Ovale de Descartes
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En géométrie plane, un(e)[1] ovale de Descartes est l'ensemble des points M vérifiant une équation de la forme bF1M + aF2M = cF1F2, où a, b et c sont trois réels non nuls et F1, F2 deux points donnés appelés foyers.
Pour chaque ovale non dégénéré, de foyers F1 et F2, il existe un troisième foyer F3 et de nouveaux paramètres qui font de la courbe un ovale de foyers F1, F3. C'est la raison pour laquelle on parle des trois foyers d'un ovale.
L'ensemble des points M tels que |bF1M ± aF2M| = |cF1F2| est appelé ovale complet et regroupe deux courbes du type précédent. Un ovale complet est un cas particulier de courbe quartique.
Le nom « ovale de Descartes » fait référence au mathématicien René Descartes qui fut le premier à les étudier dans des problèmes de réfraction.
René Descartes fait allusion à ces courbes dans sa Dioptrique mais les étudie plus profondément dans sa Géométrie. Il ne les présente pas directement par leur équation bifocale mais à l'aide d'une construction. Sa motivation est d'ordre pratique : il s'agit de rechercher des courbes de stigmatisme parfait. C'est-à-dire des courbes séparant deux milieux d'indices différents telles que tous les rayons issus d'un point particulier du premier milieu, convergent par réfraction sur un point particulier du second milieu.
Les ovales intérieurs ont cette particularité: si l'ovale d'équation bF1M + aF2M = cF1F2 où 0 < a < c < b sépare un milieu intérieur d'indice b d'un milieu extérieur d'indice a alors les rayons issus de F2 et rencontrant l'ovale vont se réfracter en F1.
Descartes mobilise, dans cette étude, sa nouvelle connaissance de la loi de réfraction ainsi que ses techniques de tracé de tangentes à des courbes[2]. Il conclut par la présentation de lunettes permettant à l'aide de la combinaison de deux ovales d'assurer un stigmatisme absolu[3].
Il propose également un moyen mécanique de construction de telles ovales pour des coefficients b et a entiers naturels lorsque c = (a+b)/2, avec une méthode s'apparentant à la méthode du jardinier[4].
La courbe est également étudiée par Isaac Newton, Adolphe Quételet qui étudie les deux branches de la courbe et en donne l'équation polaire[5], par Michel Chasles. Arthur Cayley, Hieronymus Georg Zeuthen et Hammond[6] en développent des méthodes mécaniques de construction[7].
Cas particuliers
On considère la courbe d'équation bipolaire bF1M + aF2M = cF1F2. On peut, sans perte de généralité, supposer a + b > 0. Si c < min(a,b), la courbe est vide[8].
Lorsque 0 < a = b < c, l'ensemble des points M est une ellipse, le troisième foyer est envoyé à l'infini. On considère en général[8] qu'il s'agit d'un ovale dégénéré.
Lorsque a + b = 0, l'ensemble des points M est une demi-hyperbole. Le troisième foyer est envoyé à l'infini. Il s'agit aussi d'un cas dégénéré.
Lorsque a = ±c, le troisième foyer est confondu avec F1 et l'ovale complet est un limaçon de Pascal.
Équations de l'ovale complet
L'équation |bMF1 ± aMF2| = |cF1F2| peut encore s'écrire sous la forme quartique suivante :
Équations cartésiennes
Dans le cas d'un ovale non dégénéré, en prenant pour origine O le barycentre de F1 et F2 affectés des coefficient b2 et –a2 et pour le vecteur tel que F1 a pour abscisse α = a2. Alors F2 a pour abscisse β = b2. En posant γ = c2, l'équation de l'ovale devient[9] : où σ1, σ2 et σ3 sont les fonctions symétriques des réels α, β et γ :
Le caractère symétrique des rôles joués par les réels α, β et γ permet de dire que la même équation cartésienne sera obtenue pour l'ovale de foyers F1 et F3(γ, 0) et d'équation |cMF1 ± aMF3| = |bF1F3| ainsi que pour l'ovale de foyers F2 et F3 et d'équation |cMF2 ± bMF3| = |aF1F3|.
On peut aussi décider de prendre pour origine, le milieu du segment [F1F2][10] ou un des foyers[11] pour obtenir des équations alternatives.
Équation polaire
Dans le repère de centre F1 et dont l'axe principal est orienté vers F2, si l'on note d = F1F2, l'ovale complet d'équation |bMF1 ± aMF2| = |cF1F2| a pour équation polaire[12] :
Puisque le produit des deux racines de cette équation est indépendant de θ, l'ovale complet est invariant par inversion[13] de centre F1 et de rapport .



