Groupe des sept (économie)

groupe de discussion et de partenariat économique de sept pays From Wikipedia, the free encyclopedia

Le Groupe des sept (G7) est un groupe de discussion et de partenariat économique de sept pays réputés en 1975[1] pour être les plus grandes puissances avancées du monde qui détiennent environ les deux tiers de la richesse nette mondiale[2],[3],[4] (44 % en 2023) : Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni. Le groupe rassemble 7 des 10 pays avec le plus important PIB du monde, avec l'absence notable de la Chine qui occupe le 2e rang et de l'Inde qui occupe le 5e rang (en 2025).

Création1975
Ancien nomGroupe des cinq (G5) (informel)
Groupe des six (G6) (1975)
Groupe des sept (G7) (1976-1996)
Groupe des huit (G8) (1997-2013)
TypeConférence diplomatique
DomaineÉconomie
Faits en bref Situation, Création ...
Groupe des sept (G7)
Carte de l'organisation
En bleu foncé, les pays membres du G7 à part entière et en bleu clair, les pays représentés par l'Union européenne.
Situation
Création 1975
Ancien nom Groupe des cinq (G5) (informel)
Groupe des six (G6) (1975)
Groupe des sept (G7) (1976-1996)
Groupe des huit (G8) (1997-2013)
Type Conférence diplomatique
Domaine Économie
Organisation
Membres
Présidence Drapeau de la France France (2026)

Site web
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Le sommet du G7 réunit chaque année les chefs d'État ou de gouvernement de ces pays, ainsi que les présidents de la Commission et du Conseil européens, ainsi que des représentants d'autres pays ou d'autres unions internationales invités à participer sur des sujets précis. La France préside le G7 pour l'année 2026 et fixe deux priorités à son action : le renouvellement des partenariats internationaux et de la solidarité, ainsi que la réduction des déséquilibres macroéconomiques mondiaux.

Ces rencontres sont contestées par des mouvements altermondialistes, qui critiquent l'influence prédominante de ces pays sur l'économie mondiale et les politiques néolibérales qui en découleraient. Toutefois, ces sommets constituent une plate-forme de discussion régulière entre chefs d'État, et assez informelle, favorisant la coopération jusqu'au plus haut niveau et la définition d'objectifs communs.

Historique et contexte

Le président Donald Trump se joint aux dirigeants du G7, le premier ministre italien Giuseppe Conte ; le président du Conseil européen Donald Tusk ; le premier ministre japonais Shinzo Abe ; le premier ministre britannique Boris Johnson ; la chancelière allemande Angela Merkel ; le premier ministre canadien Justin Trudeau et le président français Emmanuel Macron, lors d'une session de travail à propos de l'économie globale, à Biarritz, en France.

À la suite du premier choc pétrolier, un G5 informel est lancé en 1974, avec une série de réunions à Washington entre les États-Unis, le Japon, la France, l'Allemagne de l'Ouest et le Royaume-Uni[5]. On parle aussi de « Library Group », en référence à la bibliothèque de la Maison-Blanche où se tiennent ces réunions[6].

Puis, avec l'ajout de l'Italie sur l'initiative du président français Valéry Giscard d'Estaing lors du premier sommet de 1975 au château de Rambouillet en France, le G6 est créé. Les six chefs d'État fondateurs du groupe s'engagent alors à se réunir annuellement, avec une présidence tournante, afin de traiter les questions économiques et financières de façon informelle. Il n'existe donc pas de structure particulière du groupe, qui ne répond pas à un protocole ou à une organisation : il s'agit d'une réunion de dirigeants, qui a pour objectif de « discuter des affaires du monde [...] en toute franchise et sans protocole, dans une ambiance décontractée »[7].

Le G6 devient rapidement le G7 avec, en 1976, l'ajout du Canada sur demande germano-américaine. Dès 1977, l'Union européenne participe aussi au G7 en tant qu'invitée ; elle est représentée par le président de la Commission européenne, auquel s'est ajouté par la suite le représentant de la présidence tournante de l'UE, ou le président du Conseil européen[8]. En 1990, l'ancienne RDA intègre de facto le G7 au bénéfice de la réunification allemande. À partir de 1994, la Russie est régulièrement présente en marge du G7 avec les représentants du groupe. On parle alors de P8 (Political 8) ou de G7+1, jusqu'à ce que la Russie rejoigne formellement le groupe en 1997, donnant ainsi naissance au G8.

