Attentat de Trappes et La Verrière
fusillade survenue le 23 octobre 2026 dans les communes de Trappes et de La Verrière
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L'attentat de Trappes et La Verrière est une fusillade de masse aux motivations racistes survenue le dans les communes de Trappes et de La Verrière, dans le département des Yvelines, en France. Un homme de 39 ans, circulant en voiture, ouvre le feu en rafales sur des passants avec un pistolet-mitrailleur, tuant un homme de 26 ans et blessant cinq autres personnes, dont une fillette de 12 ans. Le suspect est interpellé peu après, à Coignières, sur la route nationale 10.
c. 10 h – 10 h 14 (CEST)
| Attentat de Trappes et de La Verrière | |
Pancarte, pendant la manifestation du à Paris, en hommage à la victime tuée lors de l'attentat. | |
| Localisation | Trappes et La Verrière, Yvelines, Île-de-France, |
|---|---|
| Cible | Civils noirs et maghrébins supposés musulmans |
| Coordonnées | 48° 46′ 39″ nord, 2° 00′ 09″ est |
| Date | c. 10 h – 10 h 14 (CEST) |
| Type | Fusillade de masse, fusillade au volant |
| Armes | Pistolet-mitrailleur de type Sten MK II, datant de la Seconde Guerre mondiale |
| Morts | 1 |
| Blessés | 5 dont 3 grièvement |
| Auteurs | Kevin T.[a] (39 ans), suspect interpellé |
| Mouvance | Racisme anti-arabe et anti-noir Islamophobie Extrême droite |
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Le parquet national antiterroriste (PNAT) se saisit de l'enquête. L'auteur des tirs affirme aux enquêteurs avoir visé des « Noirs » et des « Arabes » en réaction aux pillages survenus lors des manifestations du .
Contexte
Terrorisme d'extrême droite
Depuis , en France, la justice a ouvert une vingtaine de procédures liées au terrorisme d'extrême droite. Huit personnes ont été tuées par des militants d'extrême droite pendant les quatre années précédant l'attentat, notamment trois militants kurdes dans la fusillade du à Paris, Djamel Bendjaballah, éducateur spécialisé français écrasé en voiture à deux reprises le à Cappelle-la-Grande (Nord), Aboubakar Cissé, Malien poignardé à une quarantaine de reprises à la mosquée de La Grand-Combe (Gard) le , Hichem Miraoui, coiffeur tunisien abattu de cinq balles le à Puget-sur-Argens (Var)[3],[4].
Dans les semaines précédant l'attentat, un mineur suspecté d’avoir projeté une tuerie dans un lycée à Lyon au nom d’une idéologie d’ultradroite suprémaciste et raciste est interpellé le 17 septembre, puis un policier soupçonné d’être adhérent « à une idéologie d’ultradroite radicale violente » et de préparer un attentat estmis en examen le 18 septembre, alors que quatre jeunes accusés d’agression raciste à Lyon sont mis en examen le 24 septembre[3].
En outre, plusieurs projets d'attentats sont déjoués et d'autres ne font pas de victimes (attaque du contre le centre LGBTi de Tours) ou seulement des blessés (attaque du contre Rachid Eljay, attaque du contre la mosquée de Bayonne, attaque du contre l'Association culturelle des travailleurs immigrés de Turquie).
Stigmatisation de Trappes et de l'islam
Au cours des années précédant l'attentat, Trappes est l'objet d'une stigmatisation par la sphère politique et médiatique d'extrême droite.
En , Éric Zemmour de Reconquête, affirme : « Trappes […] est régie par la loi islamique », puis en , il compare Trappes à l'Afghanistan[5]. Toujours en , Marine Le Pen du Rassemblement national (RN) évoque la ville de Trappes comme « un territoire perdu de la République »[5].
