Changement climatique en 2025
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Le changement climatique en 2025 désigne l’ensemble des phénomènes climatiques observés en 2025 attribués ou en lien avec l'augmentation rapide de la température moyenne de la surface terrestre et de leurs impacts sur la planète et les habitants. Cet article traite des indicateurs caractérisant ce changement et des dynamiques scientifiques, politiques, économiques et sociales liées à l’évolution du climat au cours de l’année 2025.
Un réchauffement global de la planète est amorcé depuis l’ère industrielle et confirmée par l’évolution des températures moyennes mondiales, des concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère et de l’intensification des événements météorologiques extrêmes. Selon l’Organisation météorologique mondiale (OMM), l’année 2025 présente une probabilité élevée de figurer parmi les années les plus chaudes jamais enregistrées à l’échelle planétaire.
Dans la continuité des tendances observées depuis les années 2010 et 2020, les systèmes climatiques terrestres montrent une accélération de plusieurs processus, notamment le réchauffement des océans, la fonte de la cryosphère et la dégradation des écosystèmes naturels. Les impacts socio-économiques associés — en particulier sur la sécurité alimentaire, la disponibilité en eau, la santé publique et les infrastructures — deviennent de plus en plus visibles et documentés.
L’année 2025 occupe également une place particulière dans la gouvernance climatique internationale. La COP30 de Belém intervient à une échéance importante dans le cadre de l’Accord de Paris, les Parties devant soumettre ou actualiser leurs contributions déterminées au niveau national (dites CDN 3.0) afin de renforcer leur ambition climatique. Cette étape intervient alors que les émissions mondiales de gaz à effet de serre demeurent élevées et que les trajectoires projetées indiquent un réchauffement global potentiellement supérieur à 2 °C d’ici la fin du siècle, en l’absence de politiques supplémentaires.
Les développements scientifiques en 2025 mettent l’accent sur l’amélioration des modèles climatiques, l’étude des rétroactions du système climatique — notamment celles liées au dégel du pergélisol et à la perte de glace de mer — ainsi que sur l’évaluation des risques de franchissement de points de bascule environnementaux. Parallèlement, les innovations technologiques dans les domaines de l’énergie, du stockage du carbone et de l’adaptation renforcent le rôle de l’ingénierie et des sciences appliquées dans les réponses possibles au réchauffement global.
Température moyenne globale
2025, deuxième année la plus chaude de l'histoire

La température moyenne près de la surface du globe s’établissait en 2024 à 1,55 °C ± 0,13 °C au-dessus de la moyenne préindustrielle, ce qui faisait de 2024 l'année la plus chaude de l'histoire, en raison principalement de l’épisode El Niño qui avait entraîné une hausse des températures mondiales en 2023 et 2024. Les conditions neutres de La Niña en 2025 qui a succédé à El Niño conduisent à une température moins élevée. De janvier à elle s’établissait à 1,42 °C ± 0,12 °C, ce qui pourrait placer l'année 2025 deuxième ou troisième année la plus chaude[1].
Concentration de gaz à effet de serre
En 2025, la concentration atmosphérique des principaux gaz à effet de serre atteint des niveaux sans précédent dans l’histoire instrumentale. Selon les mises à jour 2025 de l'Organisation météorologique mondiale (OMM) et des réseaux de surveillance NOAA et Scripps, le dioxyde de carbone (CO₂) dépasse durablement 420 ppm en moyenne annuelle au Mauna Loa Observatory (423.9 ±0.2 ppm en moyenne annuelle 2024), confirmant une progression soutenue malgré de légères variations interannuelles. Le méthane (CH₄) poursuit également son augmentation, avec une concentration de 1942 ±2 ppb et une augmentation de 8 ppb par rapport à 2023, inférieure toutefois à celle de 11 ppb enregistrée entre 2022 et 2023 et à l'augmentation annuelle moyenne de 10,6 ppb observée au cours des dernières années. Le protoxyde d’azote (N₂O) affiche quant à lui en 2024 une concentration record de 338.0 ±0.1 ppb, principalement liée à l’agriculture intensive[2],[3].
| Gaz à effet de serre | Octobre 2024 | Octobre 2025 |
|---|---|---|
| CO2 | 422.38 ppm | 424.87 ppm |
| CH4 | 1920.39 ppb | 1927.61 ppb |
| N2O | 337.66 ppb | 338.79 ppb |
Ces tendances sont attribuées quasi exclusivement aux activités humaines, comme rappelé dans les synthèses scientifiques publiées en 2025 par le programme Global Atmosphere Watch (OMM). Elles renforcent l’influence radiative positive du système climatique et contribuent à l’accélération du réchauffement global observé sur la période récente. Les mesures atmosphériques, issues de réseaux automatisés et calibrés, constituent l’un des indicateurs les plus robustes du changement climatique contemporain[4].
- Évolution du taux de concentration de CO2 sur la période 2020-2026.
- Évolution du taux de concentration de CH4 sur la période 2020-2026.
- Évolution du taux de concentration de N2O sur la période 2020-2026.
Évolutions de la cryosphère
En 2025, plusieurs travaux confirment une accélération de la dégradation de la cryosphère: la perte de masse glaciaire apparaît largement irréversible à l’échelle du siècle et le dégel du pergélisol réduit encore la « marge de manœuvre » carbone pour respecter les objectifs climatiques. Les études de cette année insistent moins sur des « surprises » que sur le durcissement de diagnostics déjà préoccupants, en affinant les chiffres et les mécanismes en jeu[5],[6].
Glaciers : perte accrue et difficilement évitable

Une synthèse publiée en conclut qu’une grande partie des glaciers de montagne restera engagée dans une trajectoire de fonte jusqu’en 2100, même avec des politiques climatiques renforcées, avec seulement environ un quart de la masse glaciaire actuelle préservée dans un scénario de réchauffement proche de 2,7 °C[7],[8]. Le rythme de perte est alarmant, avec une moyenne de 270 milliards de tonnes par an entre 2000 et 2023, et une accélération significative ces dernières années. Cette perte de masse, qui dépasse celle des calottes glaciaires du Groenland et de l'Antarctique, a fait des glaciers un facteur majeur de l'élévation du niveau de la mer au cours de ces deux décennies et pourrait rester importante tout au long du siècle, en particulier dans les régions densément peuplées dépendantes de la fonte saisonnière pour l’eau. Les contributions régionales les plus importantes à la perte de masse glaciaire mondiale proviennent de l'Alaska (22 %), de l'Arctique canadien (20 %), des glaciers périphériques du Groenland (13 %) et du sud des Andes (10 %). Par rapport à la masse glaciaire régionale en 2000, la plus grande perte relative de glace s'est produite dans les régions où la superficie des glaciers est faible (c'est-à-dire ≤ 15 000 km2) : Europe centrale (−39 %), Caucase (−35 %), Nouvelle-Zélande (−29 %), Asie du Nord (−23 %), Ouest du Canada et États-Unis (−23 %) et basses latitudes (−20 %). Les autres régions, avec une grande superficie glaciaire (c'est-à-dire > 15 000 km2), ont perdu entre 2 % et 12 % de leur glace. Ces études régionales relient explicitement ces changements à une augmentation des risques d’avalanches humides, de laves torrentielles et de crues glaciaires, ce qui renforce la nécessité d’intégrer l’évolution des glaciers dans la gestion des risques de montagne[9],[10].
Pergélisol: un effet de serre amplificateur
En 2025, plusieurs groupes de recherche montrent que le dégel du pergélisol est susceptible de réduire les budgets carbone compatibles avec 1,5–2 °C d’environ un cinquième, en raison des émissions additionnelles de CO₂ et de méthane issues des sols gelés. Les nouvelles simulations de modèles de climat intégrant mieux l’hydrologie, les processus de thermokarst et les feux de toundra indiquent qu’une part importante du carbone actuellement piégé dans le pergélisol pourrait être libérée d’ici 2300, avec une fraction majoritaire effectivement émise dans l’atmosphère[6]. Des programmes lancés en 2025 visent à affiner la cartographie du dégel et des flux de gaz à effet de serre, car les observations de terrain et les données satellitaires suggèrent que certains modèles sous estiment encore la rapidité du dégel, notamment dans les zones riches en glace. Ces travaux renforcent l’idée que les émissions liées au pergélisol constituent une rétroaction lente mais difficilement réversible, qui ne peut plus être ignorée dans les scénarios climatiques[6],[11].
