Accident ferroviaire de Choisy-le-Roi du 11 novembre 1900

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L'accident ferroviaire de Choisy-le-Roi a eu lieu le dimanche en gare de cette ville du département de la Seine, lorsque vers 11 heures 15, un train express pour Nantes a percuté un train de banlieue à l'arrêt. Ses responsables présumés firent l'objet de poursuites pénales, mais bénéficièrent d'une amnistie de dernière minute dans des conditions significatives des rapports complexes régissant les pouvoirs législatif et judiciaire.

L'accident de Choisy-le-Roi du 11 novembre 1900 vu par le dessinateur du Petit Parisien (supplément littéraire illustré du 25 novembre 1900)

Le dimanche après 11 heures, les deux seules voies de circulation desservant la gare de Choisy-le-Roi sont occupées.

Sur la voie 1, le train de banlieue 215 en provenance de Paris, parvenu à son terminus à 11 heures 07, reste à quai vide de passagers en attendant l'ouverture du signal l'autorisant à partir se garer à environ 300 mètres de là.

Sur la voie 2 adjacente, stationne le train 214 Orléans - Paris. Au moment même où celui-ci redémarre[1], survient sur la voie 1 l'express n° 9 pour Nantes, parti à 10 heures 56 de la gare de Paris-Quai d'Orsay[2]. Malgré une tentative de freinage désespérée[3], sa locomotive percute à environ 70 km/h l'arrière du train 215, l'escalade en broyant son fourgon de queue et ses trois dernières voitures, avant de verser sur la gauche. Derrière elle, sous le poids du reste du convoi, son tender est projeté sur l'amoncellement des débris et retombe en écrasant le fourgon de tête et les deux voitures qui le suivent.

Photo de l'accident ferroviaire de Choisy-le-Roi du 11 novembre1900 publiée dans le Supplément illustré du Petit Journal du 25 novembre 1900

Dans leur dérive, les véhicules ont défoncé un mur, arraché la marquise et les fils télégraphiques et endommagé la passerelle franchissant les voies[4], mais le train 214, malgré des vitres et cloisons brisées sur ses dernières voitures, est parvenu à quitter la gare dévastée pour poursuivre sa route jusqu'à Paris .

Secours et bilan

L'accident a détruit le réseau de télécommunications de la compagnie, et sa direction apprendra seulement l'accident à l'arrivée du train 214 à la gare d'Austerlitz[5]. Toutefois, alertés par des cyclistes, la police et les services de secours sont vite sur place. Les pompiers de la ville, rejoints par ceux de la faïencerie de Choisy-le-Roi et de l'usine de la Société française du linoléum[6], commencent à dégager les victimes et les déposent dans la salle d'attente. De la gare d'Austerlitz est envoyé un train de secours amenant notamment le préfet de police Louis Lépine, qui prend des dispositions pour faire transférer rapidement morts et blessés à Paris par train spécial. Par la suite, le ministre des travaux publics Pierre Baudin se rendra lui aussi sur les lieux.

Des épaves enchevêtrées, on tire sept morts et une quinzaine de blessés graves, et pour évoquer leur sort selon les canons de l'époque, la presse mêlera détails morbides[7], pathétiques[8], voire tragi-comiques [9].

La circulation des trains est rétablie le lendemain vers 11 heures.

Causes de l'accident

Il s'avère très vite que le responsable direct de l'accident est l'aiguilleur du poste nord de la gare, le facteur-aiguilleur Faix, qui, entendant approcher le train n° 9[10], l'a autorisé à accéder à la voie encore occupée par l'omnibus 215 en ouvrant le sémaphore resté jusque là fermé pour protéger le convoi en stationnement.

Dans une déclaration à la presse, le directeur général de la compagnie d'Orléans[11] impute cette fausse manœuvre, commise par un agent jusque là irréprochable, à « un moment d'aberration » dû à « la trop grande habitude d'exécuter le même travail à la même heure », en écartant d'emblée l'hypothèse d'un éventuel surmenage. Pourtant, l'enquête établira que ce jour-là, dernier dimanche d'ouverture de l'Exposition universelle[12], on a compté trois absents sur les six agents théoriquement prévus en gare, et que faute d'un effectif suffisant, un surcroît de travail anormal a été imposé à l'aiguilleur Faix. Il a en effet été contraint de quitter son poste à la demande du sous-chef de gare Ravard pour assurer sur la voie 2 le service du train 214 allant d'Orléans à Paris, attendu par plus de 300 passagers, et arrivé déjà bondé avec un retard d'un quart d'heure. En dépit du temps encore perdu, on a donc dû dans l'urgence lui ajouter deux voitures supplémentaires afin de faire face à l'affluence. C'est alors que se terminaient les opérations sur ce train que s'est annoncé le n° 9, et que l'aiguilleur Faix, perturbé[13] par l'accumulation de ses tâches, lui a donné précipitamment voie libre, après avoir mal interprété la position d'un disque de signalisation .

Suites

Notes et références

Voir aussi

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