Pour sa part, Jordan Bardella (RN) stigmatise la ville de Trappes à deux reprises. D'abord en , à la suite de la réélection d'Ali Rabeh à la tête de la mairie de Trappes, il publie un communiqué dans lequel il demande sa révocation et la mise sous tutelle de la commune en affirmant que se constituent en France, notamment à Trappes, des « républiques islamiques en miniature » et qu'« il est urgent d'interrompre cette conquête de nos territoires »[6],[7]. Puis en suivant, dans un contexte de campagne pour l'élection présidentielle de , alors qu'il vient d'être mis en examen pour diffamation pour le communiqué d'[7], il est invité sur le plateau de Touche pas à mon poste ! pour s'en expliquer. Il y maintient ses propos en affirmant que « Trappes est éminemment une république islamique en miniature », qualifie la commune de « capitale européenne du djihad »[8], considère qu'elle « n'est plus la France » et ajoute[5] :
« Trappes, Roubaix, Saint-Denis, c'est notre futur. Alors si on ne reprend pas en main maintenant la situation, alors ce qu'on connaît à Trappes, on le connaîtra dans d'innombrables villes françaises. »
Léa Balage El Mariky, députée écologiste, évoquant ces propos de Bardella, indique : « vous ciblez, ils tuent »[5].
Du côté de CNews, Jean-Marc Morandini se déplace à Trappes en avec comme invité le porte-parole du RN, Laurent Jacobelli, afin de traiter le sujet du « communautarisme » et le besoin de « rétablir l'assimilation à la française ». Le même jour, toujours sur CNews, le chroniqueur Ivan Rioufol, du Figaro, qualifie la commune de « Trappistan » en expliquant que la charia s'y applique ponctuellement[5].
Mediapart mentionne que depuis , une haine se déverse en continu dans l'espace médiatique. Le média cite nombre de propos racistes ou islamophobes, tenus par les chroniqueurs et les politiques à commencer par ceux du RN[9].
Manifestation du
Puis viennent les manifestations du contre la vie chère, qui rassemblent plusieurs centaines de milliers de personnes en France et sont marquées par des violences et des pillages de commerces. Une période où le traitement des manifestations par les médias télévisuels et les chaines d'informations en continu est critiqué par l'ARCOM[10]. Il est dénoncé un temps d'antenne disproportionné consacré aux violences et aux pillages mais aussi des propos racistes, diffamatoires ou de la désinformation[11],[12].
Ainsi dans les jours qui suivent le , la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, affirme que les premiers responsables, c'est « la racaille »[13]. Plusieurs responsables de droite et d'extrême droite, dont Charles Consigny, Jordan Bardella, Marion Maréchal et Éric Zemmour, associent ces violences à l'immigration[14],[5],[15]. Ainsi Éric Zemmour évoque la théorie complotiste et raciste du « grand remplacement » et une « horde de barbares maghrébins et africains »[15]. Toujours après les manifestations du , Gérald Darmanin, ministre de la Justice, donne sur CNews une description des pilleurs interpellés : « Il y a de tout, des gens issus de l'immigration, des gens qui sont étrangers, mais aussi des gens qui sont parfaitement intégrés, qui sont français ». Bruno Retailleau des Républicains (LR) affirme aussi qu'il existe « un lien entre une immigration massive qui crée des désordres sécuritaires et ce qu'il s'est passé » le [16]. Le , c'est au tour de David Lisnard, maire de Cannes et président de l'Association des maires de France qui questionné le sur massacre du où des Algériens ont été noyés dans la Seine répond « Je m’en fous [...] J’en ai rien à foutre, j’étais pas né »[9].
Ali Rabeh, maire de Trappes, attribue à ce contexte l'attentat et s'interroge : « Comment peut-on laisser prospérer cette parole matin, midi et soir et croire qu'un jour elle n'aura pas d'effet dans la vie réelle ? »[9].
Déroulement
Trappes et La Verrière sont deux communes de la communauté d'agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines, dans l'ouest de la banlieue parisienne, à une trentaine de kilomètres de Paris.
Le , vers 10 h[17], un homme circulant à bord d'une Renault Clio II grise ouvre le feu en rafales sur plusieurs passants croisés sur son chemin[18],[19]. Selon le communiqué du parquet national antiterroriste (PNAT), il tire depuis son véhicule[20].
À Trappes, le tireur vise d'abord un véhicule stationné avenue Hector-Berlioz, à bord duquel se trouvent une mère et sa fille. Il tire ensuite sur la façade d'une maison de santé située rue Gérard-Philipe, sans faire de victime. Il poursuit son parcours jusqu'à l'avenue Salvador-Allende, près du square Louis-Pergaud, où un homme de 26 ans est mortellement touché. Il se dirige enfin vers une station-service Esso du boulevard Martin-Luther-King, où un homme de 21 ans et une femme de 40 ans sont blessés, le premier gravement[21],[22].
