Bataille de Willems
From Wikipedia, the free encyclopedia
La bataille de Willems est un affrontement la guerre de la Première Coalition qui oppose le au niveau du village de Willems près de Courtrai à environ 85 kilomètres à l'ouest de Bruxelles, l'armée républicaine française, commandée par Charles Pichegru, aux forces de la Coalition, menées par le prince Frédéric d'York. Cette bataille s'inscrit dans une tentative française de contrer une contre-offensive alliée et de poursuivre son offensive en direction des Provinces-Unies, qui avait déjà été couronnée de succès avec la bataille de Mouscron et la prise des villes importantes de Menin et Courtrai. Bien que la bataille de Willems se soit soldée par une défaite tactique française, la victoire remportée à Courtrai le lendemain, conjuguée à la prise de conscience par le duc d'York de son infériorité numérique, entraîna la retraite des Alliés et une victoire stratégique pour les Français, qui conservèrent Menin et Courtrai. Au cours de cet affrontement, l'infanterie française, organisée en carrés, repoussa pour la première fois de la guerre la cavalerie de la Coalition.
| Date | 10 mai 1794 |
|---|---|
| Lieu | Willems, France |
| Issue | Victoire des coalisés |
| Charles Pichegru Jacques Philippe Bonnaud |
François Sébastien de Croix de Clerfayt Frédéric d'York |
| 60 000 hommes | 40 000 hommes |
| 2 400 morts, disparus et prisonniers 13 canons |
325 morts, disparus et prisonniers |
Guerre de la première coalition
Batailles
- Porrentruy (04-1792)
- Marquain (04-1792)
- 1er Quiévrain (04-1792)
- Longwy (08-1792)
- Verdun (08-1792)
- Thionville (08-1792)
- La Croix-aux-Bois (09-1792)
- Valmy (09-1792)
- Nice (09-1792)
- Lille (09-1792)
- Villefranche-sur-Mer (09-1792)
- 1er Mayence (10-1792)
- Jemappes (11-1792)
- 1re Malines (11-1792)
- 1re Furnes (11-1792)
- Limbourg (11-1792)
- Anderlecht (11-1792)
- Namur (11-1792)
- Francfort (12-1792)
- 1er Maastricht (02-1793)
- 1re Aldenhoven (03-1793)
- Neerwinden (03-1793)
- 2e Mayence (04-1793)
- 1er Condé (04-1793)
- 2e Quiévrain (05-1793)
- St-Amand (05-1793)
- Raismes (05-1793)
- Famars (05-1793)
- San Pietro (05-1793)
- 1er Valenciennes (05-1793)
- 2e Furnes (05-1793)
- 1re Arlon (06-1793)
- Landau (08-1793)
- 1er Quesnoy (08-1793)
- Hondschoote (09-1793)
- Pirmasens (09-1793)
- Maubeuge (09-1793)
- Avesnes (en) (09-1793)
- Méribel (09-1793)
- Menin (09-1793)
- 3e Furnes (10-1793)
- Bergzabern (10-1793)
- 1re Wissembourg (10-1793)
- Wattignies (10-1793)
- Nieuport (10-1793)
- Kaiserslautern (11-1793)
- Wœrth (12-1793)
- Berstheim (12-1793)
- 2e Wissembourg (12-1793)
- Martinique (01-1794)
- Saint-Florent (02-1794)
- Bastia (04-1794)
- Guadeloupe (04-1794)
- 2e Arlon (04-1794)
- 1er Landrecies (04-1794)
- Villers-en-Cauchies (en) (04-1794)
- Troisvilles (04-1794)
- Mouscron (04-1794)
- Thuin (05-1794)
- Courtrai (05-1794)
- Tourcoing (05-1794)
- Tournai (05-1794)
- Ouessant (navale) (06-1794)
- Hooglede (06-1794)
- Fleurus (06-1794)
- 2e Landrecies (07-1794)
- 2e Malines (07-1794)
- Calvi (07- 1794)
- 2e Le Quesnoy (07-1794)
- Tripstadt (en) (07-1794)
- 2e Valenciennes (08-1794)
- 2e Condé (08-1794)
- Sprimont (09-1794)
- Bois-le-Duc (09-1794)
- 2e Maastricht (10-1794)
- 2e Aldenhoven (10-1793)
- Venlo (10-1794)
- Luxembourg (11-1794)
- Helder (01-1795)
- Gênes (navale) (03-1795)
- Groix (navale) (06-1795)
- Quiberon (06-1795)
- Hyères (navale) (07-1795)
