Bataille de Willems
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| Date | 10 mai 1794 |
|---|---|
| Lieu | Willems, France |
| Issue | Victoire des coalisés |
| Charles Pichegru Jacques Philippe Bonnaud |
François Sébastien de Croix de Clerfayt Frédéric d'York |
| 60 000 hommes | 40 000 hommes |
| 2 400 morts, disparus et prisonniers 13 canons |
325 morts, disparus et prisonniers |
Guerre de la première coalition
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| Coordonnées | 50° 37′ 58″ nord, 3° 14′ 21″ est | |
|---|---|---|
La bataille de Willems est un affrontement la guerre de la Première Coalition qui oppose le au niveau du village de Willems près de Courtrai à environ 85 kilomètres à l'ouest de Bruxelles, l'armée républicaine française, commandée par Charles Pichegru, aux forces de la Coalition, menées par le prince Frédéric d'York. Cette bataille s'inscrit dans une tentative française de contrer une contre-offensive alliée et de poursuivre son offensive en direction des Provinces-Unies, qui avait déjà été couronnée de succès avec la bataille de Mouscron et la prise des villes importantes de Menin et Courtrai. Bien que la bataille de Willems se soit soldée par une défaite tactique française, la victoire remportée à Courtrai le lendemain, conjuguée à la prise de conscience par le duc d'York de son infériorité numérique, entraîna la retraite des Alliés et une victoire stratégique pour les Français, qui conservèrent Menin et Courtrai. Au cours de cet affrontement, l'infanterie française, organisée en carrés, repoussa pour la première fois de la guerre la cavalerie de la Coalition.
Pour la campagne du printemps 1794, Lazare Carnot, du Comité de salut public, conçoit une stratégie selon laquelle les armées républicaines françaises attaquent les flancs des forces de la Coalition dans les Pays-Bas autrichiens[1]. Sur le flanc ouest, 100 000 hommes reçoivent l'ordre de prendre Ypres, puis Gand, et enfin Bruxelles[1]. Sur le flanc est, 100 000 soldats doivent progresser vers Liège et Namur afin de couper les communications autrichiennes avec Luxembourg[1]. Pendant ce temps, 50 000 hommes tiennent le centre de la ligne française près de Bouchain et Maubeuge[1]. Le défaut de cette stratégie d'enveloppement double réside dans le fait que les Alliés peuvent concentrer l'essentiel de leurs forces sur l'une ou l'autre aile française et l'écraser[1].
Charles Pichegru, le nouveau commandant français, prend le commandement de l'Armée du Nord le [2]. Auparavant, il avait commandé l'Armée du Rhin[2].En , l'Armée du Nord compte 194 930 hommes, dont 126 035 sont disponibles pour le combat[3]. En incluant les 32 773 soldats de l'Armée des Ardennes, qui leur est subordonnée, ce qui fait en tout 227 703 hommes[3]. À la mi-, les unités de l'Armée du Nord en Flandre occidentale étaient, d'Ouest en Est : la division Michaud (13 943 hommes) à Dunkerque, la division Moreau (15 968 hommes) à Cassel, la division Souham (31 856 hommes) à Lille et la brigade Osten (7 822 hommes) à Pont-à-Marcq[4].
Au début , les forces de la Coalition, sous le commandement général du prince de Saxe-Cobourg-Saalfeld, sont déployées comme suit. Avec son quartier général à Tournai, Clerfayt commande une armée de 24 000 Autrichiens, Hanovriens et Hessois sur l'aile droite alliée[5]. Clerfayt est chargé de défendre Menin, Ypres, Nieuport, Orchies et Marchiennes[5]. Ludwig von Wurmb et 5 000 hommes tient Denain entre l'aile droite et le centre. Le duc d'York et 22 000 hommes forme le centre-droit, avec son quartier général à Saint-Amand-les-Eaux. Cobourg et 43 000 hommes tient le centre allié, avec son quartier général à Valenciennes. Guillaume V d'Orange-Nassau et 19 000 soldats néerlandais forme le centre-gauche, avec son quartier général à Bavay[5]. L'aile gauche, sous les ordres de Franz Wenzel de Kaunitz-Rietberg, compte 27 000 soldats autrichiens et néerlandais et couvre le terrain entre Bettignies (près de Maubeuge) et Dinant[5]. Sous le regard de François II, empereur du Saint-Empire romain germanique, l'armée principale de la coalition de Cobourg avance le et assiège la forteresse de Landrecies[6]. Le siège de Landrecies commence le et s'achève le par une reddition française[7].
Mouscron
Le , la cavalerie alliée écrase une colonne française de 20 000 hommes qui tentait de secourir Landrecies, infligeant 7 000 pertes et capturant son commandant, le général Chapuy, ainsi que les plans de Pichegru pour la conquête des côtes flamandes[8]. Pendant ce temps, les Français harcèlent les troupes de Wurmb à Denain, contraignant Clerfayt à leur envoyer 8 000 hommes de son aile droite[9]. Le , la division Michaud, forte de 12 000 hommes, avance vers Nieuport et Ypres, la division Moreau, forte de 21 000 hommes, encercle Menin, et la division Souham, forte de 30 000 hommes, se dirigea vers Courtrai, qu'elle prend. Disposant des plans de Pichegru, Cobourg envoye sur l'aile droite un renfort composé de 12 bataillons d'infanterie et de 10 escadrons de cavalerie sous les ordres de Sir William Erskine, et ordonne aux 8 000 hommes de Clerfayt, stationnés à Denain, de retourner à Tournai[9]. Il est trop tard ; Souham bat Clerfayt, largement inférieur en nombre, lors de la bataille de Mouscron le , lui infligeant 2 000 pertes et s'emparant de 23 canons[9]. La nuit suivante, la garnison de la Coalition abandonne Menin[9]. À l'arrière des lignes alliées, les convois de ravitaillement en direction de Gand et de Bruxelles battent en retraite dans la panique[9].
