Plouha
commune française du département des Côtes-d'Armor
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Plouha [plua] est une commune du Goëlo dans l'ancien pays de Saint-Brieuc, un des neuf pays de Bretagne, dans le département des Côtes-d'Armor, dans la région Bretagne, en France.
| Plouha | |||||
Le port de Gwin Zegal. | |||||
Blason |
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| Administration | |||||
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| Pays | |||||
| Région | Bretagne | ||||
| Département | Côtes-d'Armor | ||||
| Arrondissement | Guingamp | ||||
| Intercommunalité | Communauté de communes Leff Armor Communauté | ||||
| Maire Mandat |
Xavier Compain 2021-2026 |
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| Code postal | 22580 | ||||
| Code commune | 22222 | ||||
| Démographie | |||||
| Gentilé | Plouhatins | ||||
| Population municipale |
4 634 hab. (2023 |
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| Densité | 116 hab./km2 | ||||
| Géographie | |||||
| Coordonnées | 48° 41′ nord, 2° 56′ ouest | ||||
| Altitude | 108 m Min. 0 m Max. 109 m |
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| Superficie | 39,97 km2 | ||||
| Type | Commune rurale à habitat dispersé | ||||
| Unité urbaine | Plouha (ville isolée) |
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| Aire d'attraction | Hors attraction des villes | ||||
| Élections | |||||
| Départementales | Canton de Plouha (bureau centralisateur) |
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| Législatives | Cinquième circonscription | ||||
| Localisation | |||||
| Géolocalisation sur la carte : France
Géolocalisation sur la carte : France
Géolocalisation sur la carte : Côtes-d'Armor
Géolocalisation sur la carte : Bretagne (région administrative)
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| Liens | |||||
| Site web | www.plouha.fr | ||||
| modifier |
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Géographie
Localisation

La commune se situe sur l'ancienne route nationale D 786 de Saint-Malo (102 km à l'est) et Saint-Brieuc (26 km au sud-est) à Paimpol (18 km au nord-ouest), Lannion et Morlaix. Saint-Quay-Portrieux est à 9 km au sud-est, Guingamp à 23 km au sud-ouest, Rennes à 128 km au sud-est.
Relief
Le finage communal est constitué pour l'essentiel d'une plateau compris entre une centaine de mètres (106 mètres à l'est du hameau de la Trinité) et 80 mètres, altitude fréquente dans les zones du plateau proches de la mer. Ce plateau est entaillé par les vallées des tout petits fleuves côtiers, principalement celle du Corzic et du ruisseau de Kergolo, mais aussi par des affluents du ruisseau de Kergidoué dans les parties sud-occidentales du territoire communal.
Le bourg de Plouha est à 3 km de la mer vers une centaine de mètres d'altitude. Les falaises, situées sur la façade ouest de la baie de Saint-Brieuc, culminent à la pointe de Plouha à 104 m du niveau de la mer, ce qui en fait les plus hautes des côtes bretonnes[1]. Les falaises sont bordées par le sentier des douaniers (GR 34).
- Falaises à Plouha.
- Falaises à Plouha.
Rocher du Pommier depuis la pointe de Plouha. - L'anse de Port Moguer et l'îlot de la Mauve.
- Vue des falaises depuis la Pointe de Plouha'
Plusieurs plages permettent des activités balnéaires : la plage de Bréhec, la plage dite Bonaparte (Anse Cochat), l'anse de Porz Moguer.
Plage du Palus depuis la pointe de Plouha. - La plage du Palus.
Plage de Bréhec vue du nord (Plouézec). - La plage Bonaparte.
- La plage Bonaparte.
L'îlot rocheux de Gwin Zégal culmine à 32 mètres d'altitude.
Géologie

Située à l'extrémité orientale du plateau du Trégor, Plouha est localisée dans la partie médiane du domaine nord armoricain, unité géologique du Massif armoricain qui est le résultat de trois chaînes de montagnes successives. Le site géologique de Plouha appartient plus précisément à l'unité de Saint-Brieuc constituée d'un ensemble magmatique composite à affinité juvénile et déformations volcano-sédimentaires, affectés par une déformation et un métamorphisme dont l'intensité croît globalement du Nord vers le Sud[3]. Cette unité est limitée au nord par le batholite du Trégor, pluton de granitoïdes calco-alcalins — diorites à granites — mis en place au sein des gneiss icartiens et qui fait partie d'un ensemble plus vaste, le batholite mancellien[Note 1].
L'histoire géologique du plateau du Trégor est marquée par le cycle icartien (de ca. -2 200 Ma à -1 800 Ma) dont la géodynamique est mal connue, et le cycle cadomien (entre 750 et 540 Ma) qui se traduit par la surrection de la chaîne cadomienne qui devait culminer à environ 4 000 m[4] et regroupait à cette époque (avant l'ouverture de l'océan Atlantique) des terrains du Canada oriental, d'Angleterre, d'Irlande, d'Espagne et de Bohême[5]. Cette ceinture cadomienne se suit à travers le Nord du Massif armoricain depuis le Trégor (baie de Morlaix) jusqu'au Cotentin. À une collision continentale succède une période de subduction de l'océan celtique[6] vers le sud-est, sous la microplaque Armorica appartenant alors au supercontinent Gondwana. Des failles de direction N40°-N50°enregistrent un raccourcissement oblique, orienté environ NNE-SSW[7]. Cette tectonique régionale entraîne un métamorphisme à haute température et basse pression. À la fin du Précambrien supérieur, les sédiments briovériens issus de l’érosion rapide de la chaîne cadomienne sont ainsi fortement déformés, plissés, formant essentiellement des schistes et des gneiss[8]. Les massifs granitiques du Mancellien (notamment le massif côtier nord-trégorrois, le granite de Plouha, les diorites et gabbros de Saint-Quay-Portrieux), dont la mise en place est liée au cisaillement nord-armoricain[9] scellent la fin de la déformation ductile de l'orogenèse cadomienne[10]. À leur tour, ces massifs granitiques sont arasés, leurs débris se sédimentant dans de nouvelles mers, formant les « Séries rouges » qui se déposent dans le bassin ordovicien de Plouézec-Plourivo, hémi-graben limité au nord par la faille de Trégorrois. Les grands traits de l’évolution géologique du Trégor sont alors fixés. L'altération a également transformé les roches métasédimentaires en formations argilo-sableuses. Enfin, au Plio-quaternaire, les roches du substratum sont localement recouvertes par des dépôts récents issus de l'action du vent (lœss, limons sur les coteaux)[11].
La région de Bréhat est ainsi formée d'un plateau granitique de 80 à 100 m de hauteur. Elle correspond à la subduction d'un domaine océanique vers le sud-est sous la marge nord du Gondwana, entraînant un métamorphisme à haute température et basse pression (subduction engendrant un bassin intra-arc ou une zone de chevauchement, les deux hypothèses restant débattues)[12].
Pétrographiquement, la granodiorite de Plouha est une tonalite à biotite datée à 570 Ma. Roche à grain moyen, parfois grossier (quartz, plagioclase et biotite sont les minéraux visibles à l'œil nu), elle peut montrer une texture écrasée (zones mylonitiques). Selon les points, la teinte va du gris-bleuté (présence locale de quartz bleuté, opalescent), au rose rougeâtre[13].
Économiquement, le principal atout de cette roche, tout au moins dans ses affleurements orientaux (pointement de Plouha) repose sur sa situation au sein d'un terroir dépourvu par ailleurs de granitoïdes. Par suite de sa bonne résistance à l'altération météorique, la pierre de Plouha a été largement employée pour l'habitat local et plusieurs chapelles (chapelle de Kermaria an Iskuit, Saint-Samson, Sainte-Eugénie, Saint-Laurent et Saint-Riom en Plouézec, Saint-Michel en Pléhédel)[14].
Touristiquement, les principaux aspects de la géologie dans cette région peuvent être abordés au cours de balades naturalistes et géologiques qui permettent d'observer sur un espace réduit du territoire, des roches d'âge et de nature différents, témoins de phénomènes géologiques d'ampleur (magmatisme, tectogenèse, métamorphisme, érosion…)[15].
Hydrographie
La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par le Corzic et le Kergolo[16],[17],[Carte 1].

Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000[18]. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche[19]. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique[20]. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments[21]. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves[22],[23].
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 11,1 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 0,8 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 743 mm, avec 12,7 jours de précipitations en janvier et 6,5 jours en juillet[18]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Lanleff à 9 km à vol d'oiseau[24], est de 11,7 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 845,9 mm[25],[26]. La température maximale relevée sur cette station est de 37,5 °C, atteinte le ; la température minimale est de −8 °C, atteinte le [Note 3].
Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune[27], un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.
Urbanisme
Typologie
Au , Plouha est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à 7 niveaux définie par l'Insee en 2022[28]. Elle appartient à l'unité urbaine de Plouha, une unité urbaine monocommunale constituant une ville isolée[29],[30]. La commune est en outre hors attraction des villes[31],[32].
La commune, bordée par la Manche, est également une commune littorale au sens de la loi du , dite loi littoral[33]. Des dispositions spécifiques d’urbanisme s’y appliquent dès lors afin de préserver les espaces naturels, les sites, les paysages et l’équilibre écologique du littoral, tel le principe d'inconstructibilité, en dehors des espaces urbanisés, sur la bande littorale des 100 mètres, ou plus si le plan local d’urbanisme le prévoit[34].
Occupation des sols
L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (72,4 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (75,6 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones agricoles hétérogènes (42,6 %), terres arables (29,7 %), forêts (11,7 %), zones urbanisées (11,5 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (3,7 %), zones humides côtières (0,6 %), eaux maritimes (0,1 %)[35]. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 2].

Logement
En 2022, le nombre total de logements dans la commune était de 3 750, alors qu'il était de 3 452 en 2016 et de 3 376 en 2011[I 1].
Parmi ces logements, 61,3 % étaient des résidences principales, 30,1 % des résidences secondaires et 8,6 % des logements vacants. Ces logements étaient pour 90,4 % d'entre eux des maisons individuelles et pour 9,2 % des appartements[I 2].
Le tableau ci-dessous présente la typologie des logements à Plouha en 2022 en comparaison avec celles des Côtes-d'Armor et de la France entière. Une caractéristique marquante du parc de logements est ainsi une proportion de résidences secondaires et logements occasionnels (30,1 %) supérieure à celle du département (16,2 %) et à celle de la France entière (9,7 %). Concernant le statut d'occupation des résidences principales, 80,2 % des habitants de la commune sont propriétaires de leur logement (81 % en 2016), contre 71,2 % pour les Côtes-d'Armor et 57,5 pour la France entière[I 3].
Voies de communication et transports
Routes

La route principale est l'ancienne nationale maintenant déclassée en D 786, de Saint-Malo (102 km à l'est) et Saint-Brieuc (26 km au sud-est) à Paimpol (18 km au nord-ouest), Tréguier, Lannion et Morlaix (86 km, ou 78 km de Plouha à Morlaix en passant par Guingamp).
Outre ce grand axe régional, quatre routes secondaires desservent le bourg : la D 21 vers Pléhédel, Pontrieux, Lannion ou Binic et Plourhan, la D 32 vers Guingamp ou Bégard, la D 84 vers Pléguien et Châtelaudren et la D 94 vers Lanloup ou Pludual.
Autocars
Le réseau interurbain BreizhGo dessert Plouha pars la ligne 1 allant de Saint-Brieuc à Paimpol mais également la ligne 22 ayant pour terminus Guingamp.
Trains

Pendant la première moitié du XXe siècle, Plouha bénéficiait d'une desserte ferroviaire grâce à la compagnie des chemins de fer des Côtes-du-Nord. La voie ferrée Saint-Brieuc-Guingamp par Plouha fut ouverte en 1905. Desservant Plérin, Pordic, Binic, Étables-sur-Mer, Portrieux, Saint-Quay, Tréveneuc, Pléguien ou encore Lanvollon, elle marquait trois arrêts à Plouha. À la halte de Kérégal, à la gare de Plouha-Embranchement, à la halte de Lizandré. En 1922, la ligne de Plouha à Paimpol puis Tréguier et Pleubian par Plouézec, Kérity et Lézardrieux fut créée. À Plouha, elle partait de la gare Embranchement, d'où son nom, rejoignait celle de Plouha-Ville avant de poursuivre vers les haltes de Kerlerot et du Dernier Sou. Elle s'arrêtait ensuite à la gare de Lanloup puis à celle de Bréhec qui précédait un viaduc surplombant cette petite station balnéaire. Longeant en maints endroits le littoral, la dernière section de Saint-Brieuc à Paimpol fut fermée à la fin de l'année 1956.
La gare la plus proche est à Guingamp. La gare de Saint-Brieuc, guère plus loin, est nettement mieux desservie.
Aéroports
L'aéroport le plus proche est celui de Saint-Brieuc Armor à 18 km. À 50 km à l'ouest se trouve l'aéroport de Lannion. L'aéroport de Dinard (95 km à l'est) est aussi fréquenté tout comme ceux de Rennes et de Brest.
Ports
- le port de Bréhec ;
- le port de Gwin Zégal, un des derniers ports à pieux d'Europe ;
- la grève du Palus ;
- l'anse de Porz Moguer.
- Le port de Gwin Zégal.
- Le port de Gwin Zégal.
Toponymie
Le nom de la localité est attesté sous les formes Ploeaza en 1198[36], Ecclesia de Ploaha en 1202 et en 1206, Ecclesia de Ploehaà partir de 1212[37], Parochia de Ploahaen 1230, Ploaza en 1259 et en 1267, Ploaha vers 1330, Ploeza en 1362, Ploehaha en 1364, Ploeha et Ploaha en 1428[38], Ploeaza en 1453, Ploaha en 1454 et en 1480, Plouayaen 1486, Ploha en 1513, Plouaha en 1536 et en 1553[39], Plohac en 1569 et Plouha dès 1579[40],[41].
Plouha vient du breton Plouev ou Plou (communauté ou paroisse) et de Aza ou Adda (forme galloise, homonyme, du nom biblique Adam). Ce nom aurait été porté par le chef ayant donné son nom à la paroisse au VIe ou VIIe siècle[41],[42].
En breton, le nom de la commune est également Plouha[43].
Ses habitants sont appelés les Plouhatins et les Plouhatines.
Histoire
Préhistoire
L'occupation du site de Plouha est ancienne. La découverte en 1879 de douze haches en bronze en atteste. Ces haches se trouvent actuellement au musée de Bretagne à Rennes. Des vestiges de l'âge du fer sont également visibles aujourd'hui, telle une pierre taillée que l'on peut voir devant la chapelle de la Trinité et dont la finalité est imprécise.
Antiquité
La région de Plouha faisait partie du territoire de la tribu gauloise des Osismes avant la conquête romaine.
Une voie romaine passe par le hameau du Harnio ; une borne miliaire se trouve au carrefour du chemin du Harnio et de la route du Palus[44].
Moyen Âge
Entre 1189 et 1420 les comtes du Goëlo furent seigneurs de Plouha.
En fondant l'Abbaye de Beauport pour les Prémontrés en 1202, Alain d'Avaugour, juveigneur de Bretagne et comte de Goëlo, donna à ladite abbaye les six grandes paroisses du Goëlo : Pordic, Étables, Plouvara, Plélo, Plouézec et Plouha, de sorte que Plouha était administré par un religieux de l'abbaye qui portail le titre de prieur-recteur, le dernier en date étant le frère Jean Tréménec jusqu'en 1780. Les autres paroisses étaient desservies par des prêtres séculiers[45].
Temps modernes
Sous l'Ancien Régime, Plouha était une paroisse appartenant à l'évêché de Saint-Brieuc et au comté du Goëlo.
Un aveu de 1690[46] indique qu'à Plouha se trouvait une « caquinerie », un hôpital où l'on traitait la lèpre[47].
Du XVe au XVIIIe siècle, les seigneurs de Plouha furent successivement les Kerimel, Rohan, Guéméné et Montbazon. Les autres nobles faisaient partie d'une noblesse très pauvre.
Charles Colbert de Croissy écrit en 1665 que « pour la garde de la pointe et coste (côte) de Plouha (...) la parroisse (paroisse) de Plouha, fournit quatre gardes de cent hommes chacune, les parroisses de Lanlesse (Lanleff) et Saint-Loup (Lanloup) une garde de cent hommes, Lanvollon (Lanvollon une autre de cent hommes, la parroisse de Peudual (Pludual) idem et les paroisses de Lambert (Lannebert) et Tremesan (Tréméven) une de cent hommes »[48].
Selon une ordonnance de Louis XV datant de 1759 la paroisse de Plouha doit fournir 43 hommes et payer 282 livres pour la défense des côtes de Bretagne[49].

Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi Plouha en 1778 :
« Plouha ; sur une hauteur ; à 4 lieues un quart au Nord-Ouest de Saint-Brieuc, son évêché et son ressort ; à 25 lieues de Rennes et à 3 lieues de Paimpol, sa subdélégation. On y compte 3 000 communiants[Note 4] : la cure est présentée par l'Abbé de Beauport. Ce territoire, borné à l'Est par la mer, offre à la vue une campagne cultivée et fertile en toutes sortes de grains. Il se tient par chaque année, à Plouha, deux foires remarquables par la quantité de bestiaux qui s'y trouvent. Plouha, haute justice, à Madame la Princesse de Ghistelles[Note 5] ; Lisandré , haute justice ; Kermaria, haute justice (ces deux terres appartiennent à M. Callouët de Trégomar) ; Kerggallot, Kerbincon, moyenne justice, à Madame de Ros[50]. »
De nombreux nobles pauvres vivaient à Plouha. A. Marteville et P. Varin écrivent que « des laboureurs gentilshommes se rendaient à chaque tenue d'États en habits de paysans et l'épée au côté. D'autres portaient cette épée dans le champ qu'ils cultivaient de leurs mains et la déposaient auprès de la bêche ou de la charrue »[51].
Révolution française
Après le décret du qui établissait les cantons, Pléhédel et Pludual firent partie du canton de Lanvollon, tandis que Plouha, Plouézec, Lanleff et Lanloup firent partie d’un canton dont les assemblées se tenaient à Lanmor, nom révolutionnaire de Lanloup[45].
Charles-Magdeleine Le Dû du Meznel est recteur de Plouha depuis 1780 : le il accepte de prêter le serment de fidélité à la Constitution civile du clergé, ainsi que ses deux vicaires, devenant donc prêtres constitutionnels[52].
La période de la Révolution fut marquée par la chouannerie qui connut une importante activité. Les nombreuses anses de la côte furent le lieu de nombreux débarquements d'armes et de munitions anglaises ; cependant cette côte était surveillée par de nombreux douaniers et défendue par deux batteries qui croisaient leurs feux, l'une dite de Misard, en la commune de Lanloup, l'autre de Plouha, sur la pointe de ce nom[51]. Ainsi, en , quelques centaines de chouans attendirent en vain un ravitaillement maritime britannique sur la plage du Palus. Par contre, ils y rencontrèrent une troupe armée de révolutionnaires qui les extermina presque. En mars 1795 des Chouans attaquèrent le poste de garde de Plouha. Plus tard, le 19 pluviôse an VIII (), un groupe de chouans pillèrent les maisons des citoyens et assassinèrent certains d'entre eux. Quelqu'un fut même enterré vif[réf. nécessaire].
Casimir Julien de Harscouet[Note 6], noble de Plouha, fit partie des victimes du débarquement de Quiberon[53].
En 1799 les royalistes, au nombre de 4 à 500, armés de pied en cap, parcourent en tous sens la commune de Plouha[54].
Pierre de Courson, prêtre habitué[Note 7] à Plouha avant la Révolution, émigré à Jersey pendant la Terreur, devint recteur de Plouha lors du Concordat, avant d'être nommé recteur de Plouézec où il décéda le [55].
Le XIXe siècle
Monsieur de Courson[Note 8], propriétaire du château de Lisandré, fit planter à partir de 1804 de nombreux arbres dans les landes de son domaine, et fut imité par la suite par de nombreux paysans des alentours, ce qui donna vers 1850-1870 à une partie de la commune un aspect boisé qu'elle n'avait pas antérieurement[56].
En 1829 la commune de Plouha céda à celle de Lanloup une petite partie de son territoire contenant le hameau de Kerhuel[57].