- Handschuhsheim (09-1795)
- 3e Mayence (10-1795)
- Ettlingen (en) (07-1796)
- Friedberg (07-1796)
- Altendorf (08-1796)
- Neresheim (08-1796)
- Sulzbach (08-1796)
- Amberg (08-1796)
- Friedberg (08-1796)
- Terre-Neuve (08-1796)
- Wurtzbourg (09-1796)
- Mainbourg (09-1796)
- Biberach (10-1796)
- Emmendingen (10-1796)
- Schliengen (10-1796)
- Kehl (10-1796)
- Irlande (12-1796)
- Droits de l'Homme (navale) (01-1797)
- Fishguard (02-1797)
- Cap Saint-Vincent (navale) (02-1797)
- Neuwied (04-1797)
- Diersheim (04-1797)
- Santa Cruz de Ténérife (navale) (07-1797)
- Camperdown (navale) (10-1797)
- Céret (04-1793)
- Mas Deu (05-1793)
- Bellegarde (05-1793)
- Perpignan (07-1793)
- Peyrestortes (09-1793)
- Trouillas (09-1793)
- Toulon (09-1793)
- 1re Le Boulou (10-1793)
- La Cayde (11-1793)
- Camp des Sans Culottes (02-1794)
- Bellver et Urgell (04-1794)
- 2e Le Boulou (04-1794)
- 1re St-Laurent-de-la-Mouga (05-1794)
- Les Aldudes (06-1794)
- Bastan (07-1794)
- 2e St-Laurent-de-la-Mouga (08-1794)
- Orbaitzeta (10-1794)
- Roses (11-1794)
- Sierra Negra (11-1794)
- Golfe de Rosas (02-1795)
- Cistella (05-1795)
- Combat de Bàscara (05-1795)
- Pontós (05-1795)
- Pontós (06-1795)
- La Fluvià (06-1795)
- 1re Saorge (en)
- Gilette (10-1793)
- 2e Saorge (04-1794)
- 1re Dego (09-1794)
- Loano (11-1795)
- Voltri (en) (04-1796)
- Montenotte (04-1796)
- Millesimo (04-1796)
- 2e Dego (04-1796)
- Ceva (en) (04-1796)
- San Michele (04-1796)
- Mondovi (04-1796)
- Cherasco (04-1796)
- Fombio (05-1796)
- Pont de Lodi (05-1796)
- Borghetto (05-1796)
- Mantoue (07-1796)
- Lonato (08-1796)
- Castiglione (08-1796)
- Peschiera (08-1796)
- Rovereto (09-1796)
- Bassano (09-1796)
- Caldiero (11-1796)
- Pont d'Arcole (11-1796)
- Rivoli (01-1797)
- La Favorite (01-1797)
- Faenza (02-1797)
- Valvasone (03-1797)
- Tyrol (03-1797)
- Tarvis (03-1797)
- Leoben (04-1797)
- Pâques véronaises (04-1797)
- Chronologie de la campagne 1796-1797
| Coordonnées | 50° 37′ 58″ nord, 3° 14′ 21″ est | |
|---|---|---|
Le plan des offensives
Pour la campagne du printemps 1794, Lazare Carnot, du Comité de salut public, conçoit une stratégie selon laquelle les armées républicaines françaises attaquent les flancs des forces de la Coalition dans les Pays-Bas autrichiens[1]. Sur le flanc ouest, 100 000 hommes reçoivent l'ordre de prendre Ypres, puis Gand, et enfin Bruxelles[1]. Sur le flanc est, 100 000 soldats doivent progresser vers Liège et Namur afin de couper les communications autrichiennes avec Luxembourg[1]. Pendant ce temps, 50 000 hommes tiennent le centre de la ligne française près de Bouchain et Maubeuge[1]. Le défaut de cette stratégie d'enveloppement double réside dans le fait que les Alliés peuvent concentrer l'essentiel de leurs forces sur l'une ou l'autre aile française et l'écraser[1].
Charles Pichegru, le nouveau commandant français, prend le commandement de l'Armée du Nord le [2]. Auparavant, il avait commandé l'Armée du Rhin[2].En , l'Armée du Nord compte 194 930 hommes, dont 126 035 sont disponibles pour le combat[3]. En incluant les 32 773 soldats de l'Armée des Ardennes, qui leur est subordonnée, ce qui fait en tout 227 703 hommes[3]. À la mi-, les unités de l'Armée du Nord en Flandre occidentale étaient, d'Ouest en Est : la division Michaud (13 943 hommes) à Dunkerque, la division Moreau (15 968 hommes) à Cassel, la division Souham (31 856 hommes) à Lille et la brigade Osten (7 822 hommes) à Pont-à-Marcq[4].
