Stéphane Richard
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École nationale d'administration (jusqu'en )
Conservatoire à rayonnement régional de Marseille
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HEC Paris (jusqu'en ) École nationale d'administration (jusqu'en ) Conservatoire à rayonnement régional de Marseille |
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Stéphane Richard, né le à Caudéran (Gironde), est un haut fonctionnaire et ancien dirigeant d'entreprise publique français. Il est, jusqu'en , président-directeur général (PDG) d'Orange et président de la GSMA. Il deviendra président de l'Olympique de Marseille le 2 juillet 2026.
Directeur de cabinet de Jean-Louis Borloo puis Christine Lagarde au ministère de l'Économie et des Finances entre 2007 et 2009, il rejoint le la direction à l'international de France Télécom, avant d'être nommé le à la tête des opérations France en remplacement de Louis-Pierre Wenès.
Le , il devient directeur général de France Télécom (devenue Orange) puis président-directeur général à partir du . Condamné pour négligence dans l’affaire Tapie - Crédit lyonnais, il annonce sa démission en novembre 2021.
Le , il est nommé président de l'Olympique de Marseille avec une prise de fonctions attendue pour .
Fils d'un ingénieur des mines, Stéphane Richard est diplômé d'HEC Paris (promotion 1983) et ancien élève de l'École nationale d'administration (ENA) (promotion Fernand Braudel), dont il sort classé 5e[1], ce qui lui permet de devenir inspecteur des Finances.
Il est le frère de Sylvie Brunet, élue députée européenne pour le MoDem entre 2019 et 2024[2].
Carrière
Haut fonctionnaire
D'abord inspecteur des finances, Stéphane Richard intègre en 1991 le cabinet du ministre délégué à l'Industrie et au Commerce extérieur, Dominique Strauss-Kahn, comme conseiller technique, puis est embauché en 1992 par Jean-Marie Messier en tant que chargé de mission à la Compagnie générale des eaux[3]. Il lui confie le redressement du pôle immobilier de la Générale des eaux comme administrateur et directeur général de la Compagnie immobilière Phénix en 1994. Il fonde l'année suivante à partir de cette société la Compagnie générale d'immobilier et de services qui devient Nexity, occupant d'abord les mêmes fonctions jusqu'en 1997, puis celle de président du conseil de surveillance depuis 2003.
En 1997, Stéphane Richard est nommé directeur adjoint de la Compagnie générale des eaux jusqu'en 2000. À partir de 2003, il est numéro quatre de Veolia, en tant que directeur général adjoint de Veolia Environnement et de Connex devenu Veolia Transport.
Le 25 mai 2007, il est nommé directeur de cabinet du ministre de l'Économie, des Finances et de l'Emploi, Jean-Louis Borloo. Il est reconduit à son poste par Christine Lagarde lorsque cette dernière succède à Jean-Louis Borloo quelques jours plus tard.
Télécommunications
Stéphane Richard siège également aux conseils d’administration de France Télécom et d'UGC.
Le , Stéphane Richard est directeur à l'international du groupe France Télécom[4]. Selon la presse économique, il doit devenir directeur général délégué au 1er janvier suivant avant de remplacer le PDG, Didier Lombard en [5]. Mais, alors que l'entreprise est secouée par un profond malaise de ses salariés, médiatisé par plusieurs suicides, il en devient le directeur général adjoint chargé des opérations France dès le , le directeur général le [6] et le président-directeur général depuis le .
Décrit par Challenges comme le « pur produit de l'excellence à la française », un « tout terrain, privé et public », Stéphane Richard est, pour le journaliste économique Erwan Seznec, « emblématique d'une génération de hauts fonctionnaires, en passe de reléguer au rang d'anecdotes les problèmes déontologiques posés par le pantouflage à l'ancienne. Chez lui, le conflit d'intérêts n'est plus un risque à éviter, mais le moteur d'une carrière construite à la charnière du public et du privé[3] ». Le magazine Causeur est beaucoup moins laudateur le décrivant comme l'« incarnation du grand patron français alternant le service dans la haute fonction publique et les pantouflages dans le monde des affaires »[7].
En , pour satisfaire des pressions de la part de l'Égypte, il se dit prêt à se désengager de la société israélienne Partner implantée dans les colonies de Cisjordanie et ainsi du marché israélien[7] suscitant de ce fait des mécontentements et un « tollé diplomatique » avec Israël[8]. Il se déclare peu de temps après personnellement opposé à toute forme de boycott contre Israël[9],[10].
Le , le conseil d'administration vote en faveur du renouvellement de Stéphane Richard à la tête d'Orange. Pour être effective cette nomination devra être approuvée par l'assemblée générale le [11]. En septembre 2021, il indique être prêt à quitter la direction générale d'Orange mais souhaite demeurer président du groupe jusqu'à la fin de son mandat courant 2022[12].
Le , Stéphane Richard prend également la présidence de la GSMA, alliance regroupant les plus grands opérateurs télécoms mobiles[13].