Banquise : records et tendances préoccupantes

Les observations satellitaires indiquent que l’extension maximale de la banquise arctique au printemps 2025 a atteint un minimum record sur la période de mesures par satellite, poursuivant une tendance de long terme à la réduction de la glace de mer. La fonte estivale 2025 confirme un Arctique en rapide transformation, avec des effets attendus sur l'albédo, la circulation atmosphérique et la dynamique de l’océan[12],[13].
Dans l'Antarctique, les données de 2025 montrent une forte variabilité interannuelle. Jusqu'à récemment, la glace dans l'océan autour du pôle Sud était plus résistante que la glace de mer dans le Nord, avec une couverture maximale en légère augmentation avant 2015. « Cette année, elle semble inférieure à la moyenne », a déclaré Nathan Kurtz, chef du laboratoire des sciences cryosphériques au Goddard Space Flight Center. « Mais le système antarctique dans son ensemble est plus complexe », ce qui rend plus difficile la prévision et la compréhension des tendances de la glace de mer en Antarctique. mais sur un fond de plus en plus marqué de diminution de l’extension de la banquise par rapport aux décennies précédentes. Les études insistent sur le fait que ces changements de glace de mer, combinés à la fonte accélérée des calottes glaciaires, modifient les échanges de chaleur océan atmosphère et pourraient influencer durablement les régimes météorologiques de moyenne latitude[13],[14].
Réchauffement, acidification et élévation du niveau des océans
En 2025, les études sur les océans dressent un constat cohérent : ils se réchauffent toujours plus vite et s’acidifient au point que l’acidification est désormais considérée comme une « limite planétaire » officiellement dépassée, avec des risques croissants pour les écosystèmes marins et les sociétés humaines. Le réchauffement, l’acidification et la perte d’oxygène sont de plus en plus vus comme un triptyque indissociable, qui fragilise le rôle régulateur de l’océan dans le climat[15],[16],[17].
Acidification des océans
Des travaux publiés en 2025 concluent que l’acidification a franchi le seuil de sécurité fixé dans le cadre des « limites planétaires », ce qui en fait la septième limite officiellement dépassée. Ces études montrent que le pH moyen de surface a déjà baissé d’environ 0,1 unité depuis le début de l’ère industrielle, soit une augmentation de l’acidité de l’ordre de 30 à 40%, avec des changements particulièrement marqués dans les régions polaires et l’océan Austral[18],[17]. Les chercheurs soulignent que l’océan absorbe près d’un quart des émissions anthropiques de CO₂, ce qui limite le réchauffement de l’air mais a un coût chimique : formation d’acide carbonique, baisse du pH et diminution des ions carbonates essentiels aux organismes calcificateurs. Les études de 2025 insistent sur la vulnérabilité des coraux, mollusques et d’une partie du plancton, et sur le risque de perturbations en cascade des chaînes alimentaires marines[16],[17].
Réchauffement des océans
Les bilans climatiques publiés en 2025, notamment le rapport annuel Copernicus sur l'état des océans[19]. (OSR) confirment que le contenu de chaleur de l’océan atteint de nouveaux records, avec une hausse marquée dans les couches supérieures et une multiplication des « vagues de chaleur marines » depuis 2023–2024. Ces vagues de chaleur sont associées à des épisodes de blanchissement de récifs coralliens, à des mortalités massives d’espèces et à des déplacements de stocks de poissons, qui compliquent la gestion des pêches. Le réchauffement de surface diminue la capacité de l’océan à absorber du CO₂ et renforce la stratification de la colonne d’eau, ce qui limite le mélange vertical et l’apport de nutriments vers la surface. Les travaux de 2025 mettent en avant cette interaction entre chaleur, acidification et désoxygénation : l’océan régule encore le climat, mais au prix de transformations rapides qui menacent ses fonctions écologiques et les services qu’il rend aux sociétés humaines[20].
Élévation du niveau des mers

Le rapport Copernicus publié en confirme une montée sans précédent du niveau de la mer (228 millimètres entre 1901 et 2024) qui met en danger les populations vivant près des côtes (près de 200 millions de personnes installées le long des côtes européennes) mais aussi des sites du patrimoine mondial de l'Unesco[20]. L’élévation du niveau moyen des mers s’accélère, portée à la fois par la dilatation thermique des océans et par la fonte croissante des calottes glaciaires et des glaciers. Les observations par altimétrie montrent que le taux moyen est passé d’environ 2,1 mm/an au début des années 1990 à près de 4,5 mm/an autour de 2024, et que le niveau moyen mondial a déjà monté d’environ 21 cm depuis 1900[21]. Les modèles climatiques mondiaux prévoient que l'élévation du niveau moyen mondial des mers d'ici 2100, par rapport à la période 1995-2014, avec un niveau de confiance de 66 %, sera probablement comprise entre 0,28 et 0,55 m dans le cas d'un scénario d'émissions très faibles. Dans un scénario d'émissions intermédiaires, elle sera comprise entre 0,44 et 0,76 m et entre 0,63 et 1,02 m dans un scénario d'émissions très élevées[21].
État des émissions de gaz à effet de serre en 2025
De nombreux rapports, études ou analyses réalisés par les organisations internationales qui font référence en la matière (PNUE, OMM, AIE,…) ont été publiés avant la COP. Ces publications alertent toutes sur la trajectoire des émissions de gaz à effet de serre (GES) qui continuent à augmenter, et sur le fait que la fenêtre d'opportunité pour limiter le réchauffement à + 1,5 °C est en train de se refermer.
Édition 2025 du rapport annuel du PNUE
Selon le seizième « Emissions Gap Report », publié le , par le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE), les émissions de gaz à effet de serre (GES) sont toujours bien trop importantes pour limiter la hausse des températures mondiales en dessous des seuils fixés par l'accord de Paris en 2015, soit « nettement en dessous de +2 °C » et si possible à +1,5 °C ». Les projections relatives au réchauffement climatique pour ce siècle, basées sur la mise en œuvre intégrale des contributions déterminées au niveau national (CDN), sont désormais de 2,3 à +2,5 °C, tandis que celles basées sur les politiques actuelles sont de +2,8 °C. À titre de comparaison, le rapport 2024 faisait état de 2,6 à +2,8 °C et +3,1 °C[22].
Bulletin GES 2025 de l'OMM
L'édition 2025 du bulletin GES de l'Organisation météorologique mondiale (OMM) sur les concentrations atmosphériques des trois principaux GES persistants (à longue durée de vie) est publiée le . Les 11 années de 2015 à 2025 sont les plus chaudes jamais enregistrées en 176 ans d’observation, les trois dernières années occupant la tête du classement. Les concentrations de gaz à effet de serre qui avaient dépassé des records en 2024 ont continué à augmenter en 2025[1],[23].
- Émission annuelles mondiales de CO2[Note 1]
- Émission annuelles de CO2 pour 7 grands pays.
Nombre de morts liées au changement climatique : 546 000 par an entre 2012 et 2021
Le rapport du « Lancet » publié en , le neuvième rapport annuel du Lancet Countdown on Health and Climate Change, quantifie pour la première fois les morts liées au changement climatique. Ce rapport estime que la hausse des températures et l'augmentation de la taille des populations vulnérables ont entraîné une augmentation de 63 % des décès liés à la chaleur depuis les années 1990, pour atteindre une moyenne estimée à 546 000 décès par an entre 2012 et 2021. Il souligne également que le nombre plus élevé de jours de canicule et de mois de sécheresse en 2023 par rapport à 1981-2010 a été associé à une augmentation de 123,7 millions de personnes en situation d'insécurité alimentaire modérée ou grave dans 124 pays analysés. Enfin, le temps plus chaud et plus sec augmentant le risque d'incendies de forêt, l'année 2024 a enregistré un nombre record de 154 000 décès dus à la pollution atmosphérique par les particules fines (PM2,5) provenant de la fumée des incendies de forêt[24],[25].
