Discours du Zeitenwende
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Sondervermögen Bundeswehr (d), dépenses militaires, Budget fédéral de l'Allemagne (en), national security of Germany (en) |
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Le discours du Zeitenwende est un discours prononcé devant le Bundestag par Olaf Scholz, le chancelier fédéral allemand, le , en réaction à l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie, déclenchée le .
Scholz décrit cette attaque comme un « tournant historique » (en allemand : Zeitenwende, littéralement : « les temps tournent »), faisant référence au passage d'une époque ou d'une ère à une autre et annonce qu'en réponse, son gouvernement mobilisera 100 milliards d'euros pour augmenter considérablement les dépenses militaires, revenant ainsi sur la longue tradition d'une politique de défense prudente de la part de l'Allemagne[1].
Le discours de Scholz est bien accueilli par la plupart des personnalités politiques allemandes et internationales et est soutenu par le chef de l'opposition Friedrich Merz. La presse salue le contenu politique du discours, The Economist lui attribuant le mérite d'avoir facilité la modification de positions maintenues de longue date dans la politique et la société. Patrick Wintour, du Guardian, écrit que Scholz a annoncé un « changement de cap à 180 degrés ».
Au cours des premiers mois de 2022, la fédération de Russie a rassemblée une présence militaire d’environ 150 000 soldats près de la frontière ukrainienne tout en exigeant que l'OTAN prenne l'engagement de ne pas admettre l’Ukraine parmi les membres de l'alliance. Les gouvernements occidentaux ont rejeté cette demande et ont réagi en augmentant leur aide militaire à l’Ukraine. L'Allemagne, dont le gouvernement était dirigé par le chancelier fédéral récemment élu Olaf Scholz, a été critiquée pour son approche prudente face à la crise. Les critiques portaient en particulier sur le refus de Scholz de préciser si la certification du gazoduc Nord Stream 2, reliant la Russie au Land allemand de Poméranie occidentale, et financé par le groupe énergétique russe Gazprom, serait suspendue en cas d'offensive russe de grande ampleur contre l'Ukraine. Le , Scholz a tenu à Moscou des discussions avec le président russe Vladimir Poutine. La visite de Scholz a été interprétée par certains commentateurs comme un signe de faiblesse allemande vis-à-vis de la Russie[2]. Le , Scholz annonça que son gouvernement empêcherait la certification du pipeline après que Poutine ait ordonné aux troupes d'entrer de l'est de l'Ukraine[3].
Le , la Russie lance une invasion à grande échelle de l’Ukraine depuis ses positions dans le sud de la Russie et en Biélorussie. L'invasion fut décrite par Poutine comme une « opération militaire spéciale » visant à aider la République populaire de Donetsk et la République populaire de Louhansk, deux entités séparatistes de la région ukrainienne du Donbass n'étant pas sous le contrôle effectif du gouvernement ukrainien et non reconnues internationalement, qui avaient demandé l'assistance de la Russie. Les dirigeants occidentaux ont sévèrement condamné cette attaque[4].
Discours du 27 février
Le , Scholz s'adressa au Bundestag, la chambre basse du parlement allemand, pour exposer la réaction de son gouvernement à l'invasion de l'Ukraine par la Russie. Il a annoncé une restructuration fondamentale de la prudente politique de défense du pays. Scholz s'engagea à créer un fonds extraordinaire de 100 milliards d'euros qui sera investi dans la modernisation des forces armées allemandes, la Bundeswehr[5]. Il a également promis que les dépenses de défense dépasseraient 2 % du produit intérieur brut (PIB), un objectif que se sont donné les membres de l'OTAN auquel le Parti social-démocrate allemand (SPD) de Scholz s'était traditionnellement opposé[5]. Scholz justifia son abandon de la politique de défense par la menace que représente la Russie pour la paix en Europe. Il a qualifié la nouvelle situation politique du continent européen de "tournant historique"[6] (Allemand : Zeitenwende, littéralement "les temps tournent"), déclarant[7] :
« Wir erleben eine Zeitenwende. Und das bedeutet: Die Welt danach ist nicht mehr dieselbe wie die Welt davor. Im Kern geht es um die Frage, ob Macht das Recht brechen darf, ob wir es Putin gestatten, die Uhren zurückzudrehen in die Zeit der Großmächte des 19. Jahrhunderts, oder ob wir die Kraft aufbringen, Kriegstreibern wie Putin Grenzen zu setzen. Das setzt eigene Stärke voraus. »
« Nous vivons un changement d’époque. Et cela signifie : le monde d’après n’est plus pareil que le monde d’avant. Au fond, il s’agit de savoir si la force peut transgresser le droit. Si nous permettons à Poutine de remonter les horloges jusqu’au temps des grandes puissances du XIXe siècle. Ou si nous trouvons l’énergie d’imposer des limites aux fauteurs de guerre comme Poutine. Cela présuppose d’avoir soi-même de la force. »[8]

