Three Sisters (Oregon)
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| Three Sisters | |||
Vue aérienne des Three Sisters depuis le sud-est. | |||
| Géographie | |||
|---|---|---|---|
| Altitude | 3 157 m, South Sister (Charity)[1],[2],[3] | ||
| Massif | Chaîne des Cascades | ||
| Coordonnées | 44° 06′ 12″ nord, 121° 46′ 09″ ouest[1],[2],[4] | ||
| Administration | |||
| Pays | |||
| État | Oregon | ||
| Comtés | Deschutes, Lane | ||
| Ascension | |||
| Première | Middle Sister : 1860 South Sister : 1883 par Adolph Dekum et al. North Sister : 1910 par Harley H. Prouty |
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| Voie la plus facile | South Sister : arête méridionale Middle Sister : arête septentrionale North Sister : arête méridionale |
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| Géologie | |||
| Âge | moins de 170 000 ans | ||
| Roches | Basalte, andésite basaltique, andésite, dacite, rhyodacite, rhyolite | ||
| Type | Volcan de subduction | ||
| Morphologie | Stratovolcan | ||
| Activité | Endormi | ||
| Dernière éruption | 440 ± 150 ans | ||
| Code GVP | 322070 | ||
| Observatoire | Observatoire volcanologique des Cascades | ||
| Géolocalisation sur la carte : États-Unis
Géolocalisation sur la carte : Oregon
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Les Three Sisters (littéralement les « trois sœurs ») sont trois volcans — North Sister culminant à 3 074 mètres d'altitude au nord, Middle Sister à 3 062 mètres d'altitude au centre, tous deux éteints, et South Sister à 3 157 mètres d'altitude au sud, en sommeil — situés dans la chaîne des Cascades, au centre de l'État de l'Oregon, dans le Nord-Ouest des États-Unis. Aussi appelées respectivement Faith, Hope et Charity, il s'agit d’un groupe de trois montagnes dont les noms peuvent désigner à la fois trois saintes chrétiennes et les trois vertus théologales. Elles pourraient avoir été baptisées peu après leur découverte en 1825 par Peter Skene Ogden, probablement par une mission méthodiste des années 1840.
Ces trois sommets sont situés sur la ligne de crête des Cascades, entre les bassins des rivières Willamette et McKenzie. Ils constituent une barrière climatique sur laquelle se déversent les précipitations venant de l'océan Pacifique, à 200 kilomètres à l'ouest. Il en résulte d'importantes chutes de neige et, en raison de l'altitude, la formation de nombreux glaciers. Les roches qui composent les trois volcans présentent une grande diversité et révèlent une structure géologique complexe, qui allie volcan bouclier et stratovolcan, remontant au Pléistocène. Les dernières éruptions se sont produites essentiellement sur le versant méridional de South Sister, il y a un peu plus de 2 000 ans. Dans les années 2000, un renflement du terrain et des séismes font craindre un réveil du volcan par recharge de sa chambre magmatique et nécessitent un accroissement du niveau de surveillance, sans conséquence immédiate.
Les Three Sisters ont été chacune gravies pour la première fois entre 1860 et 1910, puis largement étudiées, notamment pour leurs glaciers. La dernière, North Sister, présente en raison de son relief, de l'instabilité des roches et de son isolement un fort niveau de difficulté relevant de l'alpinisme, alors que l'ascension par l'arête méridionale de South Sister est une simple randonnée pédestre. La région est diversement protégée depuis 1893 et c'est finalement en 1964 qu'est créée la réserve intégrale Three Sisters, à cheval sur la forêt nationale de Willamette et la forêt nationale de Deschutes. Elle préserve la faune et la flore, cette dernière étant caractérisée par de vastes forêts de conifères.

Three Sisters signifie littéralement en anglais « trois sœurs ». North Sister, la « sœur du Nord », est également connue comme Faith[5], ou encore Ugly Sister (« vilaine sœur »)[5],[6], Gnarly Northy (sobriquet argotique pouvant se traduire par l'« affreuse nordiste »), ou « The Black Beast of the Cascades » (littéralement « la Bête Noire des Cascades »)[5]. Middle Sister, la « sœur du milieu », est également connue comme Hope[5] ou encore Little Sister (« petite sœur »)[5],[7]. South Sister, la « sœur du Sud », est également connue comme Charity[5] ou encore Big Sister (« grande sœur »)[5],[3].
