18e législature du Québec

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17e législature 18e législature 19e législature
Gouvernement Taschereau
1931 1932 1933 1934 1935

18e législature du Québec
[Note 1] - [Note 2]
1re session : -
2e session : -
3e session : -
4e session : -
Image illustrative de l’article 18e législature du Québec
Gouvernement
Type Parti libéral majoritaire
Premier ministre Louis-Alexandre Taschereau
-
Conseil des ministres Taschereau (1931-1935)
Assemblée nationale
Composition Voir l'évolution de la composition
Président Télesphore-Damien Bouchard (PLQ)
[1]-
Leader du gouvernement Louis-Alexandre Taschereau (PLQ)
-
Chef de
l'opposition
Charles Ernest Gault (PC)
[2]-
  Maurice Duplessis (PC)
[3]-


La 18e législature du Québec est formée à la suite des élections générales québécoises de 1931, tenues le . Le Parti libéral du Québec, dirigé par Louis-Alexandre Taschereau, remporte une nouvelle victoire écrasante en faisant élire 79 députés sur 90, contre 11 pour le Parti conservateur.

Cette législature, la dernière du long régime Taschereau, est marquée par la Grande Dépression et le chômage de masse, par l'élection de Maurice Duplessis à la tête du Parti conservateur en 1933, par la fondation de l'Action libérale nationale de Paul Gouin en 1934, par la lutte contre le « trust de l'électricité » menée par Philippe Hamel, par le plan de colonisation Vautrin et par les premiers signes du scandale des comptes publics qui mènera à la chute du gouvernement libéral en 1936.

Élection de 1931

L'élection du confirme la domination libérale au Québec. Le Parti libéral du Québec de Louis-Alexandre Taschereau obtient 54,9 % des voix et fait élire 79 députés sur 90, alors que le Parti conservateur de Camillien Houde recueille 43,5 % des voix mais seulement 11 sièges. Houde est défait dans ses deux comtés, ce qui prive l'opposition de son chef à la Chambre[2].

Direction de l'opposition

En l'absence de Houde, le caucus conservateur désigne Charles Ernest Gault, doyen de l'Assemblée et député de Montréal–Saint-Georges, comme chef parlementaire intérimaire. Maurice Duplessis, député de Trois-Rivières, s'impose néanmoins comme le principal critique du gouvernement[2]. Le , Houde démissionne de la direction du parti et le , le caucus conservateur élit Duplessis chef intérimaire[3]. Le , lors d'un congrès tenu à Sherbrooke, Duplessis est élu chef permanent du parti par 332 voix contre 214 pour Onésime Gagnon[4],[5],[6].

Dissidence libérale et fondation de l'Action libérale nationale (1934)

Au sein du Parti libéral, une aile dissidente se cristallise autour de Paul Gouin, fils de l'ancien premier ministre Lomer Gouin et petit-fils du premier ministre Honoré Mercier. Le , Gouin fonde l'Action libérale nationale (ALN), un mouvement réformateur qui s'inspire du Programme de restauration sociale publié par l'École sociale populaire en septembre 1933 et qui réclame notamment la nationalisation de l'électricité, la colonisation, la lutte contre les trusts et une législation sociale ambitieuse[4],[7],[8].

Réformes et réalisations

Loi Dillon sur les élections contestées (1931)

Lors de la 1re session, le gouvernement fait adopter le projet de loi 32, dit « loi Dillon » du nom de son parrain Joseph Henry Dillon. La loi modifie de manière rétroactive la procédure de contestation des élections afin de bloquer les contestations en bloc des 79 élus libéraux préparées par Camillien Houde et Thomas Maher, lesquelles étaient financées par l'industriel Ward C. Pitfield. Adoptée en troisième lecture par 59 voix contre 9, la loi est dénoncée par Maurice Duplessis comme une « tragédie législative »[2].

Commission municipale du Québec (1932)

La 1re session adopte également le projet de loi 57 créant la Commission municipale du Québec, chargée de superviser les emprunts et les finances des municipalités, ainsi que le projet de loi 43 sur les dettes et emprunts municipaux[2].

Loi de l'assistance publique et secours directs (1933)

Devant l'ampleur du chômage, le gouvernement adopte lors de la 2e session le projet de loi 40 modifiant la Loi de l'assistance publique afin d'autoriser le gouvernement à puiser à même le fonds consolidé pour financer les secours directs. Le projet de loi 11 prévoit le paiement aux hôpitaux des frais d'hospitalisation des indigents[3].

Extension juridique des conventions collectives (1934)

Lors de la 3e session, le gouvernement fait adopter le projet de loi 37 sur l'extension juridique des conventions collectives de travail, parrainé par le ministre du Travail Charles-Joseph Arcand. Cette loi, première du genre au Canada, permet au gouvernement d'étendre par décret à toute une industrie ou à un territoire les conditions négociées entre un syndicat et un employeur[4].

