Smarty Jones

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PèreElusive Quality
MèreI'll Get Along
Père de mèreSmile
Smarty Jones
Image illustrative de l’article Smarty Jones
Smarty Jones juste avant le départ des
Belmont Stakes, le 5 juin 2004

Race Pur-sang
Père Elusive Quality
Mère I'll Get Along
Père de mère Smile
Sexe M
Robe Alezan
Naissance (24 ans)
Pays de naissance Drapeau des États-Unis États-Unis
Pays d'entraînement Drapeau des États-Unis États-Unis
Éleveur Someday Farm
Propriétaire Roy & Patricia Chapman
Entraîneur John Servis
Jockey Stewart Elliott
Rating FIAH 128
Timeform 134
Nombre de courses 9
Nombre de victoires 8 (1 place)
Gains en courses $ 2 613 155
Récompense Poulain de 3 ans de l'année (2004)
Distinction US Racing Hall of Fame (2025)
Principales victoires Kentucky Derby
Preakness Stakes

Smarty Jones, né le 28 février 2001, est un cheval de course pur-sang. Vainqueur du Kentucky Derby, il ne connut qu'une fois la défaite.

Résumé de carrière

Élevé en Pennsylvanie par Roy & Patricia Chapman, Smarty Jones vient au monde quand tout va mal : les époux Chapman, en proie à des problèmes de santé et financiers, réduisent leur élevage et ne conservent que deux chevaux, dont ce poulain. Le premier entraîneur de celui-ci, Bobby Carmac, et son épouse, sont assassinés par leur gendre. Smarty Jones est donc envoyé en Floride chez John Servis. Et les malheurs continuent : alors qu'il apprend à rentrer dans une stalle de départ, le poulain heurte violemment une porte et tombe inconscient, saignant des naseaux[1]. Fracture du crâne. Et un œil sauvé de justesse. Il lui faudra des mois pour récupérer et c'est la raison pour laquelle il débute très tard, en novembre 2003 à Philadelphie. Sa campagne inaugurale laisse entrevoir un sacré potentiel. Smarty Jones se balade deux fois, 8 longueurs, 15 longueurs. À l'horizon, enfin les beaux jours.

Smarty Jones fait son retour en piste dès le 3 janvier dans une Listed disputée à Aqueduct. Nouvelle promenade. Il est ensuite envoyé à Hot Springs, Arkansas, passer le printemps sur l'hippodrome d'Oaklawn Park. Une autre Listed, plus disputée, et puis une troisième, richement dotée, les Rebel Stakes, qui l'année précédente était labellisée groupe 2. Le poulain, invaincu en cinq courses, n'a même pas eu à s'employer, alors il est temps d'aller voir dans les étages du dessus. À commencer par l'Arkansas Derby, un groupe 2 qui vaut comme préparatoire au Kentucky Derby, histoire de se faire une idée de son réel potentiel, pas encore entamé. Victoire facile. Alors c'est le grand saut : Smarty Jones se présente au départ du Kentucky Derby en cheval-mystère, aux limites inconnues. Son talent, si flagrant, lui vaut d'être favori, même si c'est le premier Derby tant pour son entraîneur que son fidèle cavalier Stewart Elliott, un bon jockey mais pas forcément habitué aux courses les plus prestigieuses. Mais qu'importe à Smarty Jones, qui est bien le champion annoncé et s'impose brillamment, devenant au passage le premier cheval depuis Seattle Slew en 1977 à s'imposer invaincu dans le Derby, et le deuxième Derby-winner né en Pennsylvanie après Lil E. Tee, lauréat en 1992, l'année où Arazi sombra. Les Chapman deviennent riches, très riches, car aux 850 000 dollars offerts au vainqueur de la course s'ajoutent 5 millions de dollars de bonus offerts par l'hippodrome d'Oaklawn Park à qui réussirait à enchaîner les Rebel Stakes, l'Arkansas Derby et le Kentucky Derby.

