Touazine

tribu tunisienne From Wikipedia, the free encyclopedia

Les Touazine (arabe : التوازين, berbère : Itwaziyen ) sont un ensemble de tribus arabo-berbères installées dans la région tunisienne de Ben Gardane et de Médenine[1].

Régions d’origine Djeffara
Langues Arabe , Berbère
Religions Islam
Ethnies liées Ouerghemma
Faits en bref Régions d’origine, Langues ...
Touazine
Description de cette image, également commentée ci-après
Un Touazine.
Autres
Régions d’origine Djeffara
Langues Arabe , Berbère
Religions Islam
Ethnies liées Ouerghemma
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C'est une tribu traditionnellement nomade, bien qu’ils passent la majeure partie de l’été dans des gourbis situés aux environs de Médenine. Une partie de l’oasis de Zarzis leur appartient historiquement. Attachés aux valeurs d’indépendance et d’égalité, ils ne reconnaissaient autrefois d’autre autorité que celle du Miâad, avant l’instauration du protectorat francais.Ils étaient riches en pâturages, les immenses terrains de parcours des Touazine nourrissent les nombreux troupeaux de cette tribu. Ils étaient décrits comme étant de vigoureux cavaliers, réputés pour leur bravoure[2].

Cette tribu de la Djeffara occidentale, peuple ce territoire, conquit après les deux refoulements des ksour Nabech en 1705 et Ben Gardane en 1792. Elles refoulent les nouaïel progressivement au-delà de Ghomrassen en 1665, puis au-delà de l'oued Fessi en 1705 et enfin à l'est de Moqta en 1792[3]. Les Touazine s'emparent aussi de la plaine de la Hamza, appartenant à la tribu arabe des Hazem, et y fondent un ksar, qui constitue l'actuelle ville de Médenine[4].

Les Touazine viennent aussi s'établir à Metameur, repoussant au sud les Nouaïel que l'on retrouve sous ce nom en Tripolitaine, en bordure de la frontière, et au nord les Hazems qui habitent le territoire de Gabès auprès des Hamernas issus comme eux des Banu Sulaym. De probable fusion et absorption ont lieu entre les Touazine et des groupes de Banu Sulaym acceptés après cette reconquête[5].

Cet ensemble de tribus, appartient historiquement, à la division généalogique des Ouerghemma[6],[7].

Etymologie

Le nom Touazine viendrait du nom de leurs ancêtres Touzine[8]. Le nom se compose avec le préfixe « "les" [ta] Ouazine », ce qui donnera les Taouazine ou Touazine[9].

Origine

Ils appartiennent d'une part a la tribu zénète des Wassin qui ont donné leur nom à un ksour du djebel Demmer, au sud-est de l'Ifriqiya, trace de leur présence dans la région[10]. Ils sont aussi apparenté aux Aït Demmer[11]. Ibn Khaldoun rapporte que la tribu sort la souche de Ouacine Ibn Isliten et ont pour sœurs les tribus des Maghraoua et des Ifren. Cependant, il rappelle certains les regardent comme descendues de Ouanten ibn Ourchik ibn Djana, et les font ainsi sœurs de Messart (Misrata) et de Tadjora[12].

L’hypothèse d’une origine arabe est également avancée à travers la tradition maraboutique de la tribu, selon laquelle les chefs tribaux devaient obligatoirement appartenir à une lignée arabo-chérifienne. Cette tradition s’accompagne d’apports arabes attestés, notamment par l’intégration de groupes tels que les Aouled Khelifa, d’origine hilalienne. Néanmoins, les sources soulignent que le substrat majoritaire de la tribu demeure zénète[13].

Ibn Hazm qui est cité par Ibn Khaldoun nous dit qu'Ourchik eut trois fils : Messart, Tadjora et Ouacine. les Beni Ourchik Ibn Edilet, famille qui se partage en deux branches, Demmer et Zakïa, tous les deux fils d'Ourchik. Au nombre des familles qui descendent de Zakïa, dit-il ensuite, on remarque les Beni Maghraoua, les Beni lfren et les Beni Ouacine. La mère de ces derniers se nommait Ouacine et était esclave de la mère de Maghraoua. Ces trois branches eurent pour père Isliten, fils de Mesra, fils de Zakïa[14].

