Zaza Dior
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Neuilly-sur-Seine (France)
Garches (France)
| Naissance | Neuilly-sur-Seine (France) |
|---|---|
| Décès |
(à 46 ans) Garches (France) |
| Nom de naissance |
Paul Pierre Louis Leloup |
| Pseudonyme |
Zaza Dior, Zaza Diors, Zsa Zsa Diors, Zaza Carol, D. d’Yor |
| Autres noms |
Dominique Anne Leloup (jugement de 1975) |
| Nationalité |
française |
| Activité |
artiste de cabaret, journaliste, chroniqueuse, animatrice radio |
| Période d'activité |
1963–1993 |
Zaza Dior, de son vrai nom Dominique Anne Leloup selon un jugement de 1975 (née Paul Pierre Louis Leloup le 17 mars 1947 à Neuilly-sur-Seine et morte le 10 septembre 1993 à Garches), est une artiste de cabaret, journaliste et animatrice de radio française. Figure de la nuit parisienne et pionnière transgenre, elle est active du début des années 1960 jusqu’au milieu des années 1990, principalement sous les pseudonymes de Zaza Dior jusqu’en 1974 et Zaza Diors dès 1975.
Artiste de cabaret dans les années 1960 et 1970, Zaza Dior se produit internationalement et à Paris au Carrousel de Paris, Madame Arthur, à L’Alcazar et au cabaret Le Nuage. Dans les années 1980, elle devient chroniqueuse dans la presse gay, notamment dans les magazines 5 sur 5 et G.I. fondés par David Girard, puis animatrice de l’émission radiophonique Lune de Fiel sur Radio FG.
Proche de personnalités comme Françoise Sagan, Régine, Thierry Le Luron ou Jacques Chazot, Zaza Dior incarne une figure emblématique du Tout-Paris des années 1970-1980. Morte du sida en 1993, elle est redécouverte au XXIe siècle à travers plusieurs ouvrages retraçant l’histoire des artistes transgenres et des milieux de la nuit parisiens.
Jeunesse et formation (1947–1963)
Zaza Dior, de son nom de naissance Paul Pierre Louis Leloup, naît le 17 mars 1947 à Neuilly-sur-Seine[1], au 2 boulevard du Château. Sa mère, Valentine Leloup, secrétaire d’origine russe née à Pétrograd en 1916, la reconnaît officiellement quelques mois après sa naissance. Son père n’est pas mentionné sur l’acte d’état civil, mais Zaza affirmera plus tard qu’il s’agissait d’un industriel proche de Sylvain Floirat. L’enfant grandit dans un environnement exclusivement féminin, entourée de sa mère et de sa grand-mère maternelle, Marie Leloup, qui les héberge rue Linné, dans le Ve arrondissement de Paris.
Durant son enfance, elle partage sa vie entre ce domicile parisien et une maison de Rueil-Malmaison dans un quartier encore semi-rural. Après la mort de sa grand-mère, elle s’installe vers 1969 avec sa mère rue de Lévis, dans le XVIIe arrondissement de Paris, où elle résidera plusieurs décennies jusqu’à sa mort.
Élevée dans la religion catholique, elle se décrit elle-même comme un enfant délicat, efféminé et mystique. Zaza est scolarisée à Lisieux puis à l’École des Roches, une pension réputée près de Verneuil-sur-Avre. C’est au cours de son adolescence qu’elle découvre, dans la presse illustrée, la figure de Coccinelle, première artiste transsexuelle française à obtenir la reconnaissance légale de son changement d’état civil. Cette révélation marque un tournant intime et symbolique dans sa construction identitaire.
Débuts à Paris et premières transformations (1963–1965)
À la fin de l’année 1963, âgée de seize ans, Zaza fugue de l’École des Roches et retourne à Paris. Peu après son arrivée dans la capitale, elle découvre les milieux interlopes de la nuit parisienne et traverse une brève période de prostitution qu’elle assumera publiquement dans plusieurs entretiens ultérieurs.
Arrêtée alors qu’elle se promène travestie en femme dans le quartier des Champs-Élysées, elle est conduite au Dépôt et présentée à une magistrate qui lui délivre un certificat de complaisance mentionnant des signes d’hermaphrodisme, document qu’elle fera par la suite reporter sur ses papiers d’identité en 1966.
Faute de ressources suffisantes pour envisager une chirurgie de réassignation, qu’elle songe un temps à faire pratiquer à Casablanca, elle débute sa transformation hormonale par injections, tout en se produisant dans de petits cabarets de province. En 2025, un témoignage de l’artiste Pierre Brossard évoque sa présence vers 1963 au cabaret La Paix, à Tours, où il partagea sa loge avec « un transformiste du nom de Zaza Dior » au sein d’une troupe de cinq ou six artistes variés[2].
