Exercice Orion

exercice européen interarmé militaire de grande ampleur From Wikipedia, the free encyclopedia

L'exercice Orion (pour Opération de grande envergure pour des armées Résilientes, Interopérables, Orientées vers le combat de haute intensité et Novatrices) est un exercice militaire interarmées et international de grande ampleur organisé par l'Armée française tous les trois ans, sur son territoire national[1],[2]. C'est le plus important exercice militaire mené par les armées françaises depuis la fin de la guerre froide[1],[3],[4],[5],[6],[7],[8],[9],[10],[11].

Faits en bref
Exercice Orion
Description de l'image Logo de l'exercice Orion.jpg.
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Sa première édition, Orion 23, s'est déroulée pour ses opérations actives entre février et mai 2023[1]. Elle intégrait plus de 20 exercices réalisés habituellement de manière autonome par les armées[2],[12]. Elle a mobilisé plus de 12 000 militaires français, américains, britanniques, allemands, italiens, belges[13], grecs, espagnols, néerlandais, et émiratis[1],[14],[15],[6],[7],[16],[17],[18],[19],[20],[21]. Des réservistes et tous les services et organismes du Ministère des Armées y ont participé, dont la gendarmerie[16],[3],[22]. 2 300 véhicules dont 400 de combat étaient engagés[1],[14]. Y ont aussi participé plus de 40 hélicoptères de combat, 100 drones de combat[23], 6 systèmes de défense sol-air, une soixantaine aéronefs, 20 satellites, et 26 navires de surface dont 7 frégates de la Marine nationale, sept frégates alliées, un porte-avions (le Charles de Gaulle), deux porte-hélicoptères amphibie (le Mistral et le Tonnerre) et deux sous-marins[14],[24],[3],[2],[5]. Cette première édition a coûté 35 millions d'euros[25],[17].

L'exercice Orion a pour but d'entraîner et de tester les troupes, mais également les états-majors et toute la chaîne de soutien, au regard de la potentialité d'opérations de grande envergure et de longue durée face à un ennemi à parité[7],[17]. D'après le Ministère des Armées, « l’objectif est d’entraîner les armées françaises dans un cadre interarmées et multinational, selon un scénario réaliste et exigeant, qui prend en compte les différents milieux (terre, mer, air, espace) et champs de conflictualité (cyber, informationnel et électromagnétique). » Il permet également de travailler l'interopérabilité et de tester de nouvelles capacités[1],[14],[2],[26],[15],[5],[27],[28],[29],[30].

Il a lieu dans des camps militaires mais également en terrain libre, c'est-à-dire au milieu de la population[1],[3],[26],[5].

Si la première édition de cet exercice s'est déroulée en 2023, la décision de le mettre en place a été prise en 2021, et n'est pas en lien avec le contexte de tensions géopolitiques en Europe et la guerre en Ukraine[1],[14],[25],[31],[32].

Orion 23

Déroulement

Il comptait 4 phases distinctes selon un scénario comprenant des opérations multi-milieux et multi-champs, qui comportaient une phase navale, une opération amphibie, un largage de parachutistes et des opérations d’envergure de haute intensité[33]. L'ennemi, en partie joué et en partie simulé, devait être affronté de manière conventionnelle mais aussi par des modes d’actions du champ des guerres « hybrides » (terrorisme, lutte informationnelle et cyber)[1],[14],[5]. Sa force maritime représentait une dizaine de bâtiments de combat, dont un porte-aéronefs et un sous-marin, majoritairement étrangers. Ses forces aériennes étaient d’abord réduites (moyens aériens isolés type drone, avion, système sol-air) puis complètes et intégrées (avions modernes, systèmes de contrôle et sol-air intégrés) et sa force terrestre allait de la milice Tantale à la division Mercure, jouée par des unités de l’armée de Terre et représentant plus de 10 % du volume engagé[2].

Son scénario simulait que la France devait venir en aide à la tête d'une coalition internationale sous mandat de l'ONU à un pays, l'Arnland, qui était déstabilisé puis attaqué par son voisin, Mercure. Celui-ci finance la milice Tantale qui sévit en Arnland, mène des cyberattaques et des attaques informationnelles[1],[2],[14],[7],[25],[18],[34].

Phase 1 - Planification Opérationnelle, de mai 2022 à février 2023

Une centaine de militaires des états-majors a planifié cette opération militaire d'envergure comptant 40 000 hommes réels ou simulés, avec tout le travail que cela suppose[1],[2],[16].