Pour décrocher le graal, la Triple Couronne, il faut gagner trois courses : le Kentucky Derby, les Preakness Stakes et les Belmont Stakes. 2000 mètres, 1 900 mètres, 2 400 mètres. La deuxième manche, qui se dispute alors qu'en kiosque Smarty Jones fait la une de Sports Illustrated[2], tourne au massacre. Le partenaire de Stewart Elliott, s'envole et laisse ses adversaires dans le lointain, à plus de onze longueurs. Cette fois c'est sûr, on tient un phénomène, l'engouement grandit autour de Smarty Jones, et le fait qu'il soit passé près de la mort plus jeune n'y est pas pour rien[3]. Son nom figure parmi les cinq recherches les plus fréquentes sur google.com cette année-là. Les époux Chapman reçoivent des offres qui font tourner la tête, 40, 50 millions de dollars. Alors certes cette génération ne semble pas exceptionnelle, et certes le rating de 128 dégainé par les têtes pensantes de la FIAH n'est pas phénoménal, mais Smarty Jones semble avoir tout ce qu'il faut pour succéder au palmarès de la Triple Couronne à Affirmed, le dernier à l'avoir conquise, 26 ans plus tôt.

Et puis patatras. Le dénommé Birdstone avait terminé huitième du Kentucky Derby. Dans les Belmont, il part à 36/1. Et il gagne. Smarty Jones est deuxième, à une longueur. 120 139 personnes assistent au désastre, soit la plus grande affluence jamais enregistré pour un événement sportif à New York, toutes disciplines confondues[4]. Que s'est-il passé ? Certains (mais pas le propriétaire ni l'entraîneur) reprochent à Stewart Elliott d'avoir placé son cheval aux avant-postes et cavalé comme un forcené, mais c'est injuste parce que le jockey n'a de fait pas sollicité son partenaire jusqu'au 400 mètres. C'est Smarty Jones qui demandait à avancer. D'autres, plus portés sur la génétique, ne sont finalement pas si surpris que Smarty Jones ait craqué sur la fin : à en juger par son pedigree, orienté sur la vitesse, les 2 400 mètres des Belmont Stakes sont le bout du monde pour lui. Et il est vrai que le poulain n'a pas réalisé un parcours à l'économie, avalant les 2 000 premiers mètres à une allure qui lui aurait permis, si la course s'était arrêtée là de réaliser l'équivalent du quatrième chrono de l'histoire du Kentucky Derby. Dans ces conditions, la meilleure explication est sans doute la plus simple : Smarty Jones a manqué de tenue, et il en faut aussi pour gagner la Triple Couronne, c'est aussi bête que ça.

Comme Majestic Prince 35 ans plus tôt, Smarty Jones perd son invincibilité dans les Belmont Stakes après avoir gagné le Derby et les Preakness. Et comme lui encore, il n'est même pas élu cheval de l'année, cet honneur revenant, à 174 voix contre 95[5], à la bombe Ghostzapper, il est vrai impressionnant, tandis que lui doit se contenter du titre de meilleur 3 ans. Et comme lui toujours, et en raison d'une blessure survenue à l'été, Smarty Jones disparait des programmes après cette première, et donc dernière, déconvenue. En 2025, il est admis au Hall of Fame des courses américaines[6].

Date Hippodrome Pays Course Statut Distance Jockey Place Écart Vainqueur ou deuxième
2003, 2 ans
9 novembre Philadelphia Park Drapeau des États-Unis États-Unis Maiden 1 200 m S. Elliott 1er / 10 7 ¾ Deputy Rummy
22 novembre Turf Paradise Drapeau des États-Unis États-Unis Pennsylvania Nursery Stakes 1 400 m S. Elliott 1er / 11 15 Sally Punch
2004, 3 ans
3 janvier Aqueduct Drapeau des États-Unis États-Unis Count Fleet Stakes Listed 1 700 m S. Elliott 1er / 7 5 Risky Trick
28 février Oaklawn Park Drapeau des États-Unis États-Unis Southwest Stakes Listed 1 600 m S. Elliott 1er / 9 3/4 Two Down Atomic
20 mars Oaklawn Park Drapeau des États-Unis États-Unis Rebel Stakes Listed 1 700 m S. Elliott 1er / 9 3 ¼ Purge
10 avril Oaklawn Park Drapeau des États-Unis États-Unis Arkansas Derby Gr. 2 1 800 m S. Elliott 1er / 11 1 ½ Borrego
1er mai Churchill Downs Drapeau des États-Unis États-Unis Kentucky Derby Gr. 1 2 000 m S. Elliott 1er / 18 2 ¾ Lion Heart
15 mai Pimlico Drapeau des États-Unis États-Unis Preakness Stakes Gr. 1 1 900 m S. Elliott 1er / 10 11 ½ Rock Hard Ten
5 juin Belmont Park Drapeau des États-Unis États-Unis Belmont Stakes Gr. 1 2 400 m S. Elliott 2e / 9 1 Birdstone

Au haras

Origines

Références

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