Faith, Hope et Charity désignent en anglais les trois vertus théologales, à savoir la foi, l'espérance et la charité, mais sont également employées comme prénom, particulièrement dans le cas de naissances multiples, en référence à sainte Foi, sainte Espérance et sainte Charité[8],[9]. Ces trois noms sont probablement issus de membres de la mission méthodiste de Salem, dans les années 1840, bien qu'une autre hypothèse évoque des trappeurs dès le début du XIXe siècle[10]. Elles apparaissent collectivement sous le nom de Three Sisters sur une carte de John B. Preston en 1856[10]. Elles donnent leur nom à la ville de Sisters dans les années 1880[10]. Les trois prénoms tombent progressivement en désuétude au profit des noms basés sur leur situation géographique[11].
D'autre part, les surnoms de « grande sœur » et « petite sœur » désignent respectivement le plus élevé et le moins élevé des trois sommets[12], plutôt que leur âge. Une élévation culminant à 2 315 mètres d'altitude à l'ouest des trois sommets principaux a en outre été nommée The Husband, qui signifie « le mari » en anglais[13], tandis que le mont Bachelor, isolé au sud-est à 2 763 mètres d'altitude[14], peut également être rapproché du point de vue de sa toponymie, bachelor étant un jeune homme célibataire en anglais. Le cône Little Brother (2 380 mètres), le « petit frère », et le dôme Step Sister (2 838 mètres), la « demi-sœur », sont également recensés[15].
Les Three Sisters sont appelées Klah Klahnee (prononcé klah klah'ne), les « Trois pointes », parmi les tribus confédérées de Warm Springs et Klallam (prononcé klatlam) en langues salish[16].
- Vue de North Sister à l'aube depuis le nord.
- Vue de Middle Sister depuis le sud.
- Vue de South Sister depuis l'ouest.
Géographie
Situation



Les Three Sisters sont situées dans le Nord-Ouest des États-Unis, au centre de l'État de l'Oregon, sur la limite entre les comtés de Deschutes à l'est et de Lane à l'ouest[3],[17]. Elles s'élèvent à environ 25 kilomètres au sud-ouest de la ville de Sisters, à 40 kilomètres à l'ouest de Bend et à une centaine de kilomètres à l'est d'Eugene, tandis que Portland est à 175 kilomètres environ au nord-nord-ouest. Les côtes de l'océan Pacifique se trouvent à un peu moins de 200 kilomètres à l'ouest. Le volcan le plus proche est le Broken Top à seulement six kilomètres à l'est-sud-est de South Sister mais le sommet plus élevé le plus proche est le mont Jefferson, à 63 kilomètres au nord[3]. Ces sommets font partie de la chaîne des Cascades[12].
Topographie
Les Three Sisters sont constituées par trois volcans principaux. North Sister est le plus érodé[18] et culmine à 3 074 mètres d'altitude[6]. Il a un diamètre de huit kilomètres à sa base[19]. Il présente plus de dykes et de sills que tout autre volcan de la chaîne des Cascades. Ils ont été majoritairement écartés par l'intrusion d'un dôme de lave de 300 mètres de large formant désormais les sommets du pic Prouty et de South Horn. Ils retiennent les roches instables constituant les vestiges du sommet principal[20]. Middle Sister est, avec 3 062 mètres d'altitude[7], le plus petit et le moins étudié des Three Sisters. Il a une forme conique entamée sur son versant oriental par l'érosion. Il est situé à seulement 2,23 kilomètres au sud-sud-ouest de North Sister et le col qui les sépare a une altitude de 2 719 mètres[7]. South Sister se trouve à une distance de 5,2 kilomètres au sud de Middle Sister et le col qui les sépare a une altitude de 2 243 mètres[6]. C'est le plus élevé des trois volcans : il culmine du haut de son cône volcanique[21] à 3 157 mètres d'altitude, et constitue le point culminant des comtés de Deschutes et de Lane[3]. Sa hauteur de culminance par rapport au col Chemult est légèrement supérieure à 1 700 mètres, ce qui en fait un des sommets ultra-proéminents des États-Unis[3],[22]. Il possède un cratère volcanique non érodé d'environ 400 mètres de diamètre dans lequel se trouve un petit lac de cratère connu sous le nom de Teardrop Pool (littéralement la « mare de la larme ») et qui est le plus élevé des lacs de l'Oregon[23],[24],[25].