Phase 2 - Entrée en premier, du 21 février au 11 mars

La seconde phase était celle de l'entrée en premier, la projection d'une force de réaction rapide[35] interarmées et interalliés s'est faite par une opération amphibie dans le port de Sète et à Frontignan[8] de 700 hommes[36] le 26 ainsi qu'une opération aéroportée d'environ 600 hommes autour de Castres[11],[37],[38],[39]. Un second débarquement a eu lieu à Sète le vendredi 3 mars. Les deux zones étaient défendues par la milice Tantale, et au total 7 000 hommes ont été déployés[40],[41]. Les départements concernés par cette phase étaient la Haute-Corse, la Corse du Sud, le Var, les Bouches-du-Rhône, le Vaucluse[42], le Gard, l'Hérault, l'Aude, la Haute-Garonne, le Tarn[43], le Tarn-et-Garonne[44], le Lot[45], l'Aveyron, et la Lozère. Des opérations aériennes avaient lieu sur toute une zone allant de la Corse au Lot[1],[14],[3],[2],[25],[5],[16],[19],[46],[47].

Participants :

L'Armée de terre y engageait un centre de commandement et une composante aéroportée fournies par la 11e brigade parachutiste, ainsi qu'une composante amphibie de la 6e brigade légère blindée. Pour la Marine nationale, une cinquantaine d'aéronefs ainsi qu'une trentaine de bâtiments dont un groupe aéronaval, deux porte-hélicoptères amphibies et des moyens de débarquement, ainsi que la force adverse. Pour l'Armée de l'air, une dizaine de bases aériennes fournissaient une trentaine d'aéronefs dont des AWACS et des drones MALE, ainsi que des systèmes de défense sol-air (SAMP/T MAMBA, Crotale et lutte anti-drone). Elle comportait aussi un volet cyber et spatial[2],[50],[51].

Les forces navales et aérienne devaient d'abord obtenir la supériorité maritime et aérienne, avant qu'une tête de pont ne soit conquise par l'opération amphibie et l'opération aéroportée, puis cette tête de pont devait être sécurisée et élargie.

Durant cette phase, un tir de missile a été simulé par un aéronef hostile sur une FREMM naviguant près de Toulon, tandis qu'un bâtiment de soutien et d’assistance métropolitain se trouvant à proximité devait être touché (fictivement)[24].

Les manœuvres ont eu des impacts sur les sorties d’autoroute et les départementales lors de la mise en place et le désengagement des unités, et causé quelques nuisances aux populations civiles[3],[52].

Phase 3 - Travaux civilo-militaires, fin mars

Il s'agissait de simuler la gestion politico-militaire d'une crise d'ampleur à laquelle devaient faire face des groupes de travail et de réflexion interministériels. Il s'agissait de susciter un soutien national à l'opération, de s'occuper du droit et des normes, des ressources humaines et de l'emploi de la réserve opérationnelle, de la communication et de la lutte informationnelle ainsi que de la rétroaction sécuritaire sur le territoire national[1],[14],[2],[26].

Zones où se sont déroulées les phases 2 et 4 de l'exercice Orion 23[1]

Phase 4 - Opération d'Envergure, du 17 avril au 5 mai

Finalement, Mercure décide de jouer le tout pour le tout et d'envahir Arnland[1],[14].

La quatrième et dernière phase, du 17 avril au 5 mai, touchait les départements des Ardennes[53], de la Marne, de la Haute-Marne, de l'Aube et de la Meuse[54],[11],[55]. Des opérations aériennes avaient également lieu dans le centre, le sud-ouest et le nord-est du pays[1]. C'était celle qui mobilisait le plus moyen. Dans le scénario, la France y assurait le rôle de Nation-cadre et déployait un système complet de combat divisionnaire (états-majors, chaîne logistique, etc). En réalité, seul l'équivalent d'une brigade (unités de la 2e brigade blindée) et ses soutiens y participaient, 12 000 hommes, les deux autres étant simulées. Ils y prenaient part à des combats aéroterrestres de grande envergure, tandis que les forces aériennes devaient prendre la supériorité aérienne[1],[14],[25],[15],[5],[56],[19],[57],[58],[59].La Marine nationale a engagé des aéronefs ainsi qu’une frégate FREMM qui a frappé des objectifs terrestres avec le missile de croisière naval[24], tandis que l'Armée de l'air y a pris part avec une cinquantaine d'aéronefs[2],[60],[61]. Plus de 1 100 soldats de l'Armée de terre jouaient les forces ennemies[62].