Appelée au service militaire comme tout jeune homme de sa génération, elle se présente à la caserne vêtue d’un tailleur sobre et une opulente poitrine. Les autorités militaires, incrédules, refusent d’abord de l’admettre, puis la déclarent réformée après un examen physique complet. Cet épisode, qu’elle relatera dans plusieurs interviews, devient l’un des premiers éléments publics de sa légende personnelle.
Carrière de scène et transformation en Zaza Dior (1965–1975)
À partir de 1965, Zaza Dior commence sa carrière artistique sur les scènes parisiennes, qu’elle résumera lors d’une rétrospective en 1985 par la formule « vingt ans d’agitation nocturne ». Transformée physiquement — poitrine hormonée, chevelure blonde platine et silhouette féminine — elle se produit dans plusieurs cabarets célèbres, parmi lesquels le Carrousel de Paris, Madame Arthur, Elle & Lui, L’Alcazar, L’Ange Bleu, Le Festival et Le Nuage. Elle adopte le prénom Zaza, en hommage à Zizi Jeanmaire, et choisit le nom de scène complet « Zaza Dior » probablement en référence au couturier et parfumeur, à l’instar de Lola Chanel, Ramona Ricci et Carole Cabochard.
Ses numéros, mêlant humour, provocation, strip-tease et chanson, la distinguent par leur ton ironique et leur mise en scène théâtrale. Plusieurs titres sont cités dans les archives et articles de presse : Viens chez Roger, Zaza Twist, Mathias, La Peau d’homme et C’est mon gigolo.
Dans les années 1960 et 1970, Zaza Dior participe à des tournées de cabarets à l’étranger — notamment au Moyen-Orient et en Italie — et côtoie d’autres artistes travestis comme Bambi ou Coccinelle. Elle est décrite par plusieurs contemporains comme vive, drôle et sarcastique, mais aussi indisciplinée et portée sur l’alcool, ce qui freine son ascension vers la notoriété.
Son nom apparaît aussi dans le domaine du cinéma. Elle prétend avoir figuré parmi les vedettes du film policier érotique Sexy Gang (1967), bien que sa participation ne soit pas formellement attestée. En revanche, elle apparaît bien dans un rôle secondaire de Brusgiature, film expérimental tourné en Corse en 1972 par Dominique Degli Esposti, et monté et projeté seulement 10 ans plus tard. Ce film fut sélectionné en 1985 au Festival de Cannes dans la section « Perspectives du cinéma français ».
L’année 1974 marque un tournant dans sa trajectoire. En février, le magazine LUI lui consacre un portrait illustré d’un fac-similé de sa carte d’identité portant la mention « présente des signes d’hermaphrodisme »[3]. Un mois plus tard, le magazine Privé publie un long entretien dans lequel Zaza — le pseudonyme est alors simplifié à un simple prénom — raconte sa vie, ses débuts dans les cabarets et la préparation d’un livre autobiographique intitulé Un travelo nommé désir[4]. Dans le même temps, elle signe sous le pseudonyme D. d’Yor — jeu de mots sur Dior — les paroles d’un sketch intitulé Les deux folles pour le duo Green et Lejeune, édité en 45 tours et vendu à plus d’un million et demi d’exemplaires.
Le 2 juillet 1974, elle dépose une requête auprès du tribunal de grande instance de Paris pour obtenir la reconnaissance légale de son sexe féminin et modifier ses prénoms. Par jugement du 29 avril 1975, le tribunal rejette la demande de changement de sexe mais accepte la substitution de ses prénoms masculins par un premier prénom neutre, Dominique, suivi de Anne[5].
Vie mondaine et reconversion journalistique (1976–1982)
À partir de 1976, Zaza Dior — qui ajoute désormais un « s » à son pseudonyme pour devenir Zaza Diors — délaisse progressivement la scène pour s’imposer comme figure du Tout-Paris mondain. Elle apparaît fréquemment dans les soirées et cabarets parisiens, aux côtés de personnalités comme Françoise Sagan, Alice Sapritch, Régine, Thierry Le Luron ou Jacques Chazot. Plusieurs ouvrages biographiques et témoignages, dont ceux de Thierry Le Luron[6] et Élisabeth Quin[7], la mentionnent parmi les personnages familiers du Colony, club emblématique de la rue Sainte-Anne, centre névralgique de la vie nocturne homosexuelle parisienne de la fin des années 1970.