- Vue aérienne de South Sister depuis le nord-est.
- Vue aérienne de Middle Sister (à gauche) et North Sister (à droite) depuis l'est.
Hydrographie

Le versant occidental des Three Sisters appartient au bassin de la Willamette et plus précisément de la rivière McKenzie. Y prennent leur source, du nord au sud, le White Branch et ses affluents directs ou indirects en rive gauche, le Glacier Creek, l'Obsidian Creek et le Linton Creek, ainsi que le Separation Creek – qui rejoint la McKenzie par le biais du Horse Creek – et ses affluents directs ou indirects en rive gauche également, le Hinton Creek, le James Creek et le Mesa Creek[3]. Le versant oriental appartient au bassin de la rivière Deschutes. L'Alder Creek prend sa source au nord-nord-est de North Sister et se jette dans le Trout Creek avant que leurs eaux se perdent dans les canaux d'irrigation. Un peu plus au sud, le Pole Creek fournit la ville de Sisters en eau potable. Puis s'écoulent le Soap Creek, le North Fork Squaw Creek, le South Fork Squaw Creek et le West Fork Squaw Creek, alimentant tous en rive gauche le cours du Whychus Creek (anciennement Squaw Creek) dont la source se trouve sur le versant septentrional du Broken Top[3]. Le versant méridional de South Sister donne naissance au Goose Creek et au Fall Creek, deux des trois cours d'eau alimentant le lac Sparks, un plan d'eau endoréique naturellement retenu par les pentes occidentales inférieures du mont Bachelor[3].
Les autres lacs notables, mais n'excédant pas quelques centaines de mètres de longueur, sont Yapoah Lake sur le piémont septentrional de North Sister, Demaris Lake à l'est de Middle Sister, Camp Lake, Chambers Lakes et Carver Lake entre Middle Sister et South Sister, les Green Lakes entre ce dernier et le Broken Top et Moraine Lake au sud[3]. La Teardrop Pool est formée en été par les eaux de fonte du glacier occupant le cratère de South Sister[5],[25],[26].

Les Three Sisters possèdent un peu moins de 130 névés et glaciers s'étendant entre 2 055 et 3 142 mètres d'altitude pour une superficie cumulée légèrement inférieure à 10 km2[27]. Quinze d'entre eux ont été nommés, ce qui représente pratiquement la moitié des glaciers officiellement recensés en Oregon[27] : les glaciers Linn et Villard se trouvent au nord du sommet de North Sister, tandis que le glacier Thayer est sur son versant oriental ; le glacier Collier est lové entre North Sister et Middle Sister, sur leur versant occidental, et s'épanche vers le nord-ouest ; les glaciers Renfrew et Hayden sont situés respectivement sur les versants nord-ouest et nord-est de Middle Sister, tandis que le Diller est sur son versant sud-est ; dans l'espace séparant Middle Sister et South Sister sont perchés du nord au sud les glaciers Irving, Carver et Skinner ; enfin, autour du sommet de South Sister, dans le sens des aiguilles d'une montre, se trouvent les glaciers Prouty, Lewis, Clark, Lost Creek et Eugene[3],[27],[28]. Le glacier Collier, malgré un retrait de 1 500 mètres et une perte de 64 % de sa superficie entre 1910 et 1994[29],[27], est généralement considéré comme le plus étendu des Three Sisters[29],[30]. Parfois encore décrit comme le plus vaste de l'Oregon[31],[32], il est dépassé par plusieurs glaciers du mont Hood, dont Eliot qui fait désormais deux fois et demi sa superficie[29],[27]. Selon les sources, le glacier Prouty est parfois aussi considéré comme plus étendu que le glacier Collier[24].