Dix ans de l’Accord de Paris
Rapport du Climate Change Committee (CCC, Royaume-Uni)
Le Climate Change Committee (CCC), l’équivalent du Haut Conseil pour le Climat en France, publie le son rapport annuel à l’intention du Parlement britannique sur les progrès dans la réduction des émissions de GES du Royaume-Uni par rapport à ses objectifs de réduction. les réductions annuelles moyennes des émissions de GES des pays du G20 sont notamment comparées entre avant et après l’adoption de l'Accord de Paris (périodes 1990-2015 versus 2015-2023)[26].
- pays qui ont réduit leurs émissions de GES depuis 2015 : la plupart des pays industrialisés et la Corée du Sud (-1,01 %/an). C’est le seul pays émergent du G20 à avoir réduit ses émissions sur la période 2015-2023 ;
- pays qui ont augmenté leurs émissions de GES depuis 2015 : Chine (+2,47 %/an), Inde (+2,85 %/an), Indonésie (+3,56 %/an), Russie (+2,13 %/an), Turquie (+2,53 %/an) ;
- pays qui ont enregistré une plus faible hausse annuelle 2015-2023 par rapport à 1990-2015 : Chine (+2,47 %/an contre +5,0 %/an), Arabie saoudite 0,85 %/an contre 4,74 %/an), Turquie (2,53 %/an contre 3,28 %/an) ;
- pays qui ont enregistré une plus forte réduction annuelle 2015-2023 par rapport à 1990-2015 : France (-2,19%/an contre -0,58 %/an), UK (-3,42%/an contre -1,66 %/an), UE (-2,30 %/an contre -0,91 %/an), Japon (-3,05 %/an contre -0,05 %/an)
Événements climatiques extrêmes
En 2025, le monde s’est de nouveau trouvé confronté à toute une série de lourds effets du changement climatique, dont des inondations meurtrières, des vagues de chaleur record et des sécheresses prolongées. Ces événements météorologiques extrêmes ne cessent de gagner en fréquence et en intensité, avec de graves conséquences pour les économies, les écosystèmes, la santé et les sociétés[27],[28]. Cette section décrit certains événements météorologiques et climatiques notables à fort impact survenus en 2025, ainsi que leurs répercussions socioéconomiques.
Afrique
29-30 mai - Inondations au Nigeria 207 morts - 1 500 personnes déplacées - 10 000 ha de cultures touchées. Des crues soudaines ont touché l'ouest du Nigeria à la fin du mois de mai, les pires inondations se produisant les 29 et autour de la ville de Mokwa à la suite de précipitations extrêmes localisées[29].
4-11 avril - Inondations en RDC 165 morts - 60 000 personnes touchées 2 603 ha inondés. Pour la troisième année consécutive, la République démocratique du Congo (RDC) a été gravement touchée par des inondations. Les pires conséquences ont été observées dans la métropole de Kinshasa, qui a été touchée par des crues soudaines, des inondations fluviales et des glissements de terrain, provoquant le déplacement de plus de 7 000 personnes. Les inondations dans la province du Tanganyika ont entraîné le déplacement d'environ 10 000 personnes.
Janvier-mars - Cyclones tropicaux au Mozambique 1 million de personnes touchées (cyclone Jude) 492 000 déplacés (Jude) - 3 611 300 ha de terres agricoles touchées. Le cyclone Dikeledi a frappé en janvier et Jude en mars, s'ajoutant aux effets du cyclone Chido en , Dikeledi touchant également Madagascar. Des dégâts importants, notamment dus aux inondations, et 16 décès ont été signalés. Jude a touché 3 299 100 ha de terres agricoles et Dikeledi 312 200 ha.
9-20 juin - Inondations en Afrique du Sud 103 morts - 15 000 personnes déplacées. La province du Cap-Oriental en Afrique du Sud est gravement touchée par les inondations causées par une tempête. De fortes chutes de neige ont également été enregistrées en altitude.
Amérique du Nord
7-31 janvier - Incendies en Californie - 30 morts - 40 milliards de dollars américains 260 000 personnes évacuées. Sous l'effet des vents violents de Santa Ana et des conditions de sécheresse extrême qui ont prévalu au cours des mois précédents, les incendies d'Eaton et de Pacific Palisades ont détruit plus de 16 000 bâtiments, causant les pertes économiques les plus importantes jamais enregistrées pour un incendie de forêt.
4-5 juillet - Inondations au Texas - 135 morts - 468 personnes déplacées. De violentes crues soudaines se sont produites, avec des précipitations atteignant 500 mm, dont une grande partie en quelques heures. Il s'agit de la plus importante catastrophe due à des inondations à l'intérieur des terres aux États-Unis depuis près de 50 ans. De nombreuses autres crues soudaines destructrices se sont produites dans diverses autres régions des États-Unis au cours du mois de juillet.
Amérique du Sud
Sécheresse en Amazonie - Une sécheresse prolongée a continué de sévir dans de nombreuses régions d'Amérique du Sud, en particulier dans le bassin amazonien, malgré des précipitations en 2025 plus proches de la moyenne que lors des deux années précédentes.
Asie
21-25 mars - Incendies de forêt en République de Corée - 31 morts - 1 milliard de dollars américains - 39 000 personnes déplacées. Les plus grands incendies de forêt jamais enregistrés en République de Corée se sont produits dans l'est du pays. Les incendies se sont rapidement propagés dans des conditions anormalement chaudes et venteuses après un hiver sec.
Mai à septembre - Inondations de mousson - 1,57 million de personnes touchées - 881 décès 2 199 880 ha de terres agricoles inondées. Les effets les plus graves ont été observés au Pakistan, où 881 décès liés aux inondations ont été signalés (au ). De graves crues soudaines ont également touché le nord de l'Inde, tandis que les inondations survenues au Bangladesh fin mai et début juin ont eu des répercussions importantes sur les camps de réfugiés. Plus de 600 000 personnes avaient besoin d'aide dans dix districts et plus de 40 000 personnes ont été déplacées.
juin-août - Vagues de chaleur en Asie de l'Est - Le Japon et la République de Corée ont connu leur été le plus chaud jamais enregistré, le Japon ayant observé sa température la plus élevée jamais enregistrée avec 41,8 °C à Isesaki le . Des records de chaleur ont également été enregistrés dans de nombreuses régions de Chine.
22-24 juillet - Tempête tropicale Wipha - La tempête tropicale Wipha a touché terre dans la province chinoise du Guangdong le , puis dans le nord du Vietnam le . Des décès ont été signalés aux Philippines, en Chine, au Vietnam, en Thaïlande et au Myanmar. Près de 230 000 personnes ont été touchées et au moins six morts sont à déplorer[30].
Mi–fin novembre 2025 - Inondations en Asie du Sud-Est À la fin de l'année 2025, l'Asie du Sud-Est connaît des inondations dévastatrices, touchant particulièrement le Vietnam, la Thaïlande, le Sri-Lanka et l'Indonésie. Au Vietnam, frappé par 13 typhons en 2025, des pluies intenses provoquent de graves inondations dans la région centrale, notamment dans les provinces de Dak Lak et Khanh Hoa, avec des niveaux d'eau exceptionnels dépassant des records historiques et causant l'évacuation de près de 120 000 personnes et au moins 90 morts en une semaine, selon un bilan officiel publié le [31]. Le record national de précipitations, qui datait de 1999, est battu fin octobre, dans la ville de Huê (Centre), avec près d'1,7 mètre de pluie en vingt-quatre heures[32]. En Thaïlande, où sont dénombrés au moins 176 morts dans l'une des pires inondations de la décennie, la ville de Hat Yai a subi sa plus forte pluie en 300 ans. Du 19 au , un record historique de précipitations est établi dans le sud du pays avec 630 millimètres en 24 heures, effaçant l’ancien record de 428 millimètres datant de 2010 [33],[34]. Le bilan des inondations qui ont frappé l’Indonésie, la Thaïlande et la Malaisie, exacerbées par une tempête tropicale exceptionnelle, s’établit à plus de 1 000 morts dont près de 600 à Sumatra[34].
Moyen-Orient
janvier-juin - Sécheresse en Asie du Sud-Ouest Les précipitations pour les 12 mois se terminant en ont été inférieures de 50 % ou plus à la normale dans une grande partie de la République islamique d'Iran, ainsi que dans certaines régions des pays voisins. D'importantes pénuries d'eau ont été signalées. La production céréalière en République islamique d'Iran a été estimée à 5 % en dessous de la moyenne.
