Mémorial du génocide de Kayonza-Mukarange
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Mémorial du génocide des Tutsi au Rwanda |
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Le mémorial du génocide de Kayonza-Mukarange est un lieu de mémoire du génocide des Tutsi au Rwanda situé dans le secteur de Mukarange, dans le district de Kayonza, en Province de l'Est.
Il rassemble les dépouilles de plusieurs milliers de Tutsi assassinés dans les églises et les localités de la région de Kayonza au printemps 1994.
Localisation
Le mémorial se trouve sur la colline de Mukarange, à proximité de la ville de Kayonza, le long de l’axe routier Kigali–Kayonza–Kagitumba, dans l’est du Rwanda. Il est intégré au réseau officiel des sites mémoriaux du génocide des Tutsi recensés par les autorités rwandaises.
Les corps inhumés à Kayonza-Mukarange proviennent du secteur de Mukarange et des environs du district de Kayonza, où de nombreux Tutsi avaient cherché refuge dans différentes églises et sites publics en [1],[2].
Contexte

En , de nombreux Tutsi de la région de Kayonza se réfugient dans les églises de la paroisse catholique de Mukarange et dans d’autres lieux de culte proches, après le déclenchement des massacres dans l’ancienne préfecture de Kibungo[1]. Des sources judiciaires et historiques décrivent le rôle de l’ancien bourgmestre Jean-Baptiste Gatete dans la mobilisation de miliciens et de membres des forces armées qui attaquent les réfugiés à Kiziguro et à Mukarange[2],[3].
Le , des Tutsi réfugiés à l’église anglicane de Midiho, dans la cellule de Nyagatovu (secteur de Mukarange), sont tués après une attaque menée par des miliciens locaux; leurs corps n’ont pas tous été retrouvés[1]. Les jours suivants, la paroisse catholique de Mukarange devient le théâtre de massacres de grande ampleur au cours desquels des milliers de réfugiés sont exécutés par les milices et les soldats qui encerclent le site[2],[4].

Histoire
Après la fin du génocide en , les autorités locales et les associations de rescapés, en particulier l’antenne d’Ibuka, organisent l’exhumation progressive des fosses communes et la réinhumation des victimes dans un lieu centralisé à Mukarange[5]. En 2011, une cérémonie est organisée pour l’enterrement digne d’environ 850 victimes dont les restes ont été retrouvés dans différents secteurs de Kayonza et transférés vers le site de Mukarange[5].
Au fil des années 2010, plusieurs opérations similaires de découverte et de réinhumation de restes de victimes sont menées à Mukarange et dans d’autres communes du district, ce qui augmente progressivement le nombre de personnes inhumées au mémorial[6],[7]. Des articles de presse évoquent un total de plusieurs milliers de victimes, avec des estimations dépassant parfois les 9 000 personnes enterrées sur le site[4],[8].
À partir de la fin des années 2010, des projets d’extension et de modernisation du mémorial sont financés dans le cadre des programmes d’investissement publics. Des documents budgétaires du ministère rwandais des Finances mentionnent plusieurs phases de construction d’un « musée historique » et d’aménagements supplémentaires à Mukarange Genocide Memorial[9],[10]. En 2020, la presse signale des travaux d’amélioration du principal mémorial du district de Kayonza, situé à Mukarange[11].

Le site accueille régulièrement les cérémonies annuelles de Kwibuka au niveau du district de Kayonza, avec la participation de rescapés, d’associations de la société civile, d’écoles et d’institutions publiques[12],[13].
Particularités
Le mémorial comprend des fosses communes recouvertes de dalles, un espace de recueillement, des stèles et un bâtiment destiné à accueillir une exposition permanente sur l’histoire du génocide dans le district de Kayonza[11],[9]. Des listes de noms de victimes sont progressivement reconstituées grâce aux témoignages des rescapés et aux enquêtes menées par Ibuka et les autorités locales[12],[14].
Des visites pédagogiques sont organisées pour les élèves, les étudiants et les délégations officielles, qui viennent y entendre le récit de rescapés et réfléchir aux enjeux de la mémoire, de la justice et de la réconciliation au Rwanda[12],[15].