Commission des opérations forestières (1934)

À la suite de la grève des bûcherons de l'International Paper à Rouyn à l'automne 1933, où la lecture de la loi des émeutes mène à l'arrestation de 77 grévistes, la 3e session crée la Commission des opérations forestières (projet de loi 44) et adopte des règles d'hygiène publique pour les camps de bûcherons (projet de loi 31)[4].

Plan Vautrin de retour à la terre (1935)

La 4e session adopte la pièce maîtresse du programme gouvernemental, le projet de loi 44 dit « plan Vautrin », doté de 10 millions de dollars et destiné à favoriser la colonisation et le retour à la terre. Sanctionné le après un débat acrimonieux et le vote contre de l'opposition conservatrice, ce plan crée notamment de nouvelles paroisses en Abitibi et au Témiscamingue[7].

Commission de l'électricité de Québec (1935)

Faisant suite au rapport de la commission Lapointe sur l'électricité déposé le , le projet de loi 20 crée la Commission de l'électricité de Québec, chargée de réglementer les tarifs sans toutefois nationaliser l'industrie. Le projet de loi 41, déposé par Taschereau, ouvre la voie à la municipalisation par les villes qui le souhaitent[7],[9].

Création du ministère des Affaires municipales, de l'Industrie et du Commerce (1935)

Les projets de loi 6 et 243 créent le ministère des Affaires municipales, de l'Industrie et du Commerce, dont Télesphore-Damien Bouchard devient le premier titulaire le [7].

Suffrage féminin : nouveaux rejets

Le suffrage féminin est de nouveau rejeté lors de la 3e session (52 contre 25, projet de loi 170 parrainé par Gaspard Fauteux) et lors de la 4e session (rejet par six mois du projet de loi 181 parrainé par Edgar Rochette)[4],[7].

Événements marquants

Grande Dépression et chômage

La législature s'ouvre au creux de la Grande Dépression. Le chômage atteint près de 27 % de la population active en 1933, et plus de 50 000 familles, soit environ 400 000 personnes, dépendent des secours directs au Québec. La Société de Saint-Vincent-de-Paul, qui distribuait les secours depuis 1931, cesse cette mission le , l'État prenant désormais le relais[3],[10].

Lutte contre le « trust de l'électricité »

Le dentiste de Québec Philippe Hamel mène une campagne soutenue contre la Quebec Power, filiale de la Shawinigan Water and Power Company. Sa conférence du à Québec, intitulée Le trust de l'électricité : agent de corruption et de domination, marque les esprits. Le gouvernement nomme le la commission Lapointe (composée d'Ernest Lapointe, d'Augustin Frigon et de George C. McDonald) qui rejette en janvier 1935 la nationalisation complète mais recommande la création d'une commission de contrôle des tarifs[4],[7],[8].

Élections municipales de 1934

Le , Joseph-Ernest Grégoire est élu maire de Québec sur une plate-forme inspirée du programme de Philippe Hamel. Le , Camillien Houde redevient maire de Montréal[4].

Premiers signes du scandale des comptes publics (1935)

Le , lors d'une demande de documents portant sur les réductions de taxes accordées aux chaînes Dominion Stores et Stop and Shop, Maurice Duplessis force le trésorier provincial Ralph Frederick Stockwell à reconnaître une « erreur cléricale » dans les renseignements fournis à la Chambre. L'incident annonce le scandale des comptes publics qui éclatera après la session et minera le gouvernement Taschereau[7],[6].

Lois marquantes

  • 1931 : Loi modifiant la loi des élections contestées (« loi Dillon »)[2]
  • 1932 : Loi créant la Commission municipale du Québec[2]
  • 1933 : Loi modifiant la Loi de l'assistance publique (financement par le fonds consolidé)[3]
  • 1934 : Loi sur l'extension juridique des conventions collectives de travail[4]
  • 1934 : Loi créant la Commission des opérations forestières[4]
  • 1934 : Loi autorisant une loterie pour fins éducationnelles et d'assistance publique[4]
  • 1935 : Loi du retour à la terre (« plan Vautrin »)[7]
  • 1935 : Loi créant la Commission de l'électricité de Québec[7]
  • 1935 : Loi créant le ministère des Affaires municipales, de l'Industrie et du Commerce[7]

Chronologie

1931

1932

1933

1934

1935

Évolution des chambres

Assemblée législative

Conseil législatif

Conseil exécutif

Cabinet Taschereau (1931-1935)

Louis-Alexandre Taschereau demeure premier ministre à la suite des élections du et dirige le gouvernement jusqu'à la dissolution de la législature[11].

Sièges par parti politique

Affiliation Députés
     Libéral 79
     Conservateur 11
 Total
90
 Majorité gouvernementale
68


Liste des députés

Notes et références

Voir aussi

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