A. Marteville et P. Varin, continuateurs d'Ogée, décrivent ainsi Plouha en 1853 :
« Plouha ; commune formée de l'ancienne paroisse de ce nom : aujourd'hui cure de 1re classe ; chef-lieu de perception. (..) Principaux villages : Kerjoly, Bréhec, Kerhardy, le Kerdreux, Kerlivio, Keruzau, ar Pradou, Camblac'h, Kerlevenez, Run-Garnot, Trévros, Kerhuron, Kerouguiel, Kerault, Port-Logot, Moguer, Harniou, Saint-Yves, Coray, Keroisel, Keridouar, Beaugouyan, Saint-Barthélémy, Vieux-Lisandré, Lisandré, Kerohan, Lanloreque, Kerdaniel, Kerlève, Lan-ar-Hor, Cosquer, Saint-Laurent, Guili-Furet, Barac'h, Kermaria, le Run, Guern-Poul-Franc, Saint-Georges, Keradic, Rungreguen, Kerfave, Kerlohou, Kergoat, Crec'huel. Superficie totale 3 999 hectares, dont (..) terres labourables 2 845 ha, prés et pâturages 193 ha, bois 125 ha, vergers et jardins 49 ha, landes et incultes 569 ha (..). Moulins : 20 (du Lorric, Gaudeau, Fontière, du Pont-Rubel, de Goëlo, de Kergasse, de Lan-le-Cochut, à eau ; Milin-Coz, de Kerjoly, de Kerhuerziou, Neuf, de Kergoat, à vent. Plouha est un assez joli bourg, situé sur une élévation, et presque au centre de la commune à laquelle il donne son nom. Sept chemins viennent y aboutir, et forment comme autant de rues bordées de maisons presque toutes couvertes en chaume. L'église est antique, mais nous ne savons pas au juste à quelle époque elle remonte. L'intérieur en est propre et presque élégant ; elle est entourée par un vaste cimetière planté de grands cèdres, de sapins et d'autres arbres qui l'ombragent et présentent l'aspect d'un petit bois. La tour de l'église a servi pour la triangulation des cartes de Cassini. (..) Le pommier, jadis fort négligé, est aujourd'hui très cultivé à Plouha : près de 200 ha sont plantés (..). La commune de Plouha possède deux corderies. Il s'y tient deux foires, le premier mardi de juin et le premier mardi d'octobre. Les Normands viennent y acheter beaucoup de bestiaux qu'ils emmènent s'engraisser dans leurs pâturages. Tous les samedis il y a dans le bourg un marché au fil. Géologie : granite ; schistes modifiés dans le sud. On parle le breton[51]. »
La création d'un établissement des Filles du Saint-Esprit est autorisée à Plouha par une ordonnance royale en octobre 1844[58].
Joachim Gaultier du Mottay écrit en 1862 que Plouha possède une école de garçons ayant 277 élèves, une école de filles en ayant 143 et une salle d'asile accueillant 182 enfants. Il précise que « le sol de cette commune est généralement très fertile quoiqu'offrant des versants distincts : l'un, celui du nord, qui a des terres sèches et légères ; l'autre, celui du sud, dont les terres sont argileuses et un peu humides ; ce dernier versant est très boisé, notamment dans les terres avoisinant Lisandré ». Il indique aussi que « le bourg de Plouha, situé sur une élévation, est composé en grande partie de maisons commodes et bien bâties formant une vaste place au centre de laquelle se trouve l'église paroissiale actuellement en cours de reconstruction » et que l'on trouve dans la commune, outre l'église Saint-Pierre, 7 chapelles (Sainte-Eugénie, Notre-Dame de Kerégal Saint-Jean, Saint-Samson, Saint-Julien, la Trinité et Notre-Dame de Kermaria, « la plus remarquable de toutes »)[59].
Le François Picart, condamné à mort pour avoir assassiné sa belle-mère, fut guillotiné à Plouha[60]. Conformément à l'arrêt de la cour, l'exécution [a eu] lieu sur la place principale du chef-lieu de canton[61].
La première pierre de la nouvelle église Saint-Pierre, remplaçant l'ancienne église romane, est bénie le et sa bénédiction a lieu le par Mgr David, évêque de Saint-Brieuc, en présence de plus de 15 000 fidèles[62]; cette église nouvelle, vaste et dispendieuse, copie de l'église Saint-Michel de Saint-Brieuc, fut voulue par l'abbé François-Marie Perro, niveau recteur de la paroisse[63].
L'annonce de mise en vente du domaine de Lisandré en 1878 est accompagnée d'une description précise du château et du domaine (château construit en 1760, parc de 55 hectares, propriété vaste en tout de 101 ha dont 73 ha boisés, etc..)[64].
Le . un brick goélette anglais, l'Unity, chargé de charbon, s'échoua sur les rochers de Bréhec ; le canot de sauvetage de Bréhat l'abordage, mais les sauveteurs s'aperçurent qu'il n'y avait plus personne à bord, les marins anglais grâce à leur canot purent gagner Paimpol ; l'administration fit décharger le charbon à Bréhec[65]. Le le Mily Linn, un autre navire anglais lui aussi chargé de charbon, en détresse au milieu de la baie de Bréhec, fut abandonné par son équipage au moment de sombrer ; le canot dans lequel les marins s'étaient réfugiés se remplissant d'eau, allait couler quand un pilote, Floury, se porta à leur secours et parvint à les sauver[66].

La presse conservatrice s'indigne en 1884 des mesures de laïcisation décidées par le gouvernement républicain, comme en témoigne à titre d'exemple cet extrait :
« Nous avons encore aujourd'hui à signaler un nouvel exploit des laïcisateurs (..). Les passions antireligieuses ne désarment pas et la persécution dont sont victimes les [Frères et les Sœurs de nos écoles chrétiennes continue de plus belle. C'est ainsi que les Frères si aimés de la population de Plouha vient d'être brutalement chassés et remplacés par des laïques. Et cela sans sur le conseil municipal soit consulté. (..) Tous les habitants de Plouha sont indignés et signent une énergique protestation[67]. »
Benjamin Girard décrit ainsi Plouha en 1889 :
« La commune de Plouha est la plus grande et la plus populeuse du canton dont elle est le chef-lieu ; c'est aussi une des plus riches des Côtes-du-Nord ; sa superficie est de 3 998 hectares. Situé sur une élévation, à 98 mètres d'altitude, le bourg se compose, en grande partie, de maisons bien bâties, formant une vaste place, au centre de laquelle se trouve l'église paroissiale, qui est moderne. On compte dans cette vaste commune, sept chapelles, dont la plus remarquable est celle de Notre-Dame de Kermaria, édifice des XIIIe – XIVe siècles, dont le porche et surtout les peintures murales représentent une procession vulgairement connue sous le nom de « Danse macabre » (..). Les châteaux de Lisandré, de Kerdreux et de Saint-Georger, ainsi que les tumulus de la Motte et de la Ville-Neuve, sont sur le territoire de Plouha, dont les grèves offrent les points de vue les plus accidentés et les plus pittoresques. C'est sur l'un des points de sa côte, découpée à l'infini, que se trouve le sommet le plus élevé de cette partie des rivages bretons ; on lui donne le nom de Haut-Grou et il sert d'amer aux navigateurs, pour l'entrée et la sortie de la Manche. (..). De Plouha dépend le petit port de Bréhec, servant principalement à décharger les sables calcaires que des bateaux y apportent en abondance et qui, de là, se répandent dans tout le pays. Au village du Goasmeur, il existe une mine de plomb argentifère[68]. »
En 1889 également Jean Ajalbert décrit la route allant de Plouha à Plouézec, évoquant notamment la multiplicité des croix et calvaires : « À chaque carrefour des Jésus de pierre, vêtus d'armures de mousses (..) et surtout des croix, de toutes neuves avec du latin en or gravé au socle ; des vieilles, manchotes d'un bras, leur Christ si lamentablement pendant (..) ; des simples écartant leurs bras amples dans le vide ; d'autres, creusées au pied du Christ d'une niche renfermant, sous verre, quelque statuette de la Vierge, et d'autres, plus compliquées, où s'entrecroisent des tibias, des fémurs ; et d'autres, plus complètes, les évoquant toutes (..) »[69].
Le canton de Plouha, bretonnant, mais situé à la limite avec le pays gallo, fait partie des cantons où une « guerre sans merci à la langue bretonne. Laïques et congréganistes rivalisent à ce sujet » écrit en 1897 le Comité de préservation de la langue bretonne[70].
Le XXe siècle
La Belle Époque

