16e législature du Québec
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| 15e législature | 16e législature | 17e législature | |||||||||||||||||||||||||||||
| Gouvernement Taschereau | |||||||||||||||||||||||||||||||
| 1923 | 1924 | 1925 | 1926 | 1927 | |||||||||||||||||||||||||||
| 16e législature du Québec | ||||||||||||||||||
| [Note 1] - [Note 2] | ||||||||||||||||||
| 1re session : - 2e session : - 3e session : - 4e session : - |
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| Gouvernement | ||||||||||||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Type | Parti libéral majoritaire | |||||||||||||||||
| Premier ministre | Louis-Alexandre Taschereau [Note 3]-[Note 2] |
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| Conseil des ministres | Taschereau (1923-1927) | |||||||||||||||||
| Assemblée nationale | ||||||||||||||||||
| Composition | Voir l'évolution de la composition | |||||||||||||||||
| Président | Joseph-Napoléon Francoeur (PLQ) [1]- |
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| Leader du gouvernement | Louis-Alexandre Taschereau (PLQ) - |
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| Chef de l'opposition |
Arthur Sauvé (PC) [2]- |
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| modifier |
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La 16e législature du Québec est formée à la suite des élections générales québécoises de 1923, tenues le . Le Parti libéral du Québec, dirigé par Louis-Alexandre Taschereau, remporte une victoire avec 63 sièges sur 85, contre 20 pour le Parti conservateur, 1 pour le Parti ouvrier et 1 pour un libéral indépendant.
Cette législature est marquée par une opposition conservatrice renforcée sous Arthur Sauvé, la fusion en urgence de la Banque Nationale et de la Banque d'Hochelaga (1924), l'interdiction d'exportation de l'hydroélectricité hors Québec (1926), ainsi que par l'incendie du Laurier Palace qui coûte la vie à 78 enfants le .
Élection de 1923
L'élection du confirme la domination libérale, mais avec une opposition conservatrice plus étoffée qu'aux élections précédentes. Le Parti libéral du Québec de Louis-Alexandre Taschereau obtient 63 sièges sur 85, tandis que le Parti conservateur d'Arthur Sauvé fait élire 20 députés, son meilleur résultat depuis plus d'une décennie[3]. Le Parti ouvrier compte un représentant, Pierre Bertrand dans Saint-Sauveur, et Ernest Tétreau siège comme libéral indépendant dans Montréal-Dorion. Trente-quatre des 85 députés sont de nouveaux élus.
Opposition renforcée
La 16e législature voit pour la première fois depuis plusieurs décennies une opposition conservatrice capable de mener des débats soutenus. Sous la direction d'Arthur Sauvé, au septième anniversaire de son entrée comme chef, l'opposition soumet le gouvernement à plus de 300 questions et 29 votes enregistrés lors de la seule 1re session[3]. Des figures nouvelles comme Alfred Duranleau, Camillien Houde et Jean-Marie Pellerin renouvellent l'aile montréalaise du parti. L'opposition concentre ses critiques sur la Commission des liqueurs du Québec, les routes, l'agriculture et les ressources naturelles[3].
Réformes et réalisations
Fusion des banques (1924)
En janvier 1924, une crise financière frappe la Banque Nationale et la Banque d'Hochelaga, menaçant l'épargne de milliers de Québécois. Le gouvernement Taschereau adopte en urgence une mesure d'aide de 15 millions de dollars permettant la fusion des deux établissements en une nouvelle entité. Ce dossier monopolise les débats de la 1re session, l'opposition réclamant une plus grande transparence sur les conditions de la transaction[3],[4].
Interdiction d'exportation de l'hydroélectricité
Lors de la 3e session, en 1926, le premier ministre Taschereau interdit l'exportation de l'énergie hydroélectrique produite au Québec vers les États-Unis, affirmant que « l'heure est venue d'informer nos amis du sud que nos forces hydrauliques ne sont plus exportables ». Cette mesure, destinée à attirer les industries étrangères à s'établir au Québec, s'inscrit dans la politique de valorisation des ressources naturelles du gouvernement[5].
Loi révisée sur les accidents du travail
En 1926, le gouvernement révise la Loi sur les accidents du travail (projet de loi 17) en simplifiant les procédures de réclamation et en rendant la démarche gratuite pour les ouvriers. Les employeurs sont désormais tenus de souscrire une assurance pour les travailleurs gagnant entre 1 000 et 2 000 $ annuellement. L'opposition réclame la création d'une commission indépendante, mais le gouvernement maintient la compétence des tribunaux[5],[6].
Loi d'hygiène publique
La Loi d'hygiène publique (projet de loi 10), adoptée en 1926, crée des unités sanitaires de comté dotées de médecins, d'infirmières et d'inspecteurs pour lutter contre la tuberculose et la mortalité infantile. La première unité ouvre à Beauceville le , avec l'appui financier de la Fondation Rockefeller[5],[7],[8].
Congé de la Saint-Jean-Baptiste
En 1925, l'Assemblée législative du Québec adopte à l'unanimité un projet de loi instituant le comme congé officiel pour souligner la Saint-Jean-Baptiste[9].
