Saint-Nectaire
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Localisation
Saint-Nectaire est située dans les monts Dore qui font partie du parc naturel régional des volcans d'Auvergne.
En fait, deux localités sont rassemblées sous le nom de Saint-Nectaire :
- Saint-Nectaire-le-Haut, autour de son église romane qui lui a donné son nom, est située sur le mont Cornadore ;
- Saint-Nectaire-le-Bas est la ville thermale, située autour des sources thermales.
Dix communes sont limitrophes[1] :
Hydrographie
En plus de ses nombreuses sources thermales, Saint-Nectaire est arrosée par la Couze Chambon, qui passe en bordure sud de Saint-Nectaire-le-Bas, et par son affluent le ruisseau du Fredet, connu localement sous le nom de Courançon, qui traverse le bourg du nord-ouest au sud-est. Le Courançon a été détourné en 1907 - originellement il passait plus à l'est, plus près des maisons.
La plupart des sources thermales se trouvent près du lit du Courançon[2].
Limpide et incolore au sortir de terre, l'eau des sources se trouble au contact de l'air. Elle devient jaunâtre lorsqu'elle se refroidit, et un sédiment jaune ocre se précipite. Certaines sources ont une odeur dite sulfureuse associée à certaines eaux bicarbonatées sodiques. Elle a un goût salé, plus ou moins lixiviel et ferrugineux, à température variable, et piquante suivant les sources. Malgré le bouillonnement de l'eau à intervalles très rapprochés dans les bassins dû à des colonnes gazeuses importantes, elle dégage peu de bulles de gaz dans le verre. L'eau de certaines sources est recouverte d'une couche épaisse d'acide carbonique. Comme l'eau de Saint-Alyre[3], elle est incrustante (source pétrifiante)[4].
| Nom de la source | Débit / 24h | Température | Lieu d'exploitation |
|---|---|---|---|
| Source du Rocher | 1 512 hectolitres | 43,7 °C | Établissement du Mont-Cornadore (Saint-Nectaire-le-Haut) |
| Source du Mont-Cornadore | 720 hectolitres | 41 °C | Établissement du Mont-Cornadore (Saint-Nectaire-le-Haut) |
| Source du Gros-Bouillon | 720 hectolitres | 37,5 °C | Bains Romains (Saint-Nectaire-le-Bas) |
| Grande source Boëtte | 432 hectolitres | 46 °C | Bains Boëtte (Saint-Nectaire-le-Bas) |
| Source du Parc | 72 hectolitres | 19 °C | Établissement du Mont-Cornadore (Saint-Nectaire-le-Haut) |
| Grande source Rouge | — | — | Établissement du Mont-Cornadore (Saint-Nectaire-le-Haut) |
| Petite source Rouge | 86 hectolitres | 18 °C | Établissement du Mont-Cornadore (Saint-Nectaire-le-Haut) |
| Source Saint-Césaire | — | 40,9 °C | Bains Boëtte (Saint-Nectaire-le-Bas) |
| Source des Dames | — | 19 °C | Bains Boëtte (Saint-Nectaire-le-Bas) |
| Source Intermittente | — | 25 °C | Établissement du Mont-Cornadore (Saint-Nectaire-le-Haut) |
| Source de la Coquille | — | 26 °C | Bains Romains (Saint-Nectaire-le-Bas) |
| Source Morange | — | — | Établissement du Mont-Cornadore (Saint-Nectaire-le-Haut) |
| les 3 sources des Fontaines Rouges | — | — | Eau consommée sur place dans un 4e établissement à Saint-Nectaire-le-Bas |
Un autre exemple de l'activité géothermique souterraine est le geyser à CO2 apparu à l'automne 1981 à la suite d'un forage destiné à alimenter en eau thermale chaude le nouvel établissement thermal ouvert en 1978. Du mercredi à 10 h 30 au samedi à 15 h 30, un geyser a jailli de manière intermittente à une cinquantaine de mètres de hauteur pendant environ 1,5 min avec une périodicité de 8,5 min. La température de l'eau était de 56,2 °C[5].