La tempête du en mer d'Islande fit 117 victimes laissant 45 veuves et 167 orphelins dans les cinq communes de Plouézec, Ploubazlanec, Kérity, Plouha et Pléhédel « qui fournissent en presque totalité le recrutement des « Islandais » (..) Pareille catastrophe ne s'était point vue depuis 1854 »[71]. En avril 1912 le Quo Vadis (27 hommes à bord) et le Françoise (25 hommes à bord) sont déclarés perdus corps et biens en mer d'Islande : « les communes de Plouézec, Kérity, Kerfot, Pléhédel et Plouha sont cruellement éprouvées » écrit le journal La Dépêche de Brest[72].
Le , l'abbé Josse, curé de Plouha, bénit solennellement, à l'issue des vêpres, en présence d'une foule considérable, le monument érigé dans le cimetière à la mémoire des malheureux marins du pays noyés cette année pendant la campagne d'Islande.« Le monument, en granit, de forme pyramidale, est surmonté d'une croix. Sur la façade principale sont gravés, en sautoir, une ancre et une palme d'or. Au-dessous on lit ces mots : « Plouha à ses marins naufragés et morts en mer, 1901 »[73]. Les naufrages étaient fréquents, y compris pour les bateaux pratiquant la pêche côtière : par exemple les deux marins du Lelia en février 1899[74].
Le réseau téléphonique de Plouha est mis en service le [75].
Par une loi du est déclaré d'utilité publique la création d'un réseau de chemins de fer d'intérêt local comprenant notamment les lignes de Saint-Brieuc à Plouha et de Guingamp à Plouha[76].
La ligne de Saint-Brieuc à Plouha des chemins de fer des Côtes-du-Nord, longue de 30,7 km, fut inaugurée le [77]. et elle fonctionna jusqu'à la fin du mois de décembre 1956. La ligne de Guingamp à Plouha, longue de 25 km, ouverte aussi en juin 1905, fut désaffectée en mai 1939.
- Plouha ː la route de Paimpol au début du XXe siècle (carte postale).
- Le château de Lisandré et sa chapelle au début du XXe siècle (carte postale).
- Le château de Lisandré au début du XXe siècle (carte postale).
- La pointe de Porz Moguer au début du XXe siècle (carte postale).
- Groupe de femmes portant la toukenn goz (région de Plouha - Châtelaudren) vers 1905.
En août 1903 les anciens Frères de l'instruction chrétienne de Ploërmel, qui s'étaient sécularisés afin de pouvoir continuer à enseigner à Plouha furent poursuivis, ainsi que le propriétaire de l'école, Jouvelin, devant le tribunal correctionnel de Saint-Brieuc, furent acquittés, alors qu'ils étaient poursuivis pour avoir contrevenu à la loi sur les associations, le tribunal jugeant que la sécularisation des anciens Frères n'était pas fictive[78].
Le à 7 heures du matin le receveur d'enregistrement, accompagné du maire, Bessard, ceint de son écharpe, se présenta devant l'église pour procéder à l'inventaire des biens d'église ; le curé, accompagné de ses vicaires, protesta énergiquement et déclara qu'il ne cédera qu'à la force ; après avoir dans un premier temps fait mine de s'éloigner, les autorités, accompagnés du garde-champêtre revinrent en catimini par la porte du porche sud, gardée par les gendarmes, et parvinrent à entrer dans l'église grâce à une fausse clef (la serrure avait été crochetée la nuit précédente par des inconnus) et procédèrent à l'inventaire. Le curé déposa plainte à la gendarmerie « contre le crochetage nocturne de l'église et la violation du droit de propriété »[79].
Un club de football, l'US Plouhatine, existait déjà en 1909[80].
- Plouha ː le marché au début du XXe siècle (carte postale).
- Plouha ː la foire aux « socialistes » (foire aux cochons) au début du XXe siècle.
- Plouha ː le marché aux poulets au début du XXe siècle.
La Première Guerre mondiale


Le monument aux morts de Plouha porte les noms de 168 soldats et marins morts pour la Patrie pendant la Première Guerre mondiale ; parmi les victimes 32 sont morts en mer la plupart lors de naufrages provoqués par les Allemands (parmi eux 6[Note 9] lors du naufrage du cuirassé Bouvet dans les Dardanelles le , 3[Note 10] dans celui du croiseur cuirassé Léon Gambetta le , Yves Malenfant dans celui du cuirassé Suffren le ), mais aussi des marins de commerce (par exemple Jules James sur un voilier de retour du Chili le et Charles Brichon sur une goélette le ) ou de péche (par exemple Arsène Étienne sur un trois-mâts terre-neuvien le ) ; 7 sont morts en Belgique[Note 11] ; Philipoe Pluen est mort le lors de la bataille de Sedd-Ul-Bahr (Turquie) ; Yves Blouin, marin sur le trois-mâts barque Marthe est mort en 1917 alors qu'il était hospitalisé aux Açores ; d'autres sont morts de maladie dans des lieux divers comme à Malte (François Jean), ä Corfou (Yves Le Corre), en Guinée (Eugène Le Guen), en Italie (Yves Richomme), à Port-Saïd (François Le Chevert) ; Yves Allain est mort en 1918 alors qu'il était prisonnier de guerre en Allemagne ; Louis Philippe est mort de maladie en Syrie le , donc après l'armistice ; Emmanuel Ollivier est mort lors du naufrage du chalutier armé Cérisoles sur le Lac Supérieur le , donc aussi après l'armistice ; la plupart des autres sont morts sur le sol français[81], dont, par exemple, Théophile Boishardy, instituteur à Plouha, sous-lieutenant au 71e régiment d'infanterie, mortellement blessé à Chattancourt (Meuse) lors de la bataille de Verdun le [82]. Les plaques commémoratives de l'église Saint-Pierre portent même 199 noms[83].
- Plaques commémoratives des morts de la Première Guerre mondiale dans l'église paroissiale Saint-Pierre de Plouha.
Auguste Le Borgne, capitaine au 10e régiment de tirailleurs sénégalais, fut tué à l'ennemi le à Bab-Merzouka (Maroc) « d'une balle au cœur en se portant au secours d'une section de Sénégalais aux prises avec les Marocains » luttant contre l'établissement du protectorat français au Maroc[84].
L'entre-deux-guerres
Le monument aux morts de Plouha, dû à Le Goff, sculpteur à Saint-Brieuc, est inauguré le [85].


La construction du viaduc de Bréhec, sous la direction de Louis Harel de la Noë, commence vers la fin de l'année 1912 et se termine en 1917 (les travaux furent un temps interrompus en raison de la guerre) ; il est construit, selon une technique nouvelle pour l'époque, en sidéro-ciment. Les travaux reprirent en 1919 pour construire un tablier à mi-hauteur du viaduc afin de réduire les vibrations lors du passage du train ; ces travaux supplémentaires s'achevèrent en 1922 ; en outre, en raison du relief accidenté cette ligne proche du littoral, sept passerelles, notamment la passerelle de Kermanac'h et les passerelles de Bréhec, furent construites à divers endroits du tracé pour permettre l'ouverture de la ligne de Paimpol à Plouha, inaugurée le ; son ouverture permet une liaison ferroviaire continue, mais par une ligne unique à voie métrique gérée par la compagnie départementale des Chemins de fer des Côtes-du-Nord, entre Saint-Brieuc et Paimpol (le tronçon Saint-Brieuc-Plouha avait été inauguré le par la Compagnie des chemins de fer des Côtes-du-Nord)[86].
- Bréhec vu du Petit -Minerouse (en Plouézec).
- Le viaduc ferroviaire et la plage de Brébec vus depuis le côté Plouézec.
- Vue générale de Bréhec vers 1925.
- Bateaux sur la plage de Bréhec vers 1920.
- Bréhec : les hôtels à l'arrivée par la route de Lanloup vers 1925.
- La plage de Bréhec vers 1930.
Le la barque Suzanne et Renée, de Portrieux, chavira au large de Bréhec ; le naufrage fit 3 morts et il y eut 3 rescapés[87].
- La grande grotte de Port-Moguer vers 1925 (carte postale).
- Port-Moguer et le Rocher Mauve (carte postale).
- Vue générale du Palus (carte postale).
- La plage du Palus vers 1920 (carte postale).
- Le Palus et ses hôtels vers 1920.
- L'Anse Cochat (désormais Plage Bonaparte).
- L'Anse Cochat et la Vallée Verte vers 1930.
En 1926 à Lanloup, Lanleff, Pléhédel et Pludual « l'on ne prêche encore qu'en breton » ; par contre le curé-doyen de Plouha déclare qu'il sera « bientôt obligé de cesser les prédications en breton, sous peine de n'être plus compris » ; à Plouha il n'y a plus de catéchisme en breton et on a dû organiser des catéchismes en français dans les autres paroisses du doyenné[88].
Des courses hippiques étaient organisées sur la plage du Palus, par exemple en 1927[89].
En 1931 habitants et touristes se plaignent des difficultés d'accès à l'anse Cochat : « Il est en effet à peu près impossible de parvenir à la plage sans risquer de tomber plusieurs fois et de se blesser »[90].
- Plouha ː l'église paroissiale vers 1925 vue depuis le boulevard Laënnec.
- Plouha ː la façade de l'église paroissiale vers 1925.
- Plouha : la place maréchal Foch vers 1925.
- Plouha : la rue Pierre Loti vers 1925.
Les adjudications pour la construction d'un nouveau groupe scolaire à Plouha se tiennent le [91].
Un article publié en 1938 dans la journal La Dépêche de Brest se plaint des conditions d'hygiène déplorables dans le bourg : un dépôt d'ordures situé en plein bourg à l'extrémité du champ de foire où « s'entassent des matières nauséabondes et pourritures de toute sorte » et qu'« en période de sécheresse, dans certaines rues de la localité, les effluves qui se dégagent des ruisseaux ne sentent pas précisément la rose ». Le journal se plaint aussi que « dans notre vaste commune, il est impossible de trouver un terrain de sport permanent et que, de ce fait, nos sociétés sportives doivent disparaître les unes après les autres »[92].
La Seconde Guerre mondiale
Les morts pour la France pendant la Seconde Guerre mondiale
Le monument aux morts de Plouha porte les noms de 70 soldats et marins morts pour la France durant la Seconde Guerre mondiale ; parmi les victimes, 5 sont des marins morts lors de l'attaque anglaise de Mers el-Kébir[Note 12] le ; Guillaume Le Poulard est mort en 1940 et Robert Poulouin en 1941 alors qu'ils étaient prisonniers de guerre en Allemagne et Paul Omnée, requis du STO, aussi en Allemagne, en 1945 ; l'aviateur Georges Le Calvez, né en novembre 1918, membre des Forces françaises libres, disparu ainsi que deux autres aviateurs en plein Sahara lors d'une mission de bombardement de l'oasis de Koufra le ; leurs corps ne furent retrouvés que le [93] ; Roger Colin, aviateur, est mort le en Syrie, alors mandat français ; Yves Perrot, météorologiste, est une victime civile de la guerre, décédé à Dakar (Sénégal) en 1942 ; 26 sont disparus en mer, la plupart lors du naufrage de leur bateau provoqué par une attaque allemande (parmi eux 5 étaient des sous-mariniers[Note 13] ; Pierre Auffret, marin des Forces navales françaises libres, lors du naufrage de Ville de Tamatave le [94] ; deux autres marins d'état sont morts, l'un Yves Prigent le lors de l'opération Dynamo (torpilleur Cyclone), l'autre Aristide Hélary le (paquebot Meknès) ; François Auffret et Pierre Richomme sont morts en mer en 1945 dans des circonstances non précisées ; les autres sont des marins de commerce ou des pêcheurs dont les bateaux ont coulé à la suite d'attaques allemandes[Note 14]. Louis Evenou est mort de maladie en 1944 à Hué (Vietnam) ; Wilfrid Macaigne est mort en déportation au camp de concentration de Dachau[95] ; etc..[81].
Le réseau Shelburn et la plage Bonaparte