L'homme se rend ensuite à La Verrière, où il tire rue Marcel-Rivière et aux abords de la pharmacie du Bois-de-l'Étang[19]. Trois personnes y sont blessées, dont une enfant de 12 ans touchée à huit reprises[19]. Selon sa mère, elle revenait de « la piscine » et portait un foulard sur la tête, ce qui explique « peut-être » pourquoi le tireur « s'en est pris à elle »[23].
Le suspect est intercepté par cinq policiers de la brigade anti-criminalité (BAC) de Saint-Quentin-en-Yvelines à hauteur du restaurant Home Burger, à Coignières[24],[25],[20]. L'interpellation a lieu à 10 h 20[20], moins de dix minutes après les premiers appels aux secours et environ six minutes après les derniers coups de feu[25],[17].
Bilan
Le bilan provisoire des autorités le fait état d'un mort et de cinq blessés[26].
Un homme de 26 ans, Pengo Bossio Wangi, est tué au square Louis-Pergaud de Trappes. Sportif, la victime pratiquait les arts martiaux ou MMA, en combattant amateur, et s'entraînait à l'Atch Academy d'Aubervilliers[27],[28] : il était d'origine africaine. Un jeune homme de 21 ans est blessé de plusieurs balles à proximité de la station-service Esso, boulevard Martin-Luther-King, à Trappes[22],[20].
Une enfant de 12 ans est grièvement blessée, touchée à huit reprises, à La Verrière[19]. « Elle a été touchée au foie, au rein, aux bras, aux cuisses. Ses jambes vont être déformées. Il y a plein de choses. Son état est grave », explique sa mère[23]. Selon le parquet national antiterroriste (PNAT), elle demeure « en urgence absolue » le lendemain de l'attentat[29].
Deux hommes de 29 et 48 ans sont également blessés[30], de même qu'une femme de 40 ans[22].
Auteur
L'auteur des faits est un homme de 39 ans, identifié sous le nom de Kevin T.[a], déjà connu des services de police pour des faits de délinquance (vol et vol à l'étalage, usage de stupéfiants, conduite sous l'emprise de l'alcool)[31]. Son casier judiciaire comporte treize mentions pour des délits de droit commun, la dernière remontant à [22].
Lecteur de Mein Kampf[32], il est décrit par l'une de ses amies comme un homme triste et seul, ne cachant « pas ses opinions politiques », votant à « l'extrême droite » et tenant « des propos racistes »[33].
Selon plusieurs médias, l'homme a utilisé un pistolet-mitrailleur britannique de type Sten, datant de la Seconde Guerre mondiale, probablement un modèle Mk II[18],[19],[30]. Cette arme relève de la catégorie A, celle des armes de guerre.
Enquête
Saisine du PNAT
Le Parquet national antiterroriste (PNAT) se saisit de l'enquête pour « assassinat en relation avec une entreprise terroriste », avec la circonstance aggravante que les faits ont été commis à raison de l'appartenance vraie ou supposée à une prétendue race, une ethnie, une nation ou une religion déterminée[34]. Les investigations portent également sur la détention d'arme de catégorie A et sur l'association de malfaiteurs terroriste en vue de la préparation de crimes contre les personnes[34].
Garde à vue et perquisition
Le suspect, identifié comme Kevin T.[a], est interpellé par la Brigade anti-criminalité à Coignières, commune voisine, puis placé en garde à vue[35]. Selon une source proche du dossier, son casier judiciaire porte la trace de quatre condamnations ; un pistolet-mitrailleur de type Sten, des bombes lacrymogène, des gants et de la cocaïne sont retrouvés dans son véhicule[36].
Des personnes de l'entourage familial et amical du suspect sont placées en garde à vue dans la nuit du vendredi au samedi , selon le PNAT. Sa mère, qui s'est rendue d'elle-même à la police, figure parmi elles, d'après France Info[36]. Les quatre proches du suspect mis en garde à vue sont remis en liberté le [37].