Le sommet du G8 de 2001 tenu à Gênes en Italie est marqué par des émeutes, opposant les forces de l'ordre et de nombreux manifestants, ainsi que par la mort d'un manifestant, Carlo Giuliani, à la suite d'un tir d'un carabinier. Ce sera le dernier sommet tenu au sein d'une très grande ville, les membres du G8 décidant alors à la suite de ces événements et aux attentats du 11 septembre 2001 commis aux USA de tenir désormais leurs réunions dans des endroits moins accessibles au public[9].

Le G8 qui s'est tenu à Evian-les-Bains, en France en 2003 a également donné lieu à des manifestations violentes à Genève, accompagnées de nombreux pillages de commerces et de dizaines de millions d'euros de dégâts[10].

À la suite de la crise de Crimée qui voit la Russie annexer la Crimée ukrainienne en 2014, la chancelière allemande Angela Merkel affirme implicitement que la Russie n'a plus sa place dans le groupe[11], et le président américain Barack Obama de proposer par la suite de tenir le sommet annuel originellement prévu à Sotchi en Russie à Bruxelles en Belgique. La Russie est alors temporairement suspendue[12]. Federica Mogherini et d'autres autorités italiennes[13],[14] ainsi que le diplomate allemand et le président de la Wehrkunde Wolfgang Ischinger (en)[15] ont déclaré qu'ils travaillaient au retour de la Russie dans le G8. En 2015, le Ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier a déclaré que la Russie sera en mesure de revenir dans le groupe à condition qu'il n'y ait pas de nouvelle escalade des conflits en Ukraine et en Syrie[16]. La même année, le Premier ministre du Japon Shinzō Abe a demandé le retour de la Russie dans le G8, indiquant que la participation de la Russie est « cruciale pour la lutte contre de multiples crises au Moyen-Orient »[17].

En 2017, la Russie se retire définitivement après sa suspension de 2014.

En 2025, le Canada (pays hôte) détermine les priorités du sommet : la sécurité mondiale, la guerre commerciale américaine et la stabilité de la région indo-pacifique[18].

Importance économique

Davantage d’informations Population (2023), PIB nominal (2023) ...
Poids démographique et économique (PIB nominal) du G7 et de ses membres[19]
Population (2023) PIB nominal (2023)
Millions % Milliards USD % Rang mondial
Monde 8 025,0 100,0 105 435 100,0
G7 779,3 9,71 46 796 44,38
Drapeau des États-Unis États-Unis 334,9 4,17 27 361 25,95 1
Drapeau de l'Allemagne Allemagne 84,5 1,05 4 456 4,23 3
Drapeau du Japon Japon 124,5 1,55 4 213 4,00 4
Drapeau du Royaume-Uni Royaume-Uni 68,4 0,85 3 340 3,17 6
Drapeau de la France France 68,2 0,85 3 031 2,87 7
Drapeau de l'Italie Italie 58,8 0,73 2 255 2,14 8
Drapeau du Canada Canada 40,1 0,50 2 140 2,03 10
Drapeau de l’Union européenne Union européenne 449,5 5,60 18 349 17,40 -
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L'Union européenne est membre du G7 mais n'est cependant pas un État. L'Allemagne, la France et l'Italie sont également dans l'UE.

Structure et activités

Le G7 n'est pas une administration transnationale, à la différence d'institutions comme les organisations du système des Nations unies telles que l'ONU ou la Banque mondiale, mais il est officiellement reconnu par eux[20]. La présidence du groupe tourne parmi les États membres chaque année. Le pays tenant la présidence accueille une série de réunions au niveau ministériel amenant à une réunion au sommet de deux ou trois jours au milieu de l'année avec les chefs d'État et de gouvernement. Il est aussi responsable de la sécurité des participants.

Les réunions ministérielles rassemblent des ministres compétents dans des domaines tels que la santé, les affaires étrangères, l'éducation, l'économie (depuis 1986)[21], l'énergie, l'environnement, la justice et la sécurité nationale et alimentaire. La plus connue de ces dernières est le G7 qui se réfère maintenant spécifiquement à la réunion annuelle des ministres de l'économie du G8, excepté la Russie, ainsi que de fonctionnaires de l'Union européenne.

Par exemple, en , les ministres de la Justice et de l'Intérieur se sont mis d'accord sur le lancement d'une base de données internationale des pédophiles.