Europe
Juin-août - Vagues de chaleur en Europe et en Méditerranée orientale - 400 000 ha brûlés. Le Portugal (46,6 °C) et l'Espagne (46,0 °C) ont tous deux enregistré des températures record pour le mois de juin, tandis qu'un record national (50,5 °C) a été établi en Turquie en juillet. Des records de température ont également été enregistrés dans certaines régions de France et d'Allemagne. Les incendies de forêt ont provoqué 29 000 déplacements en Espagne, 15 000 en Grèce et 50 000 en Turquie.
Impacts observés
Impacts environnementaux
En 2025, plusieurs études de synthèse ont mis en lumière les impacts environnementaux croissants du changement climatique, ainsi que ceux d'activités anthropiques connexes comme l'intelligence artificielle. Un rapport notable publié en par l'association Green IT a ainsi analysé l'impact environnemental conséquent de l'intelligence artificielle. Il met en avant que l'IA génère déjà en 2025 une part importante des émissions de gaz à effet de serre, une grande consommation de ressources minières, ainsi qu'une pollution significative de l'eau et de l'air. Les installations représentent jusqu’à 2 % des impacts du numérique en 2025, et selon les projections de l’étude, 21 % en 2030, soulignant un effet important mais encore peu pris en compte dans les stratégies climatiques traditionnelles[35].
Les publications statistiques et rapports clés en 2025 fournissent une vue d'ensemble précise des évolutions climatiques et de leurs effets à différentes échelles, nationales et globales, aidant à orienter les politiques publiques et la recherche pour mieux gérer ces impacts[36].
Impacts socio-économiques
Agriculture
Des études 2025 montrent des baisses de rendements agricoles dues au réchauffement : jusqu'à 40 % pour le maïs aux États-Unis ou en Chine sous scénarios pessimistes, et 15 à 25 % pour le blé en Europe. Plus de 90% des pays risquent un déclin des cultures vivrières (maïs, riz, blé) d'ici fin siècle, même avec adaptation, aggravant l'insécurité alimentaire pour 123 millions de personnes. Des leviers comme variétés résistantes et agroécologie sont proposés pour atténuer ces risques[37],[38],[39].
Santé
Le rapport Lancet Countdown 2025 révèle que le taux de mortalité lié à la chaleur a augmenté de 23 % depuis les années 1990, ce qui porte le nombre total de décès liés à la chaleur à 546000 décès par an en moyenne. En 2024, une personne était exposée en moyenne à 16 jours de niveaux de chaleur dangereux qui ne se seraient pas produits en l’absence de changements climatiques, les nourrissons et les personnes âgées étant confrontés à plus de 20 jours de canicule par personne au total, soit quatre fois plus qu’au cours des 20 dernières années[40],[41]. En France, 5 000 décès sont dus à la chaleur en 2023, touchant surtout seniors et vulnérables, avec hausse des maladies vectorielles et respiratoires[42].
Gestion des eaux
Les projections indiquent -19 % de précipitations estivales en France d'ici 2100, réduisant ressources renouvelables et augmentant besoins agricoles[43]. Des programmes, comme celui de l'agence de l'eau Adour-Garonne Eau 2025-2030 (2 Md€), visent adaptation via sobriété, restauration milieux aquatiques et gestion durable face aux sécheresses[44].
Impacts géopolitiques
Des pressions accrues sur les ressources (eau, terres cultivables), migrations climatiques potentielles.
Science et recherche en 2025
7ème cycle d'évaluation du GIEC
Le 7ème cycle d’évaluation du GIEC a officiellement été lancé au cours de la 59e réunion plénière du GIEC, réunie du 25 au à Nairobi, au Kenya[45]. La structure des travaux à venir du Giec a été adoptée en [46]. Le rapport final doit comprendre trois parties issues des travaux de trois groupes de travail :
- groupe de travail I, « Les bases scientifiques physiques » du réchauffement climatique,
- groupe de travail II, « Impacts, adaptation et vulnérabilité »,
- groupe de travail III, « Atténuation des changements climatiques ».
Il doit être complété par trois rapports thématiques scientifiques : « le changement climatique et les villes », « méthodes de captage et stockage du CO2 » et « méthodologie pour mieux évaluer les émissions et l'impact des polluants à courte durée de vie » (méthane, oxyde d'azote et particules).
Du 24 au , s'est tenue la 62e session plénière du GIEC à Hangzhou en Chine, regroupant plus de 400 participants issus des 195 délégations nationales des pays membres, des scientifiques du GIEC, des ONG et différents observateurs, pour faire adopter le calendrier des travaux et les budgets associés et le contenu de ses travaux scientifiques[47]. L'enjeu est de savoir si les trois parties principales du rapport final peuvent être produites assez rapidement pour servir de base scientifique au deuxième bilan mondial en 2028, le premier ayant été produit en 2023[48]. Mais aucun accord n'est trouvé sur le calendrier, la Chine, l’Arabie saoudite, la Russie et l’Inde faisant partie des pays qui jugeaient le calendrier proposé trop précipité[49].
La question du calendrier est à nouveau abordée lors de la réunion de Lima du 27 au , mais aucun consensus n'est trouvé sur la production du rapport final, qui devrait être publié finalement en 2029, après le bilan mondial. Le groupe d'opposition est mené par l’Inde et l’Arabie saoudite, et comprend également la Chine, la Russie, l’Afrique du Sud, la Libye et l’Algérie. Ils ne souhaitent pas que le rythme de l’accord de Paris – des cycles de cinq ans – conditionne la production du GIEC, dont les rapports d’évaluation sont publiés tous les cinq à sept ans, invoquant la charge de travail[50]. Mais selon certains observateurs, ces manoeuvres n'auraient de finalité que de retarder le processus, comme le dénonce Valérie Masson-Delmotte, ancienne coprésidente du groupe 1 de l’organisation : « Certains pays tentent de saboter le GIEC non pas en contestant la science, mais en ralentissant son rythme »[50].
Les travaux sur les rapports scientifiques sont néanmoins poursuivis. Deux réunions des auteurs principaux du rapport méthodologique 2027 du GIEC sur les inventaires des facteurs climatiques à courte durée de vie se sont tenues en 2025 : la première du 24 au à Bilbao et la deuxième du 7 au à Istanbul. La troisième est prévue en à Rome[51].
Du 1 au , se tient à Paris la première réunion conjointe des auteurs principaux des trois groupes de travail. Plus de 600 experts y sont attendus[52]. C’est le lancement officiel de la rédaction des contributions de chaque groupe[53]. 19 chercheurs français ou affiliés à des institutions françaises ont été sélectionnés comme auteurs principaux[54],[55].
Avancées scientifiques et technologiques 2025
En 2025, plusieurs avancées scientifiques et technologiques majeures contribuent à réduire le réchauffement climatique, avec un fort accent sur les technologies de capture du carbone, les énergies renouvelables, et les innovations numériques pour la gestion environnementale[56],[57],[58].
Innovations de capture du carbone
La capture et le stockage dioxyde de carbone ainsi que les technologies directes d'air (DAC) ont connu des progrès significatifs en 2025, avec des installations qui atteignent désormais des capacités multi-kilotons. L’intelligence artificielle est utilisée pour améliorer la sélectivité, la durabilité et l’efficacité des matériaux utilisés dans ces systèmes, tandis que des solutions hybrides combinant méthodes chimiques et électrochimiques apportent plus de flexibilité et d’efficacité. Ces innovations permettent d’envisager un développement à grande échelle, conditionné cependant par des incitations politiques et des collaborations industrielles[58],[59].
Progrès dans les énergies renouvelables et le stockage
La croissance des énergies renouvelables est portée par des innovations technologiques telles que des panneaux solaires plus performants, des turbines éoliennes améliorées, et des systèmes intelligents de gestion des réseaux électriques. En 2025, le solaire devrait représenter près de la moitié de la nouvelle demande mondiale d’électricité. Parallèlement, les technologies de stockage de l’énergie — batteries avancées, hydrogène vert, réseaux électriques intégrés — jouent un rôle clé pour compenser l’intermittence des renouvelables et permettre une transition plus fluide vers des systèmes énergétiques décarbonés[60],[61].