Par arrêté du ministre délégué auprès du ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, chargé des transports, et du secrétaire d'État auprès de la Première ministre, chargé de la mer, en date du 8 novembre 2022, Stéphane Richard est nommé membre du conseil de surveillance du grand port maritime de Marseille[14].
En 2023, il rejoint la branche française de la banque d'investissement américaine Perella Weinberg.
Le 23 octobre 2024, il devient président du conseil d’administration du théâtre national de l’Opéra-Comique.[15]
Président de l'Olympique de Marseille
Le 10 avril 2026, Frank McCourt, propriétaire de l'Olympique de Marseille, annonce son arrivée à la présidence du club[16]. Les deux hommes se connaissaient depuis 2017 lorsque Orange avait passé un accord de sponsoring avec l'OM pour s'afficher sur les maillots et s'accoler au nom du stade Vélodrome. Lors de sa conférence de presse de présentation, il déclare unir ses deux passions : le football et Marseille. Il prendra ses fonctions le , dans l'attente de quitter ses fonctions d'associé chez Perella Weinberg, où il demeurera tout de même dans une fonction limitée de conseil[17].
Politique
Hormis ses fonctions au sein de cabinets ministériels, Stéphane Richard longe le champ de la politique. Conseiller municipal de Bandol entre 1989 et 1995 après avoir été élu sur une liste de centre gauche [18], il est à nouveau candidat en 2008, désormais sur la liste du maire UMP sortant[19], mais échoue à être élu[20],[21].
Stéphane Richard s'est exprimé contre le Front national notamment lors des élections régionales de 2015. Il propose alors que les dix premières fortunes françaises « créent ensemble un fonds de 1 milliard d’euros pour financer les projets des jeunes, de la déradicalisation, des campagnes anti-FN »[22],[23].
Affaire « Tapie-Crédit lyonnais »
Stéphane Richard, ex-directeur de cabinet de Christine Lagarde, est convoqué le devant la Cour de justice de la République (CJR) dans le cadre de l'arbitrage rendu en 2008, favorable à Bernard Tapie, qui avait touché 403 millions d'euros dans l'affaire l'opposant au Crédit lyonnais sur la vente d'Adidas[24]. Il met en cause Jean-François Rocchi, président du Consortium de réalisation au moment de l'arbitrage[25]. Le , il est placé en garde à vue[26] et est mis en examen pour escroquerie en bande organisée[27] en même temps que Jean-François Rocchi (démissionnaire de son poste de président du BRGM le )[28].
Il est à nouveau mis en examen en mai 2015 dans la même affaire pour chef de « complicité de détournement de fonds publics par une personne privée »[29].
Le , il est cité en justice par l'État qui décide d’assigner plusieurs protagonistes de l’affaire Tapie devant le tribunal de grande instance de Paris pour qu’ils soient jugés civilement responsables, au même titre que Bernard Tapie lui-même, du préjudice subi par les finances publiques à la suite de l’arbitrage frauduleux, et qu’ils soient donc condamnés, toujours solidairement avec Bernard Tapie, au remboursement des sommes en jeu dans l’arbitrage[30].
Il est relaxé le [31], puis condamné en appel le à un an de prison avec sursis et 50 000 euros d’amende pour complicité de détournement de fonds publics[32]. Selon l'arrêt de la cour d'appel, Stéphane Richard a agi dans ce dossier en défense des intérêts de Bernard Tapie, plutôt que de ceux de l’Etat, et avait « la parfaite conscience (…) du caractère anormal de ses actes »[33]. À la suite de cette condamnation, Orange annonce avoir accepté le départ de son président-directeur général Stéphane Richard, qui quittera son poste fin au plus tard[34].
En juin 2023, la Cour de cassation ordonne la tenue d'un nouveau procès pour Stéphane Richard et Jean-François Rocchi. L'avocat général estime qu'ils ne peuvent pas être condamnés, car la cour d'appel a reconnu qu'ils « ignoraient le caractère frauduleux de l'arbitrage »[35].
En juin 2025, à l'issue du troisième procès, les magistrats suivent l'avis de l'avocat général puisqu'ils requalifient l’infraction reprochée à Stéphane Richard en négligence. Il est finalement condamné à six mois de prison avec sursis et à 15 000 d'amende[36].
Fortune
Stéphane Richard a fait fortune en vendant, dans le cadre d'une opération de leveraged buy-out ses parts dans Nexity. Son investissement initial de 600 000 euros lui a rapporté vingt millions d'euros[37]. Sa fortune en 2009 est estimée à trente-cinq millions d'euros et il est de ce fait assujetti à l'ISF[38].
Stéphane Richard a fait l'objet le d'un redressement fiscal de 660 000 euros sur ses revenus de 2000, 2001, 2002, et 2003, montant comprenant « une pénalité de mauvaise foi d'un montant de 5 % »[39].
Revenus
Stéphane Richard a touché 1 520 241 euros en 2011 en tant que directeur général de France Télécom[40]. En , il se déclare prêt à baisser son salaire d'un tiers pour que France Télécom échappe à la taxe de 75 % sur les revenus supérieurs à un million d'euros[41].
Publications
- Numériques, Grasset et Fasquelle, 2014
- Human Web, éd. Débats publics, 2018