En , sous l'autorité de Paul Campinchi, les Québécois ou « Canadiens français » Lucien Dumais de Montréal et Raymond Labrosse, engagés dans le MI9 des services secrets britanniques, viennent organiser et diriger le réseau Shelburn à Plouha qui a pour but de récupérer les pilotes des avions alliés abattus et de les rapatrier vers le Royaume-Uni. Ils étaient recueillis un peu partout en France et hébergés dans des familles plouhatines ou des environs, ceci, bien sûr, à l'insu de l'occupant nazi. Avant l'embarquement, 20 à 25 aviateurs étaient regroupés dans la maison (nom de code : Maison d'Alphonse) où habitaient Marie et Jean Gicquel puis acheminés de nuit, par la lande, par des passeurs plouhatins. Ils arrivaient à l'anse Cochat (renommée depuis plage Bonaparte du nom du code utilisé pour ces opérations) où les attendaient des embarcations légères chargées de les acheminer sur une corvette britannique qui était mouillée au large. Cent trente-cinq personnes, aviateurs américains, anglais,canadiens, belges, tchèques et agents secrets furent ainsi évacués vers le Royaume-Uni. ( le miracle Shelburn)


Robert Houston Sweatt, mitrailleur, était à bord du bombardier B24 américain "Trouble" qui s'écrasa le à Bouville (Eure-et-Loir) ; grièvement blessé, il fut le seul survivant des dix aviateurs à bord. Il fut exfiltré via la plage Bonaparte dans la nuit du 23 au . Reconnaissant, il est resté toute sa vie en contact avec Plouha. Il est décédé le [96]. Il a publié son « journal de guerre » qui raconte son passage à Plouha , en exclusivité, dans un livre[97]