Technologies émergentes à fort potentiel
Un rapport conjoint du Forum économique mondial et de Frontiers Media a souligné dix technologies émergentes portées par la convergence d’IA, biotech, robotique et observation terrestre, qui peuvent accélérer les actions climatiques. Parmi celles-ci : la fermentation de précision pour la production alimentaire durable[62], l’ammoniaque verte comme vecteur d’énergie propre[63], la capture et valorisation du méthane[64], les innovations dans le béton écologique[65], les systèmes de recharge bi-directionnels pour véhicules électriques[66], la géothermie modulaire[67], ainsi que des technologies avancées de santé des sols capables de renforcer le stockage naturel du carbone[68],[56].
Controverses scientifiques et débats
En 2025, une controverse scientifique majeure a émergé autour d'un rapport commandé par le département de l'Énergie des États-Unis (DOE), intitulé « A Critical Review of Impacts of Greenhouse Gas Emissions on the U.S. Climate », rédigé par cinq chercheurs climato-dénialistes à la demande du secrétaire à l'Énergie américain Chris Wright, dirigeant d’entreprises d’exploitation de gaz de schiste. Ce rapport minimise les risques du changement climatique et avance que les effets économiques du réchauffement seraient moins graves que communément admis. Il avance notamment que certains réchauffements seraient dus à des cycles naturels, et conteste l'accélération du niveau des mers ainsi que la fiabilité des études d'attribution des événements extrêmes au changement climatique. Ce document a déclenché une forte opposition de la communauté scientifique, qui dénonce de nombreuses erreurs, omissions et falsifications, et prépare une réponse collective pour réfuter ces affirmations. Cette controverse souligne un conflit marqué entre certains cercles politiques et scientifiques quant à l'interprétation des données climatiques[69],[70].
Par ailleurs, en 2025, des débats continuent au sein de la communauté scientifique sur la rigueur des modèles climatiques et sur certains processus complexes, comme l'impact des changements dans la couverture nuageuse sur le réchauffement. Certains questionnements légitimes sont issus du rapport gouvernemental controversé, mais ils s’inscrivent aussi dans une dynamique scientifique normale d'amélioration constante de la modélisation climatique[71].
Un autre débat important concerne la faiblesse persistante des actions globales face à l'urgence climatique, mise en lumière par plusieurs rapports scientifiques récents. Ceux-ci soulignent l'insuffisance des efforts de réduction d'émissions et le déclin des puits de carbone terrestres, notamment dans l'hémisphère nord, ce qui fait craindre un renforcement des boucles de rétroaction positives accélérant le changement climatique. Ces constats renforcent les appels à une mobilisation urgente, mais suscitent également des discussions sur les priorités politiques et économiques à adopter[72].
Contexte géopolitique et économique
Contexte géopolitique international
États-Unis : « drill, baby, drill ! »
L'année 2025 est marquée par l'annonce le du retrait des États-Unis de l'accord de Paris, qui ne sera effectif qu'en [73],[74], mais aussi surtout par une volte-face majeure dans la politique américaine dans la lutte contre le dérèglement climatique, qui avait été soutenue par Joe Biden. Lors de son discours sur le retrait de l'accord de Paris et la fin des financements américains associés, Donald Trump a en effet réaffirmé son appui à une extraction massive d'hydrocarbures avec le slogan « drill, baby, drill » illustrant cette dynamique et signé dans la soirée un décret déclarant l’« urgence énergétique nationale ». Il justifie ce positionnement en invoquant explicitement l’intelligence artificielle, puisque le décret précise que « la capacité des États-Unis à rester à la pointe de l’innovation technologique dépend d’un approvisionnement fiable en énergie et de l’intégrité du réseau électrique de notre pays »[75],[76]. Si les Etats-Unis étaient déjà dans un paradoxe sous Joe Biden, puisque malgré la politique alors soutenue, des records de production d’hydrocarbures avaient été battus, surpassant la Russie et l’Arabie saoudite, avec Donald Trump un nouveau paradoxe fait son apparition avec la crainte des pétroliers d'une chute des cours mondiaux et d'une suppression des subventions qu'ils auraient voulu voir conserver, notamment pour développer la capture carbone[75].
Cette nouvelle politique est accompagnée de violentes déclarations ouvertement climatosceptiques, s'appuyant souvent sur des fausses affirmations. Donald Trump a ainsi qualifié le changement climatique de « plus grande arnaque » au monde lors de son discours devant l'Assemblée générale des Nations unies le , renforçant ainsi son scepticisme à l'égard des initiatives environnementales mondiales et des institutions multilatérales. Il a notamment critiqué l'Union européenne pour avoir réduit son empreinte carbone, ce qui, selon lui, a nui à son économie, et à averti les pays qui ont investi massivement dans les énergies renouvelables que leur économie en pâtirait »[77]. Ce discours contient de très nombreuses contre-vérités que certains grands médias comme ABC News ont pu relever[78], des fake-news qui avaient déjà été développées dans un rapport du Département de l'Énergie des États-Unis (DoE) de , commandé sous son administration, où plus de 100 affirmations « fausses ou trompeuses » visant à minimiser les impacts dus aux gaz à effet de serre ont pu être relevées[79]. Cette orientation complique la recherche d’un compromis global, notamment avec les pays vulnérables et l’Union européenne (UE) qui poussent pour un calendrier de sortie des combustibles fossiles.
Europe : impacts potentiels de la proposition dite « Omnibus » (février 2025)
Du côté européen, les négociations climatiques sont modifiées par la présentation en du paquet « Omnibus » par la Commission européenne, visant à alléger les obligations environnementales, sociales et de gouvernance (ESG) pour un grand nombre d’entreprises[80],[81],[82].
Ce paquet affecte notamment la Directive CSRD et la directive Corporate Sustainability Due Diligence Directive (CSDDD), ainsi que le champ d’application des règles de vigilance dans la chaîne d’approvisionnement. Ces modifications risquent d’affaiblir le leadership normatif de l’UE en matière de transition écologique et de renforcer l’argument des pays émergents pointant un relâchement des ambitions du Nord. L’accent est en effet mis davantage sur la simplification, la compétitivité et l’allègement des règles que sur un durcissement de l’encadrement climatique[83],[84].
Mais, heureusement, la directive Omnibus maintient l'exigence clé de double matérialité, qui consiste à prendre pleinement en compte les effets de l'activité des entreprises sur l'environnement et la société. Les entreprises de plus de 1 000 salariés restent directement soumises aux obligations de déclaration[85].
Chine : proaction environnementale
Parallèlement la Chine a lancé en 2024 une initiative CSDS (China Sustainability Disclosure Standards) dont l’objectif est d’établir un standard national de diffusion des informations de durabilité (environnementales, sociales, de gouvernance [ESG]) pour les entreprises chinoises, avec une logique d’alignement sur les normes internationales comme celles de International Sustainability Standards Board (ISSB) et sur la directive européenne Corporate Sustainability Reporting Directive (CSRD). La norme chinoise CSDS adopte le principe clé de double matérialité comme la directive CSRD (et le paquet Omnibus) européens[86]. La norme relative au climat devrait être publiée avant 2027. L'ensemble de la CSDS et les directives qui l'accompagnent auront été publiés avant 2030[87].
Ainsi quand les Européens revoient à la baisse leurs ambitions en matière d'environnement, la Chine se démarque par une politique extrêmement ambitieuse tant en ce qui concerne les normes environnementales des produits, les entreprises visant des scores maximum lors des audits ESG, mais aussi en matière de production d'énergie, certes encore fortement issue du charbon, mais dont 35 % sont déjà des énergies renouvelables. La Chine a installé 356 GW de solaire et d’éolien en 2024, soit 4,5 fois plus que l'Union européenne (UE) la même année[88].
D'ailleurs lors de son intervention en visioconférence lors de l’Assemblée générale des Nations unies le , le président Xi Jinping a affirmé, en opposition au climatoscepticisme de Donald Trump, l’importance de la question climatique à ses yeux : « Notre détermination doit être inébranlable. La transition verte et bas carbone est la tendance de notre temps. Même si certains pays vont contre ce courant, la communauté internationale doit persévérer dans la bonne direction, rester déterminée et continuer d’agir sans réduire l’effort ». Mais l'objectif affiché de réduire ses rejets de gaz à effet de serre de 7 % à 10 % d’ici à 2035 est, selon de nombreux experts, très insuffisant pour atteinde la neutralité carbone en 2060[89].
