Accident ferroviaire de Saint-Albain

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Accident ferroviaire de Saint-Albain
Caractéristiques de l'accident
Date
SiteSaint-Albain, entre la gare de Senozan et celle de Fleurville (France)
Coordonnées 46° 25′ 43″ nord, 4° 52′ 40″ est
Caractéristiques de l'appareil
CompagniePLM
Bilan
Morts6
Blessés~ 40

Géolocalisation sur la carte : France
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Accident ferroviaire de Saint-Albain
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Accident ferroviaire de Saint-Albain
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Accident ferroviaire de Saint-Albain

L'accident ferroviaire de Saint-Albain a eu lieu le jeudi dans cette commune de Saône-et-Loire, sur la ligne Paris-Marseille de la Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée. Il frappa les esprits à la fois par son bilan (six morts et une quarantaine de blessés) et par les circonstances dans lesquelles il s'était produit, qui engendrèrent des polémiques dans la presse.

Au fur et à mesure que les compagnies de chemin de fer développaient leurs réseaux, elles s'efforçaient d'attirer une clientèle de loisirs en proposant des trains spéciaux à tarif réduit, qui dès les années 1850 furent couramment dénommés « trains de plaisir »[1]. En 1867, à l'occasion de l'Exposition universelle ouverte en avril à Paris, ces offres promotionnelles se multiplièrent. Ainsi, le PLM, pour 50 francs par personne en deuxième classe et 30 francs en troisième [2], avait-il organisé à l'intention de sa clientèle provençale un de ces trains, partant de Marseille dans l'après midi du et emmenant ses 750 passagers[3] pour un voyage de douze jours à Paris[4].

Le convoi, portant le numéro 60[5], comportait dix-huit voitures, sept de deuxième classe et onze de troisième, et trois fourgons, deux en tête et un en queue, tirés par une seule locomotive. En retard de plus de trente minutes sur sa marche théorique, il était arrivé à Mâcon à 4 h 37 et en était reparti à 4 h 49. Dix minutes plus tard, alors qu'il roulait à environ 45 km/h entre les gares de Senozan et de Fleurville, six cents mètres après le poste de sémaphore de Saint-Pancrace qui lui avait donné voie libre, le mécanicien aperçut au sortir d'une courbe un homme lui faisant signe de s'arrêter en agitant un drapeau rouge. Il renversa aussitôt la vapeur en sifflant aux freins.

L'accident

Malgré cette manœuvre, le train, emporté par son élan, et ne disposant de freins que sur le tender et les trois fourgons, ne put éviter d'aborder, trois cents mètres plus loin[6], une section de voie qu'une équipe d'ouvriers venait de dégarnir partiellement de ses rails. La locomotive, son tender et le premier fourgon de tête, séparés de la suite du train par rupture d'un attelage, roulèrent sur les traverses et par un heureux hasard franchirent sans encombre le vide d'environ quatre mètres, avant de se replacer correctement sur la voie[7]. Il n'en alla cependant pas de même derrière eux : le second fourgon de tête dérailla et finit sa course en s'encastrant dans la paroi d'une tranchée, formant un obstacle sur lequel les autres véhicules du convoi vinrent buter en se télescopant, détruisant au passage les murs des propriétés riveraines de la voie, dont le presbytère[8].

Secours et bilan

Sur ordre du chef de train, le mécanicien poursuivit aussitôt sa route vers Fleurville afin d'aller au devant d'un express devant arriver incessamment de Paris en sens inverse. Les ouvriers présents sur les lieux et les passagers indemnes, parmi lesquels un médecin militaire, improvisèrent les premières interventions d'urgence, en attaquant les carcasses disloquées à l'aide des outils du chantier. Ils furent rapidement rejoints par les habitants et le curé du village. La nouvelle de l'accident ayant été transmise par télégraphe, un train de secours fut envoyé de Mâcon, amenant également le préfet de Saône-et-Loire, M. Marlière, le secrétaire général de la préfecture, le procureur impérial et un juge d'instruction du Tribunal de grande instance. Venus des communes environnantes, six médecins ainsi que des sœurs de l'hospice de Pont-de-Vaux se joignirent par la suite aux sauveteurs.

Bien que déraillées, les onze voitures de queue n'avaient subi que peu de dommages, et leurs passagers étaient indemnes, ou légèrement contusionnés. En revanche, les sept voitures de deuxième classe placées en tête s'étaient imbriquées lors du choc, et la première avait été totalement défoncée sous la pression des suivantes, écrasant ses passagers. De leurs débris, on dégagea six morts, dont les corps furent déposés à l'église du village, toute proche, et une quarantaine de blessés, qui furent transportés chez les habitants des maisons voisines. Les vingt et un blessés les plus atteints furent embarqués à 16 h dans le train de secours qui les ramena à Mâcon où tous furent hospitalisés à l'Hôtel-Dieu, sauf l'un d'eux, qui se fit déposer dans un hôtel de la ville. Selon leur état, les autres, après avoir été pansés, soit restèrent sur place en attendant leur rétablissement, soit rentrèrent dans leur ville d'origine, soit poursuivirent leur voyage vers Paris avec les passagers indemnes[9].

La cérémonie d'obsèques des six tués de l'accident eut lieu dès le lendemain dans l'église de Saint-Albain, en présence de M. Bouillet, secrétaire général de la préfecture, représentant le préfet, retenu par l'organisation des élections[10], et d'une foule venue en nombre du village et des alentours[11].

Suites

Notes et références

Articles connexes

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