Pulvio Zocchi
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Il Diritto, La Bataille syndicaliste, La Guerre sociale, L’Internazionale, Pagine Libere |
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Pulvio Zocchi (parfois orthographié Fulvio Zocchi) , né le 18 novembre 1878 à San Giovanni Valdarno et mort à une date inconnue, est un militant, journaliste et syndicaliste italien.
Les premières années syndicaliste révolutionnaire
Après avoir terminé ses études dans une école de formation professionnelle, Pulvio Zocchi commença à travailler comme ferrailleur. Affilié à la Fédération jeunesse du Parti socialiste italien (PSI) de Florence, il devint un actif organisateur syndical dans les chemins de fer de Toscane et participa à la vie du journal Il Riscatto[1]. À partir de 1906, il entra au comité exécutif de la Bourse du Travail de Savone et collabora au périodique Il Diritto, au sein duquel il écrivit plusieurs articles antimilitaristes[1].
Au printemps 1906, Zocchi fut nommé secrétaire de la Bourse du Travail de Plaisance puis, vers 1907-1908, participa au congrès syndical de Parme (novembre 1907) durant lequel il fut un partisan de la sortie des syndicalistes révolutionnaires de la CGdL et de la constitution d’une nouvelle organisation[1].
En exil à l'étranger
Après avoir soutenu l'action de Alceste De Ambris au printemps 1908, Zocchi, pour éviter une condamnation s’établit en France. À Nizas, où il vécut avec Edmondo Rossoni et De Ambris, il participa au congrès national de la CGT à Marseille en octobre 1908[1]. Au début de 1909, il se lia avec Paolo Orano et continua son activité en participant aux protestations contre l’exécution de Francisco Ferrer, action ayant entraîné un ordre d'expulsion par que les autorités françaises. Ses camarades de L'Humanité et Amilcare Cipriani se mobilisèrent pour éviter son expulsion[1].
En février 1910, Zocchi quitta les États-Unis après y avoir effectué un voyage de propagande pour la Fédération syndicale italienne et publia un pamphlet anticlérical, Sprazzi di luce. Pennellate di propaganda anticlericale[1]. En août 1910, il regagna Paris sans fausse identité, établit une étroite amitié avec Amilcare Cipriani, collabora avec La Bataille syndicaliste et La Guerre sociale de Gustave Hervé, et envoya des articles à des périodiques syndicalistes italiens comme L’Internazionale et Pagine Libere de Angelo Oliviero Olivetti, ainsi qu’à des quotidiens[1].
De retour en Italie : grèves, fondation de l'USI et antimilitarisme
À la fin de 1911, grâce à une amnistie, il put retourner en Italie. Au début de 1912, il fut l’un des dirigeants de la grève de la FIOM à Turin[2]. Le mois de mars suivant, il fut nommé secrétaire de la Bourse du Travail de Bologne, où il collabora avec Filippo Corridoni pour organiser les ouvriers de la province, activité lui valant une période d'emprisonnement à partir de juin[1]. Durant ces années, il devint très populaire dans le milieu syndical. Un jeune Parmesan s’en souvenait lors d’un de ses discours :
« À Parme, autrefois, tout le monde avait la politique dans la peau. J’étais encore en culottes courtes que j’allais déjà aux comices, avant la guerre de 15. Je me souviens d’un en particulier, dans la grande salle de la Coopérative des Buveurs du Cornocchio, tenu par Pulvio Zocchi. Le public était composé de plusieurs dizaines de personnes : charretiers, journaliers agricoles, ouvriers à la journée, cheminots, et quelques femmes vêtues de sombre, leur petit enfant dans les bras. Au fond de la salle, quelques jeunes couples attendaient avec l’accordéoniste, qui patientait pour prendre la place de l’orateur et lancer les danses dominicales avec la mazurka de Migliavacca ou Le Bal du rossignol. À ce public d’après-midi, Pulvio Zocchi demandait péremptoirement de « jeter les policiers à la mer », ce qui n’était pas une mince affaire à Parme. Il parlait debout sur une table appuyée contre le mur, sur lequel trônait une grande image de Jésus-Christ, vêtu d’une tunique rouge éclatante. Jésus-Christ, le premier socialiste, me disait mon père. »[3]
Promoteur du comité d'action directe créé par Alceste De Ambris, au congrès de Modène d’octobre 1912, il fut l’un des promoteurs de la création de l’Union sindacale italiana (USI), dont il fut élu membre du comité central[1]. Nommé secrétaire à la propagande de sa nouvelle centrale syndicale, depuis mai Zocchi séjourna à Milan, où il assuma la responsabilité de la défaite des cheminots lors de la grève générale de l’été[1].
Après une brève étape dans le secrétariat du syndicat métallurgique de Turin, en décembre Zocchi dirigea le syndicat des conducteurs de tramways de Milan, participa au II Congrès de l’USI (décembre 1913) et s’occupa surtout des revendications du Syndicat des Cheminots (SFI), alors dirigé par Livio Ciardi[1]. Très attaqué par les dirigeants de l’USI, il dut démissionner.