Affirmation d'un Sud global
La COP30 se déroule dans un contexte où le « Sud global » s’affirme de plus en plus comme bloc politique structuré. Les pays émergents revendiquent un rôle renforcé dans la gouvernance climatique, appuyés par la Chine, qui se présente comme partenaire stratégique des économies en développement. La Chine utilise son statut hybride de puissance industrielle mais toujours classée comme « pays en développement » dans la CCNUCC pour fédérer les pays émergents derrière ses intérêts, notamment au sein du G77 + Chine[90],[91]. Les priorités du Sud global sont claires : augmentation massive des financements, transfert de technologies, reconnaissance des responsabilités historiques et flexibilité accrue dans les engagements de réduction des émissions. Cette dynamique renforce le clivage Nord–Sud et complique la recherche d’accords ambitieux sur la réduction globale des émissions.
Parallèlement, en réduisant fortement la déforestation depuis 2023, le Brésil cherche aussi à retrouver un rôle de leader des pays tropicaux dans les négociations climatiques. Ce leadership est utilisé comme monnaie diplomatique pour défendre un modèle selon lequel les pays en développement peuvent continuer à exploiter leurs ressources fossiles, obtenir davantage de financements internationaux pour l’adaptation, promouvoir l’idée que la transition doit être équitable (fair transition). Cette position est bien accueillie dans le Sud Global, mais contestée par l’UE et par les scientifiques qui soulignent l’urgence d’une réduction rapide des émissions[92],[93].
Contexte économique mondial et crises récentes
Le contexte économique global dans lequel se tient la COP30 est marqué par une accumulation de crises (croissance atone, inflation persistante, endettement croissant) qui limitent les marges de manœuvre des États, compliquent la mobilisation de financements pour la transition et aggravent les tensions autochtones face aux urgences climatiques et environnementales.
Une économie mondiale ralentie et fragmentée
La croissance mondiale reste modeste. Par exemple, les perspectives pour la France montrent en début d'année une croissance prévisionnelle de seulement 0,8 % en 2025[94],[95]. Au niveau des grandes économies de l’OCDE, l’inflation est estimée à 4,2 % en 2025, signe d’une économie encore sous tension[96]. Le rapport de la Direction générale du Trésor français rappelle que « les tensions commerciales, les politiques tarifaires et la fragmentation des chaînes de valeur pèsent sur la reprise »[97]. Cette faible croissance et cette forte incertitude pèsent sur les investissements verts, sur la capacité des gouvernements à engager des politiques ambitieuses et sur la confiance des acteurs privés.
Inflation énergétique et tensions sur les marchés mondiaux
Les coûts de l’énergie et des matières premières restent élevés ou volatils, ce qui impacte les budgets publics et la compétitivité des industries. Bien que l’inflation prévue pour la France soit contenue à 0,9 % en 2025 selon les prévisions européennes, cette baisse attendue s’appuie en partie sur la chute des prix de l’énergie[98]. Dans un contexte de transition énergétique, les gouvernements doivent arbitrer entre sécurité énergétique et réduction des émissions, un arbitrage qui retarde parfois la fermeture ou la limitation de centrales fossiles.
Endettement massif des pays en développement : un frein majeur à la transition
Les pays en développement sont aux prises avec un endettement élevé ou croissant, ce qui limite leur capacité à investir dans l’adaptation et la transition bas-carbone. Un communiqué souligne que « les crises de la dette, du climat et de l’environnement se nourrissent mutuellement pour affaiblir les pays en développement »[99]. Une étude plus large pointe que « le changement climatique a des conséquences rapides et à long terme sur les trajectoires d’endettement des pays en développement »[100]. Selon un rapport de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), l’objectif collectif de financement climatique pour les pays en développement vise à mobiliser au moins 300 milliards de dollars par an d’ici 2035 — ce qui met en lumière l’ampleur des besoins et la contrainte financière[101]. Ce contexte rend les États vulnérables plus dépendants de prêts coûteux, ce qui fragilise leur résilience et les rend plus vulnérables aux chocs climatiques.
Retour du sécuritaire et du nationalisme économique
La montée des préoccupations liées à la souveraineté énergétique, à la sécurité géopolitique et industrielle a renforcé les priorités nationales au détriment parfois des ambitions climatiques internationales. Dans ce contexte, la coopération multilatérale est plus difficile à mobiliser[102]. La fragmentation des blocs (États-Unis, Chine, Europe) et le retrait ou la modération de certains engagements rendent plus complexe l’adoption de cadres globaux ambitieux[103].
Gouvernance climatique internationale
Réunions intergouvernementales
Forum économique mondial (Davos, 20-24 janvier 2025)
Au Forum économique mondial de Davos, le climat a dominé les risques globaux à long terme, avec un accent sur l'action urgente via l'IA, des échéances courtes pour les réductions d'émissions et des partenariats pour des infrastructures durables. Les outils d'IA étant en plein essor sont déjà en effet en train de remodeler les industries et permettent aux entreprises de surveiller et de réduire leur empreinte carbone grâce à des solutions innovantes telles que : l'analyse de données basée sur l'IA, la transformation du secteur de l'énergie, l'amélioration de l'efficacité de la production et les préoccupations éthiques. Les débats ont également porté sur la transition énergétique et la mobilisation de capitaux pour la décarbonation[104],[105].
G7 (Kananaskis, 15-17 juin 2025)
Le sommet 2025 du Groupe des 7 (G7) se tient du 15 au à Kananaskis, au Canada, constituant le 50e anniversaire du G7. Le sommet a priorisé l'environnement et l'énergie, avec des discussions sur la fin des subventions aux combustibles fossiles inefficaces, le triplement des énergies renouvelables d'ici 2030 et la santé résiliente face au climat. Des recommandations scientifiques ont appelé à des actions équitables pour les populations vulnérables et à des investissements dans l'innovation verte[106],[107].
17e sommet des BRICS, sous présidence brésilienne (Rio de Janeiro, 6 et 7 juillet 2025)

Les 6 et , s'est tenue à Rio de Janeiro le dix-septième sommet des BRICS[Note 2], présidé par le Brésil, qui a adopté une stratégie similaire à celle qu'il avait adoptée en 2024 avec le G20 sur les agendas climatiques, amenant au sommet du groupe des questions traditionnellement abordées exclusivement dans les négociations de la Convention-cadre des Nations Unies, profitant des espaces de décision multilatéraux pour rechercher un consensus qui facilite les discussions à Belém[108]. Le sommet adopte ainsi la « Déclaration-cadre des dirigeants des BRICS sur le financement du climat », affirmant plusieurs engagements tels que : allouer 40 % des financements de la Nouvelle Banque de développement (NDB) à des projets climatiques d’ici 2026, soutenir les financements mixtes et les instruments de financement tels que les obligations vertes, promouvoir l’utilisation des monnaies locales pour atténuer le risque de change et renforcer la coopération entre les banques de développement de l’Union[109]. La déclaration appelle également les pays les plus riches à renforcer leurs « objectifs 2030 de financement de l'action climatique dans leurs contributions déterminées au niveau national (CDN), et à atteindre des émissions nettes de gaz à effet de serre nulles de manière significative avant 2050, de préférence d’ici 2030, et des émissions nettes négatives immédiatement après »[110].
G20 (Johannesbourg, 22-23 novembre 2025)
Le sommet des 20 principales économies mondiales s'est tenu les 22 et à Johannesburg, pour la première fois sur le sol africain, parallèlement à la COP30 à Belém. L'Afrique du Sud a mis à profit sa présidence pour placer les priorités des pays en développement au centre des discussions, qu'il s'agisse de la résilience climatique, de la viabilité de la dette, de la transition énergétique équitable ou de l'utilisation responsable des minéraux essentiels. Les leaders ont réaffirmé l'objectif de l'Accord de Paris de limiter le réchauffement à 1,5 °C et salué les résultats de la COP30 au Brésil, en mettant l'accent sur les transitions justes, la résilience climatique et les marchés de crédits carbone. Ils ont aussi insisté sur l'urgence du 10e anniversaire de l'Accord de Paris et les engagements nationaux vers la neutralité carbone[111].