Dans un premier temps, la division devait défendre Arnland face à l'attaque mercurienne, puis repousser l'ennemi lors d'une contre-offensive finale[1],[14],[18],[63],[64],[65],[66].

Les manœuvres ont affecté des sorties d’autoroute et des départementales lors de la mise en place et le désengagement des unités, et causé quelques nuisances aux populations civiles[1],[15].

Retour d'expérience

De nombreux articles et rapports ont été publiés pendant et après l'exercice sur les résultats de celui-ci.

Dans son audition au sénat, le chef d'état-major de la Marine a révélé que pendant la seconde phase, une frégate a été détruite (fictivement) par un groupe de commandos à l'aide de missiles, rappelant que les menaces contre les navires peuvent venir d'ailleurs que la mer[24].

Les systèmes d'informations et de communications employés par l'armée ont également montré leurs limites : le flux maximum de données s'est révélé être 20 fois inférieur à ce qui aurait été nécessaire, d'autant plus que le nombre de données à faire transiter va aller croissant dans les prochaines années dans l'Armée de terre, du fait du Programme Scorpion tourné autour de l'infovalorisation[67].

Orion 23 a aussi été l'occasion de tester de nouvelles façons de jouer les FORces ADverses, FORAD, qui ne respectaient pas les règles internationales de la guerre. Elle a également été modélisée à une taille beaucoup plus importante que d'habitude. De plus, un réseau social interne a été créé pour s'entraîner à la guerre informationnelle[62].

L'expérimentation de l'utilisation d'une BRIgade de Corps d'Armée aéromobile, BRICA, a donné des résultats positifs. Composée d'éléments aéromobiles, d'infanterie et de cavalerie légère, son rôle était de « Façonner et déceler l’ennemi dans la profondeur du dispositif du corps pour pouvoir déterminer les contours, le détruire le cas échéant et pouvoir le canaliser et le livrer au dispositif ami de la 3e division »[62].

L'exercice a permis d'entraîner les unités de défense antiaérienne de l'Armée de Terre au combat intégré dans une niveau divisionnaire, ce qui n'avait jamais été fait auparavant. Toutefois, l'utilisation massive de drones n'a pas été simulée, limitant le réalisme de l'exercice du fait de leur importance dans la guerre moderne[68].

Pour l'armée belge, Orion 23 a représenté un effort exceptionnel, avec plus de 600 militaires et 150 véhicules mobilisés. Dès les premiers jours, le GTIA belge aura perdu une compagnie complète, environ 140 combattants, en quelques minutes lors d’une frappe d’artillerie adverse. Cela a également permis de renforcer l'interopérabilité avec l'armée française, qui est par ailleurs une priorité pour la défense du royaume dans le cadre du partenariat CApacité MOtorisée signé avec la France[69].

En images

Orion 25

L'entrée du camp à Constância.

Du 5 au 16 mai, l'armée de Terre française déploie un détachement composé de plus de 200 soldats sur l’exercice interallié Orion 25 qui se déroule au Portugal, sur le camp de Santa Santa Margarida da Coutada. La France s’intègre au sein du bataillon européen aux côtés des contingents portugais, espagnols, italiens et roumains[70].

Orion 26

Déroulement

Organisé du 8 février au 30 avril[71] sur quinze départements de l'hexagone et une collectivité territoriale d'outre-mer, l'exercice Orion 2026 comprend plusieurs phases d'activités militaires permettant de simuler une guerre de haute intensité. Il intègre également un jeu de guerre, ou « wargame », les 30 et 31 mars, afin d'entraîner les ministères à faire face aux répercussions inévitables d'un conflit de grande ampleur sur le territoire national[72].

Le scénario d'Orion 2026 est le suivant :

  • En Europe, Mercure, un pays expansionniste, cherche à déstabiliser son voisin Arnland afin de maintenir son influence dans la région et d’empêcher l’adhésion de ce pays à l’Union européenne[73].
  • Au cours de l’année 2025, Mercure a multiplié les actions hybrides et accru son soutien aux milices présentes sur le territoire d’Arnland. À la demande de cet allié, le , la France prend la tête de la coalition Orion pour assurer sa défense et préserver l’équilibre européen[74].

Phase 1 : planification opérationnelle

Insigne du Commandement Terre Europe (CTE).