Au début , les forces de la Coalition, sous le commandement général du prince de Saxe-Cobourg-Saalfeld, sont déployées comme suit. Avec son quartier général à Tournai, Clerfayt commande une armée de 24 000 Autrichiens, Hanovriens et Hessois sur l'aile droite alliée[5]. Clerfayt est chargé de défendre Menin, Ypres, Nieuport, Orchies et Marchiennes[5]. Ludwig von Wurmb et 5 000 hommes tient Denain entre l'aile droite et le centre. Le duc d'York et 22 000 hommes forme le centre-droit, avec son quartier général à Saint-Amand-les-Eaux. Cobourg et 43 000 hommes tient le centre allié, avec son quartier général à Valenciennes. Guillaume V d'Orange-Nassau et 19 000 soldats néerlandais forme le centre-gauche, avec son quartier général à Bavay[5]. L'aile gauche, sous les ordres de Franz Wenzel de Kaunitz-Rietberg, compte 27 000 soldats autrichiens et néerlandais et couvre le terrain entre Bettignies (près de Maubeuge) et Dinant[5]. Sous le regard de François II, empereur du Saint-Empire romain germanique, l'armée principale de la coalition de Cobourg avance le et assiège la forteresse de Landrecies[6]. Le siège de Landrecies commence le et s'achève le par une reddition française[7].
Mouscron
Le , la cavalerie alliée écrase une colonne française de 20 000 hommes qui tentait de secourir Landrecies, infligeant 7 000 pertes et capturant son commandant, le général Chapuy, ainsi que les plans de Pichegru pour la conquête des côtes flamandes[8]. Pendant ce temps, les Français harcèlent les troupes de Wurmb à Denain, contraignant Clerfayt à leur envoyer 8 000 hommes de son aile droite[9]. Le , la division Michaud, forte de 12 000 hommes, avance vers Nieuport et Ypres, la division Moreau, forte de 21 000 hommes, encercle Menin, et la division Souham, forte de 30 000 hommes, se dirigea vers Courtrai, qu'elle prend. Disposant des plans de Pichegru, Cobourg envoye sur l'aile droite un renfort composé de 12 bataillons d'infanterie et de 10 escadrons de cavalerie sous les ordres de Sir William Erskine, et ordonne aux 8 000 hommes de Clerfayt, stationnés à Denain, de retourner à Tournai[9]. Il est trop tard ; Souham bat Clerfayt, largement inférieur en nombre, lors de la bataille de Mouscron le , lui infligeant 2 000 pertes et s'emparant de 23 canons[9]. La nuit suivante, la garnison de la Coalition abandonne Menin[9]. À l'arrière des lignes alliées, les convois de ravitaillement en direction de Gand et de Bruxelles battent en retraite dans la panique[9].
Contre-offensive des coalisés

Dès la chute de Landrecies, Cobourg envoye le duc d'York avec le reste de son corps à Tournai[10]. De fortes pluies ralentissent la colonne du duc d'York, qui ne rejoignent les troupes d'Erskine à Tournai que le [10]. York dépêche un détachement vers l'ouest, à Marquain et Lamain, pour relever 5 000 soldats de Clerfayt qui gardent ces places fortes[10]. Près de Tournai, le corps de York compte 18 000 hommes, celui de Clerfayt 19 000, et la division hanovrienne de Georg Wilhelm von dem Bussche dispose de 4 000 à 6 000 hommes à Warcoing et Espierre[10]. Parmi les effectifs de Clerfayt figure une nouvelle brigade britannique commandée par Richard Whyte (12e, 38e et 55e régiments d'infanterie, et 8e régiment de dragons légers), qui marche depuis Ostende et n'a pas encore rejoint le reste de l'armée[10].
Le , les commandants des corps alliés élaborent un plan selon lequel Clerfayt traverserait la Lys en aval de Courtrai et attaquerait la ville par le nord[11]. Les forces de Clerfayt comprennent les unités hanovriennes suivantes : les 3e et 4e bataillons de grenadiers, et trois escadrons du 10e régiment de dragons légers[11]. Ses troupes autrichiennes sont composées de deux bataillons de chacun des régiments d’infanterie Clerfayt no 9 et Sztáray no 33, du 3e bataillon du régiment d’infanterie Stuart no 18, de huit escadrons du régiment de chevau-léger Latour no 31 et du régiment de dragons Kaiser no 3, soit environ 8 500 hommes[11].
