Mémorial du génocide de Rubona
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Mémorial du génocide |
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Le mémorial du génocide de Rubona est un site de mémoire du génocide des Tutsi au Rwanda situé sur le terrain de l’ancienne station de recherche agronomique ISAR Rubona, dans le secteur de Rusatira, district de Huye, au sud du Rwanda.
Il abrite les restes de victimes tutsi du génocide, dont des employés de la station et leurs familles, ainsi que des réfugiés venus des communes voisines.
Localisation
Le mémorial se trouve au sein de la Rubona Research Station du Rwanda Agriculture Board (RAB), dans le village de Rubona, cellule Kiruhura, secteur Rusatira, district de Huye, province du Sud[1]. Il fait partie du réseau officiel des sites mémoriaux du génocide répertoriés par les autorités rwandaises[2].
Contexte

Avant 1994, ISAR Rubona était une station de recherche agronomique de l’Institut des sciences agronomiques du Rwanda (ISAR), entourée de collines rurales de l’ancienne préfecture de Butare[3]. Au début du génocide, de nombreux Tutsi de la station et des communes voisines de Ruhashya, Rusatira, Mbazi, Mugusa, Maraba et de la région de Gikongoro se sont regroupés sur la colline de Rubona, pensant y trouver protection grâce à la présence d’une institution nationale et des forces de sécurité[4].

Histoire
Le , des attaques venues de plusieurs communes voisines ont visé les réfugiés tutsi rassemblés sur le site d’ISAR Rubona et sur la colline de Rubona[4]. Des miliciens Interahamwe, des gendarmes, des soldats et des policiers ont participé aux tueries qui ont duré toute la journée et la nuit, visant les employés de la station et leurs familles ainsi que les personnes qui avaient été refoulées alors qu’elles tentaient de gagner le Burundi[5]. Le rapport de la CNLG cite parmi les responsables locaux de ces massacres le directeur général d’ISAR, Charles Ndereyehe, le chef de station de Rubona Joseph Mulindangabo, le responsable du personnel Didace Mugemana et plusieurs cadres et miliciens qui ont organisé le recensement des Tutsi et coordonné les attaques[4].
Après les premières tueries, une partie des survivants a été rassemblée dans la zone de Gakera, au pied de la colline de Rubona, avec la promesse que les violences cesseraient, avant d’être à nouveau attaquée et exécutée au début du mois de [4]. Les estimations évoquent environ soixante-dix membres du personnel d’ISAR Rubona et leurs proches tués sur le site, tandis que le nombre total de victimes, incluant les réfugiés venus des communes voisines, reste plus élevé et difficile à établir[5].
Après le génocide, les restes de victimes exhumés sur le site et dans les environs ont été progressivement rassemblés dans une tombe collective du mémorial de Rubona[4]. Le même rapport indique qu’environ 120 victimes identifiées y sont inhumées, tandis que d’autres corps n’ont pas encore été retrouvés et restent dispersés dans des fosses communes ou des zones marécageuses[4].

Des commémorations annuelles y sont organisées par le Rwanda Agriculture Board et par les rescapés, dans le cadre de la période de Kwibuka dédiée à la mémoire du génocide des Tutsi[6]. Ces cérémonies sont aussi l’occasion de rappeler les poursuites engagées contre certains anciens responsables d’ISAR Rubona, comme Venant Rutunga, extradé des Pays-Bas et jugé au Rwanda pour son rôle dans les massacres sur le site[7].