Sonata a due
œuvre de Maurice Jaubert
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La Sonata a due est un concerto grosso pour violon, violoncelle et orchestre à cordes op. 56, composé par Maurice Jaubert en 1936, créé la même année.
| Sonata a due op. 56 | |
| Genre | concerto grosso |
|---|---|
| Nb. de mouvements | 4 |
| Musique | Maurice Jaubert |
| Effectif | violon, violoncelle et orchestre à cordes |
| Durée approximative | env. 18 min |
| Dates de composition | 1936 |
| Dédicataire | Violette et Paule d'Ambrosio |
| Publication | Éditions Billaudot |
| Création | Salle Gaveau, Paris |
| Interprètes | Violette d'Ambrosio (violon) Paule d'Ambrosio (violoncelle) Orchestre féminin de Paris Dir. Jane Evrard |
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Contexte et création
Début 1936, Maurice Jaubert achève la composition de son concerto grosso Sonata a due, dédié aux sœurs Violette et Paule d'Ambrosio, respectivement 1er violon et 1er violoncelle de l'orchestre féminin de Paris, fondé par la cheffe d'orchestre Jane Evrard. Toutes assurent la création de l'œuvre à la salle Gaveau (Paris), le [1].
La critique musicale Hélène Jourdan-Morhange, dans La République du 2 mai 1936, écrit : « Bien agréable musique, probe et sincère »[1].
Après l'adieu au cinéma de Jaubert le 11 août 1939 (dernière séance d'enregistrement pour La Nuit de décembre, sorti en 1941, où il tient un petit rôle de chef d'orchestre et dont il est directeur musical)[2], cette Sonata a due sera son adieu à la musique (si l'on excepte ses deux ultimes compositions « aux Armées », Trois Psaumes pour le temps de guerre et Saisir). Le 2 septembre 1939, il est mobilisé et n'obtiendra dans les mois suivants que deux brèves permissions.
Au début de la seconde, il « débarque » à Paris, salle du Conservatoire, le , pour entendre Charles Munch diriger un concert radiodiffusé, notamment sa Sonata a due. Munch lui passe alors la baguette, pour sa dernière apparition publique[3]. Puis, après avoir revu une ultime fois à Nice, début avril suivant, son épouse Marthe Bréga, il retourne sur le front en « région est », où il est affecté. Il meurt à Baccarat (Meurthe-et-Moselle) deux mois après.
Le , Charles Munch dirige la Sonata a due dans la même salle du Conservatoire, avec André Pascal (violon) et Auguste Cruque (violoncelle), moment évidemment empreint d'une grande émotion[4]. Et le , lors d'une messe célébrée en l'église des Dominicains (Paris) « à la mémoire de Maurice Jaubert, capitaine au 1er Génie, mort pour la France le 19 juin 1940 », les sœurs d'Ambrosio reprennent la Sonata a due, accompagnées à l'orgue[4].
Plus récemment, le , au Foyer Maurice Ravel de Nanterre, Marie-Christine Millière (violon) et Philippe Bary (violoncelle), membres du Trio à cordes Millière, accompagnés par le seul piano de Geneviève Ibanez, rejouent la Sonata a due. Ce concert, présenté par François Porcile (biographe de Jaubert), est organisé par l'Association Maurice Jaubert (dont la secrétaire générale est alors Françoise Jaubert – 1927-1991 –, fille unique du compositeur et de Marthe Bréga), en partenariat avec France Musique qui l'enregistre pour une diffusion ultérieure[5].
La partition est publiée aux éditions Billaudot[6].
Aucune enregistrement de l'œuvre dans sa version originale intégrale n'est actuellement disponible.
Structure
La Sonata a due est en quatre mouvements :
- Sinfonia
- Divertimento
- Aria
- Toccata
Sa durée d'exécution est de dix-huit minutes environ.
Postérité
Dans L'Argent de poche (1976) de François Truffaut, le 2e mouvement Divertimento de la Sonata a due est utilisé sur la bande originale du film.
Discographie
- 2014 : Le Monde musical de François Truffaut, album de 5 CD EmArcy/Universal Music France réf. 5354322 (comprenant notamment le Divertimento de la Sonata a due de Maurice Jaubert, par un orchestre sous la direction de Patrice Mestral, réédition d'un enregistrement paru précédemment en 1987, microsillon [face B] Milan François Truffaut – Maurice Jaubert : musiques de films, réf. A 293).