La plus jeune membre du réseau fut Marguerite Le SAUX,(Guiguite) 18 ans (née le 20 fév 1925, Marie Thérèse Le Calvez, 19 ans (née le 3 aout 1924), dont la mère Léonie Le Calvez reçut chez elle à Plouha 32 aviateurs, dont 22 Américains et contribua à l'embarquement de 135 pilotes, aidant aussi au débarquement de 8 hommes venant en Bretagne pour y remplir des missions secrètes, les guidant jusqu'à la fameuse « maison d'Alphonse »[98]. Un film romancé, Le Réseau Shelburn, sorti en 2019, raconte l'histoire de ce réseau de résistance et notamment l'action de Marie-Thérèse Le Calvez[99]. Un livre, écrit par un Plouhatin retrace cette épopée, d'après les archives personnelles du fondateur et chef pour la France de ce réseau d'évasion , Paul Campinchi (L'incroyable histoire du réseau Shelburn aux éditions Locus-Solus.) Cet ouvrage est préfacé par la fille de P. Campinchi : Jeanne Huot-Campinchi qui avait sept ans au moment des faits.
Trois plaques commémoratives se trouvent prés de la plage Bonaparte ; sur l'une est écrit : « De cette plage de l'Anse de Cochat, devenue depuis la plage Bonaparte, embarquèrent clandestinement pour l'Angleterre, dans les nuits noires de 1944, 135 aviateurs Alliés abattus au-dessus du sol de France par les nazis. Merci aux résistants du réseau Shelburn de Plouha et de la région qui les ont aidés » ; une autre est une plaque canadienne de la Royal Air Forces Escaping Society et la troisième, aussi canadienne, est en anglais [100]. Un monument commémoratif a été inauguré le [101] et les anciens résistants honorés[102]. Une grande plaque implantée sur le site de ce qui fut la "maison d'Alphonse" explique, brièvement, cette épopée. Quelques chemins fréquentés par ces résistants convoyeurs ont également été baptisés du nom de ces patriotes, chemin Pierre HUET, chemin Job Mainguy ... ( grande plaque et plaques de chemins à l'initiative de Claude Bénech, auteur du livre l'incroyable histoire du réseau Shelburn).
Les autres faits de la guerre
la "maison d'Alphonse"du lieu dit Kersauson fut incendiée par les Allemands le vers 15 heures ( Une loi allemande prescrivait d'incendier toute habitation susceptible d'avoir abrité des terroristes. Un russe blanc, supplétif de l'armée allemande, fut grièvement blessé par un tir ami.
Un accrochage entre des résistants FFI et une colonne motorisée allemande se produisait le près de la gare de Plouha-Embranchement ; ( un résistant tué) En représailles, cinq résistants capturés pendant l'accrochage, furent fusillés à Kermoroc'h[103].
L'après Seconde Guerre mondiale
Trois soldats originaires de Plouha (Bertrand de la Villéon, Yvon Geffroy et Yves Lageat) sont morts pour la France lors de la guerre d'Indochine, deux pendant la guerre d'Algérie (René Josse, membre de l'aéronavale, mort accidentellement et Gabriel Tréhiou, lieutenant aviateur, tué à Tiaret, tous les deux en 1957)[81].
Bien qu'ayant fini ses jours dans sa propriété de Lanloup, les obsèques de Guy Ropartz furent célébrées le à Plouha[104].
Dans la décennie 1950 des stages de culture populaire bretonne, sous l'égide d'Ar Falz, étaient organisés au Vieux-Bréhec, dans les locaux de la colonie de vacances des « P'tits Gars de Guingamp »[105].
Le XXIe siècle
En , le journal Le Parisien relève qu'Éric Duval, élu à Plouha, est le seul maire à porter encore l'uniforme officiel des maires lors des cérémonies publiques[106].
Politique et administration
Plouha est un chef-lieu de canton et, après avoir fait partie de la communauté de communes Lanvollon - Plouha, appartient désormais à la Leff Armor Communauté dont le siège est à Lanvollon.
Tendances politiques et résultats
Liste des maires
Jumelages
Killorglin (Irlande) depuis 1999
Palas de Rei (Espagne) depuis 2003
Seix (France) depuis 2013
Population et société
Démographie
Évolution démographique
L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[115]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[116].
En 2023, la commune comptait 4 634 habitants[Note 33], en évolution de +2,91 % par rapport à 2017 (Côtes-d'Armor : +2,18 %, France hors Mayotte : +2,36 %).
Pyramide des âges
La population de la commune est relativement âgée. En 2022, le taux de personnes d'un âge inférieur à 30 ans s'élève à 21,1 %, soit un taux inférieur à la moyenne départementale (29,7 %). Le taux de personnes d'un âge supérieur à 60 ans (50,2 %) est supérieur au taux départemental (34,6 %).
En 2022, la commune comptait 2 159 hommes pour 2 518 femmes, soit un taux de 53,84 % de femmes, supérieur au taux départemental (51,66 %).
Les pyramides des âges de la commune et du département s'établissent comme suit :
Langue bretonne
L’adhésion à la charte Ya d’ar brezhoneg a été votée par le conseil municipal le . Le a été remis à la commune le label Ya d’ar brezhoneg de niveau 2.
À la rentrée 2017, 69 élèves étaient scolarisés dans les filières bilingues publiques (soit 16,4 % des enfants de la commune inscrits dans le primaire)[120].
Culture locale et patrimoine
Lieux et monuments
- La chapelle de Kermaria an Iskuit du XIIIe siècle offre une représentation murale du Dit des trois morts et des trois vifs et l'une des deux fresques bretonnes montrant une Danse macabre. La chapelle est classée au titre des Monuments historiques[121].
- Chapelle de Kermaria an Iskuit
- Chapelle de Kermaria, extérieur.
- Le clocher, le calvaire et le porche.
- La nef du XIIIe siècle.
- Fresque représentant une danse macabre.
- L'église de Plouha, ou l'église Saint-Pierre (1857-1872), édifiée sur les plans d'Alphonse Guépin à l'emplacement de l'ancienne église[122].
- L'église paroissiale Saint-Pierre.
- La façade et le clocher.
- L'église vue de côté.
- La chapelle de Sainte-Eugénie (à vaisseau unique et à chevet plat, elle date du XVIe siècle, mais a été largement remaniée au XVIIIe siècle et au XIXe siècle à la demande de l'impératrice Eugénie) ; dédiée à sainte Twina, invoquée pour les grossesses et éponyme de la sainte galloise Twynen[123].
- La chapelle Saint-Jean (XVIe siècle, remaniée XVIIe siècle)[124].
- La chapelle Saint-Samson : elle date de 1732, mais son calvaire et sa fontaine de dévotion ont été restaurés au XXe siècle. Selon la tradition populaire, l'eau de cette fontaine était utilisée pour donner de la force aux nouveau-nés[125].
- La chapelle Saint-Laurent des sept chemins (elle date du XVIe siècle mais presque totalement reconstruite à la fin du XIXe siècle, bénie le )[126].
- La chapelle Notre-Dame de Kérégal[127].
- Plouha ː la chapelle de Kérégal au début du XXe siècle.
- Chapelle de Kerégal: vue extérieure d'ensemble.
- La chapelle et son calvaire.
- La chapelle de la Trinité (XVIIe siècle, restaurée à la fin du XXe siècle)[128].
- Paul Chardin : Une chapelle de pêcheurs près de Plouha (1874, Musée d'art et d'histoire de Saint-Brieuc).
- Plouha ː la chapelle de la Trinité vers 1925 (carte postale).
- La chapelle du Lizandré.
- La chapelle du Kerdreux.
- Plusieurs croix et calvaires, dont, sur la route de Kermaria :
- la croix de la Sauraie inscrite en 1926 au titre des monuments historiques[129].
- Croix la Sauraie : partie sommitale.
- la croix du Run inscrite en 1928 au titre des monuments historiques[130].
- Le château de Lisandré (Lysandré, XVIIIe siècle), extérieur visitable toute l'année sur rendez-vous. La chapelle, l'orangerie et le parc ont été créés au XVIIIe siècle. Les façades et toitures de la chapelle et de l'orangerie sont inscrits depuis 1952 au titre des Monuments historiques[131].
- Le manoir de Kerjolis : ancien manoir à cour fermée ayant conservé un portail à porte charretière et porte piétonnière surmontées chacune d'une archivolte en accolade sommée d'un fleuron[132].
- Le manoir de Kerhardy : il date du XVIe siècle[133].
- Le manoir de Keringant : il datait du XVIe siècle, lais a été largement détruit ; le logis actuel et ses dépendances sont du XVIIIe siècle[134].
- Le manoir de Kerdreux(QXVIIIe siècle)[135].
- Le manoir Saint-Georges (début XVIIe siècle)[136].
- Le manoir de Kernescop (construit en 1545, mais en grande partie reconstruit au XIXe siècle et restauré au XXe siècle)[137].
- Le manoir de la Sauraie (fin XVIe siècle)[138].
- Le domaine de Keravel, qui appartint un temps au peintre Paul Chardin.
- Le port de Gwin-Zégal et son îlot, où les bouées de mouillage habituelles sont remplacées par des troncs d'arbres plantés dans le sol marin. « Une petite trentaine de troncs d'arbres de huit à dix mètres de hauteur est plantée dans le sable marin, avec leurs racines, au creux d'une petite anse protégée par une pointe rocheuse. Des pierres consolident la base de chaque arbre et l'ensemble constitué une petite forêt de mâts qui traverse les siècles »[139].
- Le Palus, station balnéaire avec sa plage, sa grève, ses marais, ses falaises et son cordon littoral.
- Bréhec, la station balnéaire des paimpolais.
- L'ancienne pêcherie aquacole de Port Padel (XIXe siècle, peut-être bien avant)[140].
- Les blockhaus et abris à munition de Bréhec.
- La casemate ou batterie de Beg Hastel.
- La plage de Porz Moguer, sa demi lune et son quai en granit rose[141].
- La plage Bonaparte : haut-lieu de la résistance durant la Seconde Guerre mondiale, le réseau Shelburn[142] l'a utilisée pour permettre à de nombreux pilotes alliés (130) de regagner la Grande-Bretagne. (aviateurs américains, anglais, belges, canadiens, tchèques ...)
- La « maison d'Alphonse » incendiée lors de la Seconde Guerre mondiale[143]. Une plaque explicative sur l'organisation du réseau, réalisée par Claude Benech (Livre L'incroyable histoire du réseau Shelburn et financée par la mairie de Plouha est visible sur le lieu de ce qui fut la « maison d'Alphonse ».
- Le sentier Shelburn utilisé lors des évasions.
- La Vallée Verte.
- Les restes des nombreux moulins à vent et à eau de la commune.
- Les lavoirs, pressoirs et routoirs, par exemple celui de Kervegant[144].
- L'usine, ancienne manufacture de pinceaux.
- Le sentier de grande randonnée GR 34 longe la limite nord-ouest de la commune.
Patrimoine naturel
L'inventaire national du patrimoine naturel comprend plusieurs sites de la commune, sous des classifications diverses[145].
Plouha est concerné par trois ZNIEFF.
- la ZNIEFF continentale de type 2 des « Falaises de Plouha »[146], soit 4 256,4 hectares sur six communes : Binic-Étables-sur-Mer, Plouha, Pordic, Saint-Quay-Portrieux et Tréveneuc[Note 34]. Elle vise les côtes rocheuses et falaises maritimes ;
- la ZNIEFF continentale de type 1 « Le Pommier près de la Pointe de Plouha »[147], soit 32,34 hectares entièrement sur Plouha, vise les eaux du talus et du plateau (eaux néritiques), les côtes rocheuses et les falaises maritimes. Le Pommier est un rocher côtier à 1 km au nord-ouest de la Pointe de Plouha, près de Kerjean ;
- la ZNIEFF continentale de type 1 du « Bois de Lizandré »[148], soit 199,49 hectares de forêt sur Plouha.
Espace protégé et géré
L'espace protégé et géré des « Falaises du Goëlo »[149] est un ensemble de terrains acquis par le Conservatoire du Littoral, d'une surface totale de 148 287 hectares soumis à un arrêté préfectoral de protection de biotope passé le . Il s'agit de petits terrains isolés et disséminés le long des falaises et des cours d'eau de la région. C'est sur Plouha que leur densité est la plus importante. Sur la commune la plus grande surface couvre presque entièrement le vallon qui débouche à Port Moguer ; d'autres ensembles importants de terrains se trouvent entre le Palus et Port Logot pour l'un, au Pommier pour un autre et enfin à la Pointe de Plouha.
Zone de protection spéciale (ZPS, directive Oiseaux)
Toute la côte de la commune est incluse dans la zone de protection spéciale (ZPS) de « Tregor Goëlo »[150], un site Natura 2000 selon la directive Oiseaux qui couvre 91 228 hectares répartis sur 27 communes des Côtes-d'Armor[150].
Tourisme
Trois terrains de camping se trouvent sur la commune : au domaine de Kéravel, les Tamaris (à Bréhec) et le Varquez (à Bréhec).
Plages : le Palus, Moguer, plage Bonaparte (vers Trévos), anse de Bréhec.
Les ports (Bréhec, Gwin Zégal, grève du Palus, anse de Porz Moguer) sont surtout des ports de plaisance.
Une école de voile se trouve au Bréhec.
Plage de Bréhec. La côte à gauche est sur Plouézec.
Personnalités liées à la commune

