Jupiter (radar)
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| Pays d'origine |
|
|---|---|
| Mise en opération | 1956 |
| Type | Surveillance aérienne et navale |
| Transmetteur | tube à ondes progressives/Semi-conducteurs |
| Fréquence | L (D) |
| Autres noms | DRBV-23 ; DRBV-26 |
Les Jupiter sont une série de radars navals de surveillance aérienne conçus par la Compagnie française pour l'exploitation des procédés Thomson Houston (CFTH), Thomson-CSF puis Thales et utilisés par la Marine nationale française à partir de 1961. Ils sont issus du radar DRBV-22 et connaissent sept versions et dérivés.
DRBV-22
Le radar Thomson DRBV-22 (Détection Radioélectrique emBarquée de Veille)[1] est développé au début des années 1950 sur les bases techniques du modèle SPS-6B utilisé par l'United States Navy. Remplaçant le DRBV-20, il connaît deux évolutions principales, la série DRBV-22A puis les DRBV-22C/D/E.
DRBV-22A
La version -22A émet en bande L (D), est dotée d'une antenne grillagée de forme pentagonale[2] et constitue le radar de surveillance aérienne le plus répandu dans la marine nationale française durant les décennies 1960 et 1970[3].
- Caractéristiques techniques[3]
| Caractéristiques | Données |
|---|---|
| RPM | 6 / 12 |
| Portée | 130 km[2] |
| Puissance crête | 400 kW |
Ce radar est mis en service en 1956 et installé à la construction ou au cours d'une refonte sur plusieurs classes de navires dont quarante-deux unités sont recensées ci-dessous :
- Le croiseur De Grasse (C 610) reçoit un DRBV-22A en refonte en 1956[4].

- Les escorteurs rapides[5]:
- Le type E50 : Le Brestois (F 762) est équipé de ce modèle lors d'une refonte impliquant une modification de la mature.
- le type E 52 : les quatre dernières unités de cette sous-classe sont dotées d'origine du radar, soit à partir du Le Breton (F 772) en 1957, suivi du Le Basque (F 773), L'Agenais (F 774) et Le Béarnais (F 775). Les sept premières unités sont modifiées en refonte au cours des années 1960, les Le Normand (F 765), Le Picard (F 766), Le Gascon (F 767), Le Lorrain (F 768), Le Bourguignon (F 769), Le Champenois (F 770) et Le Savoyard (F 771).
- le type E 52B : les trois unités de cette sous-classe les reçoivent d'origine, L'Alsacien (F 776), Le Provencal (F 777) et Le Vendéen (F 778).

- Les escorteurs d'escadre[3]
- Les escorteurs d'escadre classe T 47 Dupetit-Thouars (D 625)[6] et Du Chayla (D 630)[7] sont équipés en 1963-1964 un radar DRBV-22A au cours de leur refonte d'adaptation aux missiles RIM-24 Tartar.
- Les cinq escorteurs d'escadre classe T 53 sont équipés à leur construction de ce modèle, le Duperré (D 633)[8], La Bourdonnais (D 634)[9], le Forbin (D 635)[10], le Tartu (D 636)[11] et le Jauréguiberry (D 637)[12].
- L'escorteur d'escadre classe T56 La Galissonnière (D638) en est doté à sa construction[13].

- Les aviso-escorteurs sont équipés d'un DRBV-22A à la construction :
- La classe Commandant Rivière[14] de la Marine nationale à partir de 1962 avec les neuf unités Victor Schœlcher (F725), Commandant Bory (F726), Amiral Charner (F727), Doudart de Lagrée (F728), Balny (F729), Commandant Rivière (F733), Commandant Bourdais (F740), Protet (F748) et Enseigne de vaisseau Henry (F749).
- La classe Comandante João Belo[15] de la Marine portugaise à partir de 1967 avec les quatre unités Comandante João Belo (F 480), Comandante Hermenegildo Capelo (F 481), Comandante Roberto Ivens (F 482) et Comandante Sacadura Cabral (F 483).
- La classe Oslo de la marine norvégienne reçoit ce modèle à partir de 1967[16], avec les cinq navires Oslo (F 300), Bergen (F 301), Trondheim (F 302), Stavanger (F 304) et Narvik (F 305).
- Le porte-avions Arromanches (R95) est modernisé en 1969 et perçoit à ce moment un DRBV-22A[17].
- La corvette Aconit (D609) en est dotée en 1970[18].
DRBV-22C/D/E

Les versions -22C, -22D et -22E sont modifiées par l'addition d'une antenne elliptique stabilisée et d'un émetteur plus puissant, avec une portée de 220 km[2]. Produites à peu d'exemplaires, elles sont mises en service à partir de 1958 et servent de banc d'essai pour la série des radars DRBV-23.
Quatre navires sont équipés :
- Le navire expérimental l'Île d'Oléron (A610) en 1958 avec un DRBV-22C[19].
- Le croiseur porte-hélicoptères Jeanne d’Arc (indicatif visuel R 99) en 1964[20] et le bâtiment d'essais et mesure Henri Poincaré (indicatif visuel A603) en 1968[21],[22] reçoivent un DRBV-22D.
- Le bâtiment de soutien santé Rance (indicatif visuel A618) en 1965 avec un DRBV-22E[23].
Les radars Jupiter
DRBV-23