Durant cette phase, la France, en tant que nation‑cadre, décline une décision politique en plan militaire en coordonnant le Commandement de la défense aérienne et des opérations aériennes (CDAOA), l’état-major en charge de la zone maritime Atlantique (CECLANT), le Commandement Terre Europe (CTE), les forces spéciales, ainsi que les composantes cyber et espace.

Phase 2 : conquête de la supériorité de zone

La phase 2, du 8 février au 1er mars 2026, consiste en une opération d’entrée. Elle a lieu sur la façade atlantique avec un volet amphibie et un volet aéroporté au camp de Coëtquidan réalisé par des unités de la 11e brigade parachutiste française et la 16e brigade d'assaut par air britannique.

Phase 3 : volet interministériel

Cette phase est dédiée aux répercussions d’un engagement majeur à l’étranger sur le territoire national, testant la capacité de l’État à organiser dans la durée la défense, la continuité des services essentiels et la résilience, en associant douze ministères et les sept zones de défense.

Phase 4 : déploiement sous bannière OTAN

La défense collective est le principe le plus fondamental de l'OTAN. L'article 5 du traité de l’Atlantique Nord stipule qu’une attaque armée contre un ou plusieurs Alliés sera considérée comme une attaque contre tous. Depuis 1949, cet engagement indéfectible unit un groupe de pays européens et nord-américains partageant les mêmes valeurs et qui se sont engagés à se protéger mutuellement dans un esprit de solidarité[75].

Ce déploiement verra 12 500 militaires, trois divisions multinationales et vingt jours de terrain libre, dans le cadre d’un scénario de défense collective s’inscrivant dans l’esprit de l’article 5 du traité de l’Alliance avec la participation des sept zones de défense.

Moyens militaires engagés

Armée de Terre

Il est prévu le déploiement d'un état-major de niveau corps d'armée, de quatre brigades interarmes (2e brigade blindée, 9e BIMa, 11e brigade parachutiste, 4e brigade d'aérocombat), de 2 150 véhicules tactiques, de 40 hélicoptères et de 1 200 drones dont 1 000 Sonora[76].

Marine nationale

La base navale de Brest et les ports de Lorient et de Saint-Nazaire sont sollicités, ainsi que le groupe aéronaval constitué du Charles de Gaulle, des frégates Chevalier Paul, Alsace et Andrea Doria, du bâtiment ravitailleur Jacques Chevallier et d'un sous-marin nucléaire d'attaque. Deux portes-hélicoptères amphibies, les Mistral et Tonnerre, cinquante aéronefs, dont vingt Dassault Rafale et vingt-cinq grands bâtiments de combat sont également mobilisés.

Deux nouveaux bâtiments, en déploiement longue durée, la frégate de défense et d'intervention Amiral Ronarc'h et le bâtiment ravitailleur de forces Jacques Stosskopf participent également à l'exercice[77] ainsi que les chasseurs de mines Pégase et Croix du Sud[78].

Armée de l'Air et de l'Espace

Insigne du CDAOA.

L’événement mobilise sept bases aériennes (Orléans, Cognac, Cazaux, Mont-de-Marsan, Avord, Istres et Tours), appuyées par le centre air de planification et de conduite des opérations et de la défense aérienne (CDAOA) sur la base aérienne de Lyon-Mont Verdun, cinquante aéronefs dont trente avions de chasse, six systèmes de défense sol-air, vingt capteurs spatiaux et deux drones MALE (moyenne altitude, longue endurance) MQ-9 Reaper. Pour les opérations aéroportées, une dizaine d'Airbus A400M Atlas, ainsi qu'un Boeing E-3 Sentry sont mobilisés.

Orion Jeunesse

L’exercice intègre également un volet de sensibilisation citoyenne[79] baptisé Orion Jeunesse, qui propose aux jeunes scolarisés dans le secondaire et dans l’enseignement supérieur, des actions d’information sur les enjeux de défense et les formes contemporaines que peuvent prendre les menaces. Cette initiative vise à renforcer le lien armée-nation[80] et à préparer psychologiquement la population à la possibilité d’un conflit majeur[81].

Nations participantes

Outre la France, vingt-trois nations participent à l'exercice Orion à différents niveaux. La grande majorité appartient à l'Organisation du traité de l'Atlantique nord, mais on trouve aussi quelques pays hors de l'OTAN.

Pays membres de l'OTAN

États membres de l'OTAN.

Pays participants hors OTAN

Notes et références

Voir aussi

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