Voies de communication et transports
Le territoire communal dessert quasiment tous les villages de la commune[1].
La route départementale (RD) 996, anciennement route nationale 496, traverse la commune, depuis Chambon-sur-Lac et Mont-Dore ou Champeix et Issoire.
Au nord, la RD 74 dessert le village des Arnats, entre Le Vernet-Sainte-Marguerite et Olloix ; il constitue le point de départ de la RD 643 vers le lieu-dit Sailles, et de la RD 639 vers Lenteuge. À ce village, elle croise la RD 150, reliant Olloix à Saint-Nectaire-le-Haut via Treizanches et Farges puis Saint-Nectaire-le-Bas à Sapchat. La RD 640 dessert Freydefont et Treizanches et continue vers Grandeyrolles.
Au sud, la RD 642 dessert le village des Granges depuis Saint-Nectaire-le-Bas et intersecte avec la RD 146 venant de Sapchat. Une RD 622 relie le village de Saillant à Saint-Diéry. Enfin, à l'ouest, la RD 145 dessert Boissières en direction du Vernet-Sainte-Marguerite.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat des marges montagnardes, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000[6]. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche[7]. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne[8] et est dans une zone de transition entre les régions climatiques « Ouest et nord-ouest du Massif Central » et « Nord-est du Massif Central »[9]. Elle est en outre dans la zone H1c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves[10],[11].
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 9,4 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 15,3 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 1 031 mm, avec 10,2 jours de précipitations en janvier et 7,7 jours en juillet[6]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Vernines à 13 km à vol d'oiseau[12], est de 8,6 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 918,5 mm[13],[14]. La température maximale relevée sur cette station est de 33,8 °C, atteinte le ; la température minimale est de −17,5 °C, atteinte le [Note 1].
Urbanisme
Typologie
Au , Saint-Nectaire est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[15]. Elle est située hors unité urbaine[16] et hors attraction des villes[17],[18].
Occupation des sols
L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (55,8 % en 2018), en augmentation par rapport à 1990 (54,7 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : prairies (37,5 %), forêts (34,1 %), zones agricoles hétérogènes (15,1 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (8,7 %), terres arables (3,2 %), zones urbanisées (1,3 %)[19]. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 1].

Toponymie
Son nom est tiré de Nectaire d'Auvergne, compagnon d'Austremoine qui évangélisa l'Auvergne aux IIIe et IVe siècles.
Le nom de Saint-Nectaire était orthographié Saint Nectaires (avec un s) en l'an II (du calendrier républicain).
En auvergnat son nom est Sent Neitaire[20]. Le nom de famille auvergnat « Sennetaire » en dérive (« Sen(t) Ne(i)tere »).
Histoire

Le territoire de la commune est occupé dès le Néolithique comme en témoignent l'édification de plusieurs dolmens et menhirs, constituant l'un des plus riches patrimoines mégalithiques de tout le département (dolmen de Sapchat, dolmen de Saillant, dolmen du Parc, dolmen de la Pineyre, menhir de Freydefond, Croix de Saint-Roch). Prosper Mérimée a décrit l'un de ces dolmens en 1837 dans ses Notes d'un voyage en Auvergne. Cette occupation du site est permanente depuis cette période et le lieu est sans doute le plus anciennement peuplé d'Auvergne[21].
Avec ses eaux alcalines et stimulantes qui en ont fait des thermes reconnus dès l'Antiquité pour leurs vertus thérapeutiques — des thermes et piscines de l'époque gauloise ont été retrouvées —[21] la cité de Saint-Nectaire reste avant tout le berceau d'un culte celtique ancien et l'écrin d'un des plus beaux joyaux de l'art roman auvergnat[22]. L’histoire nous apprend que ces bains chauds furent un véritable art de vivre pour les Romains. En conquérant la Gaule et ses sources chaudes à la fois brûlantes et fragiles, ils nous ont laissé de nombreuses traces de leur passage dont ici à Saint Nectaire[23].
