Santé communautaire

From Wikipedia, the free encyclopedia

La santé communautaire est un domaine de la santé publique. Il implique une réelle participation de la communauté à l’amélioration de sa santé : réflexion sur les besoins et les priorités ; mise en place, gestion et évaluation des activités.

On parle de santé communautaire lorsque les membres d’une collectivité, géographique ou sociale, réfléchissent en commun sur leurs ennuis de santé, expriment des besoins prioritaires et participent activement à la mise en place et au déroulement des activités les plus aptes à répondre particulièrement à ces priorités[1].

« Une communauté [dans ce domaine de la santé publique] est un groupe d’individus qui vivent ensemble dans des conditions spécifiques d'organisation et de cohésion sociale. Ces membres sont liés à des degrés variables par des caractéristiques politiques, économiques, sociales et culturelles communes ainsi que par des intérêts et des aspirations communs, y compris en matière de santé. Les communautés sont de taille et de profils socio-économiques extrêmement variés, allant de grappes d’exploitations rurales isolées à des villages, des villes et des districts urbains plus structurés »[2].

Une action de santé est dite communautaire lorsqu’elle concerne une communauté qui reprend à son compte la problématique engagée, que celle-ci émane d’experts ou non, internes ou externes à la communauté.

Les démarches communautaires en santé tentent donc de comprendre les ennuis de santé d'un territoire avec l’ensemble des acteurs concernés, à savoir ceux qui travaillent (les professionnels), ceux qui militent (les élus, les associations) et ceux qui vivent (les habitants) sur ce territoire.

Historique

L'action communautaire n'est pas spécifique de la promotion de la santé ; elle s'est d'abord développée dans le champ de l'éducation permanente et de l'action sociale avant d'être proposée dans le champ de la santé.

  • États-Unis, années 1960 : mise en place de programmes gouvernementaux de « guerre à la pauvreté » avec l'objectif de participation de la population. Cette médecine communautaire impliquait l'évaluation des besoins de santé et la prestation de soins à des groupes définis de la population. Ce concept a abouti à la création des neighbourghood health centers, considérés alors comme des prototypes d'intervention communautaire.
  • Royaume-Uni, 1974 : mise en place de conseils communautaires de la santé dans le National Health Service.
  • Québec, réforme des années 1970 : création de CLSC, centres locaux de service communautaire, associant dans un même lieu des prestations de soins, de prévention et de services sociaux[3].
  • Belgique, fin des années 1960 : le GERM (groupe d'étude pour la réforme de la médecine) propose d'expérimenter une pratique d'offres de services curatifs et préventifs précurseurs du concept de soins de santé primaires et de santé communautaire : les maisons médicales.
  • Espagne : des réformes de santé proposent une sectorisation d'intervention territoriale (aires de santé), une stratégie de médecine familiale et communautaire (formations, centres de santé communautaire).
  • Algérie : une expérience locale dans la ville d'El Khroub dont l'objectif est la participation citoyenne et la solidarité avec un volet de promotion de la santé.

Que dire de l'émergence en France du concept Santé communautaire ?

Jusqu'à une période récente, et peut-être même à l'heure actuelle, le concept de santé communautaire a été mal compris, associé à des connotations négatives, et a engendré une diversité d'interprétations (liées aux populations défavorisées, aux pays en développement, aux mouvements politiques d'extrême gauche, et à des connotations de communautarisme...). Mais diverses réalités sanitaires et sociales ont fait évoluer ces 20 dernières années les représentations et les pratiques.

L'émergence du sida et le développement des toxicomanies ont eu de nombreuses conséquences en matière d'implication des associations, des malades et de nécessité de changement de pratique professionnelle. La crise économique et sociale a eu des effets sur l'accessibilité aux soins et par conséquent sur les modalités d'intervention des professionnels, des associations et des pouvoirs publics.

Au fil des trente dernières années se sont élaborées des politiques publiques locales qui interrogeront de plus en plus l' intersectionnalité puis, plus tardivement, la santé (habitat et Vie Sociale, Développement social urbain, développement social de quartier, contrat de ville, atelier santé ville, contrat local de santé). Toutes ces réalités ont produit des pratiques nouvelles nombreuses, dispersées, plus ou moins cohérentes avec les politiques publiques locales, régionales, nationale…

Ces pratiques ont aussi sorti le terme de santé communautaire de l'ombre ou de la clandestinité. Un prix de la santé communautaire a même été organisé en 1995 par la Société Française de Santé Publique et la Fondation de France. Un certain nombre de lieux de formation en santé communautaire ont été créés (Facultés de médecine, écoles d’infirmières, écoles de travailleurs sociaux, associations, CNFPT, Institut Renaudot…)

Repères de la santé communautaire

Notes et références

Voir aussi

Related Articles

Wikiwand AI