné sa vie après s’être volontairement substitué à une otage au cours de l’attaque terroriste du 23 mars 2018 ;
- L'Hommage rendu aux Invalides, le aux maîtres Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello qui ont perdu la vie en libérant des otages retenus prisonniers dans un campement mobile djihadiste de l'État islamique au grand Sahara près de Gorom-Gorom, dans le nord-est du Burkina Faso[21] ;
- L'Hommage rendu aux Invalides, le , aux treize militaires tués au Mali dans un accident d'hélicoptère[22] ;
- L'Hommage rendu aux Invalides, le , aux deux légionnaires tués au Mali[23] ;
- L'Hommage rendu aux Invalides, le , au soldat tué au Mali[24] ;
- L'Hommage rendu aux Invalides, le , aux trois soldats tués au Mali[25] ;
- Maxime Blasco, tué au Mali, reçoit un Hommage national aux Invalides, le [26] ;
- Le , le brigadier Alexandre Martin est tué au Mali lors d'une attaque au mortier qui a visé le camp militaire de l’opération Barkhane à Gao, il reçoit le suivant un Hommage national sur le Pont Alexandre-III et aux Invalides[27] ;
- Le , Emmanuel Macron préside un hommage national à Arnaud Blanc, gendarme du GIGN tué à Maripasoula[28] ;
- Le ou le , le sergent Nicolas Mazier est mortellement blessé dans une embuscade de l'État islamique au sud de Kirkouk (Irak), un Hommage national lui est rendu en divers endroits le [29],[30],[31] ;
- Un hommage national, présidé par le ministre de l'Intérieur démissionnaire Gérald Darmanin, est rendu le à Nice au gendarme Eric Comyn, mortellement blessé par un conducteur récidiviste dans les Alpes-Maritimes lors d'un contrôle routier[32] ;
- Le vendredi , une cérémonie d’hommage national, présidée par le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau, se tient en mémoire du capitaine Olivier Mariande, décédé en service le lors d’une opération de sauvetage à Piau-Engaly[33].
- Une cérémonie nationale s’est tenue le en hommage à Jonathan Moreau, sapeur-pompier volontaire du Lude, décédé alors qu’il se préparait à intervenir[34] ;
- Le , un hommage national est rendu au médecin urgentiste et sapeur-pompier Sophie Fleurquin et à l’adjudant Maxime Pillitieri, morts en service lors d’un exercice d’hélitreuillage dans le massif du Sancy (Puy-de-Dôme)[35] ;
- Le , un hommage national est rendu à Arnaud Frion, adjudant-chef du 7ᵉ bataillon de chasseurs alpins tué en Irak lors d’une attaque de drone, au cours d’une cérémonie à Varces présidée par Catherine Vautrin[36] ;
- Le , un hommage national est rendu à l’adjudant Florian Montorio, militaire français tué au Liban dans une attaque contre la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL), lors d’une cérémonie à Montauban présidée par Catherine Vautrin[37] ;