Histoire

Vers 1550, les Touazine, auxquels s’agrégèrent des Khezours de Béni Kheddache, et divers autre tribus dispersés un peu partout, descendirent du rocher de Ghomrassen. Ils prirent Médenine aux Hazem qui durent se retirer sur Mareth et Gabès. Pendant ce temps, les Ouderna chassaient les Ouled Yacoub de l’oued Tataouine et les Accara délogeaient les Nouail de Zarzis, Ces derniers s’étant établis au Sud-Ouest de la Sebkha el Melah, à Gassem Nebèche, furent encore refoulés vingt ans plus tard, par les Touazine et les Accara réunis. Ils se retirèrent plus à l’Est, au Sud d’El Biban, où se trouvaient les petites fractions Tripolitaines des Oulad Chebel, et pour se mettre en mesure de résister à leurs adversaires, ils bâtirent un fortin nommé Ksar Ben Gardane, du nom du maçon qui l’édifia. Ce vieux fortin existe encore. Il ne servait, à l’époque où il fut construit, qu’à emmagasiner les récoltes et n’était occupé que par quelques gardiens, mais il devenait à l’occasion un excellent point d’appui pour les Nouails[15].

Vers 1770, un parti de douze cavaliers Touazine s’en empara par surprise. Démantelé, ce fortin resta inoccupé jusqu’à l’arrivée des Français à Ben Gardane. Ce dernier épisode mis à part, l’histoire des Touazine est mal connue. Cette tribu n’a pas de tradition ancienne. Il ressort simplement de récits confus qu’après avoir disputé le territoire de Médenine aux Hazem et le littoral de la mer de Boughrara aux Hamerna, les Touazine, tour à tour battus et triomphants, parvinrent à expulser les Nouails de Ben Gardane et les obligèrent à établir leurs campements sur les rives Est de la Moghta où ils sont encore. Cette victoire cependant ne permit jamais aux Touazine une occupation paisible du pays. Les troupeaux et les laboureurs ne dépassaient l’Oued Fessi que sous la protection de gardiens armés. Les combats meurtriers et razzias de troupeaux étaient très fréquents. Les emplacements où moururent des Touazine sont marqués par des tas de pierres appelés « Mechehed » et furent les premiers titres de propriété de la tribu[16].

Les historiens disent que les ksour d'Aurghama à Médenine capitale de la Jeffara n'ont jamais été menacés ou touchés par les envahisseurs des tribus de l'Est ou de I'Ouest pendant toute I'histoire du XVIIIe siècle et XIXe siècle. L'appel au secours du marabout Sidi Ali Abi aux Touazine pour protéger les Ksours, I'histoire mythique ou réelle de cet appel qui reste dans la mémoire des Djeffariens en s'adressant aux Touazine. C'est cette alliance, entre les tribus maraboutiques et les tribus guerrières qui a sauvegardé les Ksours en tout temps, cette défense s'est poursuivie jusqu'à l'indépendance et l'arrivée de la première République[17].

Composition

La confédération serait composée de plusieurs tribus toutes dirigé par un chef d'ascendance chérifienne (descendant du prophète Mahomet), à savoir :

  • Maztoura (arabe : مزطورة) ;
  • Ouled Bouzid (arabe : اولاد بوزيد) ;
  • Ouled Hamed (arabe : اولاد حامد) ;
  • Ouled Khalifa (arabe : اولاد خليفة).

La fractions maraboutique (chérifienne) des Médenine, appartenant aux Lemaïa (tribu des Beni Faten)[18],[19], semblaient faire partie des Touazine vers 1890 mais en aurait été séparée depuis lors au point de vue administratif[20],[21],[22].

Références

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