Simultanément, le duc d'York doit progresser vers l’ouest depuis Tournai afin de couper Courtrai de la base française de Lille[12]. York estime que les forces françaises au nord de Lille, autour de Menin et Courtrai, étaient au nombre de 24 000 et se trouvaient principalement au nord de Lille, ce qui lui permettrait de déborder leur aile droite et de les repousser contre Courtrai, ainsi que contre Clerfayt qui arrivait de l'autre côté[12].
Cependant, bien qu'ayant accepté le plan, Clerfayt hésite d'abord et refuse d'obtempérer jusqu'à recevoir des ordres directs du quartier général impérial[13].
Pendant ces préparatifs, Cobourg envoye les divisions de Kinsky et de l'archiduc Charles, vers l'est, en direction de Tournai[14]. D'autres divisions, sous les ordres de Maximilien Antoine de Baillet de Latour, Josef Alvinczy von Borberek et Franz von Werneck, se dirigent vers l'est pour soutenir l'aile gauche de Kaunitz[14].
Cobourg ordonne à Clerfayt de quitter Tournai et d'attaquer Courtrai[14]. Clerfayt partit donc le et traversa la Lys jusqu'à la rive nord, à Harelbeke[14]. Au même moment, Souham se précipita vers Dottignies, mais manqua Clerfayt et retourna à son camp d'Aalbeke[14]. Le duc d'York commença alors son avancée vers l'ouest[14].
Malheureusement, les renseignements du duc d'York étaient erronés[13]. Loin d'avoir que 24 000 hommes, Pichegru en dénombrait en réalité entre 40 000 et 50 000 entre Menin et Courtrai, soit deux fois plus[13]. De plus, il avait également ordonné à la division Bonnaud forte de 20 000 hommes (ex division de Chapuy) de se déplacer de Cambrai à Sainghin-en-Mélantois, couvrant Lille et étendant le flanc droit français sur le front du duc d'York[15]. À l'insu du duc, sa manœuvre de contournement s'était transformée en une attaque frontale contre des forces supérieures en nombre[15].
La bataille
En réponse à l'avancée du duc d'York et de Clerfayt, les Français lancent une attaque contre les forces du duc avec les divisions Souham et Bonnaud, et les brigades Compère et Thierry – soit toutes les forces disponibles dans la région entre l'Escaut et la Lys[12].
La division Souham, importante, est positionnée sur la rive sud de la Lys et comprend les brigades Macdonald, Daendels, de Winter, Jardon et Malbrancq[12]. Deux brigades indépendantes étaient présentes : celle de Compère près de Lannoy et celle de Thierry à Tourcoing[12]. La division Bonnaud comprend les brigades de Salme, Pierquin et Noël, ainsi que la cavalerie de Baillot-Faral[16]. Bonnaud commande 23 000 hommes, dont 6 000 issus de la brigade d'Osten[16].
Le , Pichegru lance une attaque majeure qui franchit la Marque peu après l'aube[17]. Sur le flanc droit, la brigade d'Osten marcha de Pont-à-Marcq à Bouvines, puis se dirige vers le sud-est en passant par Cysoing[16]. À Bachy, les français rencontrent le 20e régiment d'infanterie autrichien de Kaunitz[16]. Ces deux bataillons, appuyés par trois escadrons de cavalerie, bloquèrent la progression des français et empêchèrent le contournement du flanc gauche du duc d'York[13]. Au nord, Compère entre dans Lannoy tandis que la brigade Thierry avance vers Leers et Néchin et repousse les avant-postes de la Coalition[16]. Selon une source, la division de Souham attaqua les troupes hanovriennes de Georg Wilhelm von dem Bussche à Dottignies et Coeyghem (Kooigem), juste après Mouscron, et les repoussa, mais elles furent chassées d'Espierre[15],[16].
La division Bonnaud franchit le Marque à Tressin[16]. Les 15 bataillons des brigades Pierquin et Noël occupent Gruson, tandis que la brigade Salme avance sur leur gauche[16]. Après une défense acharnée, les Français chassent les troupes légères britanniques de Baisieux et occupent également Camphin-en-Pévèle[17]. Bonnaud installe une grande batterie de 25 canons sur une crête à l'ouest de Baisieux et de Camphin et commence un bombardement prolongé des positions de la Coalition[16]. Après trois heures de combats, quelques grenadiers autrichiens furent repoussés, mais l'attaque française s'interrompit, son flanc droit exposé entre Camphain et Wannehain, au sud[16].