Géologie

L'arc volcanique des Cascades apparaît à l'aplomb d'une zone de subduction, Cascadia, 36 millions d'années BP, formée par l'enfoncement d'un reliquat de la plaque Farallon, la plaque Juan de Fuca, sous la plaque nord-américaine. L'activité volcanique diminue, entre 17 et 12 millions d'années BP, au cours du Miocène. Toutefois, avec la séparation simultanée de la plaque Explorer et l'épaississement de la zone de subduction, l'angle du plan de Wadati-Benioff augmente. Les frictions deviennent plus intenses, le relief s'accroît et le volcanisme reprend entre 7 et 5 millions d'années BP, au début du Pliocène[33],[34]. Un champ volcanique connu sous le nom de Tumalo se met en place dans la région 700 000 à 600 000 ans BP et connaît des éruptions explosives jusqu'à 170 000 ans BP. Les plus anciennes coulées de lave basaltiques de North Sister recouvrent les dépôts pyroclastiques les plus récents du champ volcanique de Tumalo[35]. Les Three Sisters se trouvent au centre d'un ensemble de volcans exceptionnellement proches, s'étendant sur quarante kilomètres du Three Fingered Jack au nord au mont Bachelor au sud, en passant notamment par le mont Washington, le cratère Belknap, le Broken Top et Tumalo Mountain, alors que les volcans des Cascades sont habituellement espacés de soixante à cent kilomètres les uns des autres[36].

North Sister est un cône volcanique reposant sur un volcan bouclier[10],[24] composé principalement d'andésite basaltique[10],[37]. Middle Sister est un stratovolcan composé principalement de basalte issu de nombreuses fissures, mais aussi d'andésite produite par un cône, et de dacite et de rhyodacite émises par les dômes et coulées de lave[19],[37],[38]. Composé d'andésite basaltique, de rhyolite et de rhyodacite[10],[18], South Sister est un stratovolcan surmontant un ancien volcan bouclier[39]. Les glaciations du Pléistocène et de l'Holocène ont participé au creusement de profonds cirques glaciaires dans North et Middle Sister, mettant ainsi au jour la structure interne de ces volcans ; South Sister est sensiblement moins érodé[19].
Climat
Les Three Sisters se situent sur la crête principale des High Cascades[40] et agissent comme une barrière face aux vents dominants d'ouest venant de l'océan Pacifique. Elles reçoivent de ce fait une importante quantité de précipitations qui se produisent sous forme de neige en hiver[41]. La station de Dutchman Flat, bien qu'elle soit située à seulement 2 000 mètres d'altitude sur le versant septentrional du mont Bachelor, est la seule à présenter un enneigement comparable aux Three Sisters. Celui-ci, mesuré depuis 1930, culmine début avril en moyenne à 3 mètres avec des extremums situés entre 1,2 mètre et 5,5 mètres (record enregistré en 1999) à cette même période. La neige fait son arrivée dans le courant du mois de décembre et persiste au sol fréquemment jusqu'en juin[42],[43]. Les moyennes pluviométriques annuelles chutent sur les piémonts orientaux de la chaîne par le phénomène d'ombre pluviométrique[44]. Les étés sont frais et les hivers très humides. Quelques influences continentales se font sentir, accentuant les variations saisonnières[45].
Faune et flore
Les Three Sisters font partie de l'écorégion des étages alpin et subalpin des Cascades qui correspond aux plus hauts sommets volcaniques enneigés de la chaîne s'élevant au-delà de 2 000 mètres d'altitude, au-dessus des prairies d'altitude ; celle aussi des torrents, des cirques et des lacs glaciaires. Les glaciations du Pléistocène ont fortement remodelé le paysage et ont laissé des moraines et des vallées « en U ». La végétation est adaptée à ces conditions d'altitude, de froid et de neige. Quelques spécimens de Pruche subalpine (Tsuga mertensiana), de Sapin subalpin (Abies lasiocarpa) et de Pin à écorce blanche (Pinus albicaulis) parsèment les prairies subalpines composées de plantes herbacées et de buissons au niveau de la limite des arbres[46],[47], située entre 2 150 et 2 300 mètres d'altitude[41]. Un peu plus bas se rencontrent le Cyprès de Nootka (Cupressus nootkatensis), le Sapin gracieux (Abies amabilis), le Sapin noble (Abies procera), le Pin argenté (Pinus monticola)[24] et le Pin tordu (Pinus contorta)[24],[31],[32], tandis que l'Épinette d'Engelmann (Picea engelmannii), plus commune dans les montagnes Rocheuses, se développe le long des cours d'eau[24]. Au niveau des piémonts se trouvent le Sapin blanc (Abies alba), le Pin d'Oregon (Pseudotsuga menziesii), la Pruche de l'Ouest (Tsuga heterophylla) et le Pin ponderosa (Pinus ponderosa)[31],[32]. Carex breweri, Carex heteroneura var. chalciolepis, Carex nigra et Aster alpinus peuplent les tourbières[46],[47]. Les lupins, les lys, les asters, les phlox, les rhododendrons, les digitales[48], les castilléjies et les renouées[49] représentent l'essentiel des plantes à fleurs. Au-delà, la roche et les névés sont très présents[46],[47].