Événements marquants
Séisme de Charlevoix-Kamouraska (1925)
Le , un séisme de magnitude 6,2 centré sous le fleuve Saint-Laurent entre Charlevoix et Kamouraska secoue le Québec. Il s'agit du plus fort séisme enregistré dans l'est du Canada au XXe siècle. Le tremblement de terre ne cause pas de victimes mais ébranle de nombreux édifices dans la région[9],[10].
Incendie du Laurier Palace (1927)
Le , un incendie ravage le cinéma Laurier Palace de Montréal, faisant 78 victimes, dont la quasi-totalité sont des enfants. Le drame soulève une vague d'indignation et amène le gouvernement à adopter des mesures de sécurité dans les lieux publics. Les débats de la 4e session sont marqués par des échanges sur la réglementation des cinémas et la fréquentation des enfants dans ces établissements[11],[12].
Décision du Conseil privé sur le Labrador (1927)
En 1927, le Comité judiciaire du Conseil privé de Londres tranche en faveur de Terre-Neuve dans le litige frontalier opposant cette colonie britannique au Québec sur la délimitation du Labrador. Cette décision, que le Québec n'a jamais formellement reconnue, reconnaît la juridiction de Terre-Neuve sur ce territoire de 290 000 km2[11],[13],[14].
Lois marquantes
- 1924 : Loi sur la fusion de la Banque Nationale et de la Banque d'Hochelaga[3]
- 1925 : Loi instituant le comme congé officiel (Saint-Jean-Baptiste)[9]
- 1926 : Loi sur les accidents du travail (révision)[5]
- 1926 : Loi d'hygiène publique (unités sanitaires de comté)[5]
- 1926 : Loi sur la réglementation des services d'autobus[5]
- 1926 : Loi autorisant la construction du pont Montréal-Longueuil[5]
- 1927 : Loi supprimant l'obligation pour les ministres nouvellement nommés de se soumettre à une élection partielle[11]
- 1927 : Loi sur les indemnités aux victimes des inondations du lac Saint-Jean[11]
Chronologie
1923
- : 16e élections générales québécoises. Victoire du Parti libéral du Québec de Louis-Alexandre Taschereau avec 63 sièges sur 85;
- : élections partielles dans Abitibi, Brome, Richmond et Yamaska;
- : ouverture de la 1re session de la 16e législature. Joseph-Napoléon Francoeur est reconduit comme orateur de l'Assemblée législative[1].
1924
- : prorogation de la 1re session;
- : élections partielles dans Bonaventure, Québec-Comté, Saint-Maurice et Sherbrooke;
- : élection partielle dans Témiscamingue.
1925
- : ouverture de la 2e session de la 16e législature;
- : séisme de magnitude 6,2 (Charlevoix-Kamouraska);
- Adoption de la loi instituant la Saint-Jean-Baptiste comme congé officiel;
- : prorogation de la 2e session;
- : élections partielles dans Argenteuil, Berthier, Champlain et Jacques-Cartier.
1926
- : ouverture de la 3e session de la 16e législature;
- Adoption de la loi interdisant l'exportation de l'hydroélectricité;
- Adoption de la loi révisée sur les accidents du travail;
- Adoption de la loi d'hygiène publique;
- Incorporation de la ville de Noranda;
- : prorogation de la 3e session.
1927
- : Incendie du Laurier Palace, 78 enfants tués à Montréal;
- : ouverture de la 4e session de la 16e législature;
- Décision du Conseil privé de Londres sur la frontière du Labrador (en faveur de Terre-Neuve);
- : prorogation de la 4e session;
- : dissolution de la législature[Note 2];
- : 17e élections générales québécoises. Victoire du Parti libéral du Québec de Louis-Alexandre Taschereau.
Évolution des chambres
Assemblée législative
Conseil législatif
Conseil exécutif
Cabinet Taschereau (1923-1927)
Louis-Alexandre Taschereau demeure premier ministre à la suite des élections du et dirige le gouvernement jusqu'à la dissolution de la législature[15].
- Premier ministre, président du Conseil exécutif, procureur général et affaires municipales (1924-1927) : Louis-Alexandre Taschereau
- Agriculture : Joseph-Édouard Caron
- Colonisation, Mines et Pêcheries : Joseph-Édouard Perrault
- Travaux publics et Travail : Antonin Galipeault
- Terres et Forêts : Honoré Mercier fils
- Voirie : Joseph-Léonide Perron
- Affaires municipales (1923-1924) et trésorier : Jacob Nicol
- Secrétaire provincial : Athanase David
- Ministres sans portefeuille : Martin Madden, Lauréat Lapierre (1924-1927), Joseph Henry Dillon (1927), Alfred Leduc (1927)
Sièges par parti politique
- Après l'élection de 1923
| Affiliation | Députés | |
|---|---|---|
| Libéral | 63 | |
| Conservateur | 20 | |
| Parti ouvrier | 1 | |
| Libéral indépendant | 1 | |
| Total |
85 | |
| Majorité gouvernementale |
41 | |