Dans ces années, Zaza Dior occupe le rôle d’hôtesse et d’animatrice de soirées au Colony, fonction attestée par plusieurs mentions dans L’Officiel Hommes et L’Officiel de la mode. Sa présence est également signalée au Bronx, autre établissement de la même rue, ainsi qu’au Nuage et au 7, clubs fréquentés par les milieux artistiques et homosexuels parisiens. Elle s’affirme comme une personnalité à part entière de la vie nocturne : provocante, drôle, cultivée et dotée d’un sens aigu de la répartie, qualités relevées par plusieurs témoins contemporains tels qu’Alain Pacadis[8] ou Bambi.
Vers la fin des années 1970, elle commence à collaborer officieusement à la presse mondaine, rédigeant des échos et chroniques anonymes pour divers magazines.
C’est vraisemblablement dans ce milieu, autour de la rue Sainte-Anne, que Zaza rencontre David Girard, jeune prostitué qui deviendra son partenaire professionnel pendant près d’une décennie. Girard fonde en 1981 le David Relax, un salon d’esthétique et de massages dont l’activité réelle est liée à la prostitution. L’installation de cette activité, située dans un premier temps rue de Lévis, a probablement bénéficié du soutien de Zaza. Leur association, fondée sur la complicité et l’humour, préfigure les nombreux projets communs qu’ils mèneront dans la presse et les médias au cours des années 1980.
Les années 5 sur 5 et la consécration médiatique (1983–1986)
En septembre 1983, Zaza Dior intègre la rédaction du magazine gay 5 sur 5, fondé par David Girard. Elle y tient deux rubriques régulières, Salut les copines et Les coups de cœur de Zaza Diors, dans lesquelles elle commente avec humour la vie nocturne parisienne, les tendances et les personnalités du moment. Le ton, à la fois caustique et mondain, contribue à définir l’identité éditoriale du journal, dont la diffusion gratuite atteint plusieurs dizaines de milliers d’exemplaires. Dans ses chroniques, Zaza développe un style qualifié par David Girard de « plume de nitroglycérine »[9] pour son mélange de verve et de causticité.
Le duo qu’elle forme avec Girard devient emblématique de la scène médiatique gay du début des années 1980. Ensemble, ils multiplient les apparitions publiques et s’imposent comme un couple professionnel et mondain. Parallèlement à 5 sur 5, Zaza collabore à d’autres titres de presse homosexuelle, notamment Gay International (ou G.I.), dirigé également par Girard.
La présence de Zaza dans les médias s’étend ponctuellement à la télévision. Le 24 octobre 1983, elle participe à l’émission À la croisée des chansons, produite par Pascal Sevran sur TF1, où elle interprète en direct le titre Barbara Strip dans un décor de cabaret portuaire.
Zaza Dior fait également une brève apparition non créditée dans le film policier La Balance (1982) de Bob Swaim, dans un petit rôle de prostituée. En janvier 1986, elle apparaît à la télévision dans un reportage intitulé Gay bizness, diffusé dans l’émission Moi je sur Antenne 2, consacré à la commercialisation de la culture gay parisienne. Aux côtés de David Girard, elle est présentée comme « chroniqueuse mondaine » et évoque brièvement la solitude et la marginalisation dans ce milieu.
Au cours de cette période, Zaza continue à se produire ponctuellement sur scène. En mars 1985, elle fête ses vingt ans de carrière lors d’un récital au cabaret Le Réverbère. En avril 1985, elle est à nouveau invitée par Sevran dans La Chance aux chansons, où elle chante en playback C’est mon gigolo, entourée d’affiches la représentant à ses débuts de cabaret. Parallèlement, elle anime certaines soirées du restaurant Chez David (rue Saint-Honoré), propriété de David Girard, et participe à des événements mondains organisés dans la boîte de nuit Haute Tension, ouverte fin 1983 dans le même immeuble.
Cette période, qui coïncide avec la visibilité croissante de la presse homosexuelle française, consolide la notoriété de Zaza Dior.
L’aventure radiophonique – Lune de Fiel (1986–1989)
En juillet 1986, Zaza Dior et David Girard lancent une émission hebdomadaire sur la radio parisienne Future Génération, intitulée Lune de Fiel. Diffusée chaque mardi soir de 22 heures à minuit sur la fréquence 94.4 FM, l’émission devient rapidement culte auprès du public homosexuel et étudiant d’Île-de-France. Conçue comme une libre antenne nocturne, Lune de Fiel mêle confidences, humour provocateur, discussions érotiques et sketchs parodiques. Le ton volontairement irrévérencieux rompt avec les formats radiophoniques traditionnels de l’époque, en abordant ouvertement la sexualité, les fantasmes et les sujets tabous de la culture gay.