Parmi les mammifères présents aux Three Sisters figurent l'Ours noir (Ursus americanus), le puma (Puma concolor) et le coyote (Canis latrans), la Martre d'Amérique (Martes americana), le Blaireau américain (Taxidea taxus), l'hermine (Mustela erminea) et, en dehors des périodes d'hibernation, le Tamia de Townsend (Tamias townsendii), le Spermophile à manteau doré (Spermophilus lateralis), le Pika d'Amérique (Ochotona princeps), la Marmotte à ventre jaune (Marmota flaviventris) et diverses musaraignes[49]. Les lapins, les écureuils et les souris servent parfois de gibier[49]. Le Wapiti de Roosevelt (Cervus canadensis roosevelti), le Cerf à queue noire (Odocoileus hemionus columbianus), le Cerf mulet des montagnes Rocheuses (Odocoileus hemionus hemionus) se rencontrent également à la belle saison. Si le dernier migre vers les déserts de l'Est de l'Oregon en hiver, les précédents descendent vers l'ouest[49]. Le Lynx roux (Lynx rufus) et le glouton (Gulo gulo) pourraient subsister mais sont menacés de disparition dans la région[49]. Le Roselin à tête grise (Leucosticte tephrocotis) est le seul oiseau à nicher au-delà de la limite des arbres aux Three Sisters[49]. Les autres espèces répandues sont le Pygargue à tête blanche (Haliaeetus leucocephalus), le Cassenoix d'Amérique (Nucifraga columbiana), le Merlebleu azuré (Sialia currucoides), le Bec-croisé des sapins (Loxia curvirostra), le Cincle d'Amérique (Cinclus mexicanus), le Junco ardoisé (Junco hyemalis), le Pic à poitrine rouge (Sphyrapicus ruber), le Pic de Williamson (Sphyrapicus thyroideus), le Tarin des pins (Spinus pinus) ou encore le Bruant hudsonien (Spizella arborea)[49]. Les principaux lacs et rivières qui entourent les Three Sisters sont peuplés de l'Omble de fontaine (Salvelinus fontinalis) et de la Truite arc-en-ciel (Oncorhynchus mykiss)[31],[49].
Histoire
Histoire éruptive
North Sister, le plus ancien des trois volcans[18], naît par-dessus le champ volcanique de Tumalo[35], et plus particulièrement par-dessus un autre volcan bouclier connu sous le nom de formation de Little Brother[19], moins de 170 000 ans BP[35],[50]. Il connaît des éruptions essentiellement jusqu'à la fin du Pléistocène[18], vers 100 000[10],[24] à 50 000 ans BP[50], quoique des roches aient été récemment datées à moins de 25 000 ans BP[50], et est désormais considéré comme éteint[41]. Middle Sister naît entre 100 000 et 50 000 ans BP[10],[50]. À la fin de cette période, un volcan bouclier se met parallèlement en place dans l'actuelle zone de South Sister[39]. Ce dernier est le plus jeune des trois volcans[18], l'essentiel de la montagne étant daté de plus de 25 000 ans[10],[24] mais moins de 40 000 ans[50]. Middle Sister connaît sa dernière éruption vers 14 000 ans BP[20],[50] et est également considéré comme éteint[41]. Enfin, les dernières éruptions de South Sister, ayant émis des coulées de lave et donné naissance à des dômes au sud en direction du lac Sparks, remontent à environ 2 000 ans[21] et il demeure endormi[41]. Plus précisément, vers 350 av. J.-C., un épisode éruptif produit depuis des cônes satellites sur le versant sud-ouest des éjectas puis une épaisse coulée de lave rhyolitique donnant naissance à Rock Mesa. Enfin, vers 50 av. J.-C., l'intrusion de magma siliceux au niveau d'une fissure volcanique sur le versant sud-est, et dans une moindre mesure sur le versant nord, constitue l'épisode de Devils Hill[51],[52].