Réunions préparatoires à la COP de Belém
Conférence technique sur le climat (Bonn, 16 au 26 juin 2025)
La Conférence technique sur le climat de Bonn, qui s'est tenue du 16 au , est la 62ᵉ session des organes subsidiaires (SBS62) et a rassemblé des délégués de gouvernements, d'organisations internationales et de la société civile pour avancer sur plusieurs fronts en matière de politique climatique.
Si quelques avancées ont été obtenues notamment sur l’adaptation, avec la définition d’indicateurs permettant de mesurer les avancées vers le Global Goal on Adaptation (GGA) prévu par l’accord de Paris[112] ou sur la « transition juste » (Just Transition Work Programme), pour laquelle un cadre a été avancé pour que la transition vers les solutions bas-carbone prenne davantage en compte les travailleurs, les communautés vulnérables et les dimensions sociales[113], force est de constater que ces progrès sont faibles. Le groupe des pays en développement aux vues similaires (LMDC) et le groupe arabe, dont l'Arabie saoudite est membre, se sont en particulier opposés à Bonn à toute référence aux possibilités de s'affranchir des combustibles fossiles dans le contexte du développement des énergies propres et de la « cuisine propre »[Note 3]. Ces groupes ont insisté sur le fait que les voies de transition devaient dépendre des circonstances nationales[113].
Le financement climatique, à savoir l'allocation aux pays en développement par les pays du Nord, responsables historiques du réchauffement, est la principal obstacle. Il avait été évalué en 2024 à 1 300 Md$/an, un montant issu de la proposition conjointe du groupe de négociation G77+Chine [134 pays]. Mais dans la déclaration finale de la COP 29 à Bakou, le montant retenu n’est que de 300 Md$/an (256 milliards d’euros) à l’horizon 2035, sans plancher d’allocation pour les pays les moins avancés. Seule une feuille de route visant à mobiliser le financement attendu, intitulée « Baku to Belém Roadmap to $1.3 trillion », a été lancée[114].
Rencontre des chefs de délégation (Shamakhi (Azerbaïdjan), 23-24 juillet 2025)
Sous l’égide de la troïka des présidences (COP28, COP29, COP30), la rencontre des chefs de délégation qui s'est tenue à Shamakhi, en Azerbaïdjan, les 23 et , a permis d'engager un dialogue informel sur la feuille de route « Baku to Belém Roadmap to $1.3 trillion », l’adaptation, la mitigation, la transition juste et la technologie[115]. Cette feuille de route est un plan non contraignant mais « cadre de référence cohérent » pour atteindre l'objectif de financement de 1,3 trillions USD/an[116], élargir la source des financements : public, privé, bilatéral, multilatéral, dons, instruments concessifs, non-endettants[117] et soutenir les voies de développement sobre en carbone, résilientes au climat, et la mise en œuvre des contributions nationales (NDCs) et plans d’adaptation[118].
Pré‑COP30 (Brasília, 13-14 octobre 2025)
La Pré-COP[Note 4] qui s'est tenue à Brasilia les 13 et a rassemblé des ministres du climat et des négociateurs clés pour débattre des sujets stratégiques (finance climatique, sortie des combustibles fossiles, etc.) en amont de la COP. Elle a été l’occasion pour la présidence brésilienne de poser le ton : l’objectif déclaré est que COP30 soit « la COP de la mise en œuvre ». Plusieurs ministres ont souligné qu’il ne s’agissait plus tant de négocier de nouveaux cadres que d’activer ceux déjà existants[119],[120]. Le financement climatique fait toujours partie des points de blocage. Même si l’impulsion est claire, les modalités concrètes de mise en œuvre (montants, instruments, calendrier) restent peu définies et plusieurs analyses relèvent que peu de pays ont soumis de nouveaux engagements solides avant la Pre-COP, ce qui limite l’élan politique[121].
COP de Belém
La conférence de Belém de 2025 sur les changements climatiques, ou COP30, organisée par l'Organisation des Nations unies, se déroule du 10 au à Belém, dans le nord du Brésil, capitale de l'État du Pará au sein de l'Amazonie. Elle est la 30e conférence des parties et réunit les pays signataires de la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC). Elle se tient dans un contexte climatique difficile, avec une trajectoire de réchauffement global amorcée depuis l’ère industrielle et confirmée par l’évolution des températures moyennes mondiales, des concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère et de l’intensification des événements météorologiques extrêmes. Selon l’Organisation météorologique mondiale (OMM), l’année 2025 présente une probabilité élevée de figurer parmi les années les plus chaudes jamais enregistrées à l’échelle planétaire.

Le contexte géopolitique est particulièrement agité : les États-Unis ont annoncé le leur retrait de l’accord de Paris, relançant l'extraction d’hydrocarbures et fragilisant la coopération internationale. La Chine, en opposition avec les États-Unis, veut afficher une proaction environnementale et se poser en leader climatique d'un grand Sud, malgré des objectifs insuffisants. Le contexte économique mondial est également fragilisé : faible croissance, inflation persistante, endettement élevé et tensions sur l’énergie compliquent la mobilisation des ressources nécessaires à la transition écologique. Le Brésil, organisateur, présente quant à lui un paradoxe singulier en se positionnant entre protection de l’Amazonie et forte production pétrolière.
Dans le cadre de la conférence, dont l'année d'organisation coïncide avec les dix ans de l'accord de Paris, les Parties doivent soumettre ou actualiser leurs contributions déterminées au niveau national (dites CDN 3.0) pour la période 2025-2030 afin de renforcer leur ambition climatique. Mais, outre le fait que ces CDN affichent pour un grand nombre des objectifs loin de ceux attendus, tous les éléments de contexte sont défavorables et annonciateurs de difficultés pour obtenir des décisions consensuelles.
De fait la sortie des énergies fossiles, qui pourtant avait été annoncée lors de la COP de Dubaï en 2023, n'est même pas mentionnée dans la décision finale, les termes « combustibles fossiles », n'étant évoqués que par le biais d’une « référence au consensus des Émirats arabes unis ». L'Union européenne qui y tenait beaucoup et a même un temps menacé de quitter la COP sans accord a préféré renoncer à cette mention pour afficher leur engagement en faveur du multilatéralisme et de l’accord de Paris, un engagement « réaffirmé avec force » par les différentes Parties, ce qui constitue en soi un succès.
En matière d'aide aux pays en développement, le document final dit « Mutirão » « rappelle » les engagements formulés lors de la COP29, à savoir mobiliser 300 milliards de dollars par an d’ici à 2035 en faveur des pays en développement et atteindre une enveloppe plus large de 1 300 milliards de dollars d’argent public d'ici aussi 2035. Le Fonds pour les pertes et dommages reste sous-financé, ce qui suscite des critiques. La reconstitution du Fonds vert pour le climat est faible, ce qui soulève aussi des inquiétudes quant à sa crédibilité.
En matière d'adaptation, les États sont appelés à « faire des efforts » visant un triplement des fonds spécifiquement consacrés à l’adaptation au changement climatique d’ici à 2035, une formulation particulièrement vague qui ne mentionne pas explicitement la somme de 120 milliards de dollars que les pays en développement souhaitaient voir figurer, alors même que seulement 23 milliards avaient réellement été engagés en 2023.
L'accord final est perçu comme un « compromis de survie » du processus multilatéral : il maintient le cadre mais ne lève pas les verrous majeurs de l’urgence climatique selon de nombreux observateurs.
Politiques nationales
Engagements CDN 3.0 : un bilan insuffisant
Les contributions déterminées au niveau national (CDN) sont des plans nationaux non contraignants mettant en évidence les actions climatiques, y compris les objectifs liés au climat pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre, les politiques et les mesures que les gouvernements visent à mettre en œuvre en réponse au changement climatique et en tant que contribution pour atteindre les objectifs mondiaux fixés dans l'Accord de Paris. Au total, 119 Parties à l’Accord de Paris sur les 195 signataires, ou 194 en prenant en compte le retrait notifié par les Etats-Unis, soit 61 % du total, ont soumis leur CDN 3.0 à la COP de Belém (restent donc 76 Parties)[122]. 16 pays du G20 ont soumis leur CDN 3.0. L’administration Joe Biden avait en effet communiqué les CDN 3.0 des États-Unis le , visant une réduction de -61 % à -66 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2035 par rapport à 2005. Du fait de leur retrait, ce ne sont donc que 15 pays du G20 qui ont communiqué leur CDN 3.0. En dehors des États-unis, les pays manquants sont : l'Arabie saoudite, l'Argentine et l'Inde[122].
