Accident ferroviaire de Beaucourt-Hamel
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| Accident ferroviaire de Beaucourt-Hamel | ||
| Caractéristiques de l'accident | ||
|---|---|---|
| Date | 25 juin 1921 | |
| Causes | état de la voie, par forte chaleur | |
| Site | zone marécageuse traversée par l'Ancre | |
| Caractéristiques de l'appareil | ||
| Compagnie | Compagnie des chemins de fer du Nord | |
| Lieu d'origine | Lille | |
| Lieu de destination | Paris-Nord | |
| Bilan | ||
| Morts | 29 | |
| Blessés | 70 | |
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L'accident ferroviaire de Beaucourt-Hamel a eu lieu le , dans le département de la Somme, sur la ligne Paris-Lille de la Compagnie du Nord. Il souleva l'émoi durant quelques jours compte tenu de son bilan, mais après avoir été attribué à des causes naturelles, fut vite oublié dans l'ambiance fébrile des reconstructions suivant la guerre.
Le samedi , l'express 328 est parti de la gare de Lille pour Paris à 13 heures 40. Bien que précédé, comme tous les samedis, d'un train 312 bis le dédoublant[1], il est bondé[2], les passagers des huit wagons de troisième classe placée en queue allant jusqu'à s'entasser à plus de vingt par compartiment[3].
Aux environs de quinze heures, alors que le convoi vient de franchir la petite gare de Beaucourt - Hamel et aborde une forte courbe sur le remblai surplombant les marais de la rivière Ancre, ses quatre derniers wagons quittent les rails, labourant le ballast sur environ deux cents mètres. Au passage d'un pont, le fourgon de queue accroche les barres métalliques du parapet, et bascule en contrebas en se disloquant, entraînant dans sa chute la dernière voiture, qui tombe dans l'eau fangeuse, renversée sur le toit. L'avant dernière se couche sur le côté, en équilibre instable sur le flanc du talus, et celle qui la précède, bien que déraillée, reste d'aplomb sur la voie. Sous l'effet des secousses et des chocs successifs, deux ruptures d'attelage ont eu lieu, l'une entre le fourgon et les trois wagons, et l'autre entre ceux-ci et la tête du train, qui s'arrête un peu plus loin sous l'effet du frein automatique[4].
Secours et bilan
Le conducteur[5] Bernard, bien que gravement blessé, a pu s'extraire des débris de son fourgon, et trouve la force d'aller couvrir le train en posant des pétards et en fermant le sémaphore à 2 km de là[6]. Dans l'attente de l'arrivée des secours envoyés d'Arras et Amiens, les passagers et les cheminots du train et de la gare de Beaucourt-Hamel, auxquels se joignent les rares habitants de cette zone dévastée par la guerre, s'improvisent sauveteurs, alors que des convois continuent à passer sur la voie contigüe, non interceptée. Le plus grand nombre des victimes se trouve dans les débris de la dernière voiture, complètement disloquée. Vingt trois morts sont alignés sur l'accotement, où leurs corps resteront jusqu'en fin de soirée[7], avant d'être transportés à la morgue de l'hôpital d'Amiens. Les blessés, dont certains mortellement atteints, ne peuvent recevoir aucun soin faute de matériel de premier secours et de médecin[8]. Une dizaine d'entre eux, moins atteints, sont embarqués avec les voyageurs indemnes dans la partie du train restée sur les rails, qui repart une heure après l'accident pour Paris où ils arriveront à 19 heures 15 et seront pansés à l'hôpital Lariboisière[9]. Les autres doivent attendre de longues heures sur le remblai ou dans un abri de fortune leur évacuation par train de secours[10]. Finalement, vingt deux seront dirigés vers l'hôpital d'Amiens et vingt et un vers celui d'Arras[11].
Les autorités administratives et judiciaires locales se rendent sur les lieux, suivies quelques heures plus tard par le ministre des travaux publics, Yves Le Trocquer [12]. La circulation sur les deux voies sera rétablie à 3 heures 30 le lendemain matin[13]
Après que plusieurs blessés eurent succombé les jours suivants, le bilan de l'accident s'établira à vingt neuf morts[14] et plus de soixante dix blessés.