Disparitions forcées en Algérie
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Les disparitions forcées en Algérie, sont des enlèvements et ou arrestations de personnes civiles hors de tout cadre légal effectué par les autorités, d'abord l'administration coloniale française durant la conquête du pays à partir de 1830 en Algérie française et pendant la guerre d'Algérie entre 1954 et 1962, puis par la suite entre 1992 et 1997, période au cours de laquelle plusieurs milliers de personnes disparaissent en Algérie[1]. Une partie des disparitions forcées est attribuée aux islamistes mais une autre l'est aux services de sécurité de l'État. Les statistiques officielles sont d'environ 6 000 disparus, mais d'autres sources parlent de 17 000. La guerre civile algérienne cause en tout entre 150 000 et 200 000 morts. En 2005, une compensation financière est versée aux familles des personnes disparues, mettant un terme officiel aux enquêtes de la police.

L'Algérie a perdu le quart de sa population de 1830 à 1849, sur une population estimée à 3 millions d’habitants à l’arrivée des Français, la conquête fait 700 000 morts. C'est pendant cette période qu'a été pratiqué les enfumades. Des villages pourchassés par l'armée se réfugient dans des cavernes que les militaires ferment par des broussailles auxquelles ils mettent le feu, entrainant la mort des villageois. C'est le général Thomas Roberd Bugeaud qui préconise d’agir sans ménagement avec les fuyards, hommes, femmes, enfants et troupeaux, qui se réfugient dans les cavernes : « Enfumez-les comme des renards ! » Le colonel Aimable Pélissier s’exécute[2]. L'enlèvement du mathématicien Maurice Audin, qui fut torturé et dont le corps ne fût jamais retrouvé est dénoncée par Pierre Vidal-Naquet, qui entreprend de décrire le système de la disparition forcée à partir de 1958 (L'affaire Audin 1957-1978)[3] , ainsi que dans son livre Les crimes de l'armée française qui parle du Cahier vert qui dresse la liste de 175 cas de disparitions d'Algériens musulmans[4]. Henri Alleg dans son livre La question a décrit la torture qu'il a subi pendant son incarcération en 1957[5],[6].Bien qu'ayant reconnu l'usage de la torture pendant la guerre d’Algérie, le général Bigeard a toujours nié que les troupes placées sous son commandement s'y fussent livrées. L’expression « crevettes Bigeard » désigne les personnes qui ont été exécutées lors de « vols de la mort », en étant jetées depuis un hélicoptère en mer Méditerranée, les pieds coulés dans une bassine de béton, lors de la guerre d’Algérie (1954-1962), plus particulièrement pendant la bataille d’Alger en 1957, entre janvier et septembre. Le jeune député Jean-Marie Le Pen, engagé volontaire, participe à l'opération visant à éradiquer le nationalisme algérien. Il avoue avoir pratiqué la torture avant de se rétracter lorsqu'il devient candidat à la présidentielle[7]. Le cas de l’avocat Ali Boumendjel, enlevé le , torturé et « suicidé » le , dont Malika Rahal a écrit l’histoire démontre une pratique récurrente de l'armée[8],[9]. Pendant la période de la guerre d'Algérie durant la bataille d'Alger, les escadrons de la mort, unité du général Aussaresses ont arrêté 24 000 personnes durant six mois parmi lesquels 3 000 ont disparu[10]. Le secrétaire général pour la police de la préfecture d'Alger, Paul Teitgen, écœuré, décide d'arrêter de les comptabiliser afin que sa présence ne confère pas une apparence de légalité à ces pratiques inqualifiables[11]. Quelques mois après les accords d'Évian, à Oran le , une manifestation tourne au massacre, en quelques heures près de 700 personnes ont été tuées ou ont disparu sans laisser de trace[12],[13].
Ces disparitions forcées ont lieu dans le cadre d'une stratégie militaire élaborée et appliquée pour la préservation de l'État colonial français en Algérie théorisée sous le nom de doctrine de la guerre révolutionnaire (DGR). Le but d'une telle stratégie millitaire est le contrôle de la population en usant de violences psychologiques et physiques. Les premiers premiers traités théorisant la DGR sont écrits par Charles Lacheroy et Roger Trinquier, et après la guerre d'Algérie, sont exportés en Amérique Latine et enseignées dans l'École des Amériques[14].
Malika Rahal et Fabrice Riceputti ont initié le projet 1000 autres pour documenter les disparitions forcées durant la guerre d'Algérie[15].
