Soleils noirs
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| Réalisation | Julien Élie |
|---|---|
| Scénario | Julien Élie |
| Sociétés de production | Cinéma Belmopán, División Del Norte |
| Pays de production |
|
| Genre | documentaire |
| Durée | 154 minutes |
| Sortie | 2018 |
Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.
Soleils noirs est un film documentaire québécois[1] réalisé par Julien Élie, sorti en 2018[2], qui a notamment remporté le Prix Yolande-et-Pierre-Perrault du meilleur long métrage documentaire aux Rendez-vous Québec Cinéma en 2020[3].
Tourné en noir et blanc, avec une esthétique puisant tour à tour chez Luis Buñuel et Manuel Álvarez Bravo, Soleils noirs brosse le portrait d'un Mexique gangrené par la violence depuis les années 1960[4]. Le film non-linéaire est divisé en six chapitres consacrés aux femmes, aux enfants, aux journalistes, aux défenseurs des droits humains, aux prêtres et aux immigrants dont les récits prennent place à Ciudad Juárez, à Ecatepec, à Mexico, à Veracruz, à Tamaulipas et à Guerrero[5],[6],[7]. Il met en images le temps et l'énergie investis par les familles pour lutter contre la disparition des leurs, soit les journées passées à coller les avis de recherche des disparus, les déplacements en bus vers les lieux de distribution des affiches ou vers les cimetières clandestins qui reçoivent les restes humains[8],[6]. En soulignant la proximité des lieux de la vie quotidienne des Mexicains avec ceux des disparitions de femmes ou de dépôts de cadavres, Soleils noirs atteste la présence visible de la violence et de son administration par un État complice qui cible au grand jour les groupes vulnérables et leurs défenseurs[8].
Fiche technique
- Titre original : Soleils noirs
- Titre anglais ou international : Dark suns
- Réalisation et scénario : Julien Élie, d'après Des os dans le désert de Sergio González Rodríguez[9]
- Musique originale : Mimi Allard
- Images : Ernesto Pardo, François Messier-Rheault[10]
- Son : Daniel Capeille, Gabriel Villegas, Bernard Gariépy Strobl[1]
- Montage image : Aube Foglia
- Production : Julien Élie
- Directrice de production : Amaia Aldamiz
- Producteur délégué : Richard Brouillette
- Société de production : Cinéma Belmopán, División Del Norte[11]
- Distribution : FunFilm (Québec)
- Pays de production :
Canada (
Québec) - Langue originale : espagnol, français, anglais
- Format : noir et blanc — 4K
- Genre : documentaire
- Durée : 154 minutes
- Dates de sortie :
Analyse
Si le cinéaste documentariste Julien Élie s’inspire de l’essai Des os dans le désert (2002), du journaliste Sergio González Rodríguez (en)[14], sa démarche vise avant tout à documenter la peur[15]. Pour déconstruire le système étatique qui contrôle cette peur, lors d'un séjour au Mexique en 2017[13], il récolte une série de témoignages de familles de personnes enlevées ou assassinées, d'associations qui recherchent les personnes disparues, de journaliste et d'avocats[8]. Ces témoignages vont des féminicides de Ciudad Juárez aux enlèvements d'Iguala, en passant par Ecatepec de Morelos, désormais réputée comme la municipalité la plus dangereuse pour les femmes d'Amérique latine[16]. À ces témoignages filmés, Julien Élie ajoute des images d'archives, que le noir et blanc fusionne visuellement et temporellement à celles du film monochrome[6]. Elles contribuent à faire état de la portée historique des moyens mis en place au Mexique pour établir la violence et en bénéficier, comme la guerre de la drogue ou les politiques d'immigration[5],[8]. En résulte un film hybride, à la fois cinématographique et journalistique[17], dénonçant une violence endémique où les assassins changent tandis que les victimes restent les mêmes[2].