Missile S2

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Type de missilemissile à portée intermédiaire
Constructeur SNIAS
StatutRetiré du service
Déploiement1971 - 1982
Missile S2
Missile S2
SSBS S-2 présenté au musée de l'air et de l'espace du Bourget.
Présentation
Type de missile missile à portée intermédiaire
Constructeur SNIAS
Statut Retiré du service
Déploiement 1971 - 1982
Caractéristiques
Nombre d'étages 2
Moteurs Moteur-fusée de 534 kN de poussée
Ergols Solide
Masse au lancement 31 900 kg
Longueur 14,8 m
Diamètre 1,5 m
Portée 3 500 km
Charge utile 1 charge nucléaire MR 31 de 130 kt
Guidage Inertiel
Plateforme de lancement Silo
Pays utilisateurs
Armée de l'air française

Le S2 est le premier missile balistique français à être développé avec un premier vol d'essai le [1].

Il s'agit d'un missile balistique à portée intermédiaire (en anglais IRBM : Intermediate Range Ballistic Missile, en français SSBS : Sol-Sol Balistique Stratégique) basé à terre et il est doté d'une seule tête nucléaire.

Le programme des Pierres précieuses (1961-1965)

Les fusées du programme des Pierres Précieuses

Pour permettre la mise au point d'un missile à charge nucléaire et du lanceur Diamant, la SEREB, lance en 1961 le programme des « Études balistiques de base » (EBB), dits des « Pierres précieuses ». Le missile balistique sol-sol S2 doit pouvoir emmener une tête dotée d'une charge nucléaire d'une puissance de 1,5 mégatonne à 3 500 km[2]. Le développement industriel est confié principalement aux sociétés Nord-Aviation et Sud-Aviation.

Entre 1961 et 1965, toutes les connaissances nécessaires pour la réalisation d'un missile à longue portée ainsi que d'un lanceur de satellite sont méthodiquement acquises. Plusieurs fusées sont conçues chacune étant chargée de mettre au point séparément un ou plusieurs équipements [3] :

  • Les fusées Aigle et Agate (8 tirs tous réussis) permettent de mettre au point les systèmes de télémesure et les installations au sol (1961 à 1963).
  • Les fusées Topaze (14 tirs dont 1 échec) qualifient le deuxième étage, les systèmes de guidage et de pilotage ainsi que le profil de la tête de rentrée du missile (1962 à 1965).
  • Les fusées Émeraude (5 tirs dont 3 échecs) valident le fonctionnement du 1er étage en particulier la tuyère orientable et des dispositifs de guidage (1964 à 1965).
  • Les fusées Saphir (3 tirs dont 1/2 échec + 6 tirs dédiés au missile) permettent de tester l'intégration 1er et 2e étage, et le guidage du missile pour les premiers étages (1965 à 1967).
  • Les fusées Rubis (6 tirs de qualification dont 2 échecs) qualifient le 3e étage de la fusée Diamant, la séparation de la coiffe et du 3e étage ainsi que le système de stabilisation et les procédures de suivi de satellisation (1964 à 1967).

Missiles d'essais

Les essais de qualification en vol sont progressifs : tirs en surface puis en silos, mono-étages simplement pilotés, puis bi-étages, essais de la version S112 avec un étage de 10 tonnes (4 tirs en 1966-67 dont le premier lancé qui le , est un échec, la tuyère est perdue en vol), S01 équipé de deux étages de 10 tonnes (8 tirs en 1967-68) et S02, le prototype du S2 (7 tirs en 1968-71), qualification en vol du vecteur, puis des équipements de la charge (hors matériaux nucléaires). Le taux d’échec en vol est élevé à cause de la propulsion principalement. Sur un total de 27 tirs de développement dont 8 du S2, il y a 14 succès et 13 échecs[4].

Dans le cadre des programmes Diamant et S2, les principaux acteurs industriels français de l'aéronautique acquièrent la connaissance qui leur permettra de faire jeu égal avec les Américains dans le domaine des missiles stratégiques et des lanceurs classiques dans le cadre du programme Ariane : les établissements de la future Aérospatiale pour le corps des fusées, Snecma pour la propulsion, Matra pour la case à équipements, SFENA et SAGEM pour la centrale à inertie. Des organismes de recherche comme l'ONERA (aérodynamique, propulsion), le CNET et le CNRS participent en amont aux études de conception des lanceurs et des satellites.

Les armes nucléaires

L'arme utilisé pour le missile S2 est un engin à fission au plutonium d’une puissance de 130 kt, le MR 31[5]. Le premier essai a lieu sous ballon au-dessus de l’atoll de Moruroa, le . Dix-huit charges sont fabriquées pour un nombre identique de missiles.

Service

Notes et références

Liens externes

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