Léonard Keim

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Décès
Nationalité
Léonard Keim
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Fonctions
Conseiller municipal de Strasbourg
-
Adjoint au maire
Strasbourg
-
Biographie
Naissance
Décès
Nationalité
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Conflit
Distinctions
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Service historique de la défense - site de Caen (d) (AC 21 P 579249)
Service historique de la Défense - site de Vincennes (d) (GR 16 P 317666)Voir et modifier les données sur Wikidata

Léonard Keim, né le à Strasbourg et mort le dans la même ville, est un militant communiste, résistant et homme politique français.

Engagement communiste

Fils de Léonard Keim et d'Émilie Gast, Léonard Keim exerce le métier d'ouvrier tailleur avant de devenir maître tailleur. Il épouse Yvonne Wennhack le à Strasbourg, avec qui il a deux enfants, Richard et Suzanne Lucienne[1],[2].

Son engagement politique débute en 1924 avec son adhésion aux Jeunesses communistes, suivie en 1927 de celle au Parti communiste français (PCF). Lors de la scission menée par Charles Hueber en 1929, il demeure fidèle au parti avec l'ensemble des militants de la cellule du Port du Rhin. Vers 1935, il accède aux fonctions de secrétaire de la section strasbourgeoise du PCF, puis devient secrétaire régional à l'organisation pour l'Alsace entre 1936 et 1939. Il se présente régulièrement comme candidat aux différentes élections[1],[2].

Résistance pendant la Seconde Guerre mondiale

Mobilisé en 1939, Léonard Keim est fait prisonnier de guerre puis libéré en tant qu'Alsacien. Il revient à Strasbourg en , alors que l'Alsace est annexée de fait par le Troisième Reich. Il reprend son activité professionnelle de tailleur, confectionnant notamment des uniformes pour les personnels de la base aérienne allemande d'Entzheim d'Entzheim[1],[2].

Il s'engage dans la reconstruction du Parti communiste clandestin et devient en 1941 l'adjoint de Georges Wodli, responsable « interrégional » pour l'Alsace-Lorraine. Dans ce cadre, il participe à la rédaction et à la diffusion de tracts clandestins[3],[1],[2].

Le , la Gestapo l'arrête à Strasbourg. Il est alors interné pendant six mois au camp de sûreté de Vorbruck-Schirmeck, où il subit des tortures. Transféré le à la prison de Bühl, il comparaît avec d'autres résistants alsaciens devant le Volksgerichtshof (« Tribunal du Peuple ») du 25 au à Strasbourg. Il est condamné à la réclusion à perpétuité pour haute trahison et intelligence avec l'ennemi. Il est ensuite emprisonné à Ludwigsburg jusqu'à sa libération par l'armée française le . Son rapatriement en France intervient le [3],[1],[2].

Son fils Richard, incorporé de force à l'âge de dix-sept ans au Reichsarbeitsdienst (RAD) (« Service du travail du Reich ») à l'automne 1944, est ensuite affecté d'office à la Waffen-SS le . Après une tentative d'évasion, il est repris et exécuté en Hongrie[1],[2].

Carrière politique d'après-guerre

À son retour, Léonard Keim est nommé conseiller municipal de Strasbourg par le préfet et élu adjoint au maire, fonction qu'il occupe de 1945 à 1947. Il est élu au conseil municipal en sur la liste d'Union républicaine, démocratique et antifasciste, puis à nouveau en sur une liste exclusivement composée de communistes et sympathisants[1],[2].

À la conférence fédérale des 16 et , il succède à Albert Kamper comme secrétaire fédéral du PCF du Bas-Rhin. Sa réélection à la conférence fédérale d' n'est toutefois pas validée par le délégué du Comité central. Il est néanmoins membre suppléant du Comité central du PCF de à . Il occupe également les fonctions de vice-président de la section du Bas-Rhin de la Fédération nationale des déportés et internés politiques, créée le [1].

Exclusion du Parti communiste

En 1953, lors du procès de Bordeaux qui juge les responsables du massacre d'Oradour-sur-Glane, Léonard Keim envisage de témoigner en faveur des douze Alsaciens accusés, en mémoire de son fils incorporé de force. Le parti l'oblige à renoncer à ce projet. Lors de l'audience du , son absence est remarquée. Il publie néanmoins une déclaration dans la presse où il se désolidarise de la position du PCF. Le , il participe, arborant son écharpe de conseiller municipal, à une cérémonie devant le monument aux morts que la fraction communiste a décidé de boycotter[1],[2].

Le , il démissionne du conseil municipal. En , il est exclu du parti en même temps qu'Albert Erb. Le motif officiel invoqué n'est pas sa position sur les incorporés de force, mais son attitude présumée lors de son arrestation en 1942, le parti l'accusant d'avoir révélé des noms à la Gestapo, notamment ceux de Xavier Sieffert et Philippe Heiligenstein. Léonard Keim se défend en affirmant n'avoir mentionné que des camarades déjà arrêtés ou en fuite[1],[2].

Aux élections municipales d', il se présente en deuxième position sur la liste d'Union des indépendants conduite par Robert Bailliard, président de l'Association des déserteurs, évadés et incorporés de force, mais n'est pas réélu[1],[2].

Reconversion professionnelle

Après son éviction de la vie politique, Léonard Keim occupe plusieurs postes de responsabilité dans le secteur social : il préside l'Office public d'habitation à loyer modéré de Strasbourg de 1964 à 1980, la Caisse d'épargne de Strasbourg de 1963 à 1973, puis la Caisse d'épargne fédérée du Bas-Rhin de 1973 à 1980[1],[2].

Distinctions

Notes et références

Voir aussi

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