Le radar Thomson Jupiter/DRBV-23/THD-1077 dérive des dernières versions du DRBV-22. Ce nouveau modèle est baptisé Jupiter. Son antenne de forme elliptique et stabilisée est équipée d'un émetteur en bande L (D) de plus forte puissance, ce qui engendre une portée de 300 km[24].
- Caractéristiques techniques[25]
| Caractéristiques | Données |
|---|---|
| Fréquence de répétition des impulsions radar | 450 pps (600 or 200 pps) |
| Faisceau | X° (2,5), Y° (50) |
| Longueur d'impulsion | 2,5 microsecondes |
| RPM | 7,5 / 15 |
| Portée | ~ 300 km |
| Puissance crête | 2 000 kW |
| Gain | 26 dB |
| Dimensions | 7,5 m par 3 m |

Il est utilisé sur les plus importantes unités de surface de la Marine nationale française.
DRBV-23B
Ce modèle dans sa variante DRBV-23B est mis en service en 1961 sur le porte-avions Clemenceau (indicatif visuel R98), puis en 1963 sur son navire-jumeau, le Foch (indicatif R99)[26].
DRBV-23C
Les croiseurs anti-aériens De Grasse (C610) en 1966[27] et le Colbert (C611) en 1972[28] sont équipés d'un radar DRBV 23C en remplacement d'un DRBV-22A dans le cadre de travaux de modernisation[29].
DRBV-26A

Le radar Thomson-CSF Jupiter II / DRBV-26A / TRS-3010 commence son développement en 1972 sur la base du DRBV-23. Une plus grande fiabilité de fonctionnement et une meilleure résistance aux contre-mesures sont recherchées[24]. Ce radar cohérent reçoit un émetteur à tube à ondes progressives, et des modes CFAR et MTI[30].
- Caractéristiques techniques [31]
| Caractéristiques | Données |
|---|---|
| Fréquence de répétition des impulsions radar | 450 pp |
| Faisceau | X° (2,5), Y° (50) |
| Longueur d'impulsion | 2,5 microsecondes |
| RPM | 7,5 / 15 |
| Portée | 280 km |
| Puissance crête | 2 000 kW |
| Gain | 29 dB |
| Dimensions | 7,535 m par 3,05 m |
| Masse | 1 450 kg, |

Deux classes de navires de la Marine nationale française sont équipées :
- La Classe Tourville[32]
- La Classe Georges Leygues en 1979[33]
DRBV-26C

Le radar Thomson-CSF Jupiter IIS / DRBV-26C / TRS-3011 reçoit un nouvel émetteur à compression d'impulsion et état solide formé de seize modules, avec une capacité d'antibrouillage[24]. La fréquence d'émission est stabilisée par un synthétiseur, ce qui permet des traitements de signaux plus élaborés dont des filtrages Doppler par transformation de Fourier rapide. Un système d'identification ami ou ennemi (sigle anglais IFF) est intégré à l'antenne. Le radar peut suivre soixante-quatre pistes et transmettre les données à un système tactique de type TAVITAC. Il présente une portée de 360 km[34] .
La fiabilité de l'ensemble est améliorée avec une durée de fonctionnement sans défaut de 6 060 heures pour les modules émetteurs et un temps moyen entre pannes de 2 180 heures pour l'ensemble émetteur. Les modules peuvent être réparés sans éteindre l'équipement, avec un temps de travail de quelques minutes.
Le système entre en service en sur la frégate antiaérienne Jean-Bart et équipe cette classe de navires[35] :
- La Classe Cassard
- Le Cassard (D614) en refonte en 1992[36]
- Le Jean Bart (D615).
DRBV-26D

Le radar Thomson-CSF Jupiter 08 / DRBV-26D combine l'installation électronique, l'émetteur état solide du DRBV-26C avec un traitement de signal de nouvelle génération et l'antenne réseau à commande de phase du radar Signaal LW-08, dotée de plus grandes capacités électriques et d'élévation[24]. Il présente une portée de 500 km[34].
Ce radar est mis en service sur trois classes de navires pour un total de dix unités[24] :
- Le Charles de Gaulle (R91) en 2001

- La Classe Kang Ding en 1996[37]
- Kang Ding (FFG-1202)
- Si Ning (FFG-1203)
- Kun Ming (FFG-1205)
- Di Hua (FFG-1206)
- Wu Chang (FFG-1207)
- Chen De (FFG-1208)
- La Classe F 3000 S en 2002[38]
- Al Riyadh (812)
- Al Makkah (814)
- Al Damman (816)
Dérivés
DRBV-21A

Le radar Thomson-CSF Mars / DRBV-21A / TRS-3015[39] est constitué de l'antenne d'un DRBV-22A et deux sous-ensembles modifiés du DRBV-26C, son émetteur état solide porté de 16 à 32 éléments et son installation électronique au volume réduit. Le modèle Mars 05 est une évolution où l'antenne du DRBV-22A est remplacée par celle du radar Signaal DA.05[40].
| Caractéristiques | Données |
|---|---|
| RPM | 12 |
| Portée | 300 km |
| Gain | 26 dB |
| Masse | 600 kg |
Une base navale de l'océan Pacifique, un centre d'entraînement et deux classes de navires de la Marine nationale française reçoivent ce radar[24] :
- La classe Foudre[41],
- TCD Foudre (L9011) à partir de 1997 en refonte[42]
- TCD Siroco (L9012)

- La classe Floréal à partir de 1992[43],
DRBV-27
Le radar Astral / DRBV-27 / TRS-3505[24],[44] est un radar tridimensionnel à antenne planaire et compression d'impulsion numérique. Il combine les installations électroniques du DRBV-26C et une nouvelle antenne planaire d'une masse de 3 500 kg, où l'élévation du faisceau est réalisée électroniquement jusqu'à 45°.
Cet équipement est conçu pour répondre aux fonctions de veille aérienne à longue portée dans le cadre du programme de frégates de la classe Horizon. Il échoue face au radar S1850M dérivé du SMART-L (Thales Nederland) et ne connaît pas de mise en production.