Morts de Quatre-vingt-douze et de Quatre-vingt-treize…
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Morts de quatre-vingt-douze |
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« Morts de Quatre-vingt-douze et de Quatre-vingt treize...… » |
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Morts de Quatre-vingt-douze et de Quatre-vingt-treize... est un sonnet sans titre d'Arthur Rimbaud, ainsi désigné par son premier vers. Il fait partie des vingt-deux poèmes du recueil Demeny.
Daté du , il a été rédigé par le jeune poète, alors qu'il est emprisonné à Mazas pour avoir pris le train sans billet à l'occasion de sa première fugue. Dans ce sonnet, Rimbaud répond vertement à Paul de Cassagnac, journaliste bonapartiste, dont il vient de lire un article incitant les républicains à prendre les armes pour secourir la patrie, et qu'il cite en épigraphe de son poème.

Le poème naît dans le contexte de la guerre franco-prussienne de 1870, déclarée le . Rimbaud peut lire dans le journal bonapartiste Le Pays, le un article du journaliste Paul de Cassagnac. Quelques mots de ce dernier serviront d'épigraphe au poème : « Français de soixante-dix, bonapartistes, républicains, souvenez-vous de vos pères en 92, etc. » Dans son article, Cassagnac apostrophe bonapartistes et républicains, demandant aux seconds de se rallier aux premiers alors même qu'ils ont été réprimés et combattus avec acharnement par Napoléon III et ses soutiens[1].
Selon un témoignage de Georges Izambard — professeur de rhétorique de Rimbaud à partir de janvier 1870 —, le jeune poète aurait composé ce sonnet immédiatement après avoir lu l'article de Cassagnac, le . L'enseignant assure : « le lundi , Rimbaud me remit, après la première classe, le sonnet Aux morts de Valmy qu'il avait perpétré la veille ». Pourtant, sur le manuscrit autographe remis à Paul Demeny, Rimbaud inscrit la mention « fait à Mazas, ». Mazas est la prison parisienne où le poète fut incarcéré après avoir pris le train sans titre de transport. Le critique Pierre Brunel émet l'hypothèse que cette date et ce lieu sont symboliques : au moment où Rimbaud recopie son poème pour l'insérer dans le recueil Demeny, il choisit comme date la veille de la chute de l'Empire, et le lieu où l'avait emprisonné la police impériale[2].