La Verità
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La Verità est une revue mensuelle d'orientation fasciste fondée en 1936 par l'ancien dirigeant communiste Nicola Bombacci. Selon l'historien Steven Forti, La Verità constitua « une sorte de lieu de rencontre pour des transfuges de la gauche vers le fascisme ».
| La Verità | |
La Verità, numéro du 31 janvier 1943. | |
| Pays | |
|---|---|
| Langue | Italien |
| Périodicité | Mensuel |
| Genre | Fascisme, fascisme de gauche, syndicalisme fasciste, socialisme national, anticommunisme, antisémitisme |
| Fondateur | Nicola Bombacci |
| Date de fondation | 6 avril 1936 |
| Date du dernier numéro | 30 Juin 1943 |
| Ville d’édition | Rome |
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Histoire
Fondation et collaborateurs
Fondée en par l'ancien membre fondateur du Parti communiste italien (PCI) Nicola Bombacci, La Verità adopta une position politique identifiable au fascisme de gauche. Même si la revue a été durement critiquée et même suspendue à deux reprises, en 1936 et 1937, par les cercles les plus conservateurs du fascisme dont faisait partie Achille Starace, Bombacci était bien considéré et soutenu par la frange révolutionnaire et anticapitaliste du régime, ainsi que par Mussolini lui-même qui l'avait ouvertement soutenue financièrement à partir de l'automne 1937 jusqu'en lui permettant de faire paraître la revue sans interruption.
La revue comptait parmi ses collaborateurs essentiellement d'anciens socialistes, communistes et syndicalistes révolutionnaires tels que Giovanni Bitelli et d'autres personnes qui étaient étrangères mais non opposées aux politiques sociales du fascisme. Le secrétaire de rédaction de la revue était l'ancien communiste Angelo Scucchia.
Le titre « La Verità » (La Vérité) fut inventé par Bombacci lui-même pour imiter le journal Pravda (organe du Parti communiste de l'Union soviétique).
Ligne éditoriale
À l’été 1941, La Verità se présentait ainsi à ses lecteurs :
« À la lumière des réalisations et des principes de la Révolution mussolinienne, [la revue] étudie et débat des problèmes de justice sociale et internationale ; elle combat pour une diffusion et une pénétration toujours plus grandes des idéaux révolutionnaires du fascisme parmi les grandes masses et diffuse la connaissance de ce qu’a accompli et accomplit la volonté créatrice de Mussolini pour l’élévation morale et matérielle du peuple travailleur ; elle soutient la cause de l’Italie prolétarienne et fasciste engagée dans la lutte de libération contre l’hégémonie ploutocratique, judaïque et bolchevique »[1].
Converti au corporatisme car y voyant un dépassement du capitalisme et du socialisme, Bombacci vanta dès le premier numéro de la revue les « réalisations » du régime fasciste :
« L’État fasciste corporatif annule le conflit entre la Classe et la Nation, car il intègre ces deux forces dans son propre circuit, grâce à une nouvelle organisation géniale qui lui permet de résoudre progressivement le problème de la répartition des richesses sous l’aiguillon du contrôle et de l’autorité de l’État »[1].
Quant à l'ancien syndicaliste révolutionnaire Alibrando Giovannetti, « le corporatisme devenait [selon lui] une version actualisée du syndicalisme d’avant-guerre : une profonde transformation économique permettant aux masses un ascension sociale était la condition indispensable à leur participation directe à la vie publique et politique ; or cette participation ne pouvait être réalisée que par les syndicats et non par les partis, lesquels n’étaient rien d’autre que des organisations bourgeoises »[1].
Pour Walter Mocchi, autre collaborateur important, ancien membre du Parti socialiste dont il anima le courant favorable au syndicalisme révolutionnaire, « le corporatisme était « la solution de la Question sociale pour un plus grand rendement de la production et une répartition plus équitable » et s’opposait, dans le combat idéologique mondial, au supercapitalisme qui, « sous la forme d’une ploutocratie judéo-maçonnique, [se drape] des oripeaux de la démocratie parlementaire [et] se propose de maintenir sa domination économique et politique »[1]. Plaçant le combat contre la bourgeoisie au premier plan, il forgea dans la revue le terme « socialisme fasciste » et proposa, afin d'établir « le règne du Travail et de la Justice sociale », en se basant se sur les syndicats, la limitation de la propriété privée et individuelle ainsi que l’interventionnisme étatique lui-même, afin d’éviter les risques de bureaucratisation[1].
Collaborateurs
- Nicola Bombacci (communiste)
- Teresa Labriola (fille d'Antonio Labriola) (socialiste)
- Walter Mocchi (syndicaliste révolutionnaire)
- Alibrando Giovannetti (syndicaliste révolutionnaire)
- Alberto Malatesta (socialiste)
- Mario Malatesta (frère d'Alberto ; communiste)
- Costantino Camoglio (syndicaliste révolutionnaire / anarchiste)
- Dino Fiorelli (fasciste dissident puis antifasciste)
- Ezio Riboldi (communiste)
- Giovanni Bitelli (socialiste / syndicaliste révolutionnaire)
- Angelo Scucchia (communiste)
- Antonio Di Legge (communiste)
- Silvio Barro (socialiste)
- Mario Guarnieri (syndicaliste / socialiste)
- Giovanni Guidi (communiste)
- Sandro Diambrini Palazzi (socialiste)
- Bruno Ricci (communiste)
- Federico Giannini
- Sigfrido Barghini
- Pietro Ubaldi
- Eugeno Ciboldi
- Giuseppe Caprarelli
- Federico Boccalari
- Giuseppe de Feo
- Alfredo Nacci
- Mario Missiroli (sous pseudonyme/sans signature)