Le sommet de Gleneagles (Royaume-Uni) s'était conclu en 2005 sur l'engagement de procurer à l'Afrique une aide au développement supplémentaire de 25 milliards de dollars. Le suivi de cette volonté est assuré par l'Africa Progress Panel (en), présidé par Kofi Annan. En , cet organe constate par voie de rapport que l'engagement pris en 2005 n'a pas été tenu[22].

Seules cinq femmes ont représenté leur pays dans l’histoire des G8/G7 : Margaret Thatcher et Theresa May pour le Royaume-Uni entre 1979 et 1990 (pour la première) et entre 2016 et 2018 (pour la deuxième), Kim Campbell pour le Canada en 1993, Angela Merkel pour l’Allemagne entre 2005 et 2021, et Giorgia Meloni pour l'Italie depuis 2023.

Sommets

Chaque année, les sommets du G7 changent de pays dans cet ordre : France, États-Unis, Royaume-Uni, Allemagne, Japon, Italie, Canada. La Chine et l'Inde sont de possibles futurs candidats.

Villes hôtes du G7 en Amérique du Nord.
Villes hôtes du G7 en Europe.
Villes hôtes du G7 au Japon.

Précédents sommets

G6

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G7

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Dates Pays Lieu Drapeau des États-Unis États-Unis Drapeau du Japon Japon RFA Drapeau de la France France Drapeau du Royaume-Uni Royaume-Uni Drapeau de l'Italie Italie Drapeau du Canada Canada Drapeau de l’Union européenne Communauté européenne
Pdt de la Commission Pdt du Conseil
2e27- Drapeau des États-Unis États-UnisSan Juan G. Ford T. Miki H. Schmidt V. Giscard d'Estaing J. Callaghan A. Moro P.E. Trudeau Non encore membre
3e7- Drapeau du Royaume-Uni Royaume-UniLondres J. Carter T. Fukuda G. Andreotti Drapeau du Royaume-Uni R. Jenkins J. Callaghan
4e16- RFABonn H. Schmidt
5e28- Drapeau du Japon JaponTokyo M. Ōhira M. Thatcher J. Clark V. Giscard d'Estaing
6e22- Drapeau de l'Italie ItalieVenise S. Ōkita[b] F. Cossiga P.E. Trudeau F. Cossiga
7e20- Drapeau du Canada CanadaMontebello R. Reagan Z. Suzuki F. Mitterrand G. Spadolini Drapeau du Luxembourg G. Thorn M. Thatcher
8e4- Drapeau de la France FranceVersailles[c] Drapeau de la Belgique W. Martens[23]
9e28- Drapeau des États-Unis États-UnisWilliamsburg Y. Nakasone H. Kohl A. Fanfani H. Kohl
10e7- Drapeau du Royaume-Uni Royaume-UniLondres B. Craxi F. Mitterrand
11e2- RFABonn B. Mulroney Drapeau de la France J. Delors B. Craxi
12e4- Drapeau du Japon JaponTokyo Drapeau des Pays-Bas R. Lubbers
13e8- Drapeau de l'Italie ItalieVenise A. Fanfani Drapeau de la Belgique W. Martens
14e19- Drapeau du Canada CanadaToronto N. Takeshita C. De Mita H. Kohl
15e14- Drapeau de la France FrancePuteaux[d] G.H.W. Bush S. Uno F. Mitterrand
16e9- Drapeau des États-Unis États-UnisHouston T. Kaifu G. Andreotti G. Andreotti
17e15- Drapeau du Royaume-Uni Royaume-UniLondres J. Major Drapeau des Pays-Bas R. Lubbers
18e6- Drapeau de l'Allemagne AllemagneMunich K. Miyazawa G. Amato J. Major
19e7- Drapeau du Japon JaponTokyo B. Clinton C. A. Ciampi K. Campbell Drapeau du Danemark H. Christophersen[e] Drapeau de la Belgique J.-L. Dehaene
20e8- Drapeau de l'Italie ItalieNaples T. Murayama S. Berlusconi J. Chrétien Drapeau de la France J. Delors H. Kohl
21e15- Drapeau du Canada CanadaHalifax J. Chirac L. Dini Drapeau du Luxembourg J. Santer J. Chirac
sp.[f],[24]19- Drapeau de la Russie RussieMoscou R. Hashimoto L. Dini
22e27- Drapeau de la France FranceLyon R. Prodi R. Prodi
23e20- Drapeau des États-Unis États-UnisDenver T. Blair Drapeau des Pays-Bas W. Kok
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G8

