Le site est circonscrit par une enceinte maçonnée qui affecte dans sa configuration finale la forme d'un trapèze rectangle allongé de l'ouest à l'est. Mesurant 70 × 42 m2, elle possède une entrée au nord et une autre au sud[1]. Une galerie couverte est reconnue dans l'angle nord-est de cette enceinte qui bénéficie par ailleurs de l'abri naturel constitué par l'épaulement naturel de la roche. Elle mesure environ 4 m de large et sa toiture, en tuiles, repose sur une charpente supportée côté extérieur par le mur de l'enceinte et côté intérieur par des colonnes cylindriques en grès ; un caniveau recueille les eaux de pluie[8].
Plusieurs bâtiments prennent place dans cette enceinte.
Peu de choses subsistent du premier édifice. Seuls un hérisson de pierres liées avec de la terre et une bordure maçonnée au mortier témoignent de son existence. Il semble être construit, au moins partiellement, avec des matériaux périssables. Ni ses dimensions ni son utilisation ne sont connues[9].
Un temple est édifié au même emplacement, mais selon une orientation légèrement différente. Il mesure 11,20 × 8,40 m ; un mur de refend transversal le sépare en deux espaces. Ses parois sont larges de 0,75 à 0,80 m et leurs fondations recoupent le hérisson du tout premier bâtiment[10].
Le second temple se compose d'une cella entouré d'une galerie, l'ensemble mesurant 12,80 × 12,40 m. Ses murs sont parementés en petit appareil régulier et il s'ouvre à l'est par un porche ou un auvent dallé dont la couverture est supportée par deux colonnes[11] ; ce porche précède une porte à deux vantaux[4]. Un aménagement prend place au centre de la cella ; de forme carrée, mesurant 1,26 m de côté, son sol est rose et ses parois sont épaisses de 5 cm[12]. La découverte de tuiles (antéfixes et tegulae) et de très nombreux clous de fixation laisse peu de doutes sur le type de toiture de ce temple[13].
Un autre bâtiment accompagne le second temple. Utilisant la même architecture que le temple, il mesure 6,70 × 6,10 m. Il s'ouvre au sud[14].
Le mur de la galerie couverte est revêtu de panneaux uniformément rouge sombre séparés par des filets clairs[15]. L'intérieur du premier temple est certainement décoré de lambris peints ; sur un fond de couleur sont représentés des personnages difficilement identifiables mais deux d'entre eux pourraient être des choreutes[1] ou des musiciennes[16] mais cette interprétation reste incertaine[17]. Les parois de l'aménagement occupant le centre de la cella du second temple portent extérieurement un décor géométrique[18].
De très nombreux tessons de céramique sont retrouvés. Parmi eux, la production de céramique sigillée issue d'ateliers régionaux à Montans (Tarn) ou La Graufesenque (Aveyron) tient une place importante[19].
Des fragments d'une statue en bronze sont retrouvés dispersés ; cette statue trônait certainement au centre de la cella du second temple[20]. Les figurines en terre blanche sont nombreuses. L'un d'entre elles est vraisemblablement un chien courant, type exceptionnellement représenté sur ce type de statuettes[21].
Les monnaies, nombreuses, peuvent être réparties en deux séries. La première concerne celles déposées accidentellement ou déposées à titre d'offrande dans le sanctuaire ; ces monnaies couvrent la période allant de la seconde moitié du Ier siècle av. J.-C. à la seconde moitié du IIe siècle apr. J.-C.[22]. La seconde série comprend les monnaies liées à la réoccupation de l'angle nord-est de la galerie ; ces pièces sont pour le plus grand nombre des imitations de types connus, émis entre 330 et 402[23]. Tous types de monnaies confondus, les ateliers les plus représentés sont ceux d'Arles, Lyon et Trèves[24].
Le site livre une douzaine de fibules, entières ou cassées. Leur ornementation est très variée ; certaines d'entre elles sont datables de La Tène II ou III[25],[26].
La plus grand partie du matériel archéologique retrouvé lors des fouilles est déposée au musée Charles-Portal à Cordes-sur-Ciel ; les objets les plus significatifs sont exposés[19].