Le duo fonctionne sur un registre de comédie complice : Zaza y interprète différents personnages outranciers, alternant imitations et anecdotes, tandis que Girard assure le fil conducteur et la promotion de ses activités commerciales (clubs, saunas, journaux, télématique et produits dérivés). Leur échange, souvent ponctué de traits d’esprit et d’autodérision, donne à l’émission une tonalité à la fois populaire et transgressive. Le succès de Lune de Fiel dépasse rapidement Paris : grâce aux enregistrements amateurs diffusés sous forme de cassettes audio, le programme circule dans toute la France.
Vers 1987, une jeune auditrice prénommée Pascale rejoint l’équipe. Étudiante d’une vingtaine d’années, elle renforce la dynamique du duo original avec un regard féminin. Plusieurs témoignages contemporains soulignent la popularité du programme, considéré comme un espace de liberté de ton inédit dans les médias français de l’époque.
En septembre 1989, Lune de Fiel s’interrompt après plus de trois années d’antenne. L’arrêt de l’émission marque la fin de la période la plus médiatique de la carrière de Zaza Dior et clôt symboliquement la décennie où elle fut l’une des voix singulières de la scène gay parisienne.
Maladie, deuil et fin de vie (1990–1993)
À la fin des années 1980, la santé de Zaza Dior et de David Girard se dégrade. Tous deux sont atteints du VIH et suivent un traitement à base d’AZT, médicament alors nouvellement disponible. L’arrêt de leur émission radiophonique Lune de Fiel en 1989 coïncide avec une période de retrait progressif de la vie publique. David Girard se consacre à la réorganisation de ses affaires et à la préparation de sa succession avant de mourir le 23 août 1990, à l’âge de 31 ans.
Quelques semaines plus tard, Zaza publie dans le magazine Gay Infos un article intitulé La dernière ascension, hommage lyrique à son ami et collaborateur disparu. Elle y décrit sa trajectoire comme celle d’un personnage romanesque et compare sa mort à celle d’une héroïne de Dumas fils : « la légende née dans les années 1980 n’est pas prête de s’éteindre »[10]. Dans un entretien accordé à Gai Pied Hebdo peu après, elle confie : « Aujourd’hui, je suis à la fois veuve et orpheline. Pendant près de dix ans, David et moi avons formé un couple. [...] C’était une histoire d’amour fondée sur une complicité d’esprit, mais David, pourtant si jeune, me protégeait comme un père »[11].
Après la mort de Girard, Zaza poursuit sa carrière journalistique de manière sporadique. Elle continue d’écrire pour G.I., mais ses chroniques deviennent plus rares et prennent un ton plus impersonnel. Elle se tient à l’écart de la vie mondaine.
Affaiblie par la maladie, Zaza est hospitalisée à l’hôpital Raymond-Poincaré de Garches à l’été 1993. Elle y meurt le 10 septembre 1993 à 5 h 15, à l’âge de 46 ans, des suites du sida. Son acte de décès la désigne sous son identité civile de Dominique Anne Leloup, journaliste, domiciliée à Paris[12]. Sa sépulture n’a pas été localisée à ce jour.
Héritage et postérité
La disparition de Zaza Dior, en 1993, passe inaperçue dans les médias. Aucun article de presse ni hommage public n’est publié à l’époque, et sa mémoire s’efface progressivement du paysage culturel.
Son souvenir réapparaît de manière ponctuelle dans plusieurs ouvrages consacrés à la vie mondaine, à la transidentité et à la culture gay française. Élisabeth Quin la mentionne dans Bel de nuit – Gérald Nanty (2007) sous le nom de « Zsa Zsa Dior », personnalité familière de Françoise Sagan et figure attachante du Tout-Paris. François Jonquet, dans Jenny Bel’Air, une créature (2001), évoque ses prestations dans les cabarets parisiens et sa présence marquante dans les cercles mondains des années 1970 et 1980[13]. Véronique Willemin, dans Les Secrets de la nuit (2014), souligne son rôle aux côtés de David Girard comme chroniqueuse dans 5 sur 5 et coanimatrice de l’émission radiophonique Lune de Fiel[14].
D’autres témoignages, notamment ceux de Bambi (Marie-Pierre Pruvot)[15],[16],[17], de Coccinelle et de Régine, confirment sa réputation d’artiste de cabaret talentueuse, provocatrice et dotée d’un humour mordant. Son influence persiste dans la mémoire collective du milieu de la nuit parisienne, où elle reste associée à une période d’effervescence culturelle et de liberté de ton précédant l’épidémie du sida.