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Dates Pays Lieu Drapeau des États-Unis États-Unis Drapeau du Japon Japon Drapeau de l'Allemagne Allemagne Drapeau de la France France Drapeau du Royaume-Uni Royaume-Uni Drapeau de l'Italie Italie Drapeau du Canada Canada Drapeau de la Russie Russie Drapeau de l’Union européenne Union européenne Site web
Pdt de la Commission Pdt du Conseil
24e15- Drapeau du Royaume-Uni Royaume-UniBirmingham B. Clinton R. Hashimoto H. Kohl J. Chirac T. Blair R. Prodi J. Chrétien B. Eltsine Drapeau du Luxembourg J. Santer T. Blair
25e18- Drapeau de l'Allemagne AllemagneCologne K. Obuchi G. Schröder M. D'Alema Drapeau de l'Espagne M. Marín[g] G. Schröder
26e21- Drapeau du Japon JaponOkinawa Y. Mori G. Amato V. Poutine Drapeau de l'Italie R. Prodi J. Chirac Site
27e20- Drapeau de l'Italie ItalieGênes G.W. Bush J. Koizumi S. Berlusconi Drapeau de la Belgique G. Verhofstadt Site
28e26- Drapeau du Canada CanadaKananaskis Drapeau de l'Espagne J. M. Aznar Site
29e2- Drapeau de la France FranceÉvian Drapeau de la Grèce C. Simitis Site
30e8- Drapeau des États-Unis États-UnisSea Island P. Martin Drapeau de l'Irlande B. Ahern Site
31e6- Drapeau du Royaume-Uni Royaume-UniAuchterarder[h] Drapeau du Portugal J.M. Barroso T. Blair Site
32e15- Drapeau de la Russie RussieSaint-Pétersbourg A. Merkel R. Prodi S. Harper Drapeau de la Finlande M. Vanhanen Site
33e6- Drapeau de l'Allemagne AllemagneHeiligendamm S. Abe N. Sarkozy A. Merkel Site
34e6- Drapeau du Japon JaponTōyako Y. Fukuda G. Brown S. Berlusconi D. Medvedev N. Sarkozy Site
35e8- Drapeau de l'Italie ItalieL'Aquila B. Obama T. Aso Drapeau de la Suède F. Reinfeldt Site
36e25- Drapeau du Canada CanadaHuntsville N. Kan D. Cameron Drapeau de la Belgique H. Van Rompuy Site
37e26- Drapeau de la France FranceDeauville Site
38e18- Drapeau des États-Unis États-UnisCamp David Y. Noda F. Hollande M. Monti
39e17- Drapeau du Royaume-Uni Royaume-UniLough Erne S. Abe E. Letta V. Poutine
40eJuin 2014 Drapeau de la Russie RussieSotchi Sommet du G8 annulé après l'expulsion de la Russie du groupe économique, à la suite de la crise de Crimée et aux événements en Ukraine, relocalisé à Bruxelles.
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G7

Dirigeants

Contestations et sécurité

Le sommet de Gênes en 2001 a constitué un tournant majeur dans la contestation du G8. Il a été marqué par de violents affrontements, la mort d'un manifestant (Carlo Giuliani) ainsi que par des accusations de grave violences policières[29]. Celles-ci, survenues notamment lors de l'assaut de l'école Diaz, ont par la suite conduit à des procès et à la condamnation de membres des forces de l'ordre[30].

En 2003, le sommet d'Évian a également généré d'importantes manifestations altermondialistes. Ces rassemblements ont été émaillés de violences, entraînant d'importants dégâts matériels dans la ville de Genève, tandis qu'un militant a été gravement blessé lors d'une intervention policière visant à débloquer un axe de circulation[31],[32].

En conséquence de ces événements et des difficultés à assurer le maintien de l'ordre dans des grandes métropoles, les pays organisateurs ont radicalement modifié la logistique de ces sommets. Depuis, ces rencontres se tiennent dans des lieux isolés et plus facilement sécurisables, comme à Heiligendamm en 2007[33]. Ces sommets impliquent maintenant des dispositifs de sécurité exceptionnels, incluant le déploiement de milliers de membres des forces de l'ordre, l'érection de périmètres de sécurité, et occasionnellement la réintroduction temporaire du contrôle aux frontières, comme ce fût le cas en Belgique lors du sommet de 2014[34].

Annexes

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