L’édition 2025 de l'Observateur de l'action climatique de l'OCDE fait le constat que les engagements de réduction des émissions à l’horizon 2030 pris par les pays dans leurs CDN sont insuffisants pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris. 30 pays seulement ont en effet pris l’engagement juridiquement contraignant de parvenir à la neutralité carbone. Ces pays sont à l’origine de 17.7 % des émissions territoriales mondiales[B 1]. Alors que les risques liés au climat s’amplifient, la réalisation de ces objectifs nécessitera que les pays redoublent d’ambition dans le cadre du prochain cycle de CDN (à 2035) et renforcent notablement une action climatique nationale qui marque sérieusement le pas depuis 2021[B 1].

Adaptation : quelques mesures phares
En Europe, plusieurs pays ont lancé des programmes de restauration de zones humides et de forêts, qui participent à la séquestration carbone tout en améliorant la résilience aux évènements climatiques extrêmes. Par exemple, le projet LIFE Soria ForestAdapt, lancé en 2022 et encore actif pour certains aspects en 2025 vise à accroître la résilience des forêts du sud de l’Europe par des mesures adaptatives dans la gestion forestière publique et privée couvrant plus de 200 000 hectares[123].
Le Sommet Climate Chance Europe Afrique se tient les et à Marseille sur le thème « Adaptation : passer à l'action », réunissant 2 000 personnalités, experts et acteurs de terrain. Un appel à projets innovants et reproductibles en Europe et en coopération Afrique-Europe a été lancé, focalisé sur des solutions d’adaptation dans l’agriculture, la gestion de l’eau, la protection des milieux naturels, la ville résiliente et la mobilisation multi-acteurs[124],[125],[126].
Le , à Santiago au Chili, dans le cadre de la Semaine régionale de l'eau pour l'Amérique latine et les Caraïbes 2025 , qui s'est tenue au siège de la Commission économique pour l'Amérique latine et les Caraïbes (CEPALC), un processus visant à transformer la manière dont la région aborde ses défis en matière d'eau et de climat a été lancé. Au cours de la session de haut niveau, l'« Initiative régionale d'investissement dans l'eau et la résilience climatique » a été lancée. Elle vise à mobiliser au moins 20 milliards de dollars américains d'investissements résilients au changement climatique d'ici 2030. L'initiative est co-organisée par la CEPALC, la Banque de développement de l'Amérique latine et des Caraïbes (CAF) et le Partenariat mondial pour l'eau (GWP) . Cet effort régional répond à une situation urgente : 145 millions de personnes n'ont toujours pas accès à l'eau potable et 323 millions ne disposent pas d'installations sanitaires adéquates en 2025, selon le Programme conjoint OMS/UNICEF. La Banque mondiale, pour sa part, a noté en 2024 que 150 millions de personnes vivent dans des zones touchées par la pénurie d'eau[127]. Le , lors de la deuxième journée de la COP30, la résilience face aux aléas climatiques et à la pénurie d'eau est élevée au rang des priorités fondamentales en matière d'adaptation et le Programme du CEPALC est annoncé. La Conférence ministérielle de haut niveau sur l'eau et l'action climatique – « Waters of Change » – a abouti à une déclaration commune sur l'eau et l'action climatique, réaffirmant que l'eau est la pierre angulaire de l'adaptation mondiale et du développement durable[128].
Atténuation : quelques mesures phares
L’Europe a renforcé ses cadres législatifs contraignants pour réduire les émissions, y compris l’adoption de lois nationales intégrant des objectifs d’adaptation, ce qui stimule la transition vers une économie bas carbone. Le cadre de gouvernance actuel est solidement établi jusqu'en 2030, conformément à l'accord de Paris. Toutefois, afin d'établir le cadre jusqu'en 2040, un objectif pour 2040 doit être défini (la CE recommande actuellement une réduction nette de 90 % des émissions de gaz à effet de serre par rapport aux niveaux de 1990). Il est également nécessaire d'améliorer la rapidité et la qualité des plans, de combler les écarts en matière d'ambition[129].
Aux États-Unis, des réformes majeures ont été proposées dans la loi FEMA 2025, qui modernise les règles de mitigation des risques de catastrophe, impose l’harmonisation des codes de construction et facilite le financement des infrastructures résilientes[130]. Plusieurs États américains ont élaboré des plans climatiques d'action intégraux, avec des objectifs chiffrés de réduction des émissions et de mise en œuvre de mesures sectorielles prioritaires d'atténuation[131].
Mobilisation sociale et opinion publique
Les mouvements pour le climat gagnent en visibilité.
Media & perception : la « normalisation » des extrêmes climatiques crée une prise de conscience mais aussi de la fatigue.
Recours judiciaires climatiques dans le monde
Les principaux contentieux climatiques en 2025 visent à la fois les États (pour inaction ou action insuffisante) et les grandes entreprises, surtout fossiles (pour désinformation, « climate‑washing » et demande de réparation des dommages). Les nouvelles affaires et décisions renforcent l’ancrage des obligations climatiques dans les droits humains et le droit de la responsabilité civile, et s’appuient de plus en plus sur la science climatique la plus récente[132],[133],[134],[135].
Grandes tendances chiffrées
Les contentieux climatiques continuent de croître rapidement : Le nombre total d'affaires enregistrées entre 1986 et 2024 s'élevait à 2 967 à la fin de l'année 2024 (1 899 aux États-Unis et 1 068 dans le reste du monde). En , un état des lieux recense environ 3 099 affaires climatiques dans le monde, contre environ 2 550 en 2023. Une synthèse publiée en 2025 sur les tendances mondiales souligne que 226 nouvelles affaires ont été introduites en 2024, confirmant une dynamique de hausse continue, avec une part croissante de dossiers visant des acteurs privés[134],[133].
Recours contre les gouvernements
Les recours contre les États portent principalement sur l’insuffisance des objectifs de réduction d’émissions ou des plans d’adaptation au regard des engagements climatiques et des droits fondamentaux[133],[136] et le défaut de prendre en compte les impacts climatiques dans les politiques énergétiques, d’aménagement ou d’autorisation de projets[134]. En 2025, plusieurs développements structurants renforcent ces actions, notamment une étude du Conseil de l'Europe et un avis de la Cour interaméricaine des droits de l'homme qui consacrent l’existence d’une « urgence climatique », le droit à un environnement sain (ou à un climat sain) et des obligations positives des États de fixer des objectifs de neutralité carbone ambitieux, juridiquement contraignants, fondés sur la meilleure science disponible, avec participation du public et accès à la justice. Ces textes insistent aussi sur la prise en compte des groupes vulnérables, la protection des défenseurs de l’environnement et la nécessité de contrôler les activités privées fortement émettrices[132],[136].
Recours contre les entreprises
Les actions visant les entreprises, en particulier les majors pétrolières, gazières et charbonnières, se sont fortement développées et représentent environ 20 % des nouveaux contentieux, avec une hausse marquée depuis l’Accord de Paris. Trois types de recours dominent[133],[137] :
- les demandes d’indemnisation pour dommages climatiques (coûts des inondations, incendies, vagues de chaleur, érosion côtière, etc.)[137] ;
- les actions pour « climate‑washing » ou publicité trompeuse, visant les fausses allégations de neutralité carbone ou de durabilité de produits et services[137],[135] ;
- les actions cherchant à imposer des réductions d’émissions plus fortes ou à faire reconnaître la responsabilité accrue des entreprises à forte empreinte carbone dans l’atteinte des objectifs de neutralité[137],[135].
Aux États‑Unis, par exemple, des États et municipalités multiplient les plaintes contre les entreprises fossiles sur le fondement du droit de la consommation, de la fraude, de la responsabilité civile délictuelle, voire de la loi anti‑racketteering, et plusieurs États ont adopté des lois dites de «climate superfund» pour faire contribuer financièrement ces entreprises aux coûts climatiques. De leur côté, les autorités fédérales contestent ces dispositifs devant les tribunaux, ce qui ajoute un niveau de conflit entre États fédérés, entreprises et gouvernement fédéral[137],[138].