Après l'interpellation, les forces de l'ordre interviennent au domicile du suspect, à Plaisir, pour une perquisition. L'appartement avait été piégé à l'aide de bonbonnes de gaz et de fils électriques connectés à un minuteur, et le RAID mène une opération de déminage[35]. Un exemplaire de Mein Kampf, livre écrit par Adolf Hitler, est également retrouvé à son domicile[32], ainsi qu'un exemplaire du Coran et de la Bible[38].
Selon un communiqué publié le matin du par le PNAT, « l'analyse toxicologique » révèle « la présence de cannabis et de cocaïne dans son sang ». Le communiqué précise également « qu'à l'issue d'un examen psychiatrique […] réalisé dans la soirée [du ], sa garde à vue a été levée » pour « une période d'observation psychiatrique susceptible de durer 48 heures »[39],[40]. Le suspect est alors transféré à l'infirmerie psychiatrique de la préfecture de police[41]. Il est diagnostiqué schizophrène et suit un traitement médical[42].
L'avocat de la famille de Pengo Bossio Wangi, Yassine Bouzrou, dénonce une « récurrence préoccupante » : « lorsque l'attentat émane de l'extrême droite, la question psychiatrique s'impose très vite — l'auteur serait forcément un déséquilibré. Cette question, en revanche, ne se pose pratiquement jamais avec la même insistance lorsque l'attentat est de motivation islamiste ». Il appelle à une « symétrie » dans le traitement des affaires afin « que l'expertise psychiatrique ne devienne jamais, dans les crimes racistes et terroristes, un raccourci commode pour éviter de nommer l'idéologie qui arme les bras »[39],[40]. Yassine Bouzrou rappelle ainsi que l'assassin Aboubakar Cissé, poignardé de plus de cinquante coups de couteau dans la mosquée de La Grand-Combe en 2025, a été déclaré irresponsable de ses actes et interné en psychiatrie sans que ses actes ne puissent être jugés[43]
Mobile
Le suspect déclare aux policiers avoir voulu « venger les commerçants » dont les boutiques ont été pillées ou dégradées lors des [Manifestations du 17 octobre 2026 en France|manifestations du ]] en s'en prenant aux « Noirs » et aux « Arabes »[32],[44]. Selon Laurent Mazaury, député LIOT de la 11e circonscription des Yvelines, qui comprend les communes de Trappes et de La Verrière, le suspect, lors de son arrestation, « ne s'est pas caché » de dire qu'il était « là pour tuer des personnes qu'il considérait être d'origine étrangère »[45]. L'enquête révèle la présence de tracts du Rassemblement National dans sa voiture[46].
Yassine Bouzrou, avocat de la famille de Pengo Bossio Wangi, dénonce « un attentat raciste commis par un terroriste d'extrême droite »[47],[48].
Réactions

Réactions gouvernementales
Le président de la République, Emmanuel Macron, exprime sa « profonde émotion » et affirme que la nation se tient aux côtés des victimes[30]. Il se rend ensuite à Trappes[34], où l'Élysée dénonce un « attentat terroriste raciste »[34]. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, dénonce des « faits très graves »[30]. Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, se rend à Trappes et déclare que le gouvernement est venu témoigner son soutien face à des faits que le procureur antiterroriste, Olivier Christen, a qualifiés de « crime terroriste »[30],[26].
Réactions locales
Le maire de Trappes, Ali Rabeh, dénonce « un attentat à connotation raciste, probablement islamophobe »[45]. Il déclare également « c'est probablement une première tentative de crime de masse, à connotation islamophobe et raciste »[49]. Le maire appelle à « la concorde civile » et à la « concorde républicaine »[26]. Il met en cause « la haine meurtrière et violente de l'extrême droite » et dénonce la responsabilité de certains médias, notamment audiovisuels, qui selon lui laissent libre cours aux discours racistes de figures du Rassemblement national et de Reconquête — Marine Le Pen, Éric Zemmour, Marion Maréchal… — y compris au sujet de la ville de Trappes[50],[51].
Le député de la 11e circonscription des Yvelines qui comprend Trappes et La Verrière, Laurent Mazaury, appelle à « garder du calme »[52]. Les artistes Jamel Debbouze, Shy'm, Omar Sy et La Fouine, originaires de Trappes, expriment leur émotion[53].
