Mémorial du génocide de Kiziguro
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Mémorial du génocide |
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Le mémorial du génocide de Kiziguro est un site commémoratif du génocide des Tutsi au Rwanda situé à proximité de la paroisse catholique de Kiziguro, dans le secteur de Kiziguro, district de Gatsibo, dans la Province de l'Est, au Rwanda.
Il abrite les restes de plus de 20 000 victimes tuées en dans l’ancienne commune de Murambi, aujourd’hui répartie entre les districts de Gatsibo et de Gicumbi.
Localisation
Le mémorial se trouve sur la colline de Kiziguro, dans le secteur de Kiziguro, au centre du district de Gatsibo, dans la Province de l’Est. Il est situé à proximité immédiate de la paroisse catholique de Kiziguro et du centre de santé de Kiziguro[1].
Contexte

Le mémorial de Kiziguro fait partie d’un réseau de sites mémoriaux, de stèles et de cimetières consacrés aux victimes du génocide de 1994 au Rwanda, mis en place à partir de la seconde moitié des années 1990 par les autorités rwandaises et par la Commission nationale de lutte contre le génocide (CNLG, devenue par la suite MINUBUMWE)[2]. Parmi ces lieux, plusieurs sites majeurs comme Nyamata, Murambi, Gisozi et Bisesero sont inscrits sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.

Histoire
Un rapport préliminaire d’identification des sites du génocide et des massacres, rédigé en 1996 par la « Commission pour le mémorial du génocide et des massacres au Rwanda », signale Kiziguro comme un site où une fosse commune a été aménagée près de la paroisse catholique pour y jeter les victimes tuées en [3]. À cette époque, la région relève de l’ancienne commune de Murambi, dans la préfecture de Byumba.
Entre le 7 et le , des Tutsi venant de différentes localités prennent refuge à la paroisse catholique de Kiziguro, après avoir été assurés qu’ils y seraient protégés[1]. Le , des miliciens Interahamwe et des membres de la garde communale lancent une attaque de plusieurs heures contre l’église et ses abords, tuant les personnes rassemblées sur le site[4]. De nombreux Tutsi sont exécutés à l’arme à feu, à la grenade ou à l’arme blanche, puis leurs corps sont jetés dans une fosse d’environ vingt à trente mètres de profondeur creusée dans les années 1970 pour un projet de réservoir ou de latrines[5],[6]. Des témoins signalent que certains rescapés ont survécu plusieurs jours au fond de cette fosse avant d’être secourus par les troupes du Front patriotique rwandais[5].
Après 1994, le site de Kiziguro est progressivement aménagé en mémorial. Une première phase d’exhumations et d’inhumations collectives est conduite dans les années 2000, puis de nouvelles opérations d’exhumation sont organisées entre octobre et afin de sortir les restes d’environ 5 000 victimes d’une fosse commune située dans l’enceinte même du mémorial[6],[5]. Le , 5 269 victimes sont inhumées dans de nouvelles tombes construites au mémorial, dont 254 corps transférés du mémorial de Bugarura et d’autres provenant de concessions familiales[5]. Ces enterrements portent à 20 123 le nombre de victimes reposant au mémorial de Kiziguro[5].
Les responsables des massacres commis dans l’ancienne commune de Murambi sont poursuivis devant les juridictions nationales et internationales. L’ancien bourgmestre Jean-Baptiste Gatete est condamné en appel, le , par le Tribunal pénal international pour le Rwanda à quarante ans de prison pour crimes de génocide, en raison de sa participation à l’organisation des attaques contre les Tutsi à Kiziguro et dans les communes voisines[7]. Onesphore Rwabukombe, bourgmestre de Muvumba, est condamné en 2015 à la réclusion à perpétuité par une cour allemande pour sa participation aux massacres de Kiziguro[8]. Ces décisions de justice sont régulièrement rappelées lors des cérémonies de commémoration organisées sur le site[5].
Des travaux d’extension et de modernisation du mémorial sont engagés dans les années 2010 et 2020, avec la construction de nouvelles fosses maçonnées et d’un bâtiment devant abriter une galerie d’archives consacrée à l’histoire du génocide dans l’ancienne commune de Murambi[5],[9]. En 2025, une cérémonie de commémoration organisée avec le soutien de l’entreprise minière LuNa Smelter Mbogo Mine rappelle le chiffre de 20 123 victimes inhumées au mémorial et souligne le rôle du site comme lieu d’éducation à la mémoire et à l’unité nationale[5],[10].