En , des mesures interférométriques par satellite de télédétection révèlent un renflement topographique continu au cours des quatre années précédentes[53] d'abord de l'ordre d'un centimètre par an jusqu'en 1998 puis atteignant trois à quatre centimètres par an les années suivantes[54]. La zone, de quinze à vingt kilomètres de diamètre, est centrée à cinq kilomètres à l'ouest de South Sister[21],[53]. Signe d'une possible recharge en magma vers six ou sept kilomètres de profondeur[53],[55], il fait craindre un réveil du volcan. En , un essaim de trois cents séismes de magnitude inférieure à 1,5 se produit autour de cette zone sur une période de plusieurs jours[53]. Le volume de magma est alors estimé à 50 à 70 millions de mètres cubes[54]. En 2006, une diminution de la vitesse de renflement est détectée[53] pour ne plus représenter que quelques millimètres par an[54]. En 2006, sept nouveaux séismes d'une magnitude allant jusqu'à 1,8 se produisent[56]. En 2007, le soulèvement se stabilise à un taux de 1,4 cm par an[53] et l'état de vigilance décroît bien que la région demeure potentiellement active[56]. Depuis 2017, le taux de soulèvement moyen est de 0,5 cm par an[53]. En 2020, l'étendue du renflement cumulé depuis 1995 s'élève à 30 centimètres d'amplitude en son centre[53] et atteint finalement 600 km2[54].
Histoire humaine
La région des Three Sisters est occupée dès la fin de la dernière glaciation par les Amérindiens, essentiellement des tribus Païutes du Nord à l'est et Molala à l'ouest qui profitent en été et à l'automne des ressources naturelles. Ils récoltent des baies, fabriquent des paniers, chassent et extraient de l'obsidienne afin de fabriquer des pointes de flèches et de lances mais également à des fins commerciales. Des traces d'art rupestre sont visibles à Devils Hill, au sud de South Sister[57].

Le premier Occidental à découvrir les Three Sisters est l'explorateur Peter Skene Ogden de la Compagnie de la Baie d'Hudson en 1825. Il décrit « un certain nombre de hautes montagnes » au sud du mont Hood[58]. Dix mois plus tard, en 1826, son collègue le botaniste David Douglas confirme leur existence et rapporte depuis la vallée de la Willamette l'existence de pics « recouverts de neige sur une piste inconnue du pays »[58]. Cette vallée étant progressivement colonisée dans les années 1840, les Euro-Américains approchent les sommets par l'ouest et les nomment probablement individuellement à cette époque[58]. Les différents explorateurs les utilisent régulièrement comme point de repère depuis l'est, à l'instar de Nathaniel Jarvis Wyeth en 1839, du capitaine John Charles Frémont et son corps de topographes en 1843, des lieutenants Robert S. Williamson et Henry Larcom Abbot accompagnés de John Strong Newberry dans le cadre des Pacific Railroad Surveys en 1855[58]. En 1862, afin de relier la vallée de la Willamette aux ranchs de l'Oregon central puis les colonies aurifères de l'Oregon oriental et de l'Idaho, Felix et Marion Scott tracent, au nord du cratère Yapoah et via le col Scott, une piste assez large pour y passer des chariots à bâche. Elle devient connue sous le nom de Scott Trail avant d'être progressivement abandonnée au début du XXe siècle au profit de la route du col McKenzie, plus au nord[58].
La première ascension de Middle Sister est réussie en 1860[59]. George H. Collier, professeur à l'université d'Oregon arrivé dans l'État en provenance de l'Ohio en 1868, gravit partiellement les Three Sisters en 1880[30],[60]. Le glacier Collier est baptisé en son honneur[30],[61],[62]. À partir de 1883, une équipe de l'United States Geological Survey menée par J. S. Diller commence l'étude systématique des montagnes de la chaîne des Cascades, en les longeant par l'est et en réalisant des incursions vers chacun des sommets notables, y compris les Three Sisters. La première ascension officielle de South Sister est réalisée la même année par l'expédition menée par Adolph Dekum[63],[64]. Celui-ci rapporte, dans son journal, l'existence au sommet d'empilements de pierres de 1,50 à 1,80 mètre de hauteur, semblables à d'autres trouvés au mont Bachelor et au pic Maiden, témoignant de cérémonies proches de rites de passage par des tribus amérindiennes non identifiées[65]. North Sister reste le dernier grand problème de la chaîne des Cascades, à cause de sa difficulté et de son inaccessibilité importantes ; il est finalement résolu en 1910[66] par Harley H. Prouty[67],[41],[68].