- Famille de Lannion, famille noble bretonne.
- Famille de Courson
- Jean-Marie de Courson, seigneur de Kertanguy, né le à Plouha, décédé le à Plouha, commandant une bande de Chouans fut trahi par son domestique et fusillé à Plouha.
- Comte Parfait Armand de Courson de la Villeneuve, né le à Plouha, décédé le à Paris, participa à la Chouannerie, puis fut fait prisonnier par les Anglais en 1803 en Inde où il était chargé d'une mission chez les Marathes, avant d'être commandant de l'Île Bourbon entre 1814 et 1819.
- Placide de Courson de la Villeneuve, né le à Plouha, fut un chef chouan et devint en 1799 aide de camp de Georges Cadoudal.
- Jean-Louis Hamon (Plouha, 1821 - Saint Raphaël, 1874), artiste peintre (mouvement néo-grec), auteur de L’escamoteur, quart d’heure de Rabelais peint en 1861. Ce tableau vient d'être restauré par le Musée d'arts de Nantes. Le collège public de Plouha porte son nom ; un monument à sa mémoire a été inauguré en 1906[151]. Le buste en bronze de Jean-Louis Hamon fut volé en mats 1944 par des inconnus[152].
- L'impératrice Eugénie (1826 - 1920) qui fit rénover la chapelle qui porte désormais son nom.
- Paul Chardin (1833 - 1918), peintre et illustrateur.
- Marie-Thérèse Le Calvez, une héroïne de la Résistance[153].
- Georges Le Calvez (Plouha, 1918 - 1941), aviateur des Forces aériennes françaises libres.
- Lt Cdr David Leslie Birkin (1914 - 1991), lieutenant commandant de la Royal Navy britannique, père de Jane Birkin.
- Maurice Le Lannou (1906 - 1992, Plouha), géographe, universitaire, professeur au Collège de France, membre de l'Institut (Académie des sciences morales et politiques).
- Mona Ozouf (née en 1931), historienne.
- Hervé Guillou (né en 1955), PDG de DCNS.
- Germain O'Livry, dit Dr Nozman (né en 1990), vidéaste et youtubeur.
Divers
Dans le cimetière de Plouha repose le sergent Georges Le Calvez (né à Plouha ), pilote d'un Bristol Blenheim du Groupe « Lorraine » qui, à court de carburant, disparut dans le désert le , au retour d'une mission effectuée sur l'oasis de Koufra. L'appareil, intact, fut retrouvé – avec ses trois membres d'équipage décédés – en 1954. Georges Le Calvez était le frère de Marie Thérèse Le Calvez qui, avec sa Mère Léonie Le Calvez furent des membres efficaces du réseau Shelburn.
Lieux de mémoire
La maison d'Alphonse
Propriété de Marie et Jean Gicquel en 1944, fut le dernier lieu de rassemblement des aviateurs avant leur départ vers la liberté. Elle se situe à Kersauzon, à 100 mètres de la chapelle de Saint-Samson. Une plaque, réalisée par Claude Benech, y décrit brièvement cette organisation d’évasion.
Dans le cadre de la même initiative, chaque résistant ayant participé comme hébergeur ou convoyeur a désormais un chemin ou une place à son nom. Ces plaques, places et chemins rendent hommage à celles et ceux qui ont pris tant de risques en 1944.
Héraldique
| Blasonnement :
Au premier de gueules aux sept mâcles d'or ordonnées 3, 3 et 1, au second d'azur aux sept besants aussi d'or ordonnés 3, 3 et 1 et surmontés d'un chef du même.[réf. nécessaire] |
D'après Régis de Saint-Jouan dans son Dictionnaire des communes (Département des Côtes-d'Armor, 1990), Plouha avait été représenté en 1882 dans la décoration de la salle du Conseil général de l'ancienne préfecture par les armes suivantes :
| Blasonnement : |
« En effet la famille de Rohan (les macles), puis à partir de la fin du XVIIe siècle, celle de Melun (les besants et le chef) ont possédé le seigneurie de Plouha sous l'Ancien Régime. »
Voir aussi
Bibliographie
Faits d'armes du réseau Shelburn :
- Colonel Rémy, La Maison d'Alphonse et Autour de la plage Bonaparte
- Claude Bénech, L'incroyable histoire du réseau Shelburn, Éditions Coop-Breizh
- Dominique-Martin Le Trividic, Une héroïne de la Résistance : Marie-Thérèse Le Calvez du réseau Shelburn, Ouest-France, 113 p. (ISBN 2737330734 et 978-2737330735)
- (en) Tim Spicer, A dangerous enterprise : secret war at sea, Éditions Barbreck
- (en) Réanne Hémingway-Douglas, The Shelburn escape line, éditions Cave ar press
- (en) Keith Janes, Express delivery, Troubadour publishing Ltd
- Roger Huguen, Par les nuits les plus longues, éditions Coop-Breizh
- Alain Lozac'h, Passeurs de l'ombre, éditions Coop-Breizh, , 256 p.
- Francine et Jean Maillard, « La chapelle Sainte-Eugénie en Plouha », Les Carnets du Goëlo, Société d'études historiques et archéologiques du Goëlo, no 7,
- Louis Dagorn, « La chapelle Sainte-Eugénie en Plouha », Les Carnets du Goëlo, Société d'études historiques et archéologiques du Goëlo, no 10,