Constatant une brèche entre les troupes d'Osten et le flanc droit de Bonnaud, le duc d'York décida d'envoyer seize escadrons de cavalerie dans la plaine au sud de Lamain afin de se positionner pour attaquer[13]. Cette force de cavalerie, commandée par William Harcourt, est composée de deux escadrons de chacun des 1er, 2e et 6th Dragoon Guards, des 7e, 11e, 15e Hussars et 16e régiments de dragons légers, et du régiment de hussards autrichien Erzherzog Leopold. Maximilian de Merveldt, officier de liaison autrichien du duc d'York, connaissait bien le terrain et guida la cavalerie jusqu'à sa mise en position[16]. Une autre source mentionne la présence des 2e, 3e et 6e Dragoon Guards[11]. Bien que le terrain est plat et non clôturé, les cultures de colza locales semées en sillons rendent les charges de la cavalerie alliée difficiles[18]. Voyant la cavalerie approcher, l'infanterie française se forma en carrés[18].
La cavalerie alliée chargea à neuf reprises, mais sans parvenir à percer les carrés[18]. La lenteur des charges étant telle que l'infanterie française tint bon[18]. Le 6th Dragoon Guards chargea un carré français positionné derrière un champ de colza[19]. Les sillons fauchèrent de nombreux chevaux et ce seul régiment perdit 31 hommes (tués, blessés et disparus), ainsi que 95 chevaux tués[19]. Pour sortir de l'impasse, le duc d'York envoya en avant la brigade d'infanterie Fox (14e, 37e et 53e régiments d'infanterie)[20]. Son flanc sud étant pris à revers, la division Bonnaud commença à se replier de Camphin vers le nord, couverte par la cavalerie française[19]. Alors que la cavalerie de la Coalition la poursuivait, elle fut prise sous le feu de la grande batterie française[19]. À ce moment-là, six escadrons britanniques supplémentaires vinrent renforcer la masse de la cavalerie alliée[19]. Il s'agissait des 1er, 2e et 6e Dragoon Guards[19].
La cavalerie de la Coalition chargea la cavalerie française sur ses deux flancs et la mit en déroute[21]. Cependant, elle ne parvint toujours pas à percer les lignes de l'infanterie française[21]. Finalement, non loin au sud de Willems, des canons de bataillon de l'infanterie britannique rejoignirent la cavalerie[21]. Après que les canons eurent ouvert le feu sur les carrés, l'infanterie française commença à flancher[21]. Un officier des Scots Greys chargea à cheval dans un carré français, renversa trois hommes, puis, faisant volte-face, en renversa six autres[21]. Ses cavaliers s'engouffrèrent dans la brèche et brisèrent le carré[21]. La vue d'un carré brisé consterna les Français, et la cavalerie alliée brisa deux autres carrés, infligeant de lourdes pertes aux fantassins français[21]. Peu après, une importante force de cavalerie française apparut à l'ouest[21]. Chargée par le 6e Dragoon Guards, la cavalerie française se dispersa[21]. Une source indique que les Français ont subi 2 000 pertes, ainsi que la capture de 450 hommes et 13 canons[21]. Les pertes britanniques s'élèvent à 31 tués et 84 blessés[21]. Une autre source rapporte que, lors des combats de cavalerie, les Français ont perdu entre 1 000 et 2 000 hommes, et ont eu 400 hommes et 13 canons capturés[19]. Les pertes de la cavalerie britannique sont de 30 tués, 6 officiers et 77 hommes blessés, 90 chevaux tués et 140 chevaux blessés ou disparus[19]. Lors des combats près de Baisieux, les pertes alliées s'élèvent à 245 tués et blessés, et 80 disparus[11]. Il n'est pas certain que ces chiffres incluent les pertes de la cavalerie britannique[11]. Les Français n'ont admis avoir perdu que 500 hommes et 5 canons[22].
Constatant l'échec de l'attaque de Bonnaud, Compère se replia et Thierry s'arrêta à Leers[23]. À la fin de la journée, toutes les unités françaises avaient regagné leurs positions initiales[23]. Onze régiments de cavalerie britanniques, dont les Royal Horse Guards, reçurent la distinction honorifique de « Willems »[23]. Cette bataille marqua la première fois de la guerre que l'infanterie française, disposée en carré, repoussa avec succès la cavalerie alliée[11]. York n'exploita pas sa victoire[24]. Prenant conscience de la supériorité numérique des troupes françaises dans la région, il s'arrêta et demanda des renforts[24].