Joseph Calozet
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| Président Lès Rèlîs Namurwès | |
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Édouard Thirionet (d) Jules Rivière (d) |
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Nôwinne |
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Cocâde () |
Joseph Calozet, né à Awenne le et mort à Awenne le , est un académicien, un résistant et un écrivain belge de langue wallonne ainsi qu'un militant wallon.
Enfance et formation
Joseph Calozet nait à Awenne, dans une famille de sabotiers[1].
Carrière
Docteur en philologie classique à l'Université catholique de Louvain (1906), il fait la connaissance de Jean Haust qui venait de mener une enquête sur la langue de son village. Calozet enseigne au Collège communal de Bouillon (1906-1908), puis est maître d'études à l'Athénée de Namur (1908-1914).
Il est professeur à l'Athénée de Namur de 1918 à 1933.
Quand éclate la Deuxième Guerre mondiale et que la Belgique est occupée une deuxième fois, il est sollicité par le militant wallon et collaborateur Pierre Hubermont pour participer au Congrès de Weimar ainsi qu'à divers organismes allemands de la Province de Namur. Il répond à ces sollicitations par le silence. Cette résistance a comme conséquence qu'il est destitué de son poste de préfet de l'Athénée de Namur en 1943.
Carrière de littérateur
En 1909, Joseph Calozet est surveillant à l'Athénée royal de Namur lorsque des élèves de cet établissement fondent le cercle littéraire dialectal Lès Rèlîs Namurwès. Il se met alors à écrire de la poésie en wallon[1]. Ses premiers ouvrages sont remarqués lors de prix organisés par la Société de langue et de littérature wallonnes : mention honorable au concours de 1912 pour Su l'orîre di l'Ardène[2], médaille d'agent au concours de 1913 pour Lès pauvès djins[3].
Il est reçu membre des Rèlîs en 1911[4] et il obtient à trois reprises — en 1926, 1930 et 1955 — la cocarde décernée au membre ayant fourni le travail le plus méritoire au cours de l'exercice écoulé[5].
À compter de 1918, il choisit d'écrire exclusivement en prose[1]. Il écrit alors plusieurs romans en wallon, dont les histoires se déroulent dans son village d'Awenne. Ces œuvres lui valent de nombreux prix : prix de la société de littérature wallonne, prix Georges Marquet, prix du Gouvernement (1938) et prix Blondeau (1963)[6].
Il est reçu membre titulaire de la Société de langue et de littérature wallonnes le et membre de l'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique en 1946[1].
Engagements
Pendant la Première Guerre mondiale, Calozet fustige dans des écrits en wallon les déportations d'ouvriers en Allemagne et les Belges qui collaborent avec l'ennemi.[réf. nécessaire]
Il est membre de l'académie luxembourgeoise à partir de sa fondation en 1934. Il fait aussi partie du Comité central des fêtes de Wallonie (qu'il préside longtemps[Quand ?]).
Durant la Deuxième Guerre mondiale, sa maison sert de refuge à une bande de maquisards conduits par son fils Jean. Celui-ci est arrêté, déporté à Mauthausen où il meurt de faim. Son épouse dirige le Front de l'indépendance à Namur. Il travaille pendant la guerre aussi au problème culturel wallon, notamment avec Félix Rousseau et Léopold Genicot dans l'organisation La Wallonie catholique.
Aussi fait-il partie, dès sa création de Rénovation wallonne en 1945. Il est membre du comité provincial namurois du Troisième congrès national wallon et signe en 1947 avec 52 autres académiciens La Wallonie en alerte, pétition demandant à la Chambre et au Sénat que ces assemblées postposent l'adaptation des sièges parlementaires au résultat du recensement linguistique de 1947, avant qu'une solution n'ait été trouvée à la position minoritaire de la Wallonie. Cette lettre demeure sans effet puisque, en 1961, la représentation parlementaire de la Région flamande passe de 96 à 104 sièges. En 1962, président du Comité central des fêtes de Wallonie, il lance un appel solennel à la solidarité des Wallons face aux difficultés économiques et politiques. Il est membre de l'Académie royale de langue et de littérature françaises de 1949 à 1968.
Mort
Joseph Calozet meurt à Awenne le . Il reçoit des funérailles avec les honneurs militaires à l'église Sainte-Croix de Saint-Servais et est inhumé au cimetière de Namur (Belgrade)[7].
Œuvres
- (wa) « Su l'orîre di l'Ardène » (extrait), Bulletin de la Société liégeoise de littérature wallonne, t. 56, , p. 129-133 (lire en ligne
[PDF]). - (wa) « Lès pauvès djins », Bulletin de la Société liégeoise de littérature wallonne, t. 57, , p. 46-50 (lire en ligne
[PDF]). - (wa + fr) Li Brak'nî (Le Braconnier) : Nouvelle en dialecte d'Awenne, Liège, Imprimerie H. Vaillant-Carmanne, coll. « Nos Dialectes » (no 6), , 88 p.
Réception critique et postérité
En 1963, Marcel Thiry compare la manière d'écrire de Calozet à celle de Tolstoï[8].
Maurice Piron a consacré plusieurs pages de son Anthologie de la littérature wallonne à Joseph Calozet[9].
