Islam aux Pays-Bas
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L'histoire de l'islam aux Pays-Bas peut être retracée depuis le XVIe siècle par l'installation des premiers Ottomans dans les villes portuaires du pays, principalement dans les Pays-Bas méridionaux, mais elle a également été portée par les marins zélandais et hollandais convertis, ainsi que par les marchands persans et les pirates algériens. En outre, à partir du XVIIe, des musulmans des Indes orientales néerlandaises s'installèrent aux Pays-Bas. Par ailleurs, entre la chute de l'Empire ottoman en 1923 et l'indépendance de l'Indonésie en 1945, le Royaume des Pays-Bas, comprenant le territoire métropolitain et extra-métropolitain, fut le premier pays musulman du monde.
Selon le Bureau central de la statistique, l'office néerlandais de la statistique, 4,9 % de la population totale néerlandaise est musulmane en 2008, soit 825 000 personnes environ. Quatre ans plus tard, en 2012, les statistiques montrent une stagnation, sinon un déclin de cette population. Ainsi, l'islam constitue la deuxième religion la plus importante après le christianisme aux Pays-Bas. Le sentiment d'islamisation a une place importante au sein du débat public. Une enquête menée en par le Historisch Nieuwsblad montre en effet que plus de la moitié des Néerlandais considèrent que l'islam représente une menace pour l'identité néerlandaise[1].
Le Siècle d'or néerlandais et le traité avec le Maroc
Avant le siècle d'or néerlandais, les marchands ottomans exerçaient dans la plupart des villes commerçantes du pays. Dans la plupart des cas, néanmoins, il s'agissait des sujets chrétiens ou juifs des sultans. Ce n'est qu'au début du XVIIe siècle que l'on véritablement parler d'une installation de musulmans sur le territoire néerlandais, de par de la présence d'esclaves turcs libérés par le stathoudérat Maurice de Nassau, à l'issue du Siège de L'Écluse. En effet, au début du siècle, une délégation de la République des Provinces-Unies conclut une alliance militaire avec le Maroc contre l'Espagne et les Barbaresques. Le sultan Zaidan el-Nasir nomma Samuel Pallache pour le représenter et en 1608, Pallache rencontra Maurice de Nassau et les États généraux du royaume des Pays-Bas à La Haye. Le , les Pays-Bas et le Maroc signèrent un traité de libre commerce, permettant au sultan d'acheter aux Hollandais navires, armes et munitions. L'islam connut un léger essor au siècle d'or, la majorité des mosquées se situaient alors à Amsterdam[2], [3].
Indes orientales néerlandaises
Au XIXe siècle, sous l'Empire néerlandais, les Pays-Bas contrôlèrent les Indes orientales néerlandaises, qui devinrent en 1945 l'Indonésie, un pays à majorité musulmane et le plus grand pays musulman du monde. Les premiers musulmans qui s'installèrent aux Pays-Bas furent certains de ces insulaires, qui avaient fui la sanglante révolution nationale indonésienne[4].
Immigration depuis le XXe siècle
Durant les années 1960 et 1970, les Néerlandais eurent besoin de main d’œuvre nombreuse et peu qualifiée, la plupart du temps des emplois non occupés en raison de la tertiarisation de l'économie des Pays-Bas. Ces emplois ont été pourvus par des étrangers, provenant de pays à majorité musulmane comme la Turquie ou le Maroc[4]. Malgré l'arrêt du recrutement en 1974, l'immigration ne fut pas ralentie, en raison de la politique de regroupement familial. En 1975, le Suriname, ancienne colonie néerlandaise, à notable minorité musulmane, déclare son indépendance, ayant pour conséquence l'arrivée d'un certain nombre d'immigrés surinamais aux Pays-Bas[4]. Dans les années 1980, et plus spécifiquement dans les années 1990, les musulmans s'installèrent aux Pays-Bas en tant que réfugiés politiques, provenant principalement de Bosnie-Herzégovine, de Somalie, d'Iran, du Pakistan, d'Afghanistan ou d'Irak[5].
Démographie

Selon le CBS, au , environ 5 % de la population totale néerlandaise était musulmane. Des statistiques antérieures montrent un plus grand nombre aux Pays-Bas mais celles-ci se basent non pas sur la croyance religieuse mais sur l'appartenance ethnique[6]. Fin 2004, on estime à 944 000 le nombre de musulmans aux Pays-Bas, dont 6 000 autochtones. Néanmoins, un processus de sécularisation chez les jeunes Néerlandais immigrés de seconde génération : ainsi, la moitié de ces jeunes d'origine iranienne et le tiers des jeunes d'origine turque n'ont pas d’affiliation religieuse.
Comme la plupart des immigrés non occidentaux, la majorité des musulmans vivent dans les quatre plus grandes villes des Pays-Bas, à savoir Amsterdam, Rotterdam, La Haye et Utrecht. Environ 140 000 musulmans résident dans la capitale, où ils forment 17 % de la population.
En 2010, les Marocains représentent le groupe le plus important de musulmans aux Pays-Bas, avec 355 883 personnes, suivis par les Turcs avec environ 325 000. Parmi les autres immigrés non-occidentaux, on compte 34 000 musulmans d'origine surinamaise, 31 000 d'origine afghane et 27 000 d'origine irakienne.