Avec la semaine rouge, il s’éloigna de Corridoni et De Ambris et opta pour un rapprochement avec le PSI. Critiqué durement par ses ex-compagnons de l’USI, Zocchi s’occupa, dès le printemps 1914, d’une grande campagne contre la guerre[1]. Fidèle à ses idées antimilitaristes, Zocchi fonda, en février 1915, le périodique Coerenza : hebdomadaire antimilitariste, antipatriotique et pacifiste, imprimé à Milan du 25 février au 6 mai 1915 (11 numéros), qui rassembla des syndicalistes révolutionnaires et des groupes anarchistes de toute la péninsule. Zocchi plaida également pour l'organisation d'un congrès contre la guerre et la formation d'une Fédération anti-interventionniste[1]. Il insulta personnellement Mussolini dans les colonnes de L'Internazionale :
« Le fait remonte à avant la Grande Guerre, à l’époque où faisait rage la polémique entre syndicalistes et socialistes. Du terrain politico-syndical, la polémique avait glissé sur le terrain personnel contre Mussolini, et Pulvio Zocchi, dans les colonnes de L’Internazionale de Parme, si je ne me trompe, avec une vulgarité toute toscane, écrivait la plus vulgaire des offenses qu’un homme puisse recevoir : « né des lombes adultères d’une grande putain. » »[4]
Durant le fascisme et la République sociale italienne
Avec l’entrée de l’Italie dans la guerre, Zocchi abandonna la politique active et participa à la vie de la municipalité socialiste de Milan, dirigée par Emilio Caldara. Après la guerre, Zocchi devint commerçant dans la vente de bois et de charbon et se désintéressa de la politique. En 1927, il s’affilia à la Fédération syndicale fasciste des commerçants et, la même année, s'activa en compagnie de Alibrando Giovannietti pour rallier les anciens syndicalistes au fascisme[1]. À la même période, il participa à la création de l’Associazione Nazionale Studi - Problemi del Lavoro avec Rinaldo Rigola. Nous ne disposons d’aucune information sur son activité dans les années suivantes, bien qu’il ne semble pas qu'il ait participé activement aux organisations syndicales fascistes[1]. La seule chose que l’on sache est que Zocchi maintint une amitié avec Nicola Vecchi, à qui il prêta de l’argent en 1931, selon un rapport de la police politique du 28 février 1933, et accompagna Edmondo Rossini lors d’une manifestation syndicale à Milan[1].
Après la chute du régime, selon ce qu’il raconte lui-même dans un livre publié au printemps 1945, il s’intéressa à nouveau à l’activité politique dans le cadre de la République sociale italienne (RSI). Contacté par Gastone Gorrieri, il s’activa au début de 1945 pour créer, avec Edmondo Cione, le Regroupement national-républicain socialiste visant à une réconciliation et un apaisement des tensions entre la RSI et la Résistance[1]. Dans le journal socialiste Il Progresso, un rédacteur dénoncera l'attitude de Zocchi :
« Mussolini a encaissé [l'insulte pendant la guerre] ! Pendant plus de trente ans il n’a pas oublié, il a résisté, mais à la fin il a cédé. A-t-il voulu récompenser la constance de [Zocchi] qui, pendant si longtemps, comme un chien sans maître, est resté accroupi sur le seuil de la porte du Parti dans l’espoir qu’une âme charitable le fasse entrer ? Ou bien, tout entier absorbé par l’idée de porter un coup bas à la lutte antifasciste, Mussolini a-t-il constitué le Regroupement national-républicain socialiste sans daigner examiner les noms des signataires de la requête ? Quoi qu’il en soit, ce qui est certain, c’est que Zocchi a obtenu gain de cause. Sachant qu’il avait barré la route pour entrer dans n’importe quel parti – car aucun parti ne l’aurait pris en considération –, il a choisi l’unique sentier qui s’offrait à lui. Et c’est ainsi que nous le verrons, opposant amer, exalter Mussolini et son régime, approuver les fusillades et les déportations des patriotes, ainsi que les persécutions contre les antifascistes. Négateur du concept de Patrie, internationaliste et neutraliste pendant l’autre guerre, nous le verrons demain exalter le plus orthodoxe des nationalismes : le national-socialisme. Et les journaux fascistes feront l’éloge de la vieille catin syndicaliste et l’associeront au nom de Corridoni, souillant une fois encore la mémoire de ce dernier. Mais heureusement, le sentier sur lequel se sont aventurés Zocchi et ses compagnons est de ceux qui mènent directement au précipice ; et le précipice fera justice sommaire de tous les intrigants du genre de Pulvio Zocchi. »[4]
Zocchi semble avoir quitté le groupe à la fin du mois de mars 1945 en raison de divergences avec Edmondo Cione et avec Mussolini lui-même. Dans l’après-guerre, il collabora avec Amilcare De Ambris pour la reconstitution de l’USI, mais après l’été 1947, on perd sa trace[1].