Au XXIe siècle, le nom de Zaza Dior refait brièvement surface dans le cadre d’une théorie complotiste apparue sur Internet, identifiant à tort la Première dame Brigitte Macron comme étant « Zaza Dior » après une prétendue réassignation de sexe. Cette rumeur, dénuée de fondement, est rapidement démentie, mais attire l’attention du public sur cette figure oubliée[source secondaire nécessaire].
Carrière artistique, identité et culture
Cabaret
Zaza Dior débute sur scène au début des années 1960, d’abord dans des cabarets de province comme La Paix, à Tours, où sa présence est attestée par un témoignage direct. Dès 1965, elle rejoint les principaux cabarets transformistes parisiens : Le Carrousel de Paris[18], Madame Arthur[19], Elle & Lui, L’Alcazar, L’Ange Bleu, Le Festival et Le Nuage, où elle fera ses adieux à la scène en 1976.
Filmographie
Zaza Dior est parfois mentionnée dans le domaine du cinéma.
- En 1969, Des affiches apposées dans des cabarets présentent Zaza Dior comme l’une des vedettes du film Sexy Gang de Henry Jacques, œuvre policière érotique typique de la production française des années 1960, bien qu’aucune preuve formelle de sa participation n’ait été retrouvée.
- En 1972, elle apparaît dans Brusgiature (Bruciature)[20], film expérimental de Dominique Degli Esposti tourné en Corse et sélectionné au Festival de Cannes 1985 dans la section « Perspectives du cinéma français »[21].
- En 1982, elle fait une apparition non créditée dans La Balance de Bob Swaim, où elle interprète brièvement une prostituée.
Télévision
À partir des années 1980, Zaza Dior est invitée dans plusieurs émissions télévisées, notamment celles produites par Pascal Sevran.
- Le 24 octobre 1983, elle interprète Barbara Strip dans l’émission À la croisée des chansons (TF1), dans un décor de cabaret portuaire[22].
- Le 15 avril 1985, elle apparaît dans La Chance aux chansons (TF1), où elle chante en playback C’est mon gigolo dans un décor inspiré de ses années de cabaret[23].
- Le 8 janvier 1986, elle participe à l’émission Moi je : Gay bizness (Antenne 2), centrée sur le commerce gay à Paris ; elle y est présentée à l’écran comme « chroniqueuse mondaine »[24].
- Le 19 novembre 1987, elle est invitée à Permission de minuit, émission de Frédéric Mitterrand consacrée à Coccinelle, où elle intervient en plateau[25].
- Elle apparaît également à l’image, sans prendre la parole, dans Stars à la barre : L’homosexualité (Antenne 2, 25 avril 1989).
Discographie
Zaza Dior n’a pas publié d’enregistrements commerciaux, mais plusieurs titres de son répertoire ont été conservés dans des archives ou diffusés dans ses émissions.
- En 1974, elle coécrit sous le pseudonyme D. d’Yor le sketch humoristique Les deux folles, en face B du 45 tours Pot pour rire Monsieur le Président interprété par Patrick Green[26] et Olivier Lejeune, vendu à plus d’un million et demi d’exemplaires.
- Son répertoire scénique comprend notamment Viens chez Roger (reprise de Carlos), Zaza Twist (variation sur Alice Twist d’Alice Sapritch), Barbara Strip (de Bernard Dimey) et C’est mon gigolo (adaptation française de Just a Gigolo).
- Plusieurs de ces titres furent réinterprétés ou diffusés dans l’émission radiophonique Lune de Fiel entre 1986 et 1989.
Identité transgenre et reconnaissance juridique
Le parcours de Zaza Dior est marqué par une démarche de reconnaissance de son identité de genre. Dès 1966, la mention « présente des signes d’hermaphrodisme » figure sur sa carte d’identité, en référence à un certificat médical délivré trois ans plus tôt.
Le 2 juillet 1974, elle dépose devant le tribunal de grande instance de Paris une requête visant à faire rectifier son état civil. Le jugement du 29 avril 1975 rejette la demande de changement de sexe mais accorde la substitution des prénoms masculins par un prénom neutre. L’acte de naissance est ainsi rectifié : les prénoms « Paul Pierre Louis » sont remplacés par « Dominique Anne ».
Cette décision, transcrite en marge de son acte de naissance, constitue l’une des premières reconnaissances partielles d’identité transgenre dans le cadre judiciaire français avant les arrêts décisifs de la Cour de cassation des années 1990.
En février 1978, dans une interview dans L’Officiel Hommes, Zaza Dior se définit explicitement comme transexuelle : « Je suis née comme cela, transexuel, c'est-à-dire, et j'ignore pourquoi, une femme dans un corps de petit garçon »[27].