Selon une légende, des fées résidaient dans les grottes du Mont, déjà nommé Cornadore lorsque Nectaire, disciple d'Austremoine, prêche la foi de Jésus à la fin du IIIe siècle. Accompagné des prêtres Auditor et Baudenius, il y fait bâtir une première église qui accueille ses reliques après sa mort[24].
On ne sait rien de ce qu'il advint de Saint-Nectaire entre la mort de ces prêcheurs et le XIIe siècle, hormis l'existence d'un village révélé par des fouilles, construit autour d'un lieu de culte. Le premier document mentionnant Saint-Nectaire est un livre du XIe siècle relatant la vie de saint Austremoine[25]. Entre 1146 et 1178, les moines de la Chaise-Dieu reçoivent en donation de la part de Guillaume VII, comte d'Auvergne, la terre de Saint-Nectaire pour y établir un prieuré.
L'église actuelle, construite durant cette période, est-elle l'œuvre de Guillaume VII ou celle des moines du prieuré ? On ne le sait toujours pas.
- Eugène Isabey : Vue générale des ruines du château et du village de Saint-Nectaire (1831, Metropolitan Museum of Art).
- Eugène Isabey : L'église de Saint-Nectaire (1831, Metropolitan Museum of Art).
- Eugène Isabey : Abside extérieur de l'église de Saint-Nectaire (1831, Metropolitan Museum of Art).
Saint-Nectaire redevient une ville thermale au cours du XVIIIe siècle et son développement s'accélère au siècle suivant avec la construction d'établissements de cures à Saint-Nectaire-le-Bas avec plus de 40 sources[21]. Une quinzaine de sources, faiblement minéralisées sont utilisées en boisson pour le traitement diurétique, les autres, arsenicales ou ferrugineuses sont utilisées pour des bains ou douches[21]. Le professeur de médecine Aldophe Gubler (1821-1879) fut un ardent promoteur des cures à Saint-Nectaire[21]. De nombreux hôtels furent construits pour héberger les curistes dont le plus fréquenté au début du XXe siècle était le Grand Hôtel du Parc. En 1909, la Société des Eaux minérales construisit l'hôtel des Bains Romains possédant alors de 120 chambres[21]. En 1950, la ville comptait encore 57 hôtels de toutes catégories[21]. Au début du XXe siècle, la ville compte trois établissements thermaux: les Bains romains, les Grands Thermes et l'établissement du mont Cornadore[21].
Politique et administration
Découpage territorial
La commune de Saint-Nectaire est membre, depuis [26], de la communauté de communes du Massif du Sancy[16], un établissement public de coopération intercommunale (EPCI) à fiscalité propre créé le dont le siège est au Mont-Dore. Ce dernier est par ailleurs membre d'autres groupements intercommunaux[27].
Sur le plan administratif, elle est rattachée à l'arrondissement d'Issoire, à la circonscription administrative de l'État du Puy-de-Dôme et à la région Auvergne-Rhône-Alpes[16]. La commune faisait partie de l'ancien canton de Murols, puis, entre 1801 et 2015, du canton de Champeix[28],[29].
Sur le plan électoral, elle dépend du canton du Sancy pour l'élection des conseillers départementaux, depuis le redécoupage cantonal de 2014 entré en vigueur en 2015[16], et de la troisième circonscription du Puy-de-Dôme pour les élections législatives, depuis le dernier découpage électoral de 2010[29].
Élections municipales et communautaires
Élections de 2020
Le conseil municipal de Saint-Nectaire, commune de moins de 1 000 habitants, est élu au scrutin majoritaire plurinominal à deux tours[30] avec candidatures isolées ou groupées et possibilité de panachage[31]. Compte tenu de la population communale, le nombre de sièges à pourvoir lors des élections municipales de 2020 est de 15. Sur les trente-huit candidats en lice[32], deux sont élus dès le premier tour, le , avec un taux de participation de 76,30 %. Les treize conseillers restant à élire sont élus au second tour, qui se tient le du fait de la pandémie de Covid-19, avec un taux de participation de 79,05 %[32].
Chronologie des maires
Population et société
Démographie
Évolution démographique
Les habitants de la commune sont appelés les Saint-Nectairiens. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[36]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[37].