Un premier rassemblement est organisé par Assa Traoré le à 13 h, au lendemain de l'attaque, au square Louis-Pergaud, à l'endroit même où Pengo Bossio Wangi a été tué[54],[55]. La ville de Trappes indique par ailleurs qu'un poste d'urgence médico-psychologique (PUMP) est ouvert à la mairie le afin d'accueillir les témoins et les personnes impliquées[56],[57]. Le , des centaines de personnes se rassemblent à Aubervilliers, à l'invitation de la Ville et du club de MMA où s'entraînait Pengo Bossio Wangi, afin de lui rendre hommage[58].
Au niveau national

Immédiatement après l'attentat plusieurs responsables politiques et candidats à l'Élysée réagissent. À gauche avec Manuel Bompard (LFI), Marine Tondelier (LE), Boris Vallaud (PS) ou encore Fabien Roussel (PCF) il est surtout mentionné le caractère raciste de l'agression. À droite et au centre avec Gérard Larcher (LR), Yaël Braun-Pivet (RE), Édouard Philippe (Horizons), Bruno Retailleau (LR) et Gabriel Attal (RE), les réactions sont prudentes et ne mentionnent pas dans un premier temps la dimension raciste de l'attentat. Pour sa part Marine Le Pen (RN) demande que toute la lumière soit faite sur cet « acte barbare »[59]. Néanmoins, interrogé trois jours après les attentats au sujet des propos de Bardella sur Trappes en , Sébastien Chenu, président du groupe RN à l'Assemblée nationale, insiste en qualifiant Trappes de « foyer de jihadistes »[60].
À la suite du maire de Trappes, Ali Rabeh, des dizaines de leaders de gauche dénoncent la responsabilité des propos de l'extrême droite française, en commençant par le Rassemblement national, dans cet attentat, demandant aux autorités à prendre des dispositions immédiates sinon « l'attentat raciste de Trappes ne sera pas le dernier » indique Bally Bagayoko, maire de Saint-Denis[5]. BFM TV fait l'objet de critiques concernant des propos « racistes » sur son antenne de la part de Jean-Luc Mélenchon et Louis Boyard. Ce dernier précise : « Et parce qu'on déshumanise ces habitants des quartiers populaires, ça favorise le passage à l'acte de ces militants d'extrême droite ». BFM TV réfute ces allégations et dénonce « une campagne de dénigrement » visant notamment sa journaliste Sonia Mabrouk et refuse d'être « instrumentalisée »[61].
Après les rassemblements au niveau local à Trappes et Aubervilliers, il est prévu des rassemblements dans de nombreuses villes en France comme Paris, Marseille, Nantes, Bordeaux, Grenoble, Montpellier, Roubaix ou encore Saint-Étienne… à l'appel de divers syndicats et associations. Dans de nombreuses villes des rassemblements sont aussi organisés directement par les maires des communes[58].
Analyses d'universitaires
Isabelle Veyrat-Masson, directrice de recherche au CNRS, commentant les termes « les mots tuent » inscrits sur les banderoles des rassemblements qui suivent l'attentat, explique qu'effectivement les mots peuvent conduire aux armes comme ce fut le cas lors de la guerre d'Espagne ou de l'avènement du fascisme et du nazisme dans les années 1930. Mais de nos jours, les propos vecteurs de violence vont bien plus vite. Il créent une concentration en deux pôles opposés accentuant les contrastes, à l'origine d'une bulle dans laquelle s'enferment les gens, qui cultive « l'excès, la violence et la certitude ». À l'appui de son analyse, elle évoque la spirale du silence élaborée par la sociologue allemande Elisabeth Noelle-Neumann[62].
L'historien Johann Chapoutot, spécialiste du nazisme, de l'Allemagne et de la modernité occidentale, estime que nous vivons une libéralisation de la parole, où tout peut être énoncé. Cela lui rappelle la « presse de caniveau des années 1920 » en Allemagne quand des inconscients ont pu, en toute liberté, nazifier l'espace public. Il rappelle que le Conseil national de la Résistance (CNR) a fixé pour objectif une presse indépendante des puissances de l'argent. Il remarque qu'en 2026 plusieurs médias importants sont des propriétés de puissances financière. Il dénonce « une parole radicalisée sur CNews, et insuffisamment modérée sur la plupart des chaînes d'info ». Il ajoute que des images intentionnellement dramatisées et télédiffusées en boucle amènent à la haine aussi sûrement que les mots[62].
