Massacre de la prison d'Olenivka

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DateNuit du au
LieuCamp de prisonniers à Molodijne (en), dans le raïon de Kalmiouske, dans l'oblast de Donetsk (occupé par la Russie, contrôlé par la république populaire de Donetsk)
TypeInconnu (artillerie, engin explosif ou lance-grenades)
Massacre de la prison d'Olenivka
Image illustrative de l’article Massacre de la prison d'Olenivka
Olenivka

Date Nuit du au
Lieu Camp de prisonniers à Molodijne (en), dans le raïon de Kalmiouske, dans l'oblast de Donetsk (occupé par la Russie, contrôlé par la république populaire de Donetsk)
Victimes Prisonniers de guerre du régiment Azov
Type Inconnu (artillerie, engin explosif ou lance-grenades)
Morts Au moins 53[1]
Blessés Au moins 75[1]
Auteurs Forces armées russes, forces séparatistes du Donbass ou Groupe Wagner
Guerre Invasion de l'Ukraine par la Russie
Coordonnées 47° 49′ 46″ nord, 37° 38′ 55″ est
Géolocalisation sur la carte : Ukraine
(Voir situation sur carte : Ukraine)
Massacre de la prison d'Olenivka

Le massacre de la prison d'Olenivka est une explosion ayant eu lieu dans la nuit du au , au cours de l'invasion russe de l'Ukraine, lorsqu'un bâtiment d'une prison russe à Molodijne, près d'Olenivka, dans l'oblast occupé de Donetsk, est détruit. L'attaque tue 53 prisonniers de guerre ukrainiens et fait 75 blessés. Les prisonniers sont principalement des soldats du régiment Azov capturés lors de la reddition du complexe d'Azovstal, le dernier bastion ukrainien lors du siège de Marioupol.

Initialement, les autorités ukrainiennes et russes s'accusent mutuellement de l'attaque contre la prison. Par la suite, un rapport des Nations unies et des témoignages d'anciens prisonniers montrent la responsabilité de la Russie, qui aurait mis en scène les lieux de l'attaque pour faire accuser l'Ukraine. L'arme utilisée et l'unité responsable restent au centre des interrogations.

Installation des prisonniers

Le matin du , un groupe de prisonniers de guerre ukrainiens, tous capturés à l'issue de la bataille de Marioupol, sont rassemblés et se voient ordonner par les Russes de « se tenir prêts », sans explication supplémentaire. Ils sont transférés vers un autre bâtiment de la colonie pénitentiaire d'Olenivka, à Molodijne (en), une localité au sud-ouest de Donetsk qui est contrôlée par la république populaire de Donetsk (RPD), soutenue par la Russie. Le bloc de détention en parpaings a été réaménagé à la hâte et ne comporte qu'une centaine de couchettes, sans matelas. Les toilettes sont un simple trou dans le sol. Selon l'un des prisonniers, des outils sont encore présents, indiquant qu'il s'agissait auparavant d'un atelier[2].

Le gardien de la prison leur affirme que ce transfert a eu lieu en raison de travaux de rénovation sur certains baraquements. Le même jour, les gardes commencent à creuser des tranchées à proximité de la prison, pour s'abriter[2].

Le lendemain, les prisonniers remarquent que les postes de surveillance ont été éloignés du bâtiment et que les gardes portent désormais des gilets pare-balles et des casques, équipements dont ils n'étaient pas pourvus auparavant[2].

Explosion

Le vers 22 h 30, Arsen Dmytryk, l'un des prisonniers, va se coucher. Il est réveillé 45 minutes plus tard par une explosion et le bruit, selon lui, d'un lance-roquettes multiple BM-21 Grad. D'autres prisonniers déclarent que le son du Grad a étouffé le bruit d'autres explosions[2].

Peu de temps après, Dmytryk est gravement blessé par une explosion alors qu'il se trouve dans le baraquement, touché par des shrapnels. Plusieurs autres prisonniers sont morts ou blessés à ses côtés. Les prisonniers survivants se précipitent dehors par les trous causés par l'explosion dans les murs, dans le but d'appeler les secours. Les gardes russes tirent en l'air pour les faire reculer et, selon un soldat, se moquent des survivants[2].

Plusieurs heures après l'explosion, les secours arrivent, les blessés et les morts sont chargés dans des camions. Plusieurs blessés meurent avant d'atteindre l'hôpital à Donetsk[2].

Bilan humain et identification des victimes

Les décomptes des victimes par les autorités russes et de la RPD indiquent que 53 prisonniers de guerre ukrainiens sont morts et 75 autres ont été blessés[3], après avoir initialement donné un bilan de 40 morts et 75 blessés, en plus de 8 gardes[4]. La partie ukrainienne affirme qu'environ 40 personnes sont mortes et 130 blessées[5]. Selon une déclaration publique des Nations unies publiée en , la lenteur des secours a mené à l'aggravation du bilan[2].

Les deux parties conviennent que des combattants captifs du régiment Azov se trouvaient dans la caserne détruite, amenés là quelques jours avant l'événement. Denis Pouchiline, le leader de la RPD, laisse entendre que parmi les 193 détenus du centre de détention, il n'y avait aucun étranger, mais ne précise pas le nombre d'Ukrainiens retenus captifs. Les responsables russes publient une liste des prisonniers de guerre supposément décédés, tous membres du régiment Azov, sans apporter de contexte[2]. Au , les responsables ukrainiens déclarent qu'ils ne sont pas en mesure de vérifier la liste[6].

Le jour même de l'explosion, l'ambassade de Russie à Londres publie un tweet déclarant que les combattants du régiment Azov « méritent l'exécution, mais la mort non pas par peloton d'exécution mais par pendaison, car ce ne sont pas de vrais soldats. Ils méritent une mort humiliante », qui comprend une vidéo d'un couple de Marioupol qui s'est dit victime d'un bombardement ukrainien. La phrase dans le tweet correspond à la citation d'un homme dans la vidéo[7],[8]. Quatre jours après l'explosion, la Cour suprême russe déclare le régiment Azov comme une organisation terroriste[9]. En réponse, les services de renseignement ukrainiens affirment que cela vise à justifier les crimes de guerre russes contre les Ukrainiens[10].

Isolement des survivants et modification des lieux de l'explosion

Dès la prise en charge des blessés par les secours, les prisonniers indemnes ou légèrement blessés, au nombre de 70, sont renvoyés dans le camp et isolés dans deux petites cellules. Selon le document interne de l'ONU, cet isolement aurait pour but de les empêcher de prendre contact avec les autres prisonniers de guerre, dont certains ont accès à des téléphones portables et pourraient contacter les autorités ukrainiennes. Ils ignorent également les débats entourant l'attaque à l'échelle internationale[2].

Des soldats captifs auraient été chargés de nettoyer certains débris et de retirer les corps restants dans le hangar ciblé, avant que des soldats russes en uniforme de camouflage entrent pour disposer des débris de HIMARS sortis de caisses de munitions et positionner les corps. Selon des prisonniers, les journalistes et officiels russes sont arrivés sur les lieux un peu plus tard, ont filmé, puis les débris ont été remis dans leurs boîtes[2]

Responsabilité de l'attaque

Réactions internationales

Notes et références

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