En 2022, la commune comptait 796 habitants[Note 3], en évolution de +9,34 % par rapport à 2016 (Puy-de-Dôme : +2,1 %, France hors Mayotte : +2,11 %).
Pyramide des âges
En 2018, le taux de personnes d'un âge inférieur à 30 ans s'élève à 26,0 %, soit en dessous de la moyenne départementale (34,2 %). À l'inverse, le taux de personnes d'âge supérieur à 60 ans est de 36,5 % la même année, alors qu'il est de 27,9 % au niveau départemental.
En 2018, la commune comptait 375 hommes pour 378 femmes, soit un taux de 50,20 % de femmes, légèrement inférieur au taux départemental (51,59 %).
Les pyramides des âges de la commune et du département s'établissent comme suit.
Manifestations culturelles et festivités
Des activités sont proposées annuellement, telles les Journées du saint-nectaire[41], chaque année pour le week-end de Pentecôte : un événement gastronomique, culturel et festif.
Économie
Emploi
En 2012, la population âgée de 15 à 64 ans s'élevait à 430 personnes, parmi lesquelles on comptait 76,1 % d'actifs dont 67,3 % ayant un emploi et 8,8 % de chômeurs[a 1].
On comptait 343 emplois dans la zone d'emploi. Le nombre d'actifs ayant un emploi résidant dans la zone étant de 292, l'indicateur de concentration d'emploi est de 117,4 %, ce qui signifie que la commune offre plus d'un emploi par habitant actif[a 2].
211 des 292 personnes âgées de 15 ans ou plus (soit 72,4 %) sont des salariés[a 3]. La majorité des actifs (52,6 %) travaillent dans la commune de résidence[a 4].
Entreprises
Au , Saint-Nectaire comptait 76 entreprises : 12 dans l'industrie, 7 dans la construction, 51 dans le commerce, les transports et les services divers et 6 dans le secteur administratif[a 5].
En outre, elle comptait 85 établissements[a 6].
Tourisme
Au , la commune comptait quatre hôtels, totalisant 114 chambres : deux hôtels deux étoiles, un classé trois étoiles et un autre non classé[a 7].
Elle possède également un camping trois étoiles avec 264 emplacements[a 8].

On trouve à Saint-Nectaire des activités surtout liées au goût. La commune a donné son nom au fromage saint-nectaire. Truffade (plat à base de pomme de terre et non de truffe — « truffe » est le nom auvergnat de la pomme de terre), tripoux, miel et autres spécialités locales sont également au menu.
Les environs sont riches en lieux d'intérêt, dont :
- volcans et formations associées : les dykes de Verrières, des cheminées volcaniques à l’entrée de Verrières ; le collier de la Reine, un éboulis en forme de collier entre Verrières et Le Rivalet associé à une légende sur la reine Margot ;
- mégalithes : 2 menhirs, 4 dolmens ;
- lac Chambon: baignade, sports aquatiques ;
- grottes de Châteauneuf, de Boissières ;
- site troglodyte de Jonas à Saint-Pierre-Colamine ;
- le beau village de Montaigut-le-Blanc ;
- le château et le musée des Peintres de l'école de Murol ;
- la réserve naturelle de la vallée de Chaudefour ;
- le Marais salé de Saint-Nectaire : l'un des plus grands marais salés hors littoral avec un hectare de surface, et sa flore halophile (classé APB) ;
- les cascades : cascade de Saillant, où la Couze Chambon traverse une coulée de lave qui lui donne un dénivelé de 7 m ;
- ski en hiver : station de Super-Besse à 22 km ;
- randonnées pédestres (Puy de Châteauneuf, Puy d'Eraigne, Puy de Sancy, vallée de Chaudefour, lac Pavin), équestres, cyclistes ;
- VTT, cyclotourisme ;
- escalade ;
- montgolfière ;
- pêche ;
- thermes ;
- le casino municipal, liquidé en [42] ;
- Les Mystères, la ferme Bellonte de Farges.