À la fin du XIXe siècle, la production de laine devient intensive dans l'Oregon oriental. Les éleveurs, en quête de nouveaux pâturages, mènent chaque année leurs troupeaux de 1 500 à 2 500 moutons vers les Three Sisters. Ils arrivent en mai ou juin dans les forêts de Pin tordu sur les piémonts, notamment autour du Whychus Creek, et montent en août en direction des alpages pour y demeurer jusqu'en septembre. Dans les années 1890, le surpâturage est prononcé[69]. Malgré des mesures de régulation, il culmine en 1910 avant d'être totalement interdit dans les années 1930 à North et Middle Sister puis 1940 à South Sister[70].
En 1893, le président Grover Cleveland, sur la base du Forest Reserve Act of 1891, décide de créer la réserve forestière de la chaîne des Cascades incluant une bande de terres large de 30 à 100 kilomètres autour de sa crête principale depuis la gorge du Columbia pratiquement jusqu'à la frontière avec la Californie. En 1905, son autorité passe du Land Office au Service des forêts. D'abord renommée réserve forestière de Cascade, elle devient forêt nationale de Cascade en 1907. L'année suivante, elle est scindée : sa partie orientale devient forêt nationale de Deschutes ; sa partie occidentale fusionne en 1934 avec la forêt nationale de Santiam pour former la forêt nationale de Willamette[71].

La plupart des glaciers des Three Sisters sont décrits pour la première fois par Ira A. Williams de l'Oregon Bureau of Mines and Geology en 1916[27]. C'est toutefois en 1924 que le Dr Edwin T. Hodge de l'université d'Oregon réalise la première étude scientifique du glacier Collier ; il en profite pour cartographier la zone[29] et nommer plusieurs sites des Three Sisters[61]. À partir d', Ray Rims, fort de l'expérience acquise après les ascensions et répétitions effectuées par son club des Obsidians d'Eugene, réalise annuellement, pendant trente ans, des excursions vers le glacier Collier[29],[62]. Celui-ci est également largement étudié entre les années 1930 et les années 1960 par le club d'alpinisme des Mazamas[27].
Le marathon des Three Sisters trouve ses origines en 1931 lorsque Don Woods, Ed Johnson et Clifford Stalsberg des Obsidians réalisent la traversée des trois sommets en 16 heures et 30 minutes environ en partant d'un camp à la base de North Sister pour aboutir au camp de vacances de Green Lakes[72].
Dans les années 1930, les Three Sisters font l'objet d'une proposition de classement en monument national[24]. Afin de conserver son autorité sur la région, le Service des forêts décide de créer en 1937 une zone primitive (primitive area en anglais) de 773 km2[5],[24]. L'année suivante, à l'instigation du défenseur de la nature et employé du Service des forêts Bob Marshall, elle est agrandie de 225 km2 dans le bassin du French Pete Creek[24]. Toutefois, il meurt en 1939 et, en 1957, le Service des forêts décide de reclasser la région en zone naturelle (wilderness area) tout en retirant, malgré les protestations des militants écologistes locaux, les alentours du French Pete Creek où sont présentes des forêts anciennes convoitées[24],[73]. Avec la ratification du Wilderness Act en 1964, la zone naturelle intègre le National Wilderness Preservation System[24]. Grâce à la mobilisation dans tout l'État de l'Oregon, le Congrès décide en 1978 de signer l'Endangered American Wilderness Act qui mène à la réintégration du French Pete Creek et ses alentours dans la réserve intégrale Three Sisters[24],[73]. Elle est de nouveau élargie en 1984, avec l'adoption de l'Oregon Wilderness Act, de 154 km2 autour des lacs Erma Bell[24].






